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Un blogue sur les coulisses de la télé, sur les dessous de la presse écrite, sur l'envers d'Internet, sur les arcanes de la radio. Bref, un blogue sur les médias. Signé Steve Proulx.
August 2008 - Messages
31 août 2008, 10:33
Bon BlogDay!

Le 31 août, c’est aujourd’hui, et c’est la fête des blogueurs. Le BlogDay.

C’est une journée qui a été créée pour permettre aux blogueurs de faire connaître à leurs lecteurs cinq nouveaux blogues qu’ils consultent et apprécient…

Alors, voici mes coups de coeur:

Mali Ilse Paquin
Un blogue en direct de Londres, par une collaboratrice à La Presse, qui surfe sur toutes sortes de sujets et tendances typiquement british. On y trouve toujours quelque chose de curieux à se mettre sous la dent.

Pink Tentacle
Blogue en anglais. J’ignore comment j’ai fait pour tomber là-dessus, mais on y trouve toutes sortes de curiosités japonaises. Comme le trip de se mettre des carapaces d’insectes dans les cheveux en guise de bijoux… Bienvenue dans l’étrange.

Médiachroniques
Un blogue collectif vachement sérieux, qui réfléchit sur l’avenir des médias et du journalisme à l’heure numérique. Le genre d’endroit où je traîne souvent…

Cratyle.net
Patrice Lamothe réfléchit quant à lui sur le « nouvel âge médiatique ». Il publie peu, par contre. C’est lui qui, récemment, avait annoncé la « fin de l’actualité ».

Renart L’Éveillé
J’ignore qui est ce Renart, mais il blogue! Et, ce qui est tout de même rare, dans un français correct. Des opinions (de gauche) sur toutes sortes de sujets. Très bon.



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30 août 2008, 2:14
Manger du Maple Leaf

Le jeune comique local Billy Tellier, que l'on a pu voir à MusiquePlus dans l'émission COLOCS.TV, risque ici sa vie et ose manger des saucisses Maple Leaf.

Moi, des gens qui risquent leur vie pour un gag, je dis: RESPECT.

Dans un registre moins sérieux, il faut lire ce que le professeur à l'Université McGill avait à dire ce matin dans La Presse au sujet de cette la "peur de la listériose" qui s'abat sur le pays. (Désolé, je ne trouve pas le texte sur Cyberpresse):

[Ce sentiment de peur] vient d'une mauvaise analyse de la notion de risques. En tant qu'individus, nous sommes beaucoup plus aptes à accepter des risques auxquels nous sommes familiers que ceux auxquels nous ne le sommes pas. La plupart d'entre nous viennent d'apprendre l'existence de cette bactérie au nom étrange. C'est pourquoi nous allons refuser d'amener un sandwich au jambon au travail, alors que nous allons prendre notre automobile pour nous y rendre. Pourtant, l'automobile représente un risque incomparablement plus grand.

Les médias ont une grande part de responsabilité dans ce que j'appelle la promotion de la peur. La peur fait monter les cotes d'écoutes et augmente les tirages. Je suis peut-être cynique mais est-ce possible que le fait que nous soyons en période estivale et que les Jeux olympiques soient terminés explique pourquoi la listériose a pris une telle importance cette semaine?

Sur la culture de la peur:
Qui a pissé dans la piscine? (Blogue Médias, 23 août 2006)
Les Québécois ont peur (BRANCHEZ-VOUS!, 24 juillet 2007) 
Culture of Fear (Wikipedia)


 

 

 


 

 


30 août 2008, 11:05
Jean Lajoie, agent libre

 

J'apprends ce matin dans La Presse que Jean Lajoie, le grand reporter de TQS, ne s'est toujours pas trouvé d'emploi suite à la démolition de la salle des nouvelles du Mouton noir. Plusieurs de ses ex-collègues, eux, ont déposé leurs valises un peu partout. Martin Robert à Radio-Canada Moncton, Esther Bégin au 98,5 FM, Benoît Tranchemontagne à Rythme FM, Danielle Daniel Joannette et sa conjointe Nancie Ferron lancent un commerce de lavande à Saint-Eustache...

Mais Jean Lajoie?

Il n'y a pas de place, nulle part, pour les Jean Lajoie du monde entier?

"Avec mes 22 années d'expérience, a-t-il dit à La Presse, je reste optimiste. Mon style de chronique avec happy endings était apprécié, je pense."

Où verriez-vous Jean Lajoie, vous?


 

 

 

 


 


29 août 2008, 9:17
Gueule de chroniqueur

C'est moi où il faut avoir les cheveux bruns, des lunettes et être posé de côté avec une petite face à fesser dedans pour être engagé comme chroniqueur au Voir?

C'est décidé, la semaine prochaine, je fais changer ma photo, que le boss le veuille ou non! Et s'il ne veut pas, il n'aura qu'à me foutre à la porte et engager Therrien, du Soleil (il a la gueule de l'emploi..., non?)

