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Stéphane Chénier
Stéphane Chénier
August 2005 - Messages
30 août 2005, 12:30
Notre façon de penser
Notre façon de penser nous vient de la culture dans laquelle nous avons trempé. Que ce soit en restant bien en place dans notre environnement social immédiat ou bien en ajoutant nos voyages. Si madame Jacob se laisse guider par ses personnages de par leur intérieur, même si elle est écrivain, il y aura toujours une part, même minime de sa propre culture qui viendra s'amalgamer à la culture de ses personnages. Entendons ici ses propres pensées. Également madame Jacob nous parle de la fuite. La fuite de la pensée. Nous nous sentons en prison dans notre propre cerveau, heureusement, il y a une alternative. Quelque part (mais où donc exactement ?) se trouve une fissure. Mais, sans parenthèse cette fois-ci je le répète, où se trouve-t-elle ? Peut-on donner dans la clarté s'il vous plaît. L'écriture peut être porteuse d'idées. Mais ces idées peuvent être un tortueux embrouillamini. Et après démêlement nous risquons d'arrimer dans un gouffre qui nous laissera tout à fait en proie à la déprime.
27 août 2005, 12:28
Heureusement que le ridicule ne tue pas
Je soupçonne monsieur Trogi d'avoir voulu réaliser un film sur les rapports hommes-femmes. Or il est passé à côté. " Horloge biologique " est plutôt un film sur un soi-disant besoin de l'homme de toujours partir à la chasse. Trogi veut nous faire croire que depuis l'invention du feu l'homme n'a pas évolué, que même s'il essaie d'être à l'écoute de sa compagne et de lui donner un coup de main en tout, il n'est pas fait pour ça: l'horloge biologique tôt ou tard sonnera. Trogi avançait, bien avant la sortie de ce film ( référez-vous aux entrevues données ), des lieux communs qui faisaient plus penser à des réflexions d'adolescent s'ouvrant sur le monde ( À l'encontre de ses idées, j'ai entendu en tant qu'intervenant des adolescents avoir des vues beaucoup plus profondes sur les rapports avec les jeunes filles ) qu'à celles d'un homme mature. Du début et presque jusqu'à la fin, la philosophie prévalant dans " Horloge biologique " en est une de plaisir animal. Trogi aurait tout avantage à approfondir ses connaissances des rapports hommes-femmes. Certaines de nos universités dispensent des cours très intéressants. Et avec l'argent que " Horloge Biologique " vient de lui rapporter, il n'aurait aucune difficulté à débourser les frais.
25 août 2005, 1:29
Mémoire de mes putains tristes
Un titre aguicheur, mais le mot le plus important du titre est " Triste ". Gabriel Garcia Marquez, faisait remarquer dans son autobiographie " Vivre pour la raconter " qu'il ne tombe jamais dans la vulgarité pour lui l'important est la beauté des phrases, et il va sans dire du récit. Il peut traiter de guerre(s), de ses moments atroces mais nous sentons toujours que la beauté, la poésie et les histoires d'amour sont présentes et nécessaires. Garcia Marquez fait planer un côté magique tout en traitant de sujets réalistes. On appelle ce courant littéraire le réalisme magique. Jorge Luis Borgès, Isabel Allende et Gabriel García Márquez sont les trois auteurs qui y sont essentiellement associés. Dans " Mémoire de mes putains tristes " il n'est pas question de pornographie et non plus d'érotisme, donc nous serons loin de la pédophilie. Le héros se penche sur la vie de la jeune fille de quatorze ans dans un style élégant et d'une grande beauté, où justement la personne importante est pour lui cette jeune adolescente marquée par son court passé.
19 août 2005, 2:09
Prendre pour acquis...
Attention à la prétention monsieur Despatie. Non tous ne se souviennent pas de ce fameux incipit de Camus. Une chose est nécessaire lorsque l'on veut instruire, c'est de ne rien prendre pour acquis. Prendre pour acquis que l'on sait tous une chose, c'est ne pas vouloir nous enseigner cette chose. Ou bien si plus loin on nous enseigne cette chose, ce n'est que pour mieux nous traiter de manière condescendante. Alors, s'il vous plaît, attention à l'amorce choisie. Que Joseph Grand ait existé ou non est-ce si important ? On apprend, que la fameuse phrase de ce personnage de Camus ( cet être réel ou irréel ) n'est que prétexte pour le poète Jocelyn Robert de faire acte d'une originale création. Il s'amuse avec la forme de cette phrase. Pour l'écrivain c'est très amusant. Moi je vous conseille, pour ceux et celles que cela tenterait, de vous procurer la Grammaire de l'Imagination de Gianni Rodari ou bien la Petite Fabrique de Littérature, ou encore le Gradus ( il en existe bien d'autres encore ) Vous verrez, ils ( surtout le Rodari qui est une introduction à l'art d'inventer des histoires ) vous stimuleront l'imagination.
