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Le blogue de Tristan
«Un vrai livre, ce n'est pas quelqu'un qui nous parle, c'est quelqu'un qui nous entend.» Méditons les mots de Christian Bobin et entrons ensemble dans le coloré petit monde du livre, à travers un blogue qui non seulement vous parle, mais aussi vous entend!
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Hélène Pedneault (1952-2008)
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La nouvelle a fait le tour du Québec à la vitesse grand V: nous ne l’entendrons donc plus, cette voix forte, dans tous les sens, qui commandait l’écoute et imposait la réflexion. Hélène Pedneault s’en est allée, hier matin, au terme d’une courte maladie. Beaucoup trop vite, c’est l’expression qui revient. Je suis d’avis que nous l’entendrons encore longtemps, pourtant, que nous continuerons de la lire aussi: nous avons plus que jamais besoin de telles pensées, visionnaires et vigoureuses, qui ne tolèrent pas l’engourdissement de nos idéaux. J’ai reçu il y a quelques minutes, de ma collègue et amie Constance Havard, un touchant message. Un hommage fort à-propos dans le concert des éloges…
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Bonjour à tous, Vous avez sûrement appris le décès d’Hélène Pedneault aujourd’hui. On soulignera son activisme, son féminisme, sa dramaturgie et ses chroniques, entre autres. Mais elle était également une parolière douée. J’avais envie de partager avec vous une magnifique chanson signée Hélène Pedneault, musique de Marie-Claire Séguin, qui l’interprète splendidement, évidemment. Comme les chansons de Marie-Claire Séguin n’inondent pas les ondes radiophoniques, peut-être ne la connaissez-vous pas ou l’avez-vous oubliée… Elle me hante depuis ce matin.
Un ange en exil Dors ma douce Dors ma belle Les arbres poussent La Terre est vieille La vie parfois A tellement froid Dors ma grande Dors ma tendre Le soleil meurt Dans chaque fleur La vie parfois S’enfuit de soi Viens sur mon île Ma difficile Reste, reste, le temps est un fil Viens ma fragile Ma sœur d’argile Nous ferons mentir l’inutile Vois, le ciel est rouge Vois, tout va, tout bouge Les mots s’embrasent Les corps se cassent Les mains parfois Manquent de doigts Vois, les hommes sont fous Vois, les hommes sont doux L’amour est chaud Prends son manteau La vie parfois Se moque de soi Viens sur mon île Ma difficile Reste, reste, le temps est un fil Viens ma fragile Ma sœur d’argile Nous sommes des anges en exil En exil…
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Chasser le spleen
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Entre les piles de bestsellers, les confidences d'auteurs vedettes et l'essaim médiatique entourant le dernier goncourisé, un petit événement pas banal du tout nous a rappelé, durant le Salon du livre, que le milieu de l'édition peut encore être le théâtre de réelles surprises et, surtout, que la reconnaissance n'est pas une ruelle à sens unique.
À l'initiative des auteures Catherine Lalonde et Kim Doré, a été remis en effet le premier prix Chasse-Spleen de poésie, qui couronne une œuvre ayant suscité chez les poètes et auteurs du Québec un enthousiasme spontané, «dans les milieux critiques comme dans les librairies, les salons, au coin des rues», et qui veut souligner «un engouement véritable pour une œuvre non primée à ce jour et, pourtant, essentielle.»
Le jury, autoproclamé (sic) et composé «de tout poète ou ami de la poésie s'étant manifesté en faveur du lauréat» - nous étions 74 cette année, l'auteur de ces lignes ayant sauté à pieds joints dans l'aventure - a ainsi récompensé Roger Des Roches pour son exceptionnel recueil Dixhuitjuilletdeuxmillequatre (Les Herbes Rouges).
Je ne sais pas vous, mais moi ça me met de bonne humeur cette histoire...
Au fait, à lire ou relire, le bel article de Benoit Jutras sur ledit livre.
