|
|
|
Ce billet contient une plogue
|
|
Bon. Il y a d’abord le nouveau théâtre TELUS, sis au 1280, rue Saint-Denis (anciennement le cinéma Berri).
C’est à deux pas du site du Festival Juste pour Rire.
Et c’est là que se dérouleront en douce les activités de L’Off Festival JPR (rien à voir avec le festival « officiel »).
Pourquoi j’en parle? Parce que l’Off profite de la manne amenée par le Festival Juste Pour Rire en ayant eu la brillante idée de s’installer au ci-haut mentionné Théâtre TELUS.
Mais pourquoi diable le Festival JPR n’a-t-il pas installé quelque divertissement de bon goût au théâtre TELUS? C'est à côté. Ça aurait été logique.
Hmmm, non. Car voyez-vous, le festival Juste Pour Rire officiel est commandité par Vidéotron, une PME qui a pour concurrent direct… TELUS. Il aurait donc été osé pour le Festival JPR d’installer d'occuper le Théâtre TELUS. Bienvenue dans le monde de la commandite.
Bref, c’est l’Off qui profite de la place pendant le Festival!

Et justement, je collabore bien humblement au spectacle d’une jeune humoriste intitulée Isabelle Ménard. Bon, je ne suis pas sur scène, n’ayez crainte. J’agis simplement comme script-éditeur.
Or, le One-Ménard Show d’Isabelle fait partie des spectacles qui seront présentés au Théâtre TELUS dans le cadre de l’Off Festival JPR.
Sachez que les trois premières représentations de son spectacle, en mai dernier au P’tit Medley, ont fait un tabac, comme disent les gens qui emploient régulièrement cette expression.
Même que Martin Petit y était et il a dit : « On ne sent pas les influences. On ne peut pas dire qui l'inspire en humour. C'est une qualité rare chez les jeunes stand-up. »
Tout ça pour dire que, si vous ne voulez pas dépenser 70$ pour voir un spectacle bourré d'humoristes que l'on voit déjà partout; spectacle que, de toute façon, vous pourrez voir dans quelques mois à TVA, je vous suggère de découvrir Ménard...
C’est jeune, c’est frais, c’est une fille et ça peut vous faire gagner un référendum sur la souveraineté simplement en vous parlant des rôtisseries Saint-Hubert...
Voilà, c’était ma plogue estivale.
Le One-Ménard Show, les 11 et 12 juillet, 20h30, au Théâtre Telus.
|
|
|
|
Bonnes nouvelles obligatoires en Roumanie
|
|
Trouvé dans le bulletin de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec aujourd'hui:
Le Sénat roumain entend mettre fin aux mauvaises nouvelles dont, selon cette institution, les médias débordent. Une proposition de loi votée à l'unanimité, mercredi 25 juin, oblige ces derniers à diffuser 50 % d'informations positives pour éviter, selon ses initiateurs, "l'extraordinaire nocivité des informations négatives et leurs effets irréversibles sur la santé et sur la vie des gens". (…) Ce texte se propose d'améliorer le climat général et d'offrir au public des "perceptions équilibrées de la vie quotidienne, psychiquement et émotionnellement".
On dirait une blague tellement l'idée de forcer les médias à "propager la bonne nouvelle" me semble absurde. J'imagine tout de suite une discussion autour de la table de rédaction d'un grand quotidien: 9h34. Lundi. -Alors, euh, qu'est-ce qu'on a au menu ce matin? -Un incendie a complètement détruit un immeuble à logements cette nuit.
-Des morts? -Deux. Des enfants qui s'étaient réfugiés sous leur lit. -OK. On joue l'histoire en une. Autre chose? -Ben, il y a l'économie qui fait encore des siennes. Une autre usine a fermé hier.
-OK. Bonne idée. Maintenant, pour respecter nos nouvelles obligations réglementaires: est-ce qu'on a une bonne nouvelle?