19 août 2005, 1:30
Perplexe de nouveau
À prime abord, je dois avouer ne pas savoir à quoi m'attendre: Une extrême violence persévérant dans l'Afrique du Sud de l'après libération de Nelson Mandela ? Fais-je fausse route ? Sommes-nous avant la libération de Mandela ou après ? Comment aborde-t-on l'Apartheid ? N'en parle-t-on aucunement ? L'Apartheid n'est-elle qu'une toile de fond sur laquelle évoluent des personnages clichés comme ce vieux docteur désabusé et ce jeune disciple d'Hippocrate prêt à transformer le monde ( la littérature ainsi que le cinéma pullulent de ce genre de caractères ): Le jeune abandonne ses rêves de changement, le vieux après avoir prit ce dernier sous son aile est attendri par sa pureté; puis le monde ambiant et sa corruption sont trop forte pour le jeune médecin; elle aura raison de lui ( et de sa raison ? ) Pitié ! Servez-nous quelque chose de moins cliché et qui fait un pied de nez au défaitisme. C'est comme si l'on voulait pleurer sur cette société et promouvoir qu'elle ne pourra jamais changer pour le bien de tous et toutes. Laissons les choses aller, on n'y peut rien. À qui devrait-on s'en remettre pour construire un monde meilleur ? À des puissances occultes ? À Dieu ? " Peuple à genoux ATTEND ta délivrance " Quelle belle philosophie. Mais là existe des paradoxes; prenons ce qui est bon: On dit aussi aide-toi et le ciel t'aidera. Pourquoi Damon Galgut a décidé de construire un personnage de jeune médecin sous cet angle ( ici je me fie à ce que vous rapportez) ? Son but n'était probablement que de mener à terme une oeuvre psychologique. Mais existe aussi des oeuvres psychologiques moins défaitistes, plus inspirantes tels: Malcolm X, John Q., Ali, et quelques autres trop peu nombreuses.
12 août 2005, 10:28
Mais aussi un livre historique
En ne se fiant qu'au commentaire de monsieur Christophe Bergeron nous risquons de passer à côté de quelque chose de plus intéressant comme oeuvre. Isabel Allende nous fait découvrir le fonctionnement des missions chrétiennes de la Haute-Californie de la fin du 18e début 19e siècle. Mais ce n'est pas tout. Nous apprenons également qu'à ces époques les amérindiens de cette région avaient un système économique complexe et très bien organisé. Les Espagnols n'en revenaient tout simplement pas. Ces amérindiens n'avaient pas besoin des espagnols pour être un peuple organisé et bien dans sa peau. Tout au contraire, nous voyons, en suivant les recherches et la mise en scène de madame Allende, que les Espagnols ont engendré le chaos et la peur. Dans ce récit, nous voyons des tribus se soulever contre le pouvoir espagnol sur leurs terres. Les amérindiens ne comprenaient pas pourquoi il fallait des frontières pour délimiter la terre; la terre était à tous. Si pendant une chasse on poursuivait un animal, on pouvait le poursuivre peu importe où ses pas le faisait fuir. Isabel Allende ( elle est la nièce de Salvador Allende renversé par Pinochet le 11 septembre 1973 ) de main de maître nous décrit toutes ses situations historiques et bien d'autres encore.
12 août 2005, 1:27
Patience, créativité et travail, travail, travail...