 

Merci à mes collègues Desjardins et Parenteau. Vous avez été d'excellents accessoires à ce petit gag sans prétentions.

 


29 août 2008, 4:31
Luc Lavoie quitte l'empire

Luc Lavoie, le plus fidèle des petits soldats de l’empire Quebecor, et grand ami de Patrick Lagacé (pointe d’ironie), quitte le bateau de Pierre Karl Péladeau.

Il y était depuis 8 ans.

Extrait du communiqué de Quebecor reçu aujourd’hui :

« M. Péladeau a tenu à souligner : "Luc a apporté une contribution énorme à la réussite qu'est devenue Quebecor Media au cours des dernières années, ainsi qu'à l'édification d'un groupe de communication d'envergure dont une collectivité comme le Québec doit disposer afin de mieux maîtriser ses industries culturelles. Je suis heureux d'annoncer que Luc continuera de collaborer avec le groupe de façon ponctuelle, tant à titre de conseiller que de commentateur de l'actualité, fidèle en cela à son premier métier de journaliste".

Bon. À quand un poste de scribe pour Luc Lavoie au Journal de Montréal? D'ailleurs, si d'aventure le quotidien de la rue Frontenac décidait un jour d'engager un éditorialiste (le Journal de Montréal n’en a jamais eu, rappelons-le) il me semble que Luc Lavoie serait le candidat parfait pour la job!

Qui de mieux que cet homme au sourire contagieux (encore ici, une pointe d’ironie) pour porter dans les pages du Journal le message de Quebecor?

CONCOURS: Envoyez-moi une photo de Luc Lavoie tout sourire et vous gagnez euh... Ben je vais publier la photo, c'est tout.

 
MISE À JOUR, 18h29

 

Ouiche. Ça l'air douloureux. On peut certainement faire mieux.

Lire aussi :
On n’en fera pas une histoire nationale, 26 novembre 2007

 


29 août 2008, 1:20
L'information qui vend, qui vend


L’information, vulgairement parlant, sert avant tout à vendre des journaux, des magazines; à générer des auditoires de bulletins de nouvelles. Disons-le crûment : l’information est un produit de consommation.

C’est une vérité que l’on devrait enseigner sérieusement dans les cours de journalisme.
Remarquez, le sujet est tout aussi tabou chez les journalistes professionnels. On n’en parle pas.
Chaque automne au Congrès de la FPJQ, la profession discute de la protection des sources, du droit du public à l’information et des limites de la liberté de presse. Rarement cause-t-on de l’info en tant que produit.
C’est d’ailleurs une chose qui nous différencie des agents immobiliers. Je le mentionne, car pour la population sondée par Léger Marketing, les agents immobiliers inspireraient presque autant confiance que les journalistes.
Or, de quoi parlent les agents immobiliers à leur congrès annuel? Non, ils ne débattent pas de l’importance pour le citoyen d’avoir un toit sur la tête afin de mieux vivre en démocratie.
Ils se demandent comment mieux vendre des maisons. Et leur ritournelle est : « Moi, j’vends! Moi, j’vends! »
Les n’admettrons jamais qu’ils ont un produit à vendre.
Et pourtant, il le faudra bien.
Prenons les quotidiens, eux qui vivent des heures difficiles à cause d’Internet et des journaux gratuits. On en revient constamment à la même question : comment continuer à vendre des journaux?
Certains fondent beaucoup d’espoir dans les changements cosmétiques. On se dit qu’un journal plus compact, qui se lit plus facilement aux toilettes, se vendra mieux.
D’autres réduisent leurs dépenses. On dégraisse les salles de presse. On coupe dans la qualité du produit.
Mais au fond, le cœur du problème est peut-être la nature du produit en question. Pour quel genre d’information les consommateurs seront-il prêts à payer 70 sous plus taxes? Quelle information se vend bien?
Parlons-en.

Un rédacteur en chef a fait récemment cette observation intéressante à propos du magazine américain Men’s Health : « Chaque mois, on nous promet un régime ou des exercices qui donnent des abdominaux d’enfer. Ce sont toujours les mêmes titres qui roulent en alternance sur la couverture. Des titres identiques! Il n’y a que le mec musclé qui change. Au Québec, on n’oserait jamais faire ça. »
La recette de Men’s Health est pourtant simple : Parlez de ce que le lecteur veut savoir, pas de ce qu’il doit savoir (selon vous).
Et le lecteur veut des abdominaux d’enfer.
Que veut-il aussi, ce lecteur? Il veut que l’on parle de lui.
Croyez-moi, un lecteur se ruera sur la moindre publication qui daignera lui accorder ne serait-ce qu’une ligne de son espace éditorial.
Dans un journal, cela peut se faire d’un million de façons. Par exemple, publiez les photos des 100 plus beaux bébés de l’année. Il y aura 100 parents, 100 grands-parents et 100 marraines/parrains qui achèteront le journal. Quel que soit le prix. C’est garanti.
Tous ces gens découperont la photo du poupon pour la coller sur leur frigo.
C’est ce que le professeur de journalisme de l’Université du Missouri, Don Ranly, a nommé le « refrigerator journalism » (journalisme de réfrigérateur).
De l’information hyperlocale, qui pourrait même ne concerner qu’une seule famille.

