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Stéphane Chénier
Stéphane Chénier
May 2007 - Messages
15 mai 2007, 9:17
' Volver ' : Beauté et souffrance des femmes
Rigolo la musique du début dans un tel décor : Une musique de corrida annonçant les toréadors. Mais ici les toréadors sont des femmes et l'arène, du moins pour le début, un cimetière. Attention ! les taureaux peuvent maintenant entrer. Ils seront métamorphosés en hommes vêtus des défauts de ces derniers. ' Volver ', Revenir en français, donne la parole aux femmes victimes d'hommes vicieux, lâches et salauds. Volver parle de coutume et de superstition des petits villages, d'inceste et de la mort, de vengeance et de solidarité féminine. Le vent est également omniprésent dans le film. Les éoliennes fournissent symboliquement l'énergie pour aller de l'avant, pour ne pas abandonner. Par moment, il tourne en notre faveur. Il peut également aider à couvrir un homicide. Mais n'est jamais assez fort pour empêcher les femmes de tenir leur promesse envers les morts.
15 mai 2007, 8:50
Congorama
Congorama est un film intelligemment construit tant au niveau du scénario que du montage. Avec l'insertion des différentes ellipses introduisant les points de vue des personnages, nous ne pouvons qu'être enrichis de connaître la, ou les, motivation des protagonistes. Certains se sont peut-être sentis perdus par ce procédé, il faut comprendre, comme pour Alejandro González Inárritu, que le réalisateur veut nous parler du vécu de tous les personnages en lien avec la même situation. Et à la fin nous assistons au dénouement heureux ou malheureux, ou à quelque chose entre les deux. Congorama, quant au scénario, aborde les thèmes du respect de l'environnement avec la voiture hybride qui est un des centres d'intérêt de Michel. Il touche aussi à la beauté des mélanges des cultures : Michel est marié à une congolaise, il est belge et apprend, au début de la quarantaine, que son véritable père est québécois. C'est à ce moment qu'il décide de se mettre en quête de ses origines. Que de beaux moments auxquels nous assistons, entre la culture belge et celle québécoise, incarnée par le personnage de Gourmet, toujours, et celui de Gabriel Arcand, entre autres. Nous rions beaucoup aussi. Mais le rire n'est pas vulgaire. C'est tantôt un rire de situation, tantôt un rire suscité par le fin jeu d'Olivier Gourmet.
13 mai 2007, 12:26
Un roman qui ne possède rien pour stimuler la jeunesse
En lisant ce roman, très rapidement nous constatons que le héros est hanté par une femme. Angèle n'y est plus et lui, perdu, cherche à comprendre. Il quitte son coin de pays pour arriver dans des ailleurs intérieur. Les ailleurs, pour lui, ne sont que très peu extérieur. Il observe les autres croisés sur son parcours, mais il est centré sur son problème et l'autre n'est qu'un autre ; un autre flou. Car à ses propres yeux lui-même est un être flou. Voyage au Portugal avec un Allemand est un livre déprimant car la seule alternative choisie par le protagoniste est l'amour. Et lorsque que l'amour est déçu ; que nous plaçons tous nos espoirs dans l'amour que nous connaissons ici et maintenant, nous ne croyons pas que l'amour pourra un jour ressurgir. Avec Voyage au Portugal avec un Allemand, nous suivons cet être tourmenté pour qui la dame qui perd ses doigts dans une usine n'existe pas ou si peu qu'elle ne compte même pas. Ce n'est que moi et mes problèmes, moi et ma vie, moi et mon intérieur. Nous en venons à comprendre pourquoi Angèle n'est plus sa compagne. Lisez ce roman et vous aurez un très bon exemple d'égoïsme et d'égocentrisme d'un être qui n'est pas coupé mais qui se coupe des autres.
12 mai 2007, 8:24
' Key Largo ': Les valeurs de justice toujours d'actualité
Le film débute au moment où les policiers sont à la recherche de deux prisonniers indiens évadés. Nous pouvons croire à un prétexte pour nous dire que l'histoire du film se situera à Key Largo mais c'est faire fît de l'intelligence du maître John Huston. La présence de ces indiens servira l'un des machiavéliques buts du méchant incarné par Edward G. Robinson. Contrairement à ce qui est dit plus haut, le visiteur n'est pas un intime du propriétaire de l'hôtel, il est l'ex-commandant du bataillon du fils du tenancier. Il vient lui parler de la «bravoure» de son fils à la guerre et apprendre le métier de pêcheur. Key Largo veut nous instruire de certaines conceptions indiennes. Les deux évadés n'avaient que trente jours de prison à purger. Pour eux trente jours équivaut à trente ans. Un peu plus loin nous apprenons que ces deux individus ont voulu rendre les États-Unis aux indiens. Voilà leur crime. Le thème de la corruption, qui n'est pas étranger à notre système politique, est aussi abordé. Johnny Roco souhaite revenir tirer les ficelles du monde politique en reprenant sa place de décideur économique : « ... je ferai de nouveau élire les maires, les députés...», ce qui n'est pas sans rappeler l'arrogance d'un certain Pierre Péladeau, piégé par Les Insolences d'une Caméra. On assiste également à une scène, pour le moins odieuse, envers la femme alcoolique, ancienne chanteuse de cabaret, jouée par Claire Trévor. Pourtant c'est Roco qu'il l'a influencé à prendre son premier verre et qu'il l'a entraîné à se transformer en sois «belle et tais-toi». Oui, le malheureux «tais-toi». Quelle réplique importante dite par Lauren Bacall à Humphrey Bogart : «Une cause n'est jamais perdue tant que quelqu'un accepte de se battre pour elle». Cette phrase s'inscrira parfaitement dans le dénouement.