-... -Rien? -Ben, euh. Enfin, oui. Les fraises ont commencé à sortir. -Et? -Ben, c'est bon les fraises. -Vous êtes sûr qu'il n'y a rien de dangereux, de fâcheux, de scandaleux; rien de déprimant avec les fraises? -Euh. Enfin, pas à ma connaissance. -D'accord. Est-ce qu'on pourrait avoir une entrevue avec quelqu'un qui aime cueillir les fraises quand elles commencent à sortir? Un vrai amateur de fraises? -Ça devrait pouvoir se trouver. -Est-ce qu'on peut avoir une nutritionniste qui nous vanterait les mérites des fraises? -C'est sûr. -Jacques. Tu me prends des photos d'enfants avec la gueule barbouillée de fraises. -C'est noté. -Parfait. Alors je veux un spécial "Les fraises, c'est bon" en A2, A3, A4 et A5! Merci!
|
|
|
|
Journalisme d'immersion
|
|
C'est ce qu'on appelle du journalisme d'immersion. Littéralement.
Le journaliste et auteur américain Christopher Hitchens a testé pour le Vanity Fair la fameuse technique de "simulation de noyade" de l'armée américaine. Et il le confirme: il s'agit bel et bien de torture. À lire ici.
|
|
|
|
Entente au Journal de Québec
|
|
La Presse Affaires annonce qu'une entente est intervenue entre Quebecor et ses employés en lock-out depuis 14 mois... Ça sent la fin d'un conflit qui s'est éternisé, chers amis! Bientôt, tous ces employés pourront regagner le bercail et continuer à travailler 3 ou 4 jours par semaine pour un salaire plus élevé que le vôtre et le mien! Retenez-moi, je vais verser une larme.
|
|
|
|
Nous sommes des crêpes
|
|

J'ai lu la trilogie du Seigneur des Anneaux vers l'âge de 13 ans. Trois tomes. Plus de 1000 pages. J'y repense aujourd'hui, et je me demande comment j'ai pu tenir jusqu'au bout sans abdiquer. Car, malgré tout le respect que j'ai pour ce bon vieux Tolkien, ses bouquins comportent tout de même deux ou trois longueurs. Quand Bilbo se met à chanter, par exemple, il faut être fait fort pour ne pas céder à la tentation de sauter quelques pages.
Or, j'ai tout lu. Un exploit dont je serais incapable aujourd'hui. La trilogie me tomberait des mains à tout bout de champ.
Je ne suis pas le seul à souffrir d'intolérance aux lectures lourdes. L'auteur Nicholas Carr a aussi l'impression que son cerveau s'essouffle plus vite qu'avant. "J'ai déjà pratiqué la plongée dans une mer de mots, écrit-il. Aujourd'hui, je file en surface comme un gars sur un Sea-Doo. [...] Internet semble avoir déchiqueté ma capacité de concentration et de contemplation."
Carr signe ce mois-ci un article dans le magazine The Atlantic. Intitulé "Is Google Making Us Stupid?" ("Google nous rend-il stupides?"), son papier traite des effets d'Internet sur nos cerveaux. Fascinant.
Je l'ai même lu jusqu'à la fin!
Selon l'auteur, Internet, avec ses hyperliens qui nous font cliquer d'un site à l'autre, plonge notre esprit dans un état de constante sollicitation. On passe d'une recette de tapas à un article sur le Pays basque, d'un clip Youtube rigolo à la dernière entrée de Martineau sur son blogue.
Une nouvelle façon de lire apparaît. En fait, on ne lit plus: on fait du "furetage extrême". On grignote ici et là des phrases aléatoires qui n'ont souvent aucun lien entre elles.
D'ailleurs, la plupart des sites Internet commerciaux ne sont pas intéressés à ce que vous passiez de longues minutes à lire des textes de fond. Pour eux, plus les internautes cliquent, plus il y a de "pages vues", plus il y a "d'impressions publicitaires". Car chaque page vue montre de nouvelles pubs. Et "Ka-ching!"
