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Yvan Giguère
Yvan Giguère
29 juin 2007, 2:49
Holly Cole : une voix qui vient !
Je ne ferai point dans la pudeur ici! Quel délice cette femme à la voix qui vient! Cette femme coule en elle-même et nous propose l'envoûtement, la sensualité et elle sexualise la musique avec cette voix qui la porte. Cette chanteuse est la beauté qui s'assume dans sa perfection. Sa beauté se matérialise dans l'art. Elle se sert de son art pour réinventer le répertoire de la chanson. Faut l'entendre chanter ¨I've Just Seen a Face¨ des Beatles pour s'en rendre compte. Une chanson toute simple et qui ne figure pas parmi les grands classiques du ¨Fab four¨. Mais Holly Cole se l'approprie avec une désinvolte lenteur et ce qu'il faut de chaleur et de grâce pour nous amener loin ; plus loin que la chanson ne semble jamais s'être aventurée avant. Je dirai toujours oui à Holly Cole! Oui je le veux! Je veux encore et encore cette voix qui me prend comme une vague qui roucoule en moi et qui frissonne tous mes désirs. En fait, le désir est l'essence même de cette voix! Elle est plus jazz que le jazz, plus ¨pop¨que la pop et si chaude; chaude à perpétuité! Ce que j'aime, c'est la femme qui gémit derrière elle. Cette chanteuse ne fait pas dans la démesure et ne semble jamais vouloir chanter. Elle se laisse aller en accord avec la musique et elle est en amour avec les mots. Heureux mots que je voudrais être! Holly Cole est pour moi la quintessence de la femme qui se fait voix. Une voix qui semble avoir goûté aux délices de l'amour avant de se livrer à nous.
23 juin 2007, 4:09
Richard Desjardins du côté coeur de la vie!
En entrant au Café l'Intemporel de Québec, un jour de novembre 1990, je ne me doutais pas que j'allais faire une double rencontre. Il ne restait qu'une place où s'asseoir et une main se leva pour m'indiquer la table ou je devais aller prendre repas. La main en question, était celle d'une femme qui le temps de le dire est devenue mon amie de coeur. Cette main de femme était toute prédestinée au bonheur puisqu'elle me tendit un billet de spectacle d'un certain Richard Desjardins qui se produisait ce soir là au Petit Champlain de Québec. Drôle la vie parfois, lorsqu'elle s'enchaîne dans la logique d'un hasard qui semble calculé d'avance! Je profitais de quelques jours de répit dans le cadre d'une tournée de théâtre. Au cours de cette tournée, mes camarades m'avaient fait découvrir les chansons de l'album Tu m'aimes-tu?. En fait, il me restait plus qu'à voir le chanteur à l'oeuvre sur scène. Le hasard avait donc tracé ma route vers cette soirée mémorable ou je découvris l'homme, plus que sa musique et plus que ses mots. Un homme seul sur scène, dénudé d'artifices et qui commença son spectacle les yeux bandés en nous récitant de sa voix unique et singulière un poème de François Villon. L'homme se mit ensuite devant le piano. Ma nouvelle amie et moi sommes partis en voyage dans l'univers musical de cet artiste qui s'intalla en nous ¨Comme un bateau qui arrive au Brésil¨. Je suis retourné revoir à maintes reprises Desjardins et ce qui m'impressionne encore; c'est la légitime présence de cet homme devant nous, au delà même de la force de son oeuvre. Une présence essentielle, intègre et engageante. Desjardins est ancré dans le côté coeur de la vie.
17 juin 2007, 11:26
Merci Jean-Pierre!
C'est drôle ça. Ce soir je regardais à la télé une émission sur Félix Leclerc pour lequel Jean-Pierre Ferland avait été l'instigateur en 1985. On y voyait Jean-Pierre faire une présentation sur Félix, dans laquelle il mentionnait que le célèbre auteur du P'tit bonheur était comme un enfant de 72 ans. Aujourd'hui Ferland a cet âge et on pourrait dire de lui la même chose Cet homme est demeuré avec un coeur d'enfant. Il a l'art de s'émerveiller face à la vie malgré le poid de l'âge et malgré la tritessse et les regrets. Le chanteur a encore plein de projets en tête. Vous avez sans doute remarquez qu'on dit son prénom comme on disait et on dit encore ¨Félix¨. Comme lui, il fait partie de notre grande famille. Il disait de Félix, qu'il était ¨Dieu le père.¨ Moi je dis que Jean-Pierre est le prince de notre chanson. Je l'écoutais à 15 ans; je ne pouvais me passer de lui à 30 et aujourd'hui je l'aime tout autant. Lui qui aime les femmes autant que je les aiment, je lui dit merci pour le beau voyage en mots et en musique que constitue son oeuvre chansonnière.
