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Stéphane Chénier
Stéphane Chénier
January 2007 - Messages
21 janvier 2007, 4:47
' La Honte ' de Bergman
Dans cette oeuvre de Bergman nous suivons un couple vivant sur une île et exploitant une petite ferme. Eva ( Liv Ullman ) et Jan ( Max Von Sydow ) sont deux jeunes retraités de la musique. Tout n'est pas pour le mieux pour le couple : Eva aimerait que Jan soit moins sensible, plus courageux et discipliné : Il faut se lever au chant du coq et travailler. Malgré ces ' défauts ' elle lui démontre son amour. Eva veut des enfants croyant que cela aiderait à solidifier leur couple. Lui n'est pas pressé, il préfère éluder gentiment la question. Nous sentons que sur la plupart des sujets le couple ne s'entend pas mais qu'il demeure tout de même uni. Puis la guerre éclate. Sifflements d'obus, fermes brûlées, cadavres de femmes hommes et enfants jonchant l'île. Nous ne savons pas quelles sont les motivations et justifications à la base de ce conflit guerrier mais cela est voulu. Bergman opte de nous parler des comportements humains se métamorphosant négativement ( c'est son choix ) avec l'arrivée d'une guerre. Les personnages secondaire tels le maire et le fournisseur de poissons en est un exemple révélateur hormis le couple Eva-Jan. La guerre penchant en faveur du maire, il adopte un comportement insoupçonné jusque-là, la même chose quand la guerre penche en faveur du pêcheur. Le thème de la guerre nous est présenté comme ne donnant rien de bon et faisant ressembler l'homme à la bête : Nous le constatons également par le biais des agissements de Jan; de lâche il devient psychopathe. Ce qui est plutôt positif dans ce film c'est que l'histoire est bien racontée, la photographie de Nykvist et surtout le jeux de Ullman et de Von Sydow.
16 janvier 2007, 12:47
Raymond Carver
Raymond Carver écrivait des nouvelles et de la poésie car il disait qu'il n'était pas capable d'écrire un roman. Il s'y était déjà mis mais avait abandonné. À la défense de Carver, soulignons que pendant des années il devait se dénicher un emploi rémunéré pour mettre du pain sur la table. Il s'est marié jeune, à l'âge de 18 ans, avec Maryann Burke qui elle n'en avait que 16. Elle était enceinte. Carver, au lieu de fuir comme bien des hommes de son époque l'auraient fait, prit ses responsabilités au sérieux. Il occupa plusieurs métiers : portier, employé dans une scierie, vendeur. À 20 ans, il était père de deux enfants. Tout en menant sa vie familiale de front, il n'abandonna pas son rêve de devenir écrivain. Le jour vint où il se dit que s'il voulait écrire, il se devait d'écrire court. Il apprend en peu de mots à dire beaucoup grâce à l'aide de son professeur le romancier John Gardner. Carver, plus souvent qu'autrement sombre, est un écrivain du quotidien des gens ordinaires ou petits intellectuels des Etats-Unis. L'une de ses plus belles nouvelles est, à mon humble avis, « C'est pas grand-chose, mais ça fait du bien » Nous y suivons un couple vivant une tragédie et qui reprend goût à la vie grâce à un pâtissier. Elle apparaît dans le recueil "Les vitamines du bonheur".
12 janvier 2007, 12:13
Mystère et cocotte de papier chiffonné
À quoi doit-on s'attendre ? Dommage que l'on ne nous en dise pas plus long sur le sujet. « Jardin sablier » est un titre évoquant peut-être des fleurs éclosent, le temps qui passe ou les fleurs fanées car le temps a trépassé. À moins que ce ne soit le temps passe mon corps est ratatiné et ça ne me donne plus le goût de m'occuper de mon jardin alors je n'ai plus qu'à attendre la mort qui ne saura tarder. Désolé de mon pessimisme mais je lis les Carnets de Tchekhov ces temps-ci. Pour le sarcasme, je n'ai aucune raison de m'excuser. Allons ! Madame Plomer mérite mieux qu'une courte incise pour un premier roman. Tout le monde, non de Dieu, mérite mieux que cela. Je me souviens de Suzanne Marcil pour son premier roman « Ce n'est rien » Benoit Jutras avait écrit, en 2005, un article intéressant. En tout cas. Misère. je retourne à Tchekhov.
