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Stéphane Chénier
Stéphane Chénier
January 2005 - Messages
29 janvier 2005, 12:31
Manquements
J'aurais aimé des compléments d'information pour me donner vraiment envie de me procurer ce livre. Vous dites qu'il était un héros de la résistance. On dirait que vous plaquez cela pour que ça paraisse bien. Après la guerre, y a de ces résistants qui ont joint le pouvoir au lieu de continuer la lutte pour une vraie démocratie. Donc ils sont revenus à droite. De De Gaule on n'a pas à se souvenir que de son " Vive le Québec Libre ", mais il faut aussi se souvenir de son rôle dans la guerre d'Algérie où beaucoup de résistants algériens ont été torturés et tués par la pouvoir français. Sans compter les viols d'Algérienne et leur massacre. On a fait de De Gaule une icône car la France avait peur des communistes et de leur forte influence. Puis concernant le fait que monsieur André Malavoy ait côtoyé des personnages importants du Québec comme Pierre Élliott Trudeau ne devrait pas nous impressionner outre-mesure. La loi des mesures de guerre de 1970 est-ce que cela vous rappelle quelque chose ? Sautons au Maréchal Pétain. Pétain fût peut-être une sorte de héros de la première guerre mondiale mais à la seconde il a montré son vrai visage. Il est devenu le héros de ceux qui collaboraient avec l'occupant allemand. Monsieur Malavoy voudrait-il nous montrer que le " beau " côté de Pétain ? Monsieur Malavoy dans ses mémoires semble vouloir ranimer le sentiment national-chauvin des québécois. Où tout n'est qu'une question de langue ! Où l'on ne veut que diviser entre francophones et anglophones pour mieux laisser régner le pouvoir ! Pour terminer disons que mon choix s'arrêtera sur quelque qui me semble un peu plus progressiste et intelligent comme lecture. Quelque chose qui me permette d'aller de l'avant, toujours de l'avant.
28 janvier 2005, 11:19
Petite analyse
Monsieur Milot chargé de cours à l'U de M, nous dit qu'il faut comprendre l'Islam. Mais comprendre ne signifie pas trouver des réponses. On sait de quelle façon l'autre pense mais on ne sait pas comment l'amener à changer. Monsieur Milot dit un peu plus loin que les changements pourraient venir grâce aux citoyens de religion musulmane vivant dans les pays occidentaux. Donc les solutions viendront d'ailleurs. Ce ne sont pas les différents peuples de religion musulmane qui peuvent décider de leur avenir. C'est une insulte à leur intelligence et aux guerres que des peuples comme les Iraniens ont gagnées contre l' ex- dictateur le shah d'Iran ( qui soit-dit en passant était un " moderniste " ). On pourrait aussi parler de la victoire du peuple afghan contre les Soviétiques ( 10 ans d'occupation barbare ) ou même celle qui a présentement lieu en Irak: Monsieur Milot ne veut pas tenir compte de l'évolution de la situation dans le monde islamique et de ses conséquences dans la situation internationale. Ces peuples de religion musulmane ont été braves et c'est sur cela qu'il faut compter. Si comme il le laisse entendre c'est l'occident qui a les réponses à fournir aux musulmans, ces réponses sont la torture, le Patriot act, les guerres barbares, le contrôle des grands médias, l'industrie de l'armement et plusieurs autres actions moyenâgeuses. De plus, qui domine en occident ? Ce sont les dirigeants des États-Unis. Et c'est à des gens comme eux qu'il faudrait que les musulmans s'en remettent ???