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Passer au salon
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Je me lève d'assez bonne heure ce matin, même si hier soir c'était soir de party de Noël pour la bande de Voir - eh oui, on est toujours un peu en avance sur les autres ;0) C'est qu'aujourd'hui, je croque à pleines dents dans le Salon du livre, ouvert depuis quelques jours déjà mais où je n'ai pas encore eu le temps de mettre les pieds. Entre autres, j'y anime une rencontre avec Jean-Claude Germain, cette mémoire vivante, ce bout d'histoire à lui tout seul, ce jamais banal observateur du grouillement montréalais. Pour ceux que ça intéresse, rendez-vous à la Grande Place du hall Bonaventure, ce dimanche à 14h.
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Prix Goncourt: un effet Obama?
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Alain Beuve-Méry, du service livres du journal Le Monde, perçoit un «effet Obama» dans l’attribution des prix Goncourt et Renaudot 2008. Une réflexion que je ne saisis qu’à moitié, mais je vous laisse vous faire votre idée. À entendre ici.
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De la conscience des pachydermes
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Il y a quelques mois, la multinationale Barrick Gold intentait une poursuite à l'endroit d'Écosociété, petite maison d'édition montréalaise dont le catalogue compte Noir Canada, un livre dans lequel ladite multinationale n'a pas le beau rôle (je publiais en mai un billet sur le sujet). L'épisode a galvanisé tous ceux qui souhaitent prévenir de telles démarches légales abusives, appelées poursuites-bâillons.
Les choses ont progressé depuis, et l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) faisait connaître il y a quelques jours, par voie de communiqué, sa satisfaction devant l'évolution du fameux projet de loi n° 99 (voir plus bas).
Bonne nouvelle en effet, mais n'est-il pas désolant qu'il faille à ce point les encadrer pour pousser certaines sociétés pachydermes à un minimum de raison?
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L'ANEL souhaite l'adoption rapide du projet de loi 99
Montréal, le 28 octobre 2008 - L'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) se réjouit des conclusions des travaux de la Commission des institutions à la suite des Consultations particulières et auditions publiques dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 99, Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l'utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d'expression et la participation des citoyens aux débats publics. En raison du quasi-consensus des membres de la commission après la présentation des mémoires, il appert que le projet de loi 99 pourrait être adopté rapidement, sous réserve de quelques ajustements. L'ANEL le souhaite vivement.
Sur le fond de la question, l'ANEL considère que la pensée créatrice que permet la liberté d'expression est indissociable de l'exercice de la profession d'éditeur. La liberté d'expression fonde non seulement l'industrie du livre, mais toute société démocratique. Dans ce contexte, les poursuites abusives ont pour effet de limiter l'accès à la justice car le déséquilibre marqué des ressources matérielles et financières des parties en est une composante essentielle.
Les objectifs visés par le projet de loi 99 répondent aux préoccupations de l'Association. Ils consistent essentiellement à protéger le droit à la participation au débat public, à dissuader les initiateurs de SLAPP, à prononcer rapidement l'irrecevabilité de toute procédure abusive. De plus, le projet de loi innove en inversant le fardeau de la preuve, forçant l'initiateur de la poursuite à justifier son action en justice et à prouver que celle-ci n'est pas abusive. «L'ANEL adhère pleinement à tous ces principes, précise M. Gaëtan Lévesque, président de l'ANEL. Ce projet de loi pourrait solutionner la problématique des poursuites bâillons au Québec. Sa mise en œuvre apparaît donc urgente. Voilà pourquoi l'ANEL demande son adoption rapide.»
Créée en 1992 et regroupant une centaine de maisons d'édition de langue française, l'ANEL prône la liberté d'expression, le respect du droit d'auteur et l'accès universel au livre comme outil d'apprentissage.
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Adieu Sir!
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Nous sommes en octobre 2000, si ma mémoire est bonne. Je reçois quelques amis à la maison pour un petit party d'Halloween, parmi lesquels François Couture, avec qui j'ai étudié en littérature à l'Université de Sherbrooke et qui est alors au beau milieu de l'aventure Effet pourpre, cette frondeuse maison d'édition qu'il a fondée quelques années plus tôt.
Une heure avant d'arriver, François m'appelle: «Ça t'ennuie si j'emmène Robert Gray et son chum?» «Bien sûr que non...» Ça me fait plaisir de voir l'atypique écrivain, dont je m'apprête à commenter le 3e roman (pour ceux que ça intéresse, je viens de retracer le papier).