17 juin 2007, 10:35
Beaudelaire : un véritable Dieu à célébrer !
L'expression est d' Arthur Rimbaud qui vénérait plus que quiconque la poésie de son contemporain Beaudelaire. Un ¨véritable Dieu¨ disait-il à propos de lui. Mais ce que le jeune Rimbaud aimait en Beaudelaire, c'était la révolte et le renouveau dans l'oeuvre de son prédécesseur. Rimbaud traitait de cabochard le bon vieux Victor Hugo; trop romantique et trop verbeux à son goût. C'est tout dire! Charles Beaudelaire a donc été une source inaltérable d'inspiration pour Rimbaud mais aussi pour bon nombre de poètes français qui devaient éclore à la fin du 19e siècle et tout au long de la première tranche du 20e siècle. Les fleurs du mal, considérée comme l'oeuvre majeure de ce premier poète moderne, aura subi les foudres de la censure publique de son époque. Mais, elle aura marquée à jamais l'histoire de la poésie française. Que l'on décide de célébrer les 150 ans de cette oeuvre de génie par un spectacle alliant poésie, musique et théâtre, cela est tout à l'honneur du Centre d'Arts d'Orford. Quand Léo Ferré a eu la bonne idée de mettre en musique des poèmes tirées des Fleurs du mal, il savait très bien que ce geste serait marquant. De savoir qu'il sera donc possible d'entendre des poèmes de Beaudelaire mis en musique par Ferré ou par Debussy dans le cadre d'un spectacle diriger par Lorraine Pintal, cela devrait suffire à attirer son lot de mélomanes et d'amoureux de l'oeuvre beaudelairienne.
10 juin 2007, 12:57
De belles pointures québécoises pour cet été !
Bon, je veux bien admettre qu'il n'y aura pas une panoplie de nouveaux albums québécois qui vont sortir cet été! Ok d'accord! Mais depuis quand la saison estivale, en est une de sorties pour les albums de nos artistes québécois? Tenez, dans cette chronique on nous mentionne, par contre, qu'on pourra compter fort heureusement sur ¨les grosses pointures internationales¨qui seront, elles, au rendez-vous. Comme si les grosses pointures dans le domaine de la chanson n'étaient que celles du paysage anglo-saxon ¨outside Québec¨, à quelques exceptions prêts, on s'entend. En fait, pour moi, l'été est déjà commencé et il sera musicalement québécois. Si ce n'est pas de grosses pointures que les Cowboys Fringants, les Jean-Pierre Ferland, et les Corneille de notre monde, qu'est-ce que c'est au juste? Et pourquoi on ne se taperait pas non plus, cet été, les albums de nos artistes québécois qui viennent tout juste de voir le jour? Je pense à celui de Keven Parent et Duo Dubois. Ce dernier né est en train de fracasser des records de ventes et s'en va allègrement vers un double platine. Donc, ces deux titres seront dans mes priorités musicales cet été. Ce n'est pas parce qu'ils ne viendront pas au monde un 21 juin que je n'écouterai pas, dans mon hamac, les derniers opus de Dumas et Daniel Bélanger. Ils viennent à peine de naître; laissons-les au moins vivre leur premier été parmi nous.
