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Médias
Un blogue sur les coulisses de la télé, sur les dessous de la presse écrite, sur l'envers d'Internet, sur les arcanes de la radio. Bref, un blogue sur les médias. Signé Steve Proulx.
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September 2008 - Messages
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Exclusif: ma webémission!
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Puisqu'il faut être de son temps... Je me suis dit: "Pourquoi ne pas lancer, moi aussi, ma propre webtélé?" C'est l'avenir de la télé après tout! C'est d'ailleurs le sujet de cette première webémission dans laquelle j'ai tenté d'apporter ma modeste (très modeste) contribution à cette vaste réflexion... Bon... C'est une première webémission. Il y a encore des détails à fignoler. Le son, j'en conviens, n'est pas top notch. Ni la caméra d'ailleurs. Ni les textes. Ni le gars... Pour tout dire, ça ne pourrait pas vraiment être plus mauvais... Alors, ça ne peut que s'améliorer!
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TVPT à la SRC
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C’est fou le nombre de projet de WEB télé qui me passe sous le nez par les temps qui courent. Je ne les mentionne pas toutes, consultez le site WebTVHebdo (comme son nom l’indique, un TVHebdo pour le Web).
Et voilà que Radio-Canada en ajoute une au tableau : TVPT (comme dans, tv pétée).
On y retrouve Ghislain Taschereau qui ressort son personnage de Lugder, ce simple d’esprit qui, à l’époque de l’émission de radio qu’il faisait avec Richard Z. Sirois et les Bleus Poudre (Les Midis fous, si ma mémoire est bonne), arrivait avec ses bottes, frappait à la porte du studio et lançait un commentaire out of the blue du genre : « Heille Richard, y’était pas bon le yogourt que t’avais caché dans poubelle. » Et il repartait.
Dès le 2 octobre, sur le site TVPT.TV, Ghyslain Taschereau sort une première série de 8 webémissions de 4 minutes. Il y aura Ludger, mais aussi des clips, des parodies, des doublages (Nous avons l’as de la chose ici!) et des entrevues.
Et comme Érick Remy alias Monsieur Showbiz (à TQS), Ghislain Taschereau scénarise, réalise, sonorise et monte lui-même tous ses clips.
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Veudettes, rumeurs et carnets
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Un petit coucou en direct du 9e étage du Holiday Inn de Saguenay. L’internet sans fil est gratuit ici. Yé! Bref, deux mots avant d’aller dignement défendre mon dernier ouvrage...
Dans le monde des veudettes Alors, j’ai traîné jusqu’aux petites heures hier à faire du karaoke dans un petit motel avec l’auteure préférée des jeunes filles India Desjardins, le bédéiste Tristan Demers et Yve Lavigueur (ex-millionnaire de la famille du même nom). Drôle de troupe. Si une bombe avait sauté hier au motel, le coroner se serait certainement demandé ce que ces quatre bougres faisaient... ensemble! Même moi, je me le demande encore! Belle soirée, malgré tout! J'ai eu ben du fun à Jonquière, comme le dit la chanson.
Dans le monde des rumeurs Une rumeur circule et vous en avez peut-être entendu parler. Elle porte sur les fameux auteurs «anonymes» du clip Culture en péril. C’EST UNE RUMEUR : mais on prétend ici et là que le réalisateur serait Éric Canuel (Bon Cop Bad Cop) et le scénariste François Avard (Les Bougon). J’ai vérifié auprès de ce dernier, tout ce qu’il m’a dit, c’est : « Voyons voir ce que dira Michel Rivard à Tout le monde en parle dimanche ». Alors, on attend...
Dans le monde des blogues J’apprends sur le blogue de Patrick Lagacé que les journalistes du Devoir se sont mis à bloguer pour la campagne électorale. Les journalistes affectés à la couverture de la campagne le font dans un «carnet» collectif que l’on retrouve ici.