C'est ainsi que nous devenons des "crêpes", selon l'image du dramaturge Richard Foreman. Notre culture, au lieu de s'approfondir, "s'étend et s'amincit alors que nous accédons à ce vaste réseau d'informations".
L'article de Nicholas Carr veut démontrer qu'un cerveau qui passe beaucoup de temps sur le Web finit par penser comme le Web. "Les technologies que nous utilisons pour apprendre à lire jouent un rôle important dans la formation des circuits neuronaux", écrit-il.
Ce n'est pas une idée d'avant-hier. Alors que se développait l'écriture, Platon avait peur que les gens cessent d'exercer leur mémoire. Pourquoi apprendre par cœur ce qu'on peut écrire et relire au besoin?
L'invention de l'horloge a fini par faire de nous des bibittes qui mangent et qui dorment à heures fixes. Nous n'écoutons plus nos sens. Nous obéissons à l'horloge. Nous sommes devenus des horloges.
Vers 1882, Nietzsche - dont la vue faiblissait - s'est procuré une machine à écrire. Il a appris le doigté, et ainsi, il a pu continuer à écrire, même les yeux fermés. Or, la machine à écrire a eu un effet subtil sur ses écrits. Sa prose est devenue plus télégraphique. Ce qui a fait dire au célèbre philosophe que "l'équipement utilisé pour écrire joue un rôle dans la formation des pensées."
Nietzsche était devenu une machine à écrire.
Malgré toutes les portes que nous ouvre le réseau des réseaux, et je suis le premier à en profiter, je dois admettre qu'à force de butiner à gauche et à droite sur le Web, j'ai fini par penser comme le Web. Vous aussi, peut-être...
Misère... Faut se remettre les méninges en forme! Cet été, pourquoi ne pas lire quelque chose d'aride?
Prenons donc au mot les analystes de la commission Bouchard-Taylor qui suggéraient de lire en entier le fameux rapport sur les accommodements raisonnables.
Voilà une belle grosse brique pesante de 310 pages qui fait suer les neurones.
Bon work-out cérébral!
Pour télécharger gratuitement le rapport Bouchard-Taylor: http://www.accommodements.qc.ca/
Sinon, Nicholas Carr a aussi écrit The Big Switch, (éd. WW Norton, 2007, 276 p.), un essai qui explique comment les ordinateurs remodèlent la société, la culture et l'économie.
PRESSE ECRITE /
À cueillir dans un kiosque à journaux près de chez vous ce 3 juillet, un cahier spécial de 15 pages dans le journal Le Monde publié à l'occasion du 400e de Québec. Rappel des grandes réussites québécoises dans les domaines de l'économie et de la culture. Un texte sur la scène rock québéco-montréalaise et un reportage sur le Nord québécois réalisé par notre collègue Anne Pélouas.
|
|
|
|
Feu vert à Remstar
|
|
Vous le savez probablement déjà (voilà le genre de nouvelles qui se répand comme une traînée de poudre), le CRTC a finalement approuvé le plan de relance des nouveaux patrons de TQS, Remstar, en échange de quelques petites conditions. Comme tout a déjà été écrit sur le sujet, je vous dirige ici et ici et ici, sans oublier lui ici, qui pense que TQS devrait fermer.
|
|
|
|
Pop-corn et autres menteries
|
|
L'autre jour, un courriel d'une amie sollicite mon attention. "As-tu vu ça? C'est freakant!", écrit-elle en hyperlien.
Curieux, je clique et tombe nez à nez avec une vidéo amateur montrant quatre jeunes gens autour d'une table basse. Qui sont-ils? Aucune idée. Ils semblent vouloir se prêter à une sorte d'expérience. Un des jeunes dispose quelques grains de maïs sur la table. Les autres placent quatre portables autour. Nos joyeux lurons font ensuite sonner simultanément les quatre téléphones et... le maïs éclate!