27 janvier 2005, 6:03
Mémoire en eau trouble
Le livre de Jean Barbe en prenant le point de vue d'un dictateur voudra sûrement que l'on se plonge dans la peau d'une sorte de W. Bush, Milosevic ou Pinochet. Ces individus sont responsables de crimes contre l'humanité et on ne doit pas " se mettre à leur place ". Ces êtres sanguinaires ne méritent pas que l'on excuse leurs gestes car ce sont des milliers de gens comme vous et moi qui ont été enlevé à leur famille pour être torturés et massacrés. Que diriez-vous si cela vous était arrivé? Est-ce que vous voudriez pardonner des décennies de pauvreté et de terreur ? Au Chili Pinochet voulait invoquer la folie pour ne pas subir son procès. Au tout début, l'Angleterre le protégeait, mais sous de multiples pressions d'organismes internationaux elle a fini par céder et Pinochet fût rapatrié. Aujourd'hui, les Chiliens ont gagné leur point: Pinochet est considéré apte à subir son procès. Non notre mémoire ne doit pas être troublée par ce genre de contenu littéraire. Barbe sait écrire mais il aime beaucoup se servir de son talent pour provoquer négativement.
24 janvier 2005, 10:09
L'humanité : Un film puissant au plus haut point
Pharaon De Winter est u inspecteur en mal de vivre et cela se sent tout au long du film. Il est effacé, ne veut jamais s'imposer, n'a un regard critique sur rien et même on se demande s'il n'est pas atteint plutôt que d'un mal de vivre d'une déficience intellectuelle. Ses yeux sont sortis de sa tête, hagards, il marche emprisonné dans son corps comme s'il craignait les répercussions de s'en libérer. Mais pourquoi est-il ainsi ? On vient qu'à découvrir que deux ans auparavant, il a perdu femme et enfant. Il vit chez sa mère, femme castrante qui défend Domino ( une ouvrière d'usine de laquelle Pharaon est amoureux ) de s'approcher de son fils. Pourtant c'est plutôt Pharaon qui lui tourne autour. Dans l'une des scènes on voit Domino s'offrir sexuellement pour aider ce dernier à apaiser sa souffrance. Dans " L'humanité " il y a de belles scènes chargées d'émotions. Et ces émotions passent, à 90%, par un jeu introspectif des comédienNES; un jeu non-verbal. La photographie est magnifique, surtout celle des grands espaces qui ajoute à l'isolement et à la désespérance de Pharaon. Oui ce film peut provoquer des réactions négatives et dévastatrices chez les âmes non-exploratrices de l'inconscient humain. Mais si on veut connaître, on peut comprendre le comportement qu'adopte Pharaon envers ceux qui souffrent peut-être plus que lui. De plus, nous téléspectateurs intelligents, pouvons comprendre que l'amour humain est vraiment en manque dans nos sociétés, et que nous ne devons pas laisser cela aller.
23 janvier 2005, 12:08
Littérature engagée
Il y a de ces auteurEs qui se refusent à être objets de divertissements. Aragon, Éluard, Néruda, Jorge Amado, Georges Sand, Maxime Gorki sont de ceux-là. Ils se penchent sur la vie, il la scrute, la dissèque, que ce soit au niveau politique, sociologique ou des rapports amoureux. Je ne connais pas le travail de Pere Calders, mais à ce que vous dites il semble être de ceux-là. Je voudrais vous reprendre sur un point: La métropole, en l'occurrence Mexico dont on parle ici, n'est pas partagée entre tous ces groupes; Mexico appartient en entier " aux affameurs du peuple " qui depuis des décennies est à la botte des États-Unis. Des groupes luttent à travers le Mexique pour que la terre et toute l'économie reviennent entre les mains de la majorité, et que cette majorité s'investisse du pouvoir souverain. Dans les montagnes du Chiapas ( est-ce que Pere Calders y ferait allusion? ), les zapatistes demandent à ce que la terre reviennent entre les mains des chiapanèques et que cessent les massacres orchestrés par les paramilitaires mexicains. Je vais aller m'installer dans une librairie et lire au moins une des nouvelles de Pere Calders; j'espère ne pas être déçu. Mais dites-moi, pourquoi est-il revenu de son exil en 1962 ? Franco était toujours au pouvoir à cette époque. Je ne sais pas mais se pourrait-il que vous vous soyez fourvoyé ?