En somme, on aura beau consacrer des pages et des pages à la couverture internationale et aux grands enjeux sociaux et politiques, la nécessité de vendre des journaux ramènera tôt ou tard l’information à son état de produit de consommation.
Et le fait est que, même si ça brasse en Afghanistan, le consommateur achètera en priorité le journal qui lui dira comment perdre ses bourrelets, et dans lequel il trouvera les résultats de la partie de soccer qu’a remporté l’équipe de son fils de 12 ans. Cela, même s’il connaît déjà le résultat.
Ça ne fait peut-être pas très « quatrième pouvoir » comme information.
Mais, sapristi, ça vend.

Chronique parue dans l’édition de septembre du magazine Le Trente.


29 août 2008, 8:28
Sens critique atténué

Tiré de la revue de l’été 2008 d’Influence Communication (qui mesure le volume des nouvelles qui font l’actualité). Voici le bilan de la couverture médiatique des Jeux olympiques de Pékin

En ce qui a trait aux Jeux Olympiques,  nous avons remarqué une distortion importante dans la couverture.  Dans les 12 mois qui ont précédé les Jeux, près de 93 % de l'attention médiatique portait sur la liberté de presse et d'opinion, l'oppression, le Tibet, la pollution, le plomb dans les jouets produits en Chine et le développement sauvage.   Après les cérémonies d'ouverture, les deux principales critiques de la presse internationale ont porté sur la manipulation informatique des feux d'artifices et sur l'enfant qui a fait du lips-sync.  Depuis ce moment, plus de 95 % de la couverture n'a porté que sur les jeux et le caractère fabuleux du pays de Mao.   Le sens critique de la presse internationale s'est donc atténué considérablement.

29 août 2008, 7:41
Roxy: Zzzzzzzz.

J’ai regardé hier les deux premiers épisodes de la série Roxy, mettant en vedette Cathy Gauthier, à Radio-Canada.

Ouf.

Cathy Gauthier est une bête de scène. Vraiment. Certainement pas l’humoriste au comique le plus raffiné en ville, mais efficace. Au dernier Gala Juste pour rire animé par Marc Labrèche (un gala très mauvais, d'ailleurs, ne dépensez pas 20$ sur illico pour le regarder), son numéro avait été un des bons moments.

Cathy Gauthier est donc une bête de scène. À la télé, par contre, elle perd à peu près toute sa saveur. Dans Roxy, comédie qui raconte l'arrivée dans la "grande ville" d'une jeune femme qui vient du fin fond de l'Abitibi, l’humoriste a l’air d’un chien dans un jeu de quilles. On sent qu'elle attend les rires après ses blagues... Ils ne viennent pas. Et les trois millilitres de talent d’actrice que possède Cathy Gauthier s’évaporent assez vite.

Et parce qu’elle n’a pas un public devant elle pour rire de ses jokes, ni l’adrénaline du «live» qui lui donne de l’énergie, de la présence, son humour tombe à plat.

Dommage, parce qu’il y a beaucoup de talent autour de cette série. Une brochette de comédiens solides (Louison Danis, Louis Champagne, Diane Lavallée) et le réalisateur Stéphane Lapointe (Tout sur moi).

Malheureusement, c’est raté. Les vendeurs de pubs de Radio-Canada prévoient que 754 000 personnes regarderont cette émission. Peut-être la première. La deuxième, par contre, je prévois pas plus de 400 000… (C’est quand même du monde à la messe, direz-vous.)

Enfin, vous me donnerez votre verdict dès le mardi 9 septembre, 21h, à Radio-Canada.


28 août 2008, 5:43
Michel Vastel, 1940-2008

Le chroniqueur politique Michel Vastel, et auteur d'une certaine biographie de Nathalie Simard, est décédé d'un cancer de la gorge. Il avait 68 ans.

Il alimentait un blogue sur le site de L'actualité.

C'est d'une tristesse. Et imaginez, en date d'aujourd'hui même, il publiait sur ce même blogue son dernier billet... annonçant sa retraite. Le voici:

Depuis le temps que vous attendiez que je prenne ma retraite. Voilà. On y est. Je rentre dans mes terres, cultiver mes vignes… Vous me manquerez un peu. Mais pas trop.
Vous étiez bien indisciplinés parfois. Heureusement c’est Chantal Hébert qui me remplace. Je la connais depuis des années Chantal et je suis très fier que ce soit elle qui reprenne cet espace. Elle a toute la poigne qu’il faut pour vous obliger à voir plus loin que le bout de vos idées toutes faites.
Allez.  Je vous dis au revoir.  On a tout de même fait du bon boulot ensemble! À partir du 2 septembre, c’est chez Chantal que ça va se passer.
Il n'aura pas cultivé ses vignes très longtemps... 