C'est un bien drôle d'oiseau qui débarque peu après. Sympa comme tout, fier comme un paon mais s'intéressant à chacun et chacune, adorable quoi, Sir Robert Gray donne une couleur inattendue à la soirée. À un moment, lui et sa mie se mettent même en tête de réaménager mon appartement selon les règles feng shui...
Je ne l'ai pas revu depuis, mais c'est avec un réel chagrin que j'ai appris, hier, la mort de Sir Robert Gray. Il avait à peine 60 ans. L'Halloween sera en noir et blanc cette année.
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GP de Montréal: des chiffres et des lettres
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Le maire de Montréal et quelques ministres s'envolent aujourd'hui pour Londres, histoire d'y rencontrer le grand patron de la F1 Bernie Ecclestone. Parviendront-ils à sauver notre Grand Prix, dont tonton Bernie a confirmé récemment qu'il était retiré du calendrier 2009? La mission dépendra d'impératifs commerciaux, de redevances sur ceci ou cela, bien plus que de la notoriété de cette course et de son caractère historique, ou même de ses gradins bondés année après année. Les fous de F1, dont je suis, sont pour tout dire largués... La survie de cette orgie de vitesse et de bruit semble dépendre de tout sauf de ça: la vitesse, le bruit, les milliers de révolutions/minutes qui font vibrer jusqu'à votre moelle. Ce qui fait qu'on y va chaque année, à l'Île-Notre-Dame, du moins chaque année où l'on arrive à faire loger dans notre budget le rondelet prix des billets.
Mes premiers souvenirs de Grand Prix sont assez particuliers. Quand j'avais une dizaine d'années, ma grand-mère avait un faible pour Nelson Piquet, le pilote brésilien. Alors que je commençais à zyeuter du côté des circuits, elle me parlait souvent du fougueux jeune homme, en passe de conquérir son deuxième titre de champion du monde. Je dois préciser que ma grand-mère, descendante d'une vieille famille française des plus respectables, projetait tout sauf l'image d'une folle de bolides. Dans sa bouche, les mots turbo, sous-virage ou arrêts aux puits avaient l'air de gommes ballounes dans la bouche d'une comtesse. N'en reste pas moins que plusieurs années de suite, malgré l'expédition que ça représentait pour elle - elle avait subi des pontages quelques années plus tôt - nous nous rendions tous les deux au circuit Gilles-Villeneuve. Je me souviens d'une course enlevante, sans doute en 84, l'année où Piquet allait l'emporter de justesse devant Niki Lauda. Ma grand-mère frôlait l'infarctus chaque fois que la Brabham du Brésilien passait devant nous, pendant que moi je développais peu à peu une admiration durable pour Alain «le professeur» Prost. Le tout occasionnant une improbable et charmante rivalité entre une grand-mère bien mise et son petit-fils. Images incongrues et précieuses, que je garde au creux de moi.
Ma grand-mère est morte en 1995, du cœur. Si je m'intéresse pas mal, depuis, à l'évolution des moteurs, aux fréquentes modifications du règlement, aux nouveaux tracés et ainsi de suite, je suis convaincu que mon attachement pour ce sport en partie pourri - je suis capable d'en convenir - dépend de cette complicité qu'il a permis entre moi et elle. Elle qui, les jours de course, risquait sans doute sa vie davantage que les pilotes roulant à fond la caisse.
Qu'est-ce que fait ce billet «F1» dans un blogue littéraire? Eh bien, à qui le doit-on croyez-vous ce Grand Prix du Canada auquel nous sommes encore et toujours viscéralement attachés, bien que les bonzes du grand cirque se contrebalancent de tout ce qui n'est pas argent sonnant? Comme le rappelle Jacques Godbout dans son Autos biographie, c'est pour une bonne part Hubert Aquin qui nous l'a donnée, cette course, lui qui, au tournant des années soixante, avait abandonné un projet de film sur la francophonie qui l'avait mené en Europe pour aller rencontrer en Italie le champion Fangio, histoire de le convaincre de la pertinence d'un Grand Prix du Canada...
Faudra le rappeler à tonton Bernie.