22 janvier 2005, 12:48
Sérénité
À l'occasion j'auditionne ce doux c.d. qu'est " fenêtre avec vue ". Surtout comme aujourd'hui à 24 sous zéro. À chaque fois, j'ai la sensation d'avoir été projeté au bord de la méditerranée ou dans un ailleurs, là où " il fait dimanche tous les jours ".
21 janvier 2005, 6:46
Excusez-moi merci
J'ai souvent vu des gens rire en regardant l'art minimaliste. J'en suis. Ne me dites pas que l'art minimaliste est un art politique. Non plus ne me faites pas croire que c'est de l'art. Si vous avez raison eh! bien nous sommes des milliers à être de parfaits ignorants; nous sommes des milliers, à ne pas savoir distinguer l'art du vide. J'ai beau me concentrer devant une toile énorme faisant deux étages de hauteur sur cent pieds de longueur dans laquelle est peinturé différents dégradés de bleu, j'ai beau me concentrer, faire appel à mon cour et à toutes mes capacités intellectuelles je ne vois pas et je ne sens pas de contestation politique là-dedans. Ce n'est pas de se poser la question si oui ou non nous devons marcher sur des carrés de cuivre qui font de nous des gens par effet d'influence ( positive ou non ) conscientisés politiquement: On n'a pas conscience que c'est politique comme geste. Si on regarde le gardien c'est par politesse envers l'artiste même si l'on trouve que son travail est débile. Monsieur Mavrikakis quelques-fois vous nous décevez en voyant de l'or là où il n'y a que du plomb.
21 janvier 2005, 8:54
Mémoire Affective
Depuis Freud nous avons avancé sur la notion de l'inconscient : Tandis que Freud disait de la mémoire qu'elle est statique ( il voulait ne se cantonner que dans le passé ), que seule comptent les images du passé et leur interprétation, aujourd'hui, avec les avancés des recherches sur l'inconscient, nous disons que ce qui compte c'est la mémoire du passé oui mais de façon évolutive. Et il faut suivre les traces de cette évolution. C'est-à-dire comme dans le film de Francis Leclerc si Tourneur est devenu alcoolique, quelqu'un qui fuyait dans son travail au détriment de sa famille, cela s'explique par un passé tragique et par un choix de s'en protéger. Il a choisi ses armes pour continuer à avancer dans la vie et pour ne pas devenir fou et qu'on l'enferme ou de suicider. Tourneur à le même vice que son père: L'alcool. Freud disait que de répéter le même vice que le parent était un désir de mourir ( la pulsion de mort ). Toutefois, il faut plutôt voir cette réponse à la souffrance comme un désir obstiné de vivre, sinon on se suiciderait dans l'immédiat - on cherche donc une réponse - . Pour Tourneur c'est un moyen de défense qu'il a choisit. Il veut vivre malgré la tragédie qu'il a vécue et il s'en donne les moyens. Pas sain comme moyen mais il ne faut pas culpabiliser si on veut aider à guérir. C'est un très bon film qui met en action toute cette souffrance et les dernières découvertes sur l'inconscient. Roy Dupuis est phénoménal. Son jeu est impeccable et touchant à l'extrême. Il a besoin d'amour, faute d'en avoir assez selon son besoin, il en crée. Tout le monde est bon. Tout le monde joue bien. Seul hic! : Nathalie Coupal semble trop vieille pour être la femme de Roy Dupuis, à mon avis c'est un problème de maquillage ( pourtant les comédiennes plus jeunes qu'elle le sont ). En plus, elle ne semble pas concentrée, elle fait trop attention à son texte.
15 janvier 2005, 6:08
Suggestion
Nous avons la chance de pouvoir côtoyer les oeuvres d'une multitude d'artistes. Or peu le font. Que se passe-t-il donc au Québec avec la culture ? Vous savez, pour ceux qui ne le prenne pas, prenez le temps d'appeler un ami ou deux et suggérez une visite dans une des nombreuses galeries d'art ou dans un musée. Puis calmement, regardez doucement ce que l'art vous offre. Je sais que nous sommes dans un monde de vitesse, la vidéo et tout ça, mais allons chez Voxx pour la vidéo qui est autre que la culture à l'Américaine, regardons l'exposition en l'honneur de William Kentridge. Par la suite autour d'un café, d'une tisane ou autre et entretenons-nous de ce qu'on a vu, compris et entendu et si l'on veut allons jusqu'à écrire sur le sujet.