11 janvier 2007, 1:05
Murakami
Dans Le Passage de la nuit une jeune femme est hantée par le souvenir de sa soeur. Elle erre avec ce souvenir dans les rues de Tokyo. L'oeuvre de Murakami est imprégnée d'onirisme fantastique. Le Japon est un pays dans lequel ne compte que le rendement, la compétition, dans lequel existe le plus fort taux de suicide au monde ce pays fait naître de ces auteurs amenant les lecteurs à sortir de cette étouffante réalité et à se réfugier dans une dimension d'arrêt et de contemplation. Pour le moment, le plus grand succès de Murakami est « La Ballade de l'impossible ». Ce livre à été publié en 1987 et il s'est vendu à plus de 4 millions d'exemplaire au Japon. Il raconte l'histoire de deux garçon amoureux de la même fille mais pas en même temps : Naoko. L'un des deux garçon, Kizuki, se suicide puis un an plus tard l'autre garçon retrouve Naoko et en tombe amoureux.
9 janvier 2007, 2:47
Les caprices d'Edmond sont son inconscience
Edmond ne veut plus être mené par la vie. Il veut mener la vie qu'il veut. Mais est-on toujours conscient lorsque l'on choisit ? Qu'est-ce qui fait ce que l'on est ? Nos gènes ou l'environnement ? Il abandonne sa femme. Il fera le "choix" de faire ce qui lui plaît. Edmond fait partie de ce groupe de personnes raciste, violent et n'ayant aucune conscience sociale. Oui il est vrai qu'il dit que la majorité afro-américaine est pauvre et que c'est pour cela qu'elle vole et finit par croupir en prison, mais vient le moment où il croit que cette affirmation est un préjugé et que les noirs n'ont que ce qu'ils méritent. Il est tellement inconscient qu'il croit qu'il est sur le chemin de la vérité; il croit que les préjugés proviennent de ceux et celles qui étudient et analysent la société. D'où lui provient ce qu'il est ? De son éducation, de sa sécurité économique et de son refus d'explorer et de critiquer la société dans laquelle il évolue : de tout cela en même temps. Pas surprenant qu'un tel personnage finira très mal. Tout d'abord, nous le voyons errer dans les quartiers mal famés de la ville. Après qu'il ait été victime d'agression, il prendra action mais sombrement. Ce qu'il ne sait pas est que le Monde ne se limite pas à ce quartier: nous avons l'impression qu'il a toujours vécu en orbite, au-dessus de la vraie vie. À la fin, il acceptera d'être où il est, tout en se posant encore mille et une questions existentielles sans jamais devenir plus intelligent pour autant. Edmond est vraiment l'image d'une classe sociale complètement pourrie.
4 janvier 2007, 2:40
Un personnage sans conscience
Ce livre d'Horacio Castellanos Moya nous fait suivre le quotidien d'un ex-soldat salvadorien au service d'un gouvernement corrompu, réactionnaire et terroriste. Mais le personnage principal croit dur comme fer que les terroristes sont ceux qu'il combat. Le style d'écriture est très rapide et encore plus vif pendant les scènes de combat. Nous n'avons pas le temps de nous ennuyer; nous sommes aspirés par le récit jusqu'à la dernier page. Moya nous fait prendre conscience que ce genre d'individu sans cour et croyant comme parole d'évangile ceux qui détiennent le pouvoir existe même au-delà du moyen-âge : c'est-à-dire aujourd'hui, et de cela nous n'en doutons aucunement. On ne peut pas dire que Robocop ne réfléchit aucunement au contraire il réfléchit profondément mais sur comment écraser ses ennemis plutôt que sur la politique de massacre et de vol implantée par la Maison Blanche en Amérique centrale. L'homme en arme un livre violent dans lequel domine le sexe, l'amoralité et la vengeance débouchant sur le meurtre.
Stéphane Chénier
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