Fin de la vidéo.
Freakant, en effet.
Je quitte le clip avec une anxiété de plus à fourrer dans mon sac à soucis - que j'ai déjà du mal à zipper, soit dit en passant.
Si les ondes cellulaires peuvent transformer d'innocents grains de maïs en pop-corn, j'imagine à peine ce qu'elles peuvent causer comme dommages au cerveau.
D'autant plus que David Servan-Schreiber et d'autres cancérologues viennent de sonner l'alarme en recommandant à la population de se servir le moins possible de leur portable. On ne rit pas.
Oui, j'ai cru au test du maïs éclaté de la vidéo. L'amie qui me l'a fait voir, et qui détient une maîtrise en sciences de l'environnement, y a cru aussi.
Dominic Arpin, blogueur et journaliste très au fait des curiosités vidéo qui circulent sur le Net, est tombé dans le panneau, tout comme des millions d'internautes à travers le monde.
Or, ce clip anxiogène - vous me voyez venir - est un faux. Un poisson d'avril hors saison. Mais surtout, une campagne de marketing viral commanditée par un fabricant d'oreillettes sans fil.
Cette obscure compagnie - dont je tais le nom à dessein - a réussi à faire parler d'elle partout en inventant une légende urbaine bien arrimée à la phobie de l'heure: les dangers du cellulaire.
C'est la grosse mode, le marketing viral. L'idée la plus efficace est de lancer sur le Web une vidéo soi-disant amateur montrant des images susceptibles de piquer la curiosité.
On laisse ensuite les internautes courrieller, bloguer, facebooker, bref disséminer le clip aux quatre vents.
Et c'est ainsi que la pub déguisée finit par créer le buzz recherché.
Un petit film vu des millions de fois sur YouTube montre deux gars qui enfilent des sauts périlleux et atterrissent dans une paire de jeans. C'est une pub de jeans camouflée. Dans un autre clip, un surfeur appâte un requin et se fait remorquer par lui. Une pub pour des lunettes de soleil. Un film tourné par une caméra de surveillance montre un type dans un bureau qui pète les plombs et casse tout autour de lui. Une promo maquillée pour un film avec Angelina Jolie.
Toutes ces vidéos publicitaires cultivent la même chose: un flou artistique entre la réalité et la fiction. "Il est devenu extrêmement difficile de différencier le vrai du faux, dit Dominic Arpin au téléphone. Les internautes sont moins crédules, mais les tactiques de marketing viral se raffinent aussi."
Oui, mais... Jusqu'où la publicité peut-elle mentir pour attirer l'attention? Car, disons-le crûment, ces clips ne sont rien d'autre que des mensonges d'intérêt commercial.
Mensonges amusants, mensonges quand même.
Bien sûr, on peut trouver qu'il s'agit de coups de pub absolument gé-ni-aux. Un instant.
Dans la vraie vie, la publicité a tout de même une éthique à respecter. Oui, j'ai bien dit "éthique".
Au Canada, l'industrie de la pub s'autoréglemente depuis longtemps. Chaque message publicitaire doit respecter le Code canadien des normes sur la publicité. Et le point 2 du Code est clair: aucune publicité "ne doit être présentée dans un style qui masque son but commercial".
Des normes semblables existent dans plusieurs autres pays.
En deux mots, même dans la jungle de la pub, il y a des règles du jeu.
Mentir pour créer un buzz, c'est transgresser ces règles. C'est tricher.
C'est jouer au poker avec une quinte flush royale cachée dans ses culottes.
Il n'y a rien de gé-ni-al là-dedans.
Revenons au canular du pop-corn aux ondes cellulaires.
Il y a quelques semaines, une obscure compagnie d'oreillettes sans fil a décidé d'emberlificoter des millions de gens et de nourrir une peur bien réelle. Elle a aussi forcé des journalistes de partout à laisser de côté la couverture de l'actualité pour publier des articles rétablissant les faits quant à cette fumisterie bêtement promotionnelle.