9 juin 2007, 2:32
Le talent franco avec celui de Véronique DiCaire
Le Festival franco-ontarien est du domaine de la nécessité. Porte-étendard de la chanson d'expression française dans ce coin de pays, ce festival nous démontre la vitalité des artistes de notre chanson. Que dire de Véronique DiCaire qui animera une section de ce festival. Cette chanteuse de talent, gagne encore à être connue. Pour ma part. je l'ai découvert dans le cadre de l'excellente émission Le Garage, qu'elle animait il y a pas si longtemps et qui était diffusée à la télé de Radio-Canada. Une artiste qui a de la classe et une belle présence à l'écran ! Elle sait mieux que quiconque mettre en confiance ses invités lorsqu'elle anime une émission ou un gala. Mais j'aimerais tellement que son talent de chanteuse prenne son véritable essor. Son dernier album est un petit bijoux en son genre. DiCaire est une chanteuse évanescente et envoutante; un sytle particulier qui lui est propre. Elle ferait fureur en tant que chanteuse contry-folk aux États-Unis et avec, en plus, son look du tonnerre. Mais je préfère qu'elle garde nos rangs et je me ferai patience pour voir éclore le talent de cette artiste charismatique. De toute façon elle semble avoir ¨tous les talents¸. Elle serait une véritable bombe au cinéma, en plus de briller en de maintes comédies musicales. Donc, je lance un SOS pour elle, à tous les réalisateurs de notre monde; venez la voir au Festival-franco ontarien les 15,16 et 17 juin. Elle y sera avec une ribambelle d'artistes des plus talentueux. L'espace francophone ontarien est un exemple de vitalité. Le fait français en Ontario est encore une bataille de tous les jours. Les artistes francophones jouent donc un rôle déterminant pour la suite des choses. La chanson d'expression française sera encore mise de l'avant lors de ce festival et c'est un grand bonheur de le constater. Yvan Giguère Fondateur du Concours national de paroliers de langue française
4 juin 2007, 2:53
Le nu dans l'oeuvre d'un chorégraphe!
Selon mes propres référents, la nudité n'est jamais plus nue que lorsqu'elle est suggérée, que lorsqu'elle est non dévoilée. La nudité n'est jamais plus nue que dans l'imaginaire de celui qui la conçoit ou qui la regarde. La nudité du corps, telle que proposée par le chorégraphe Daniel Léveillé, est-elle ce visage à travers lequel on lit l'intention du danseur? Je conçois qu'il donne à la nudité de ses danseurs tout son signifiant. J'envisage que l'intention de la nudité dans l'oeuvre de Léveillé, soit significative de la vulnérabilité de l'être humain transposée en danse. Je ne chercherai pas, en tant que spectateur, à accéder à l'identité profonde des danseurs, du simple fait qu'ils soient complétement nus. Mais cela m'amènera ailleur je l'espère; déjouant ainsi ma propre perspective en cette matière. Je verrai alors si la nudité dans l'oeuvre d'un chorégraphe m'interpellera autant que la nudité dans l'oeuvre d'un peintre.
2 juin 2007, 7:54
Lyette Goyette: une femme investie de joie et de théâtre!
Le théâtre, depuis plusieurs années, a un nom en Outaouais: celui de Lyette Goyette. Et quel nom! Avec ce fameux ¨yette¨ dans le prénom et le nom! Déjà, juste ce détail me met le sourire aux lèvres et me remplit de joie. Parce que la joie, celle qui est issue de la belle faculté de vivre; Lyette Goyette en est toute investie. La femme, la mère et la comédienne ne faisait qu' ¨Une¨ au Saguenay en 1983, lorsque je l'ai connu. Étudiant en théâtre et semblable à la cigale qui chantait à tout venant, je m'étais impliqué, sans le sou, dans la mise en oeuvre d'un théâtre d'été avec un certain Daniel Danis, aujourd'hui célèbre dramaturge québécois et une certaine Sylvie Dufour, grande dame de théâtre qui oeuvre dans l'Ontario francophone. Les trois ¨certains étudiants¨ que nous étions, avions trimé dur pour faire de ce théâtre d'été, un beau succès. Pour m'encourager dans mes folles démarches ¨théâtrales¨, j'avais une fidèle admiratrice qui avait nom, Lyette Goyette. Cette femme exceptionnelle, avait accepté que j'installe ma tente derrière sa maison, encore pleine de ses grands enfants et de pouvoir aller et venir chez elle, à ma guise, et y prendre repas. La cigale que j'étais alors, chantait des hymnes. Ce fût un été magnifique et Lyette venait me voir souvent au théâtre et me prodiguait de judicieux conseils. Faut spécifier, qu'elle était une comédienne très respectée au Saguenay; celle que l'on voyait dans les productions sérieuses et courues. Une comédienne charismatique, criante de vérité et qui savait aussi lâcher son fou sur scène de façon hillarante ! C'est avec toutes ces qualités que Lyette s'intalla un jour en Outaouais, pour ainsi pousuivre avec talent et humanisme, ¨son plus beau métier du du monde.¨ Aujourd'hui, c''est à mon tour de lui vouer mon admiration . De savoir qu'elle brûlera les planches d'un théâtre d'été, cela me comble de joie et ravive en moi de beaux souvenirs.
