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Seconde naissance
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L'origine, la matrice, le calme avant la tempête de la vie. Les mondanités qu'amène le succès Quignard s'en éloigne mais il veut retrouver ce calme d'avant la naissance, ce cordon ombilical, cette matrice intra-utérine. Sa vie est d'avoir la paix comme un Réjean Ducharme, mais pas autant, pas si effacée. Il donne des entrevues dans les journaux, on peut le photographier pourvu qu'on ne l'étouffe pas, car ce créateur a besoin d'espace, sinon, sinon il se retire sur son île pour encore plus longtemps.
Villa Amalia est une seconde naissance, nous pourrions même dire la vraie naissance, la seule, la première, celle calme, loin de toutes obligations sociales: celles de la performance, de la réussite individuelle et bien vue par la bonne société. Mais il faut le dire, ce point de vue est signé Pascal Quignard, cet homme qui a souffert de multiples dépressions nerveuses, d'autisme à l'enfance pour une courte période ainsi qu'à l'adolescence. L'autisme, ne plus rien vouloir savoir du langage. Mais en même temps vivre la déchirure, car il s'en rend malade, il veut communiquer, parler, pourquoi ce Quignard voudrait parler à ce monde qu'il observe, à ce "grand monde" hypocrite et méchant ? L'hypersensibilité refuse, elle entrouvre ses yeux sur un monde qui un jour écrira. Vient que l'observation pure recule quelque peu, la communication ouvre la bouche pour des années, et puis, elle devient émettrice. L'écrivain est là avec sa longue bibliographie; il veut parler en écrivant.
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" The Road to Guantanamo " la réalité est plus dure
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À un moment du film nous voyons Rumsfeld dire que les États-Unis respectent la Convention de Genève sur les droits des prisonniers. Donald Rumsfeld n'a peut-être jamais lu la Convention de Genève. Il se pourrait qu'il soit illettré. Dans cette éventualité il devrait s'inscrire au programme d'alphabétisation cubain " Yo, si puedo ", Programme ayant reçu le Prix d'alphabétisation de l'UNESCO, et c'est tout à fait gratuit.
La Convention de Genève stipule que lorsque les personnes ne participent plus directement au combat, sont et demeurent prohibés ( je vous soumets les trois articles de lois suivants ):
a) les atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices;
c) les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants;
d) les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés.
Le docu-fiction de Winterbottom, tout en attirant l'attention d'un vaste public sur les crimes commis à Guantanamo par l'impérialisme américain, ne rend pas compte réalistement des traitements monstrueux infligés par ce dernier. Shafiq, l'une des victimes, nous dit: "On était enfermés en cage et constamment battus. Mais la réalité est plus dure que ce que montre le film. Si on avait décidé de tout raconter, je crois qu'on ne nous aurait pas cru". Winterbottom avait la chance de porter un dur coup à l'état major états-uniens mais il ne l'a pas fait. Il a préféré diluer la réalité en montrant en autre un gardien dans un moment de gentillesse écrasant une araignée allant s'attaquer à un prisonnier endormi; quel moment dérisoire. Le film se termine sur le pardon à l'endroit des tortionnaires. Or dans les faits les trois poursuivent le gouvernement américain.
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