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Nos voisins d'en dessous
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2 septembre 1986. Lancement officiel de notre première chaîne musicale en stéréo. MusiquePlus. Canal 20.
Cette chaîne, on la voulait audacieuse, moderne, urbaine. De la télé à la bonne franquette. Exaltation de la caméra à l'épaule, des "joies du direct".
En 1986, tout était à inventer. La vidéothèque de MusiquePlus comptait alors 24 clips québécois francophones. Vidéoclipement parlant, nous étions à l'âge de pierre.
MusiquePlus nous a fait faire un pas en avant. Plusieurs, en fait.
Pendant longtemps, cette chaîne a été LA référence musicale. La mienne, en tout cas.
Le week-end dernier, j'ai inséré dans mon magnétoscope un vieil enregistrement d'une émission spéciale soulignant les 10 ans d'existence de MusiquePlus. C'était en 1996. La télé des télés vivait encore ses belles années.
C'était l'époque faste où Claude Rajotte, pape de la critique, détruisait à la perceuse des disques qui préfèrent aujourd'hui garder l'anonymat.
En ces temps-là, le peuple votait chaque vendredi soir pour son "vidéo" favori au Combat des clips (0,50 $ par appel).
À l'antenne, on retrouvait des V.J. devenus célèbres depuis: Véronique Cloutier, Philippe Fehmiu, Marie Plourde, Geneviève Borne, Sonia Benezra, Denis Talbot, Paul Sarrasin (bon, lui n'est pas devenu grand-chose... mais il est toujours la voix officielle des autopromos de TQS).
C'était le bon vieux temps. Celui où MusiquePlus était capable de faire de la grande télé. C'était avant que la chaîne n'entre dans son Moyen Âge.
J'ai rencontré Claude Rajotte cet été. Il m'a raconté ce qui l'avait fait divorcer de M+ après 17 ans de mariage. "Je me suis demandé ce que je faisais à MusiquePlus le jour où j'ai fait une voix hors champ sur une publicité dans laquelle un Japonais faisait pisser son chien dans une tasse à mesurer. À ce moment, je me suis dit: "Où suis-je?""
En effet.
Plusieurs téléspectateurs ont dû se poser la même question en voyant défiler ces merdes en série que MusiquePlus s'est obstinée à mettre en ondes au cours des récentes saisons: Hogan a raison, Pimp mon char, Jackass, Les Osbourne et j'en passe des pires... Bien des gens ont décroché.
Au printemps dernier, MusiquePlus n'accaparait plus qu'un maigre 0,8 % des parts de marché chez les francophones au Québec (BBM). Une misère.
Or, le contenu débilitant n'explique pas à lui seul la fonte de l'auditoire.
Il y a aussi le contexte. Ah, ce foutu contexte!
Depuis Internet, YouTube et MySpace, MusiquePlus n'a plus le monopole du vidéoclip. Le public naturel de la chaîne s'est aussi retrouvé ailleurs, à Vrak.tv ou à Musimax...
En prenant le contrôle de la chaîne en 2007, Astral Media a donc mis son poing sur la table. Il faut que ça change! On a voulu que MusiquePlus cesse d'être l'ombre d'elle-même et redevienne non seulement une destination plus courue, mais aussi un diffuseur pertinent de culture musicale.
On a réfléchi, on a cherché, on a fait des focus groups, on a tout repensé... Et dès le 6 octobre, MusiquePlus entamera sa Renaissance.
Un nouveau logo. Une nouvelle image. Un nouveau public cible: les jeunes adultes de 18 à 34 ans. Une rupture avec le ton adolescent full cool. Mais surtout, un retour aux sources. Pendant trop longtemps, MusiquePlus a misé sur la portion "Plus" de son nom. Il était temps de revenir à "Musique".
Le canal 20 veut reprendre son rôle de chaîne musicale "riche et crédible".
Dans quelques jours, on verra donc à l'antenne de nouvelles productions originales.