31 mai 2007, 1:50
Notre Vigneault de neige !
La poésie de Vigneault nous enseigne la liberté d'agir dans le temps qui passe. Elle est donc, un chant fraternel dans la démarche humaine. Elle est un hymne sans cesse répété dans la mémoire collective. ¨Mon pays ce n'est pas un pays c'est l'hiver¨ Gilles Vigneault Mon Vigneault à moi! J'ai un beau souvenir d'hiver que je vais évoquer ici. L'année : 1989! La ville : Jonquière, à moins 15 degrés sous zéro... ..un festival d'hiver nommé Jonquière en neige! Le contexte : un concours de sculpture sur neige. Donc, dernier jour du dit concours et des dizaines de chef-d'oeuvres; de véritables statues de neige sont érigées aux abords de la rue principale de la ville. Me voilà entré dans un petit café-bistrot, assis près d'une vitrine auréolée par le soleil du jour. De l'autre côté de la dite vitrine: une sculpture de neige géante qui flamboie parmi les autres; un véritable monument d'une blancheur immaculée à l'effigie d'un de nos plus grands poètes et chansonniers et....j'ai nommé Gilles Vigneault. La sculpture nous montre la tête du célèbre chanteur, tirée un peu vers l'arrière, l'air de nous fredonner..¨dam tiledam didelidou¨!...En fait, vous savez, cette fameuse pose de Vigneault qu'il prend losqu'il il chante en dansant. Voici ce que le souvenir de cette sculpture d'hiver m'inspire. Un hommage tout en légerté adressé au poète! Tenez, pourquoi pas à l'occasion de notre Fête nationale. Ce Vigneault de neige! Je suis cette statue de neige Sculptée à même vos amours Je suis faite de vos rêves Votre vigueur me parcourre Au coeur de moi vos parlures Me façonnent et créent mon âme Je suis l'image qui rassure Votre langue qui m'emflamme Ma parure semble éphémère Mais vos regards m'éternisent Je suis né de vos hivers Votre clameur me dégivre Je suis ce Vigneault de neige Sculpté à même vos amours Je suis fait de vos rêves Votre fierté me parcourt.
26 mai 2007, 1:37
La poésie savante et fraternelle sous un chapeau de paille!
Elle, qui se vend si peu ou qui se vend si mal, devrait se réjouir de nos printemps montréalais. La revoici encore au coeur d'un marché qui lui est consacrée. Dame poésie mettra son plus beau chapeau de paille et se fera encore multiple; offrante et livrée à toutes les mains, à tous les regards...se fera même sonore. Qui a dit que la poésie avait foutu le camp pour livrer bataille seule au pays de notre indifférence? Elle nous revient sur la place publique comme un fruit non défendu. Une vraie conquérante! La poésie est une femme sans cesse naissante au coeur de la vie, au coeur de la femme et au coeur même de l'homme. La poésie n'a pas de sexe, mais elle est LE SEXE... ...la belle et forte provenance! Elle ¨origine¨ de tout comme une ancienne présence ; survivante su sein de la modernité; elle est une parmi tant d'êtres; elle englobe les vestiges de notre Humanité; elle est une aube qui meure et un soir qui naît, un propre vertige et un cycle parfait. Rendons lui hommage en des événements qui nous rappellent qu' elle est notre plus belle évidence; la base même de toute création artistique. Elle est l'espace de tous nos possibles; le champ visuel de notre quotidienneté et l'obscure embardée de nos rêves. Elle sera visiblement en haleine de nous, libérée, en attente de renouveau, comme un souffle d'espoir à la sortie du métro. Dame poésie affichera ses tendances sur la place publique. Populiste et savante en ses enjeux! Toute fratern¨elle¨ sous son chapeau de paille!