Les hommages de...

Sophie Durocher, Donald Charrette, Wannabe, Cécile Gladel...
 


27 août 2008, 4:10
Menu hebdomadaire

L'aventure MüvMédia déménage, cet automne, à TV5.Rien pour se prendre la tête cette semaine, mais encore un peu de rentrée télévisuelle. Voici un menu hebdomadaire composé à partir des produits frais offerts sur nos chaînes spécialisées.

DIMANCHE

Après une première saison sur le Web et une deuxième à Télé-Québec, l'aventure MüvMédia déménage, cet automne, à TV5. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit d'une sorte de Course Destination Monde version allégée, où huit jeunes vidéastes du Québec, de l'Ontario, de la France et de la Belgique sillonnent l'Europe et l'Amérique du Nord pour y tourner des courts métrages documentaires. Matthieu Dugal, qui était à la barre de Méchant contraste! jusqu'à l'an dernier, anime l'émission dominicale. Tiens, tiens, un autre qui a fait le saut de Télé-Québec à TV5... MüvMédia, dès le dimanche 21 septembre, 19 h, à TV5. On peut aussi suivre les vidéastes nomades en ligne: http://www.muvmedia.tv.

LUNDI

Vous en avez certainement entendu parler. Au printemps dernier, le Vatican a mis à jour sa liste des péchés en rajoutant, notamment, la pollution, les manipulations génétiques, le trafic de la drogue et l'enrichissement démesuré. Il n'en sera toutefois pas question dans la nouvelle série documentaire Les 7 péchés capitaux (Historia) qui se consacre aux "vieux" péchés capitaux du bon vieux temps (orgueil, gourmandise, colère, avarice, paresse, envie et luxure). À chaque épisode, on explore les liens historiques entre les péchés capitaux et des événements survenus principalement au Québec. Dans l'épisode sur la colère, par exemple, on analysera la réaction violente du public québécois à la suspension de Maurice Richard dans les années 50 ainsi que les phénomènes plus modernes de la rage au volant et du pétage de coche au hockey mineur. Les 7 péchés capitaux, les lundis 20 h, à Historia.

MARDI

De nos jours, on a l'impression qu'il faut détenir un doctorat en bouffe pour manger sans s'empoisonner. Pour ceux qui ne souffrent pas d'insomnie, je suggère en passant l'essai Toxic (Flammarion, 2007) du journaliste William Reymond. Nuits blanches garanties. Ceci pour dire qu'avec la série documentaire Les dessous de votre assiette, la nutritionniste Geneviève O'Gleman entend nous rendre limpide le fonctionnement de l'industrie alimentaire en éclaircissant, chaque semaine, de grands mystères de supermarchés. Par exemple: qu'est-ce qui se cache derrière la longue liste d'ingrédients qui entrent dans la composition des produits que l'on trouve en épicerie? Les dessous de votre assiette, dès le mardi 28 octobre, 20 h, à Canal Vie.

MERCREDI

Le "kiwi" original Vincent Graton anime La culture pour les nuls, sorte d'Il va y avoir du sport de la culture. Comme au tribunal, des comédiens plaident le pour et le contre de certaines expressions culturelles et en profitent pour déconstruire quelques préjugés tenaces. Genre, que la poésie, c'est plate. Chaque semaine, un humoriste est invité à pousser quelques blagues sur l'art en vedette et un artiste fait une performance. Le tout se déroule dans une ambiance survoltée, gracieuseté d'un animateur qui a réglé le volume de son organe vocal pour le Centre Bell. Bref, on sent dans cette émission un désir de trouver une façon sexy de parler de danse moderne, de poésie, d'opéra ou de musique classique à la télé. L'initiative est intéressante. Pas tout à fait au point, par contre. On cherche encore la recette qui tue. La culture pour les nuls, les mercredis 19 h, à ARTV.

JEUDI

Une autre série, toujours à ARTV, qui tente cette fois de trouver une façon originale de parler de littérature au petit écran. On a pensé que ce serait bien d'envoyer un comédien parcourir les lieux et de rencontrer les gens qui ont inspiré l'œuvre d'un écrivain. En effet, c'est bien. Cette semaine, Sylvie Drapeau marche dans les pas de Gabrielle Roy. Une série sans prétention (lire: "à petit budget") qui s'avère toutefois assez réussie. Les Nouveaux mondes, les jeudis 19 h, à ARTV.