Par exemple, MP6 (du lundi au vendredi, 18 h), un rendez-vous culturel, humoristique et musical qui, nous dit-on, ressemblera aux émissions de retour à la maison des radios privées.
On note aussi État critique (vendredi, 22 h 30), une émission hebdomadaire... de critiques (chose de plus en plus rare à la télé). Animée par Anne-Marie Withenshaw (qui revient à MusiquePlus) en compagnie de Nicolas Tittley et de Sébastien Diaz.
Parmi les autres nouveautés: Bum à tout faire, un show de gars animé par Babu; Casse-gueule, une émission sur les sports extrêmes avec Izabelle Desjardins (une autre qui revient à MusiquePlus); Accorde ton look, où l'on aide des groupes de la relève à se trouver une image de scène.
Il y avait longtemps qu'un lancement de programmation à MusiquePlus n'avait été aussi prometteur.
Ils ont fait de grosses rénovations, nos voisins d'en dessous (oui, car les bureaux de Voir sont situés quelques étages au-dessus des studios de MusiquePlus).
En espérant que ces travaux augmentent la valeur du canal...
Le MusiquePlus nouveau, en ondes dès le 6 octobre.
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Le club social
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Un petit mot pour souligner la première, jeudi prochain, d’une nouvelle émission à TV5 qui ma foi est remplie de promesses (du moins sur papier).
Le titre : Le club social.
C’est quoi? Un magazine culturel et de société d’une heure mettant en vedette six chroniqueurs : mon collègue François Parenteau, Matthieu Dugal, Dave Ouellet (alias MC Gilles), Philippe Desrosiers (réalisateur aux Francs-tireurs), Nguon Lakshmi et Julie Laferrière.
Mais encore? Cette semaine, des reportages sur une association de gars obèses, sur le greenwashing, une entrevue avec Michel Brûlé (éditeur et futur candidat à la mairie de Montréal), l’image des gars à la télévision québécoise et l’enzyme de l’immortalité. Ça promet.
C’est quand? À TV5, le jeudi 25 septembre, 20h.
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Saguenay: passez au salon...
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Alors, je pars à Saguenay jusqu’à dimanche prochain pour promouvoir ce livre à ce salon. Si vous êtes dans la région, venez me faire un petit coucou… Je risque de me sentir bien seul là-bas!
Eh oui, accompagner son dernier bouquin à un salon du livre lorsqu’on ne se nomme pas Marie Laberge, Rafaële Germain ou Bryan Perro est toujours une instructive leçon d’humilité.
On voit les gens défiler devant son kiosque. Parfois, un curieux s’arrête, jette un œil un peu blasé à la couverture du livre. « C’est vous qui avez écrit ça? », demande-t-il. « Oui. » Et dans sa tête on pense : « C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis assis à ce kiosque, devant cette pile de livres, et qu’il y a une grosse photo de ma face au-dessus de ma tête. »
J’ai souvent aussi cette question classique : « Combien de temps ça te prend pour écrire un livre comme ça?»
Pour une raison que j’ignore, dans l’esprit de plusieurs lecteurs, le temps consacré à l’écriture d’un livre est une information pertinente. Je songe d’ailleurs à l’inscrire à l’endos de mon prochain livre: « 425 heures ont été nécessaires pour écrire ce livre. »
Enfin… Tout salon du livre permet tout de même de belles rencontres avec des amoureux de livres. Et quand ces rencontres surviennent, c’est un salaire qui vaut amplement l’emmerdement d’avoir eu à répondre, une heure durant, à des gens qui nous demandent à quel kiosque ils doivent se rendre pour rencontrer Marie Laberge…
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Un fuck en Alaska
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Même message, mais cent fois plus drôle que le discours de Vincent Gratton aux Gémeaux...
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Gilles Proulx et l’emploi insultant du mot « F »
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Steve Faguy pointe une nouvelle qui m’avait filé sous le nez.