Premièrement, nous apprenons ( à l'intérieur de nos cours d'art ) que de l'imitation peut surgir, avec le temps et la créativité, un style qui nous est propre: trouver notre style est la chose la plus importante. Personnellement, je crois que ces artistes féminins, s'exprimant par la peinture, reviennent aux sources avec leur propre sensibilité ( n'oublions pas que tout de même, elles ont un style empreint d'une certaine fantaisie, donc leur art n'est pas que figuratif ). Elles veulent donner un nouveau souffle à l'art de la peinture, et le moyen qu'elles ont trouvé est de recommencer presqu'à zéro. C'est tout à leur honneur. Elles se disent: patience, créativité et travail. Pour ce qui est de vos suggestions: je ne crois pas que la solution pour le bonheur de notre art ( quel qu'il soit ) n'est que de laisser paraître nos sensations psychologiques intérieures; nos états d'âme. Il y a de cela mais ce n'est pas tout. Déjà en littérature québécoise domine trop cette voie ( surtout en poésie ). À mon avis, tout en demeurant sensible aux choses de la vie, il faut que l'artiste se ferme aux exigences du mercantilisme des marchands d'art. Un travail devrait être fait pour la mise sur pied d'un vaste système de coopératives d'arts ( tous les arts confondus ). Cela se voit déjà depuis plusieurs années au niveau des coopératives de travail ( voir le site du Regroupement québécois pour la coopération du travail ). Cette action aiderait grandement à contrecarrer l'énorme dépendance de l'art envers le corporatisme.
9 août 2005, 2:56
Le réalisme des émotions et des sentiments
Tout d'abord, ce qui frappe dans ce film c'est que les boxeurs à l'opposé de "Raging Bull" ont du respect pour leur femme. Ici l'homme-boxeur est compréhensif, faisant preuve de bonté d'âme, autant dans l'écoute de l'autre que dans les tâches ménagères. On va même jusqu'à montrer une scène où Stacy Keach ( Billy Tully ) prépare le souper pour sa petite amie alcoolique interprétée magistralement par Susan Tyrell ( Oma ). Le jeu de cette actrice est tout simplement incroyable: quelle profondeur dans les nuances, quelle maitrise de son corps. "Fat City" ( roman écrit par Léonard Gardner et publié en en 1967 ) nous fait suivre un groupe d'américains moyens dans les années soixante. Le monde de la boxe amateure est montré sous un regard chaleureux et réaliste; en tant que spectateurs nous n'éprouvons aucune difficulté à nous identifier à l'un ou l'autre ( ou plusieurs ) des défauts ou des qualités de ces personnages. L'approche de Huston est imprégnée de non-jugement de ces gens de la vie ordinaire. Quelle scène touchante et psychologiquement forte que celle où Billy est assit au comptoir d'une cafétéria en compagnie d'Ernie ( Jeff Bridges ). Il se tourne sur son tabouret. On assiste à un arrêt sur image. Des hommes jouent aux cartes. Seconde image, retour en plan rapproché sur le visage de Billy pensif. Troisième image, encore des hommes jouant aux cartes mais à une autre table. Quatrième image, retour sur le visage de Billy. Puis les 24 images à la seconde reviennent. Par ce procédé et le contenu de ces images, Huston veut nous faire prendre le temps de constater que chaque homme se sent seul dans ces problèmes mais oh! combien nous nous trompons, nous vivons des ennuis semblables. Si seulement nous prenions le temps de nous arrêter aux autres et de connaître un tant soit peu leur vie nous le constaterions.
5 août 2005, 9:18
B.D. et " L'Atelier du roman "
Je n'ai rien contre le fait que l'on parle de la B.D. québécoise. En revanche pourquoi n'en parle t-on avec autant de vigueur que depuis cette année ? Gatineau, Québec, j'ai appris dans l'article du Voir du 14 juillet que depuis quelques années se tenait un Festival de la B.D. dans ces villes québécoises. Après une absence d'environ trente années, Montréal se joint à ce groupe. Étrange qu'on ne produise qu'une bonne couverture médiatique qu'après que Montréal s'est joint au groupe. Mais aussi j'aimerais savoir pourquoi Le Festival Juste pour rire se joint à l'évènement ? Le Ministère de la Culture considérait-il que la B.D. n'était qu'un sous-genre ? Enfin, ces questions resteront probablement sans réponse. Voir devrait à l'occasion nous fournir des dossiers de fond dans le domaine de la culture avec références à l'appui. Cela nous aiderait à élever notre niveau culturel au lieu de ne demeurer que des consommateurs de culture. Oui, il est vrai que certainEs contributeurs nous aident en ce sens. Mais des articles de fond, à l'occasion, nous amèneraient nous contributeurs à approfondir nos connaissances dans le but de fournir des points de vue plus souvent enrichissants. " L'Atelier du roman ": À partir d'une recherche sur internet, j'ai appris que cette revue existe depuis déjà 1993 en France. Avant cette fois-ci, je n'en avais jamais entendu parler. L'ignorance est parfois un symptôme déplorable d'un état culturel sociétal. Le journal des " profondeurs " culturelles " Perpendiculaire " dit de " L'Atelier du roman " qu'elle " est trop proche voir sympathisante d'auteurs dont les propos et les idées font parfois penser à une droite extrême. " Tel Michel Houellebecq. Rappelez-vous son attaque vis-à-vis les Palestiniens: " Chaque fois que j'apprenais qu'un terroriste palestinien, ou un enfant palestinien, ou une femme enceinte palestinienne, avait été abattu par balles, j'éprouvais un tressaillement d'enthousiasme à la pensée qu'il y avait un musulman de moins.