VENDREDI

RDI présente aux Grands Reportages une série qui réunit 40 documentaires destinés à l'origine aux écrans de cinémas IMAX. Des films sur l'Amazone, l'aviation, l'Inde, le ski extrême... à couper le souffle (évidemment, ils sont plus coupants si vous êtes équipé d'une télé grand format HD). Les films IMAX aux Grands Reportages, les vendredis 20 h, à RDI.

SAMEDI

Après le film, la série. Dans Mission Antarctique, retrouvez le cinéaste Jean Lemire et les membres de son équipe alors qu'ils traversent les moments marquants de leur fameuse expédition. Encore une fois, c'est le genre de truc qu'il vaut la peine de voir sur un téléviseur HD. Mission Antarctique, l'aventure humaine, dès le samedi 20 septembre, 19 h 30, à RDI.


26 août 2008, 5:31
Où est Madame Loulou?

Voilà quatre mois que la célèbre chroniqueuse télé de La Presse, Louise Cousineau, n’a pas signé un seul texte. Que se passe-t-il?

D’autant plus qu’on ne l’a pas vue ces derniers jours aux lancements de saison des différentes chaînes télévisées. Où est-elle?

Voilà plus de 30 ans que Louise Cousineau couvre le petit monde de la télévision d’ici. C’est SON monde. Quand j’ai commencé à couvrir le même beat, il n’y avait pas un lancement qui commençait avant que Louise soit arrivée, se soit trouvée une place assise et qu’on lui ait fourni un cendrier.

Pendant un moment, elle était d’ailleurs la seule à avoir le droit de fumer à Radio-Canada. La rumeur veut qu’elle ait menacé les responsables des comm. de ne pas se déplacer aux événements de presse si on ne lui permettait pas d’en griller une. Ou huit.

Louise Cousineau est un personnage coloré, assez conforme d'ailleurs à cette caricature inspirée d’elle dans Et Dieu créa… Laflaque, Madame Loulou.

Moi, je l'ai toujours aimée. Pudiquement, bien sûr. Mais bon, une fois elle m'a appelé "mon petit Steve" et il n'y a pas grand-monde qui m'a appelé "mon petit Steve" dans ma vie à part ma mère...

Louise Cousineau est la mère de tous les journalistes télé québécois. Même si on sait tous que Richard Therrien est son chouchou. Lui, il en reçoit, du "petit Richard"! Anyway...

On ne la voit plus nulle part, Louise. Forcément, son absence est remarquée.

Où est Madame Loulou?

Voici ce qu’on en sait: Louise Cousineau s’est fait opérer à la hanche au printemps dernier. La convalescence a été longue mais, elle est sortie de l’hôpital. Par contre, son genou lui fait encore bien mal.

Vu son âge et son état de santé, il semblerait que Mme Cousineau réfléchisse actuellement à son avenir. On nous dit qu’après la Fête du Travail, elle annoncera à La Presse si, oui ou non, elle entend reprendre du service.

En attendant, je vous laisse sur ce bout de texte que Louise Cousineau a pondu en 1988, au moment où elle annonçait son (premier) départ de la chronique télévision… C’est drôle comme il n’a pas vieilli, ce texte…

[…] je quitte cette chronique après 12 ans pour devenir boss. Tirez vos conclusions. Je suis venue à cette chronique presque par hasard. Au cours d'une sombre grève à La Presse, les journalistes avaient lancé un journal pour ne pas perdre la main, Le Quotidien Populaire. J'en avais profité, puisque personne ne s'y intéressait, pour parler de ce que je voyais à la télévision. Au retour de la grève, le poste de chroniqueur est devenu libre et je l'ai demandé. Le patron de l'époque ne voulait absolument pas me le donner, en disant que c'était impensable qu'un reporter qui aimait travailler aille perdre son temps à parler de ce média niaiseux qu'est la télévision. Je lui ai demandé un essai de six mois. Je pense qu'il est toujours convaincu d'avoir pris la mauvaise décision. J'ai adoré ces 12 années, même les soirs où mon salon se vidait parce que mes amis savaient que je regarderais une mauvaise émission jusqu'à la fin. J'ai regardé la télé avec passion durant toutes ces années. Et puis, l'automne dernier, j'ai décroché. Je venais de voir la reprise de ce chef d'oeuvre qu'est Des Souris et des hommes. Je me suis rendu compte que la télévision ne faisait plus d'oeuvres de cette qualité. Et que le public, déshabitué d'en voir, n'en réclamait plus. [...] Les temps ont changé, et nous avons maintenant quatre chaînes qui veulent nous séduire. A tout prix. La guerre aux cotes d'écoute se solde par une diminution générale de la qualité.


25 août 2008, 9:29
À la mémoire de Claire Morissette…

La piste cyclable qui sillonne le boulevard Maisonneuve a été officiellement inaugurée ce week-end en prenant le nom de piste cyclable Claire-Morissette. Qui est Claire Morissette? Décédée trop jeune en juillet 2007, elle a fondé l’organisme de réutilisation de vélo Cyclo Nord-Sud. En juillet 2005, je la rencontrais pour le défunt magazine Guides Ressources.