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Le match Houellebecq/BHL
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Je ne suis pas trop Paris Match. Les week-ends amoureux de Clara et Nicolas sur les bords du Nil ou sur 5th avenue, je vis très bien sans en connaître les détails. J’ai pourtant sauté sur le dernier numéro, samedi, non pas pour Laetitia Casta en couverture, je vous prie de me croire, mais bien pour l’entrevue exclusive – il n’y en aura pas d’autre dans la presse française, paraît-il – accordée par Michel Houellebecq et Bernard-Henry Lévy à l’occasion de la parution d’Ennemis publics, fruit d’une correspondance entretenue pendant six mois, dans le plus grand secret, par ces deux monstres des lettres contemporaines.
Ces deux-là n’allaient pas s’entendre sur tout, on s’en doutait, mais, c’est plutôt touchant, les mots - et les maux - de l’un semblent avoir trouvé écho chez l’autre. «Le pessimisme de Michel, dit BHL, son retrait… Certaines des raisons qu’il donne de ne pas se soucier du cours du monde… Tout cela m’a ébranlé […] D’autant que cela faisait écho, je m’en apercevais en recevant ses lettres, à des tentations que j’ai pu avoir moi-même mais que j’ai, comment dire?, étouffées, censurées… Un moi possible, en somme.» «Je me suis simplement senti en confiance, de dire Houellebecq. Ce n’est pas un sentiment très habituel chez moi.» Et plus loin: «Sur la nécessité de se battre, sur l’engagement, oui, il m’amène à me contredire pas mal.»
Coup de génie médiatique pour les uns, livre-phare pour d’autres, Ennemis publics paraîtra chez nous le 4 novembre. On attend de feuilleter la chose pour commenter davantage.
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Vie et mort de Hunter S. Thompson
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Kevin, mon collègue de la section cinéma, m'a filé une copie de presse du documentaire Gonzo: The life and work of Dr. Hunter S. Thompson, qui prendra l'affiche ce vendredi.
Véritable plongée en apnée dans l'univers de Thompson (1939-2005), portraitiste téméraire des Hell's Angels, inventeur de l'ultra subjectif journalisme gonzo, amateur de drogues fortes, de fêtes et d'armes à feu, mais aussi patriote américain aux grands élans de tendresse, de romantisme acide, et rêveur d'une manière nouvelle de faire de la politique, dans la transparence complète - le chapitre sur la campagne menée par Thompson pour devenir shérif d'Aspen, Colorado, vaut à lui seul le visionnement; disons que les campagnes politiques actuelles paraissent bien propres et bien tranquilles, à côté...
À la mesure de son sujet, le docu d'Alex Gibney est hyperactif, brillant, échevelé, farci d'images oubliées des années 60 et 70, traversée de musique rock et avec, pour narrateur, nul autre que Johnny Depp, qui avait déjà incarné l'alter ego de l'auteur dans Las Vegas Parano, le film de Terry Gilliam sorti en 1998.
Ça pète le feu, je vous jure... Et c'est triste, forcément, comme toute vie que rongent patiemment l'amertume et l'alcool.
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Christine Fortier aux Îles-de-la-Madeleine
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Notre collaboratrice Christine Fortier est montée à bord du CTMA Vacancier, vendredi dernier, à destination des Îles-de-la-Madeleine. Elle y couvre cette semaine le pittoresque festival Contes en îles, un événement mettant en vedette des conteurs et conteuses venus des quatre coins du monde. Suivez au jour le jour son reportage web, à travers le blogue Contes en îles.
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Benoît McGinnis aux Midis littéraires
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Coup de coeur pour Benoît McGinnis, hier midi au Studio-théâtre de la PdA. Le comédien ne s'est pas foutu de la gueule des spectateurs, c'est le moins qu'on puisse dire. En livrant des textes inédits de Serge Boucher, rassemblés sous le titre Pièces d'amour, il a démontré à quel point il savait, même dans le dépouillement le plus complet, donner du relief aux mots.
Quant à ces histoires croquant des temps forts de la jeunesse de Boucher, dans ce mélange d'humour et de gravité dont il a le secret, on espère pouvoir les entendre bientôt de nouveau, sous une forme ou une autre.
Deuxième «midi littéraire» réussi, donc. Dans la même série, le FIL accueillait aujourd'hui Maude Guérin et ses extraits puisés chez Chrystine Brouillet - je n'ai pu y être. Demain, Francis Ducharme lit Kurt Cobain, Geneviève Desrosiers, Clara Furey et Marie Hélène Poitras.
