Décidément, l'environnement et la question religieuse sont d'actualité. Spéculer sur les problèmes éventuels que l'un et l'autre pourraient faire émerger dans la belle province est une chose. Proposer des solutions, c'en est une autre. Mais ce qui m'inquiète le plus dernièrement, c'est la bouffe. Et pas de job, pas de bouffe. Et pas de bouffe, pas de paix. Vous en avez entendu parler que les russes ont mangé des allemands durant la deuxième Guerre Mondiale ? C'est une rumeur, je n'ai pas de sources pour l'appuyer. Quand même, cette situation illustre de quoi l'Homme est capable pour manger et sauver sa peau. Je l'avoue, le système économique est complexe et impliques plusieurs vecteurs dont les forces sont imbriquées l'une dans l'autre. C'est un ensemble dynamique dont les différents courants de pensées qui l'expliquent sont tous aussi variés en théories qu'en adeptes. Tout de même, j'ose ici discuter d'économie, avec un peu de culture à ce sujet et beaucoup d'intuition.
Parmi les secteurs industriels fort du Québec, le secteur du textile et du vêtement est en chute libre depuis environ une décennie, particulièrement depuis l'abolition du quotas en 2005. Avant cette date, il devait y avoir au moins 20% des vêtements au Canada qui devaient être fabriqués ici. Mais la main-d'oeuvre et la matière première étant les intrants les plus dispendieux pour transformer en produits, l'exportation de la production vers les pays dont les normes environnementales et sociales sont moins exigeantes s'avère être une stratégie à la mode dans l'industrie du vêtement. En conséquence, Montréal, ancienne capitale du jean, de voit faire des manœuvres abracadabrantes pour sauver ce secteur, qui employait plus de cent mille travailleurs dans le pays. Considérant la situation économie mondiale actuelle, comment peut-on inciter à produire ici, si pour un vêtement de qualité semblable, le coût de fabrication est divisé par deux dans les pays d'Asie du Sud-Est ? Quant à moi, tout dépend de la clientèle cible et du marché visé. Soyons réaliste. Produire des vêtements dans le but de faire la compétition sur le marché international en tant que pays développé s'avère difficilement être un avantage comparatif, tellement les normes environnementales pour la teinture et salariales sont élevées (comparativement au reste du monde). Mais si au contraire l'ambition est de répondre aux besoins des québécois (marché de sept millions), les coûts en transports sont nettement réduits à quasi inexistants, ce qui laisse une latitude pour se permettre des salariés d'ici.
Et si on se prenait en main ? Si in acceptait de vivre de manière plus médiocre pour consommer les produits d'ici ? Ah oui c'est difficile. Extrêmement difficile. Surtout lorsqu'on est nous-même sans emploi et constamment à la recherche du prix le moins cher. Mais si nous prenons des paris, gageons, mettons nos vies en danger en investissant de notre temps et entreprenons plutôt qu'en monnaie à la bourse ? Mon frère, cette semaine, me racontai une histoire.
C'est un homme qui désire être concierge. En entrevue, on lui demande son courriel. Il n'a pas de courriel. Il n'a pas obtenu l'emploi sous prétexte qu'on ne pouvait le rejoindre. Lorsqu'il sorti du bureau, il acheta une pomme avec son dernier 25 cent. Un passant, affamé, lui demande d'acheter sa pomme pour un dollar. Heureux, l'homme lui vend sa pomme en se disant qu'il pourra en racheter quatre. Et ainsi de suite, il s'ouvrit un kiosque peu de temps après et devint un multimillionnaire. Un jour, il rencontre un gestionnaire de porte-feuille qui lui demande s'il a un courriel. Il répond que non. Scandalisé, le gestionnaire lui explique à quel point il aurait pu faire encore plus fortune, communiquer instantanément, exporter, devenir le premier mondial. L'entrepreneur lui répond, sûr de lui, que s'il avait eu un courriel, il serait devenu concierge. Voilà. Parfois la vie nous tend des occasions de se nourrir, nourrir sa famille et même de s'émanciper matériellement. Souvent ces occasions sont les choses les plus simples et il suffit de les saisir sur le fait. Hasard et risque, je vous promet une vie palpitante si vous dénichez une niche au Québec et l'exploitez. Sur sept millions, on devient vite une vedette ici !