En guise d’hommage, voici l’entrevue qu’elle m’avait accordée :

Claire qui roule...

Il y a près de 30 ans, à une époque où le mot « véloroute » n’était pas encore entré dans le dictionnaire, Claire Morissette faisait la promotion du cyclisme au sein du regroupement Monde à bicyclette. « On demandait des pistes cyclables à la Ville de Montréal, raconte la dame confortablement allongée sur son sofa. On avait vraiment l’air d’une bande d’hurluberlus! » À cause de son implication dans la cause cycliste, la maison d’édition Écosociété lui demande, en 1993, d’écrire un essai portant sur les bienfaits sociaux et environnementaux de la bicyclette, intitulé Deux roues, un avenir. « J’ai appris en faisant ma recherche tout le bien que pouvait faire un vélo, particulièrement en ce qui concerne la situation des femmes dans les pays du Sud », dit-elle. Tranquillement, germe dans son esprit l’idée d’un organisme qui recueillerait de vieux vélos pour les envoyer dans les pays du Sud. Cyclo Nord-Sud se concrétise finalement en 1999. Depuis, près de 14 000 vélos ont été expédiés en Afrique du Sud, au Burkina Faso, au Guatemala, au Bénin, au Pérou, au Togo, etc. Mais après six ans à faire « tourner la planète plus rond », l’organisme est menacé. Celle qui « pédale » actuellement pour la survie de Cyclo Nord-Sud explique le rôle de premier plan que peut jouer un vélo dans le développement soutenable des pays pauvres...

Avant de fonder Cyclo Nord-Sud, vous avez aussi lancé le service Communauto à Montréal...
En écrivant Deux roues, un avenir, j’ai dressé la liste des solutions aux problèmes causés par l’automobile. Or, j’ai appris qu’il existait des coopératives de partage de véhicules en Allemagne et en Suisse. J’ai aussi appris qu’il y avait quelqu’un qui était en train d’en démarrer une dans la ville de Québec (Benoît Robert). Je suis donc allé le voir en lui disant que c’était une trop bonne idée et que ça ne pouvait démarrer à Québec sans démarrer à Montréal! On s’est donc mis en partenariat et, de mon salon, j’ai mis sur pied la succursale de Communauto à Montréal! Après un certain temps, j’avais la langue à terre. J’ai donc pris une année sabbatique et c’est à ce moment, vers 1999, que j’ai commencé à développer Cyclo Nord-Sud, en m’inspirant du groupe Pedals for Progress (New Jersey) qui avait alors expédié 6000 vélos usagés en un an. Notre premier conteneur de vélos est parti en 2000...

Pour des communautés pauvres, quel genre d’impact peut avoir l’arrivée d’un vélo?

Ce n’est vraiment pas pour la balade! C’est un vélo qui travaillera très dur, qui servira probablement de moyen de transport pour des micro-entreprises, des bicytaxis (taxis à vélo), des services de livraison, etc. Il permettra à des gens de se rendre au travail et transportera trois fois plus de marchandises en quatre fois moins de temps. Concrètement, l’arrivée d’un vélo peut relever les revenus de toute une famille en plus de servir à la voisine, aux cousins, etc. On nous a dit que chaque vélo servait 5 à 10 personnes! Une bicyclette permettra aussi à des enfants de poursuivre leurs études secondaires, parce que les écoles sont souvent éloignées.

En somme, le vélo est un véhicule tout-terrain particulièrement bien adapté aux pays du Sud parce qu’il ne réclame pas de pétrole, ne nécessite que de légères réparations et, lorsque la route est trop abîmée, il peut être transporté à travers l’obstacle. Mû à l’énergie humaine (qui est en surabondance dans le Sud) le vélo est tout à fait adapté à la réalité économique et géographique de ces pays.

Même les pièces sont réutilisées...
On a vu des moulins à farine, des génératrices, des pompes à eau, des instruments aratoires et même une machine à barbe à papa faite à partir de pièces de bicyclettes!  C’est vraiment un savoir-faire assez développé, particulièrement au Guatemala.

D’ailleurs, qui sont les organismes internationaux avec qui vous collaborez?
Nous recherchons des O.N.G. (organismes non gouvernementaux) accréditées, reconnues dans leur milieu et gérées démocratiquement. Préférablement des O.N.G. qui vont distribuer les vélos aux femmes ou, encore mieux, qui sont gérées par des femmes. Étant donné que ce sont elles qui se chargent des corvées et qui transportent la majorité des marchandises dans les pays du Sud, nous trouvons que les instruments de transport devraient leur revenir en priorité.

