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En entrant au Café l'Intemporel de Québec, un jour de novembre 1990, je ne me
doutais pas que j'allais faire une double rencontre. Il ne restait qu'une place où
s'asseoir et une main se leva pour m'indiquer la table ou je devais aller prendre repas.
La main en question, était celle d'une femme qui le temps de le dire est devenue mon
amie de coeur. Cette main de femme était toute prédestinée au bonheur puisqu'elle me
tendit un billet de spectacle d'un certain Richard Desjardins qui se produisait ce soir
là au Petit Champlain de Québec. Drôle la vie parfois, lorsqu'elle s'enchaîne dans la logique
d'un hasard qui semble calculé d'avance!
Je profitais de quelques jours de répit dans le cadre d'une tournée de théâtre. Au cours
de cette tournée, mes camarades m'avaient fait découvrir les chansons de l'album
Tu m'aimes-tu?.
En fait, il me restait plus qu'à voir le chanteur à l'oeuvre sur scène. Le hasard avait donc
tracé ma route vers cette soirée mémorable ou je découvris l'homme, plus que sa musique
et plus que ses mots. Un homme seul sur scène, dénudé d'artifices et qui commença son
spectacle les yeux bandés en nous récitant de sa voix unique et singulière un poème de
François Villon. L'homme se mit ensuite devant le piano. Ma nouvelle amie et moi
sommes partis en voyage dans l'univers musical de cet artiste qui s'intalla en nous
¨Comme un bateau qui arrive au Brésil¨.
Je suis retourné revoir à maintes reprises Desjardins et ce qui m'impressionne encore;
c'est la légitime présence de cet homme devant nous, au delà même de la force de son
oeuvre. Une présence essentielle, intègre et engageante. Desjardins est ancré dans le côté
coeur de la vie.
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