6 mai 2007, 1:59
Du sentimentalisme obtus ?
Etait-elle plus heureuse quand elle était plus pauvre. Maintenant que Dée a quitté le dépotoir, est-elle moins heureuse ? Aurait-il été préférable qu'elle continue à s'amuser dans le dépotoir ? Me semble que c'est cela qui ressort à la lecture de votre critique. Si c'est effectivement de cela qu'il s'agit dans ce roman, c'est très malsain. Malsain car sur fond d'amélioration des conditions de vie des gens, Dée en l'occurence, l'auteur glorifierait la pauvreté. Et il ne serait qu'un nostalgique, amoureux d'un souvenir, au détriment de faire sienne l'amour du collectif. Qui dit amour, dit être pour le bien-être de la majorité des gens. Savez-vous que c'est dans la classe pauvre que l'on retrouve le plus de jeunes filles enceinte et laissées à elles-même. Beaucoup vivent dans des bidonvilles, attrapent des maladies et en meurent dû aux problèmes d'hygiène absente.
5 mai 2007, 6:06
Yann Martel et autres écrivains contre les coupures dans les arts
Yann martel disait à propos de Harper: «Il gouverne comme quelqu'un qui ne se préoccupe pas le moins du monde des arts». Dans le cadre du Festival Métropolis Bleu, Margaret Atwood a critiqué Harper pour les coupures effectuées sous son gouvernement à l'endroit des arts au Canada. Voilà une dizaine de jours, la Writers' Union of Canada et l'UNEQ organisaient une manifestation à la Chambre des Communes. Stanley Péan justifiait la décision de tenir cette manifestation: «par l'apparent désintérêt du Parti Conservateur pour la cause culturelle, voire son hostilité envers les milieux culturels, désintérêt dont témoignent, le refus de doubler de manière récurrente le budget du Conseil des Arts du Canada, la suppression des enveloppes budgétaires allouées aux services culturels des ambassades canadiennes à l'étranger, ainsi que (dans le domaine du livre) la réticence à doter la Commission du droit de prêt public d'un budget à la hauteur des exigences de son mandat et enfin le projet de réforme de la loi sur le droit d'auteur (dans laquelle on voudrait introduire une 'exception pédagogique', qui autoriserait les gens des milieux académiques à reproduire des oeuvres contemporaines, littéraires ou autres, sans obligation de verser des redevances aux ayant-droits).» Dans ce paysage d'affrontements instigué par le gouvernement néo-libéral de Harper, Yann Martel sarcastiquement sérieux a pris l'initiative d'élever le niveau culturel du Premier Ministre du Canada en lui suggérant des lectures. Harper ne sera pas dans l'obligation de dépenser un sous, Yann Martel ( qui est sois dit en passant le fils du poète québécois Émile Martel ) lui faisant parvenir par la poste, frais de port et de manutention inclus, les livres suggérés.
2 mai 2007, 12:48
Avoir le pouvoir sur les élu(e)s
Attention à ne pas faire entièrement porter le blâme aux parents de ces jeunes. Ces parents vivent dans le même monde que nous. Ces parents font face à des difficultés comme la pauvreté qui leur amène à adopter des comportements négatifs comme la prise de drogues, le vol, la prostitution et autres. Vu que ceux et celles qui détiennent le pouvoir politique ne veulent pas écouter et mettre en action les propositions adoptées démocratiquement par les différents organismes et leurs intervenants, alors il faut les débarquer et sélectionner nous mêmes les candidats qui font tous les jours leurs preuves et les amener à présenter leur candidature pour les élections. Tous ces jeunes aiment qu'on leur explique la politique, aime qu'on les éduque quant à leur dépendance des décisions politiques. Ils aiment connaître qu'il y a une alternative à la croissance sans cesse grandissante de la pauvreté. Ils aiment savoir qu'il y a une alternative au fait qu'ils sont marginalisés. Ce n'est pas que des cours d'arts et d'écouter comment des artistes ont réussis qui les mettra à l'abri de la délinquance pour toujours. Cela ne fonctionne qu'à court terme, puis après la vie continue; la vie les rattrape. Si vous dites qu'il est impossible de changer le monde, alors disons comme le Che : « Soyons réaliste, exigeons l'impossible »
Stéphane Chénier
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