24 mai 2007, 10:22
Kevin Parent et l'origine de ses mots!
Va pour le nouvel album en anglais de Kevin Parent! Personne ne lui a imposé de se commettre dans la langue de Shakespeare. Il y va de son plein gré et de son feeling. C'est sans doute un bon timing pour lui. Et son désir de nous livrer du matériel en anglais ne date pas d'hier; on le voyait venir d'avance. Qu'il nous avoue que dans son processus de création de chansons, il écrit d'abord ses textes en anglais pour ensuite les traduire en français, cela n'est certe pas étranger à son succès d'auteur de chansons francophones. En effet, y'a de ça dans l'oeuvre chansonnière de Parent; une sorte de transposition heureuse de l'anglais au français; ce qui nous donne des mots simples mais évocateurs. ¨Exit¨ le côté trop littéraire et ¨plein gaz¨ sur des mots qui sonnent, comme dit Luc Plamondon! Le texte de chanson anglophone est souvent moins verbeux que le texte francophone. Il est donc plus facile à mettre au service du rock, dont la musique est le moteur de la chanson plus que le texte. Dans un registre plus pop, je ne peux m'empêcher ici de faire un parrallèle avec les textes de chansons de Jim Corcoran, dont la langue maternelle est aussi l'anglais. Force est de constater dans son oeuvre, une judicieuse économie de mots qui semblent ¨surfer¨ sans effort sur la musique. Kevin et Jim, sont les plus francophiles de nos auteurs-compositeurs anglophones. Cette dualité culturelle de Kevin Parent est tout à son honneur, mais il semble s'en faire un tantinet pour rien avec ça. En fait, c'est à nous, Québécois de souche, de ¨dealer¨ avec cette dimension particulière de ce poète-folk-rock. Parent a une feuille de route impressionnante malgré ses 34 ans. Il a fait ses classes et il a fait ses preuves, en nous livrant de forts belles chansons en français. Merci Kevin! Maintenant, SVP, laissons-le tripper à sa guise et nous montrer de quel bois il se chauffe avec ses origines. Il semble bien qu'il se soit payé une belle traite musicale.
20 mai 2007, 2:08
Robert Lepage : un architecte du renouveau de l'art !
Le premier spectacle solo de Robert lepage, en 1986, avait pour titre tout simplement, Vinci. Je dit simplement en toute candeur, compte tenu du fait que ce nom évoque, bien sûr, le grand artiste et inventeur de la Renaissance. Simplement aussi, parce que tous les prémisses de l'oeuvre future de Lepage, nous étaient présentés lors de ce spectacle théâtral, et ce, en toute simplicité. Avec des objets de la quotidienneté et sous l'angle scénique et narratif de cet homme de théâtre, se métamorphosait devant nous un nouveau langage, un nouvel angle et une nouvelle perspective. Cela était à la fois stimulant et déstabilisant. Un objet évoquait autre chose, un geste posé en ombre chinoise évoquait un pays, un fond musical nous transportait, en un rien de temps, dans un autre lieu etc. Déjà, la pratique Lepagienne opérait et elle était en marche droit devant. L'homme devenait sous nos yeux, un nouveau poète de l'espace scénique, un comédien-narrateur et véritable guide de son univers inspiré. Il nous indiquait déjà la voie de tous ses possibles. Nous restaient donc à le suivre sur sa route. Aujourd'hui encore, sa touche personnelle et inspirée cherche le renouvellement dans différents domaines de l'art comme le cinéma et l'opéra. Avec son nouveau spectacle Lipsynch, Lepage est en quête d'images et de sens à partir de l'évocation de la voix humaine ¨Rien de plus visuel que la voix¨ nous indique t'il. Voilà bien une réflexion toute simple mais évocatrice de ce créateur de génie. Au delà de l'homme de théâtre auquel on l'associe, Robert Lepage est aussi un grand penseur, un grand chercheur et un architecte du renouveau de l'art. En fait, sa quête n'est pas sans rappeller un certain Léonard De Vinci.
19 mai 2007, 5:59
Un ¨acteur total¨ et un humain disponible ! !