2 août 2005, 2:09
Igby, sa famille et ses rencontres
Igby est un adolescent provenant d'une famille de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Son but dans la vie est de tuer le temps en attendant sa propre dépression. Le système scolaire et ses lois ce n'est pas pour lui: Il s'en fait virer sans cesse. Tout au long du film on assistera à sa chute accompagnée de ses états d'âme. La mère jouée par Susan Sarandon, est une femme névrosée se désengageant de son rôle parental. Burr Steers semble vouloir nous démontrer que chez les riches l'éducation des enfants est laissée entre les mains des professionnels que la richesse personnelle permet de se payer: Se peut être la gouvernante, les professionnels du secteur scolaire privé et ceux de la relation d'aide psychologique, et ses riches en oublie leurs responsabilités. Sur le chemin de son errance Igby rencontrera deux jeunes femmes qui lui feront goûter les plaisirs de la chaire. Ces deux jeunes femmes sont Rachel ( la maîtresse de son parrain ) et Sookie ( employée d'un service de traiteur ). L'image de la femme dans " Igby Goes Down " nous est présentée sous l'angle négatif. Les femmes sont toutes soient hystériques, névrosées, opportunistes ou nymphomanes ou bien tous ces défauts à la fois. Pour ce qui est de l'image de l'homme deux pôles sont représentés celui qui ne pense qu'à l'argent ( Jeff Goldblum ) et celui de la schizophrénie ( Bill Pullman ). Avec ce dernier personnage la schizophrénie semble être la conséquence logique attendant ceux évoluant dans ce milieu et possédant un sens critique. Jason ( joué par Bill Pullman ) en substance nous révélera le pourquoi de sa maladie en disant qu'il se sentait tellement sous pression dans ce milieu que ses nerfs ont lâché. Et Igby avec son sens critique tente de fuir à l'aide des moyens dont il dispose ( et disposera ) même si ne sont pas les plus positifs. Mais que voulez-vous, être élevé à la va-comme-je-te-pouse amène certains jeunes à se débrouiller comme ils le peuvent.
1 août 2005, 1:39
Mauvais début, mais...
Ce film raconte l'histoire d'un adolescent voulant devenir écrivain après être tombé par hasard sur un livre l'ayant fortement impressionné. Ce livre changera sa vie: il abandonnera le surf ( pour un temps ), il écrira du matin au soir et même plus que souvent la nuit. À force de travail et de talent en sortira un manuscrit d'où le film tire son titre. Dans la première strate de " Orange County " nous avons droit à un déclencheur de l'histoire gauchement choisit, à des clichés à l'américaine et des blagues d'une stupidité telle que nous prend l'envie de passer à un autre film. Voici de petits exemples: L'enfant " ritalin " faisant tout ce qu'il veut sans qu'on s'en occupe ( effet sur le téléspectateur: on trouve les parents stupides et leur inhabilité est loin de susciter le rire ); Le chien errant récupéré par Ashley ( interprétée par Schuyler Fisk ) il mange les bancs de la fourgonnette de son petit ami, encore une fois en aucune façon les acteurs n'interviennent. Pour l'humour on repassera. La deuxième strate du film débute par cette réplique de Marcus Skinner ( courte incursion mais heureuse de Kevin Kline ) à l'endroit de Shaun Brumder ( Colin Hanks le fils de Tom Hanks ): " On vit dans un monde où les gens sont égoïstes et superficiels mais malgré tout, il y a de l'espoir " , ici il intervient sur la leçon a tirer du manuscrit de Shaun. Mais au roman de ce dernier manque la fin. La suite du film racontera cette fin. Entre autre, sans rien vous dévoiler, nous aurons droit à une connerie dramatique de son frère Lance ( Jack Black drôle avec ses mimiques, mais sans plus ). C'est cette deuxième strate qui sauve " Orange County ", et il faut pousser notre patience jusque là sinon nous risquons de le juger trop rapidement.
Stéphane Chénier
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