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Le film débute au moment où les policiers sont à la recherche de deux prisonniers indiens évadés. Nous pouvons croire à un prétexte pour nous dire que l'histoire du film se situera à Key Largo mais c'est faire fît de l'intelligence du maître John Huston. La présence de ces indiens servira l'un des machiavéliques buts du méchant incarné par Edward G. Robinson. Contrairement à ce qui est dit plus haut, le visiteur n'est pas un intime du propriétaire de l'hôtel, il est l'ex-commandant du bataillon du fils du tenancier. Il vient lui parler de la «bravoure» de son fils à la guerre et apprendre le métier de pêcheur. Key Largo veut nous instruire de certaines conceptions indiennes. Les deux évadés n'avaient que trente jours de prison à purger. Pour eux trente jours équivaut à trente ans. Un peu plus loin nous apprenons que ces deux individus ont voulu rendre les États-Unis aux indiens. Voilà leur crime. Le thème de la corruption, qui n'est pas étranger à notre système politique, est aussi abordé. Johnny Roco souhaite revenir tirer les ficelles du monde politique en reprenant sa place de décideur économique : « ... je ferai de nouveau élire les maires, les députés...», ce qui n'est pas sans rappeler l'arrogance d'un certain Pierre Péladeau, piégé par Les Insolences d'une Caméra. On assiste également à une scène, pour le moins odieuse, envers la femme alcoolique, ancienne chanteuse de cabaret, jouée par Claire Trévor. Pourtant c'est Roco qu'il l'a influencé à prendre son premier verre et qu'il l'a entraîné à se transformer en sois «belle et tais-toi». Oui, le malheureux «tais-toi». Quelle réplique importante dite par Lauren Bacall à Humphrey Bogart : «Une cause n'est jamais perdue tant que quelqu'un accepte de se battre pour elle». Cette phrase s'inscrira parfaitement dans le dénouement.
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