Acteur ou comédien ce Yves Jacques? Vous savez, certains font une nuance entre ¨être acteur¨ et ¨être comédien¨. Ils associent l'acteur au cinéma et le comédien au théâtre. Donc devrait-t'on dire ¨interprète de théâtre¨ et ¨interprète de cinéma¨? Pourquoi pas, si on veut s'amuser sur la surface des mots en les rebaptisant à notre guise. Moi, j'aime bien l'emploi du mot acteur . Le fait d'acter englobe donc un tout. Et à l'heure de l'éclatement des formes artistiques et du multidiciplinaire, force est de constater qu'un acteur doit savoir tout faire: de la comédie, de la tragédie, de la danse, de la narration, du chant et parfois...devenir porte-parole pour des événements culturels ou pour de nobles causes. En fait, un acteur doit aussi être un humain disponible dans la vie, ayant donc de multiples cordes à son arc. Yves Jacques est ouvert à la vie et en maîtrise constante avec elle. Pas pour rien si Robert Lepage à fait appel à lui, pour prendre sa place comme ¨interprète de théatre¨ dans son spectacle ¨Le projet Andersen¨. Faut dire que Lepage a toujours eu du flair pour dénicher la perle rare pour le remplacer dans ses spectacles solo. Il y a quelques années, il faisait appel à Marc Labrèche pour le remplacer dans ¨Les aiguilles et l'opium¨. Puis, ce n'est certe pas une coïncidence si Denys Arcand a permit à Yves Jacques d'être reconnu mondialement dans le Déclin de l'Empire américain et s' il en fera de même avec Marc Labrèche avec son dernier film, L'âge des ténèbres. Si nous sommes en mesure de reconnaître le génie créateur d'artistes comme Lepage et Arcand, ces derniers savent, à leurs tours, reconnaître le génie des interprètes qu'ils chossisent pour leurs créations. Yves Jacques est un homme ouvert et disponible. Voilà des qualités essentielles pour être à la fois un grand acteur et un humain digne de ce nom!
15 mai 2007, 11:42
Ce qui nous abandonne, François Charron
¨Cette main est vaste comme un jardin qui s'éveille¨ Cette main, est celle du poète toute entière. Cet extrait du recueil de François Charron résume, à lui seul, la générosité du dire du chercheur d'essence. Cette main est celle qui n'en finit plus de s'ouvrir dans la constance du réel à redéfinir. Elle est la suite du monde, dans le désir de renaître malgré ¨l'angoisse de l'attente, là où il n'y avait rien¨ la main reste ouverte dans le pays ¨déjà qui craque¨; le poète continu ¨à dire ¨chez-nous¨. La poésie de Charron, ici, est une récréation fraternelle, invitant le lecteur à s'écrire à travers elle...Nous frottons le sol en serrant l'amour sur notre coeur¨ Poésie d'espoir de nos vestiges apprivoisés.... ¨La beauté tombe de nous comme un manteau de poussière.¨
12 mai 2007, 5:47
Florence K. : telle qu'en elle-même!
Qu'on le veuille ou non, Florence K. est la fille de notre diva Nathalie Choquette. Je craque devant le charme irrésistible de ces deux chanteuses aux styles diamétralement opposés. Elles ont en commun; une disponiblité et une façon de créer un contact simple et sincère avec le public. Nathalie Choquette le fait dans une exubérance d'humour qui nous enjôle et Florence K., dans une simplicité désarmante qui nous transporte ailleur. Je vous jure que je suis littérallement en pamoison devant ces deux femmes. La pertinence de Florence K. dans le paysage de la chanson québécoise? Je répond ceci : Elle est d'ici et elle nous transporte ailleur dans ses chansons. Elle a un accent dans la voix de chez nous, qui est à la fois empreint d'un exotisme sexé, presque racoleur, mais qui n' insiste pas trop. Le charme opère sur scéne avec le public. On ne lui demandera pas de se lever trop souvent, tant sa place semble là assise devant son piano, avec ce profil grec qui se tourne vers nous et ce sourire de femme fatale, malgré elle. Quel charme! Malgré son jeune âge, cette artiste de la chanson a déjà su créer un style, bien a elle, qui occupera une place de choix sur toutes les scènes du monde. Une véritable conquérante de grâce et de volupté que cette Florence K. ! Telle qu'en elle-même, on la souhaite ainsi à jamais.
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