Gilles «Les-jeunes-ne-savent-plus-parler-français» Proulx s’est fait taper sur les doigts par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) pour utilisation abusive et insultante de l’expression « Fuck you! » à l’endroit des pompiers de Montréal.
C’est ce qui est le plus ironique dans cette histoire… que l’expression grossière en cause soit « fuck you », et qu’elle ait été proférée par ce célèbre "missionnaire de la langue française".
In your face, Gilles Proulx (Dans ta face, Gilles Proulx).
Lorsqu’il a pris sa retraite il y a quelques semaines, le seul commentaire que j’avais en tête était « Bon débarras! » C’est un peu ce que lui a dit le CCNR avec cette décision.
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La rigueur, c’est une foule de petites choses
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Dans son premier rapport annuel, l’omdudsman de Radio-Canada, Julie Miville-Dechêne souligne dans que les technologies de l’information « bouleversent le monde journalistique ».
« Dans un monde virtuel où tout le monde y va de son blogue et de ses opinions, les normes éthiques sont diluées, voire ignorées. », écrit-elle.
Les médias en général veulent profiter des nouvelles technologies et n’hésitent pas, par exemple, à confier des blogues à des journalistes et à faire une plus grande place à l’opinion, aux coups de gueule, etc « Ce phénomène s'accompagne d'une véritable mise en marché des journalistes qu'on tente de transformer en vedettes », écrit l’ombudsman.
« L'Information à Radio-Canada doit donc plus que jamais être fidèle à ses trois principes de base : l'exactitude, l'intégrité et l'équité. », souligne-t-elle.
Comme le rapportait hier le Journal de Montréal, l’ombudsman a tiré des oreilles à des journalistes radiocanadiens qui se laissé prendre au jeu du mélange des genres, et ce, à quatre reprises. Le cas le plus célèbre étant celui de Bernard Derome qui, lors de son passage à Tout le monde en parle au printemps 2007, a dit que son ex-collègue désormais député péquiste Bernard Drainville "irait loin en politique".
Réponse de l’ombudsman: « Le commentaire de Bernard Derome relevait de l'intuition, de l'opinion; il s'agissait d'une prédiction non vérifiable, ce qui allait à l'encontre des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.»
Bon. Ce n’est pas un scandale national. Mais contrairement à Richard Therrien, qui croit que l’ombudsman de Radio-Canada « voit des bibittes là où il n’y en a pas », je pense que d’avoir quelqu’un qui veille au grain et qui distribue des avertissements pour éviter qu’une institution publique soit tentée d’imiter les TVA et TQS de ce monde… c’est loin d’être inutile.
C’est nécessaire. Car on le sait bien : donnez une main, on prendra le bras.
Lire aussi
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Harper et la politique du silence : détails
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Désolé, je n’ai point eu le temps de vous en parler avant. Le 16 septembre dernier, dans Le Devoir, la professeur au département de science politique de l’Université Laval Anne-Marie Gingras, signait un texte sur la politique du silence de Stephen Harper. Vous savez, celui qui fait sa guidoune d’un océan à l’autre depuis le début de la campagne électorale?
J’avais écrit un billet sur le même sujet le 10 septembre dernier.
Mme Gingras n’y va pas de main morte :
Entre son arrivée au pouvoir au début de 2006 et l'été 2008, [le parti conservateur] s'est montré très réticent au débat public. Il a profondément modifié les pratiques de communication de l'État en restreignant la marge de manoeuvre des ministères dans leurs communications avec les journalistes et les citoyens.
[…]
Depuis l'arrivée des conservateurs au pouvoir, la mission de la fonction publique et son indépendance ont diminué. Le système de contrôle de l'information du bureau du premier ministre impose vraisemblablement des délais accrus dans les réponses accordées aux demandes d'information ou bloque carrément l'information. La fonction publique est, dans les faits, muselée.