14 janvier 2005, 11:02
Intéressant
Rarement on entend nommer en littérature contemporaine le mot bourgeoisie. Comme si le fait de nommer ce mot était un sacrilège. Pourtant même ici au Québec il y a une bourgeoisie. Dans chaque pays capitaliste il y a aussi une bourgeoisie. C'est un fait et non une invention métaphysique. Horacio Castellanos Moya un écrivain de culture et de vie sud-américaine se colle à cette réalité par le biais de l'expression littéraire policière. Oui il y a des journalistes corrompus; il est faux de penser que le journalisme est la chasse-gardée de la vérité vraie. On a qu'à penser à Reporters sans frontière et leur soi-disant cheval de bataille la liberté de la presse. Horacio Castellanos Moya s'il ne fait que soulever le doute sur ce point, ce serait déjà louable. Ce titre me semble du bon policier inscrit dans notre monde contemporain.
4 janvier 2005, 7:36
« J'enterre mon lapin »
Si comme vous nous le dites, dans l'une, ou plus, de ces 15 nouvelles, Barcelo fait dans la critique sociale, on ne pourra s'en plaindre. Du moins, je le crois. À moins que sa critique sociale s'attaque aux couches les plus vulnérables, et qu'elle se refuse à nous ouvrir les yeux sur les véritables voleurs qui eux sont protégés par les lois et leurs représentants. Barcelo est rigolo. Mais, à la longue, il peut lasser. Je ne sais précisément vous dire... On ne peut avoir envie, à moins de ne rechercher que le divertissement, de passer à travers son oeuvre. Ces 15 nouvelles, sauf la dernière, sont qualifiées de burlesques. Avec cet auteur, nous sommes loin du burlesque à la Charlot, où c'est le plus pauvre qui vient à gagner sur le plus riche. Charles Spencer Chaplin dans le personnage de Charlot est un classique. Barcelo se limite souvent à ne divertir que pour divertir. Rien de gratifiant n'en ressort. S'il veut persévérer dans cette voie, il a bien beau.
4 janvier 2005, 2:17
L'humain à des souvenirs
Tous nous avons des souvenirs. Aussi tous nous avons un vécu. Nous sommes tous de grandes femmes et de grands hommes. C'est nous qui sommes - pris tous ensemble - à l'origine de la création de la société. Et c'est nous tous qui faisons rouler cette société. Alors quand un événement, heureux ou malheureux, touche à l'un de nous, il est aisé de trouver des particularités avec des faits vécus par plus d'un. Normand Carrière veut nous parler de ses parents, de ce qu'ils lui ont légué. Nos parents nous ont tous légués quelque chose; au pluriel ou au singulier. La ressemblance physique est une de ces choses. Jeune on peut vouloir ne jamais être comme ces parents. On est en réaction. " Je ne veux jamais ressembler à mes parents " C'est plutôt qu'on ne voudrait jamais avoir le caractère de nos parents. En vieillissant le fait de voir dans le miroir notre ressemblance avec un de nos géniteur, nous donne la vicieuse impression que l'un des caractères familial est inscrit à l'intérieur de nous. Nous nous objectons avec regret: " Oh! non je suis devenu mon père ". Nous en sommes un tant soit peu ou beaucoup dégoûté. Puis un jour le deuil est consommé. Nous venons qu'à comprendre que nous sommes nous avec un peu d'eux et qu'eux c'est eux probablement avec un peu de ce que nous sommes devenus. C'est de l'interinfluence. Est-ce ce parcours que monsieur Carrière à suivi ? Je ne sais pas, mais il se pourrait qu'oui.
Stéphane Chénier
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