Pour déranger autant de monde, il ne faut pas se prendre pour du 7UP.
Le pop-corn est faux. Le manque de civisme de ce fabricant d'oreillettes, par contre, est bien réel.
|
|
|
|
George Carlin, 1937-2008
|
|
George Carlin, un des plus grands stand-up comique américain est décédé à l'âge de 71 ans. Entendez-le parler d'environnement...
|
|
|
|
Les cinq ans d’Urbania
|
J’ai collé tard hier soir au party célébrant les 5 ans du magazine Urbania. C’était au CCA. La place était compactée de monde. Au moins 500 personnes.
Vers minuit, on se serait cru au métro de Tokyo. Des agents de sécurité géraient le trafic entre la terrasse et la piste de danse. Bref, un gros party.
Dire qu’il y a 5 ans, le lancement du premier numéro d’Urbania se déroulait dans l’ambiance intime des locaux de Toxa (l’agence derrière le magazine). On était 20-25 personnes pas plus.
En regardant la marée de monde avait envahi le CCA hier, je dois dire que je me sentais assez privilégié d’avoir connu les balbutiements de cette iconoclaste publication bien de chez nous.
*
Philippe Lamarre et Vianney Tremblay, les pères d’Urbania, ont créé une patente improbable capable d’emballer les talents de Montréal. Hein?
Je m’explique. Urbania ne paie pas ses collaborateurs. Malgré tout, le magazine n’a aucune difficulté à s’allier des rédacteurs chevronnés comme de jeunes nouveaux, des photographes juniors et des pros qui coûtent la peau des fesses en temps normal, des illustrateurs, des designers, etc.
Pour tous ces gens, Urbania est un espace de liberté qui leur permet d’exploiter pour vrai leur créativité, leur savoir-faire, de concrétiser leurs idées les plus folles, leurs fantasmes professionnels inassouvis.
Alors, ils se donnent à fond et laissent tomber la facture.
Cela fait naître tous les trois mois un magazine thématique qui, mieux que n’importe quel autre magazine d’ici, représente un instantané du talent qui grouille dans cette ville.
Le dernier numéro, qui a pour thème le luxe, en est encore une fois la preuve.
|
|
|
|
Leçon de peinture
|
|
Une publicité virale commanditée par le Nobel Fondation (Pays-Bas). Brillant. Comment faire passer un message social sans avoir l'air raccoleur...
|
|
|
|
L'enfance est out
|
Lisez-vous le magazine Cool, charmante publication pour jeunes filles modernes? Moi non plus. Or, il s'agit d'une lecture obligatoire pour qui veut traiter d'hypersexualisation chez les jeunes.
L'air un peu con devant la caissière du kiosque à journaux, je me suis donc procuré la dernière édition dudit magazine.
"Euh. Ce n'est pas pour moi... C'est pour un article."
Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour ce foutu droit du public à l'information?
Cool était livré dans une enveloppe de plastique renfermant un joli bracelet à trois sous, que je me suis empressé de sacrer aux vidanges, et une valise miniature du Banquier; quand on l'ouvre, il y a un miroir pour se maquiller.
À l'intérieur du magazine: des tests, des tests et encore des tests. "Ton kick et sa nouvelle blonde: est-ce que ça va durer?" "Quelle sera ta chaussure de l'été?" "Quelle fille de plage es-tu?".
Sujets classiques.
En 2003, Caroline Caron, doctorante en communication à l'Université Concordia, a publié une étude sur les valeurs véhiculées dans les magazines d'adolescentes. "Près des deux tiers des articles publiés dans la presse féminine pour adolescentes insistent sur l'importance de la beauté, de la mode, des relations avec les garçons, de l'hétérosexualité et des vedettes masculines", écrivait-elle.