[…]
Voilà pourquoi il faut aussi tenir compte dans les débats électoraux de la philosophie de communication de chacun des partis. Il nous apparaît fondamental que le gouvernement canadien collabore avec les médias en tout temps, qu'il réinstaure les mécanismes de communication flexibles entre la fonction publique et la population (à commencer par les médias) et qu'il respecte l'indépendance des agents du Parlement. C'est ainsi que la démocratie représentative peut fonctionner harmonieusement.
Je n’arrive pas à comprendre comment un gouvernement réussi à s’attirer les faveurs de l’opinion publique… en faisant tout pour ne pas susciter de débat public.
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Les sondages vous influencent-ils beaucoup, un peu, pas du tout?
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Quels ont été les trois sujets fétiches des médias qui couvraient les élections provinciales de 2007? Selon Influence communication, le débat constitutionnel est arrivé en première position avec 10,76 % des nouvelles. Ensuite, le débat des chefs (7,94 %) et... les sondages (5,89 %).
Les sondages sur les intentions de vote ont fait couler plus d'encre que les "vrais" enjeux que sont l'économie (5,28 %), l'environnement (1,13 %) ou la culture (0,41 %).
Pas surprenant. Depuis longtemps, on couvre les courses électorales comme on couvre une game de hockey. Sauf que Ron Fournier s'appelle Michel C. Auger, et que le "pointage" est fourni par les maisons de sondage.
La semaine dernière, un sondage Segma-La Presse-Gesca donnait 43 % des voix aux conservateurs. Deux jours plus tard, la firme Ekos accordait plutôt 37 % des voix tories. Un sondage CPAC-Nanos nous a indiqué que le NPD récolterait quant à lui 15 % des intentions de vote. Un autre sondage donnait quatre points de plus aux troupes de Jack Layton.
Tous les sondeurs s'entendent toutefois pour dire qu'à moins d'une bourde majeure, les conservateurs devraient sortir gagnants de ces élections.
Stephen Harper et ses amis devraient donc former le prochain gouvernement. Les sondages ont parlé. Et il faut leur donner une chose: ils sont plus fiables que l'astrologie.
Aux dernières élections provinciales, les sondeurs ont prévu les résultats avec une marge d'erreur d'environ 2 %.
Maintenant, la question qui tue: les sondages influencent-ils les électeurs? En d'autres mots, l'obsession des sondages gâche-t-elle la saine manifestation du processus démocratique que devrait être une campagne électorale?
Aucun politologue ne peut dire avec exactitude quelle influence les sondages exercent sur l'électorat. Par contre, aucun non plus ne peut nier leurs effets.
Dans notre système politique, les sondages favorisent souvent le fameux "vote stratégique".
On parle d'un vote stratégique lorsque, dans l'isoloir, l'électeur effectue un calcul mental complexe qui le pousse à voter pour toutes sortes de raisons autres que l'espoir de voir élire son candidat favori.
Le 14 octobre prochain, monsieur Machin, un bloquiste convaincu, votera pour les libéraux afin de "bloquer" les conservateurs. Madame Écologugusse, de son côté, n'appuiera pas le candidat vert de sa circonscription, car ce serait un "vote perdu". Jos Bine, lui, ne s'intéresse pas tellement à la politique, mais tous les sondages donnent les conservateurs vainqueurs... Pourquoi ne pas se ranger du côté des gagnants?
Le vote stratégique a pris une nouvelle forme à l'ère Facebook. Depuis la semaine dernière, un groupe anti-Harper invite les internautes à voter pour le candidat libéral/néo-démocrate/bloquiste qui a les meilleures chances de gagner contre le candidat conservateur, dans une circonscription donnée. On se base sur les sondages pour établir les probabilités. Au moment d'écrire ces lignes, plus de 3000 4575 personnes s'étaient inscrites à ce groupe.