Par exemple, nous avons un groupe de femmes du Burkina Faso (en Afrique) qui n’avait pas réellement d’états financiers à nous soumettre, mais qui nous a envoyé des rapports de distribution de vêtements. C’est un groupe qui aide les veuves (qui sont souvent ostracisées par la communauté) et qui gère un orphelinat. Le projet « vélo » leur a essentiellement permis de générer des fonds (tirés de la vente des vélos).

Donc, les vélos ne servent pas toujours directement au fonctionnement des organismes avec qui vous collaborez?
Pas toujours. Dans le cas de cet organisme du Burkina Faso, la vente des vélos leur a permis d’accueillir plus d’orphelins. Quand on a commencé avec elles, leur orphelinat comptait 60 enfants, il en compte aujourd’hui une centaine. Il y a d’autres organismes où les vélos ont toutefois réellement servi à une mission particulière, comme pour AfriBike (Afrique du Sud). Là, les vélos ont été distribués en bonne partie auprès des patrouilleurs antibraconnage dont la mission était la protection du rhinocéros blanc. Patrouiller à pied ou à vélo, cela fait une méchante différence!

Quelle route prennent les vélos usagés d’ici aux pays du Sud?
À nos organismes du Sud, on ne fait jamais payer quoi que ce soit pour les vélos; uniquement pour les frais maritimes. En fait, on envoie le premier conteneur en trouvant un donateur pour couvrir les frais maritimes (qui oscillent entre 4000$ et 8000$). Arrivés là-bas, une partie des frais de la vente des vélos génèrent les fonds pour le deuxième transport. Dans chaque conteneur, on envoie beaucoup de vélos, mais on glisse entre ceux-ci des montagnes de pièces. On a plusieurs boutiques, surtout à Montréal, qui font partie de notre « réseau de dons d’organes de vélos » et qui nous fournissent des pièces usagées (des pneus, par exemple) sur une base annuelle.

Cette année, Cyclo Nord-Sud a remporté le Phénix de l’environnement (catégorie réemploi des matières résiduelles). Lorsqu’on vous a remis ce prix, vous en avez profité pour souligner les problèmes financiers dont souffre votre organisme...

Oui. On a eu des fonds de démarrage provenant Fonds d’économie sociale. On a cherché a construire notre autofinancement par la suite et le ministère des Relations internationales du Québec a embarqué dans le projet. On a donc eu un financement statutaire pendant 3 ans, qui a été coupé sous l’Administration Charest. On a aussi eu la chance d’être choisi par l’ACDI, mais là aussi notre financement a été coupé. En fait, notre dilemme vient du fait que nous sommes un organisme Nord-Sud dont les dépenses sont toutes au Nord. La plupart des programmes sont taillés en fonction d’envoyer les fonds au Sud. Je comprends la logique générale de la chose, mais je pense qu’on devrait quand même reconnaître les dons en nature que nous envoyons. Ce que nous cherchons à faire couvrir, ce sont nos dépenses : nos frais d’administration, de collectes, de promotion. Au Sud, ils ont les vélos pour s’autofinancer...

Est-ce que l’existence de Cyclo Nord-Sud est menacée?
Oui. Ce qui nous permet de boucler la boucle cette année, ce sont les petites réserves que nous avions réussi à mettre de côté. Mais nous sommes en train de brûler les meubles en ce moment. On ne pourra pas le faire deux années de suite. C’est un petit budget de rien du tout dont nous avons besoin (225 000$). Nous faisons de l’excellent travail en charriant 4000 vélos par année, en touchant des centaines de bénévoles, en faisant la promotion du commerce équitable... On a un vaste consensus de gens qui trouvent que ce que l’on fait a besoin d’être fait. Les seuls qui brillent par leur absence, en ce moment, ce sont les gouvernements...

Cyclo Nord-Sud


22 août 2008, 8:14
Un «Bondy blog» à Mtl-Nord
Le magazine L’actualité a lancé le blogue de Montréal-Nord. Un blogue inspiré du Bondy blog que le magazine suisse L’Hebdo avait lancé après les émeutes en banlieue de Paris, en 2005.

Alimenté par l’écrivain et scénariste d'origine chilienne Mauricio Segura –il a publié le roman Côte-des-Nègres il y a 10 ans– le blogue de Montréal-Nord prend chaque jour le pouls de la vie dans ce quartier "chaud" de Montréal.


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20 août 2008, 10:48
Un BIXI ou un MontVélo?

Pour son nouveau service de vélo en libre-service, la Ville de Montréal a demandé à la population de choisir un nom. Ils auraient reçu plus de 88000 suggestions.

Et comme l'indique ici Nathalie Collard, de La Presse (les plus jeunes, d'ailleurs, se souviendront que c'est elle qui signait la chronique Médias du Voir jadis...):

 Un comité de pré-sélection a fait le tri dans les nombreuses propositions reçues (autour de 88000, dit-on) et en a conservé cinq: BIXI, MontVélo, Bycic, Vélo2 et VillaVélo… (S’il s’agit vraiment des cinq meilleures suggestions, imaginez les autres…)

Primo: J'exige en tant que citoyen de consulter les 87995 autres suggestions.