Si Cool s'adressait aux jeunes filles de 13 à 15 ans, cela passerait encore. C'est l'âge, comme on dit, pour s'intéresser aux garçons et au maquillage.
Sauf qu'il y a un hic. Des adolescentes de 13 à 15 ans au Québec, il y en a 141 203, selon l'Institut de la statistique du Québec (2007).
Or, le lectorat de Cool compte 490 000 personnes, selon le rapport PMB 2008.
Admettons que toutes les Québécoises de 13 à 15 ans lisent Cool - ce qui est déjà impossible -, qui sont les supposés 348 797 autres lecteurs?
Des garçons de 14 ans qui veulent savoir quel maillot reflète leur personnalité?
Des étudiantes universitaires prêtes à flamber 4,35 $ pour découvrir quel gars de Simple Plan est fait pour elles?
Soyons sérieux.
Ce magazine recrute son lectorat chez les jeunes filles de 9, 10, 11, 12 ans.
Des préadolescentes qui sont encore à l'âge où l'on collectionne les effaces parfumées, où l'on joue à la tague malade et à l'élastique.
Des enfants qui ne devraient pas avoir à se demander quel est le meilleur endroit pour une première date avec le "beau Simon".
Des enfants que ce magazine faussement cool vieillit trop vite...
Remarquez, le truc existe aussi à la télé. Les producteurs interrogés sont clairs là-dessus: des émissions montrant des jeunes de 15 ans traversant des intrigues de jeunes de 15 ans sont le plus souvent conçues pour toucher aussi les jeunes de 10 à 14 ans.
Encore une fois, on plonge des gamins dans des préoccupations d'ados.
POURQUOI EN EST-IL AINSI?
En partie parce qu'il y a trop peu d'enfants de 10-11 ans au Québec pour justifier l'existence d'une émission ou d'un magazine conçu spécifiquement pour leurs besoins.
Alors, les médias pour jeunes font comme les écoles de rang du temps d'Émilie Bordeleau. Tout le monde dans la même classe... des prépubères jusqu'aux grands flancs mous!
Ce n'est pas l'idéal.
"L'enfant baigne dans un environnement qui est toujours un peu plus vieux que son âge", observe Carmen Bourassa, productrice d'émissions pour enfants chez Téléfiction. Elle produit entre autres Toc toc toc, une série destinée aux petits de cinq et six ans, diffusée à Télé-Québec et à Radio-Canada.
D'ailleurs, à propos de cette émission, Carmen Bourassa a une anecdote amusante à raconter.
L'automne dernier, au Salon du livre de Montréal, des enfants de 8-9 ans arrêtaient au kiosque de Toc toc toc pour demander des affiches de l'émission.
"Vous n'êtes pas un peu trop grands pour regarder Toc toc toc?", demandait-on aux jeunes.
Pas du tout. Même qu'ils connaissaient les noms de tous les personnages!
Plus encore, Carmen Bourassa a reçu la vidéo d'écoliers de 3e année qui ont recréé un épisode de la série en classe.
"On s'est demandé si, avec Toc toc toc, on n'était pas aussi en train de combler un besoin chez les enfants de cet âge, qui sont toujours tirés vers des émissions qui les amènent dans des préoccupations d'adolescents..."
Possible.
Alors que les médias full cool font tout pour que l'enfance soit out au plus "sacripant", l'enfant cherche une place tranquille pour laisser s'évader son imaginaire.
Et à 8 ou 9 ans, aussi étrange que cela puisse paraître, c'est dans une émission conçue pour les petits d'âge préscolaire que plusieurs se réfugient...
Comme quoi l'enfance trouve toujours son chemin.
|
|
|
|
Des pieds qui flottent
|
|
Avez-vous lu ces histoires complètement macabres qui se déroulent dans la région de Vancouver. On retrouve des pieds coupés dans des souliers de course un peu partout sur les berges. Six pieds, selon certaines sources, depuis l'été dernier. Mais à qui sont ces pieds?
|
Page suivante »
|