Claire Durand, sociologue rattachée à l'Université de Montréal, confirme que les sondages influencent le résultat d'un scrutin dans certaines circonstances. C'est arrivé aux dernières élections provinciales, selon elle. Les sondages, en faveur du Parti libéral, auraient poussé plusieurs partisans libéraux à voter pour l'ADQ afin d'"envoyer un message au gouvernement Charest". Le message suivant: "On est déçu du gouvernement libéral, mais on ne veut pas donner le pouvoir à Mario Dumont."
Et c'est ainsi que le 27 mars 2007, l'ADQ est devenue l'opposition officielle et Jean Charest s'est retrouvé à la tête du premier gouvernement minoritaire au Québec depuis 1878. Qu'est-ce qu'il a dit au peuple? "Nous avons compris le message."
Tout ceci pour dire que les sondages - et le nombre de partis dans la course - fournissent les conditions gagnantes à l'éclosion du vote stratégique.
Démocratiquement parlant, que des électeurs votent par stratégie plutôt que par conviction sincère, est-ce une bonne nouvelle?
Claire Durand refuse de répondre à la question. "Tout ce que je dis, c'est qu'avec un système comme le nôtre, il est presque automatique qu'il y ait des votes stratégiques..., ce qui serait beaucoup moins probable dans un système proportionnel."
Voilà peut-être une autre bonne raison de rénover ce système électoral boiteux dans lequel des gens se fient aux sondages pour voter non pas pour des idées, mais pour "contrer tel parti", pour "envoyer un message" ou pour "éviter de perdre un vote".
Avec un scrutin proportionnel, on aurait au moins les gouvernements qu'on mérite... vraiment.
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Le tournant rouge
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L’image de Stéphane Dion
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Dans L'ère de la médiocrité, un essai paru en 1973, Cyrus L. Sulzberger écrivait: "Les hommes [politiques] dont le degré d'excellence est moyen sont mieux taillés pour répondre aux besoins normaux, parfois peu passionnants, du temps de paix."
Vous connaissez mon affection pour Stéphane Dion? Que voulez-vous, je le trouve touchant, ce petit monsieur tout sérieux.
Bref, avec tout ce qu’on entend dire sur son absence totale de charisme et son image plate/beige/terne de prof d’université… cette observation lucide de M. Sulzberger m’est revenue à l’esprit.
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J’ai l’impression qu’on s’attend à voir à la tête du Parti libéral du Canada un De Gaulle ou un Churchill.
On veut un chef qui a l’air d’un chef. On veut un héros, un capitaine charismatique qui saura garder le cap dans cette mer agitée qu’est le XXIe siècle.
Du calme...
Bon, il y a l’environnement qui devrait nous donner du fil à retordre, mais pour l’essentiel, l’époque est relativement pépère et prévisible. Enfin, si on la compare au reste de l’Histoire… Il n'y a pas de crise épouvantable à régler. Il n'y a pas de révolution politique de fond prévue à l'agenda. Nous ne traversons pas une des périodes les plus importantes de l'Histoire du Canada, même si on veut nous faire croire le contraire. En somme, un vrai grand leader (style René Lévesque) serait trop qualifié pour s'occuper de la gestion courante des affaires du pays.
Ce ne sont pas de grands hommes politiques qu’il nous faut pour diriger ce pays pas très chaud (dans tous les sens du terme). Il nous faut des gestionnaires «dont le degré d’excellence est moyen».
On en conviendra, c’est plutôt l’image que dégage Stéphane Dion…
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Élections 2008: bof
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Selon Influence communication: Alors que le poids médias moyen d'une campagne électorale se situe normalement autour de 5 %, celle que nous connaissons n'a occupé que 2,78 % des nouvelles. C'est 8 % de moins que la semaine dernière. On n'a jamais vu un tel phénomène depuis le début des années 2000. L'intérêt est si faible que la campagne n'arrive qu'au 3e rang dans les quotidiens, à égalité avec l'ouragan Ike.
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