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Karine Vanasse aux Midis littéraires
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Entendu Karine Vanasse ce midi au Studio-théâtre de la PdA, dans le cadre des Midis littéraires du Festival international de la littérature. La formule a depuis longtemps fait ses preuves, et la proximité de la comédienne plongée dans son texte a une fois encore fait vivre de grandes choses aux auditeurs. L'exercice a parfois paru à cette dernière un peu plus exigeant que ce à quoi elle s'attendait - cet exercice est exigeant -, ce qui ne l'a pas empêché de livrer sa lecture avec un naturel et un charme désarmants, sa complicité avec le public faisant oublier illico les petits pépins. Karine Vanasse avait conçu un enchaînement particulièrement contrasté, il faut dire, nous promenant entre un inédit du jeune auteur Jean-Philippe Payette - percutant -, un autre de Thuy - fort émouvant - ainsi qu'un extrait du très beau Neige de Maxence Fermine (Seuil). Les absents avaient tort.
Demain, rendez-vous avec Benoît McGinnis et des inédits de Serge Boucher.
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Nothomb et le feu sacré
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Ça m'a donné envie de renouer avec Amélie Nothomb. Avant de me plonger dans le petit dernier de la célèbre Belge, dont les titres précédents m'ont souvent laissé perplexe, j'ai voulu assister à la pièce Les Combustibles, modeste production de la troupe du Théâtre de l'Instant actuellement à l'affiche du Prospero.
Les Combustibles, paru en 2000, c'est l'unique texte de théâtre d'Amélie Nothomb. Quel texte percutant, qui met dans la balance les renoncements dictés par l'instinct de survie et le désir de préserver le beau coûte que coûte, même quand la guerre referme ses griffes. Et quelle belle réussite pour cette petite troupe, dont les moyens ne sont pas exactement ceux du TNM et qui a réussi à faire de la proposition quelque chose de particulièrement juste, sensuel et inquiétant (une mention pour Stéphanie Cardi, dont c'est le premier engagement professionnel, qui en met plein la vue dans le rôle de Marina).
Je me souviens maintenant pourquoi j'ai déjà aimé beaucoup Nothomb, pourquoi j'ai déjà perçu chez elle le feu sacré. Voyons voir Le fait du Prince maintenant... Quelqu'un l'a déjà lu?
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La possibilité du nul?
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Le bruit entourant la sortie en France de La possibilité d'une île, ce film tiré du roman du même nom - et que son auteur Michel Houellebecq a tenu mordicus à réaliser lui-même -, laisse craindre le pire. Quelques lignes lues ce matin dans le magazine Lire ont même un parfum de mise en garde: «C'était une possibilité, c'est désormais une certitude: l'adaptation au cinéma de La possibilité d'une île par Houellebecq est une catastrophe. Sans doute pour des raisons de budget, il ne reste du roman que des bribes. L’ascension du comique? La critique de la secte? L’irruption d’Esther? Les allers-retours systématiques entre présent et futur? Et le formidable personnage canin cloné? Tout cela a pratiquement disparu, au profit de saynètes fauchées sans intérêt, gonflées à coups de musique emphatique et d’une voix off barbante sur l’immortalité.» Ouch… Le film sortira-t-il tout de même en salle chez nous? Je ne miserais pas gros là-dessus.
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La romancière Catherine Mavrikakis, qui publie cet automne Le Ciel de Bay city (Éditions Héliotrope), vient d’ouvrir un blogue qui ne manque ni de mordant ni de profondeur. Tout y passe et s'y entremêle: Jean-Paul Sartre, Sarah Palin, réflexions post-féminisme, clés pour mieux comprendre son nouveau livre… Pas mal du tout.
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Un inédit de Kerouac
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On aurait retrouvé, à New York, un court roman inédit du jeune Jack Kerouac. Rédigé en 1952 à Mexico, en français, Sur le chemin n'est pas, comme son titre le laisse présumer, une première version de Sur la route (On the road), mais bien l'histoire, racontée en une cinquantaine de pages et dans un joual haut en couleur, d'individus se donnant rendez-vous dans le Chinatown new-yorkais. L'un des personnages, Ti-Jean, 13 ans, serait Kerouac lui-même.
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