Deuxio: Je sais que ce n'était pas pour mal faire, mais c'est la preuve que ce n'est jamais une très bonne idée de demander à la population de choisir un nom de quelque chose. Tenez, ça  me rappelle que les patrons du Parc Belmont avaient, début des années 80, organisé un grand concours pour baptiser la mascotte du parc... Ils se sont retrouvés avec un gros Youppi rose baptisé... Belmondo. Oui, comme l'acteur français très populaire, début des années 80. How original!

Pour quelque chose d'aussi critique qu'un nom, laissons les professionnels de la communication s'en charger.

NOTE: Pour l'image, il s'agit d'un vélo conçu en 1952 pour survivre à une attaque nucléaire. Autres temps, autres préoccupations. D'autres vélos excentriques d'hier ici...


20 août 2008, 4:20
Un automne de coups sûrs

Télé: une rentrée sans points mais avec des coups sûrs.

Rassurez-vous, il n'est pas question de baseball dans cette chronique. Un peu, peut-être, de façon métaphorique. Sans plus.

Dans quelques semaines, l'été sera déjà un souvenir. Allez-y, pleurez. Dans la pluie, on n'y verra que du feu...

Bref, l'automne rappliquera et, avec lui, la traditionnelle rentrée télévisuelle. Une rentrée qui, du côté des chaînes généralistes, provoque chez moi un niveau modéré d'excitation de poils des jambes.

Il y aura du bon, certes. Mais rien qui décoiffe. Rien de particulièrement original. Rien de révolutionnaire comme Le cœur a ses raisons, Minuit, le soir ou Les Bougon.

Ce sera un automne de coups sûrs (le voici, mon lien avec le baseball, doublé d'une référence à un film à l'affiche en ce moment).

Au baseball, le coup sûr est un coup qui permet au frappeur d'atteindre la première base. En télé, je dirais qu'il s'agit d'une émission susceptible d'attirer sans grand risque un nombre convenable de téléspectateurs.

À la SRC, trois nouvelles séries dramatiques débarquent. Un trio McComique.

Il y a d'abord La grosse vie, sitcom dans laquelle Normand Brathwaite joue son propre rôle dans un monde inventé. Concept déjà un peu beaucoup vu.

Il y a aussi Roxy, mettant en vedette l'humoriste Cathy Gauthier qui incarne une fille de l'Abitibi qui débarque dans la "grand' ville". Variations sur le thème des difficultés d'adaptation à la vie urbaine. On devrait s'en tirer avec quelques gags sur les péteux de broue du Plateau. Ah, ah, ah.

Troisième nouveauté à Radio-Canada: Les Parent. Sketches de trente secondes à deux minutes, avec Anne Dorval et le frisé qui couchait avec Dominique Michel dans Le déclin de l'empire américain. On nous promet Un gars/Une fille, format familial.

Et c'est tout ce qu'il y aura de neuf du côté des séries dramatiques à la société d'État. Peut-on parler ici d'émissions à indice élevé d'audace?

Je crains que non.

Heureusement que les retours (Sophie Paquin, C.A., Les étoiles filantes) sauvent la mise.

TVA propose quant à lui un grand total de zéro (0) nouvelle série dramatique. On se garde les nouveautés pour l'hiver 2009.

Nonobstant, la télé de Quebecor gagnera encore sans surprise la guerre aux cotes d'écoute avec sa collection d'attrape-public d'une efficacité redoutable: Occupation double, Le banquier, Dieu merci!, Les auditions de Star Académie. À ce bouquet se jouxtera cet automne La cour des grands, nouvelle émission dans laquelle Gregory Charles découvre de jeunes talents musicaux.

Quant à TQS, on mettra à l'antenne les séries qui étaient sensées être diffusées l'hiver dernier, soit Bob Gratton, Grande fille et 450, chemin du Golf. Bof.

Notre télévision est-elle en panne d'audace? La question vaut la peine d'être posée autrement: notre télé a-t-elle les moyens d'être audacieuse?

Même le plus cruche des investisseurs sait que dans un contexte d'incertitude économique, mieux vaut acheter des placements garantis.

C'est un peu ce que semblent faire les directeurs des programmes des chaînes généralistes, eux qui évoluent dans un univers incertain.

Les temps sont durs pour les généralistes. Les chaînes spécialisées grappillent désormais 39 % de l'auditoire global, comparativement à 17,8 % il y a 10 ans (BBM). La marge de profits des généralistes est passée à 7 % en 2006, selon le CRTC, alors que celle des spécialisées était de 23 % la même année. On sait que les chaînes spécialisées mettent relativement peu d'argent à l'écran tout en percevant, en plus des revenus publicitaires, les lucratifs "revenus d'abonnement". Dans le contexte télévisuel actuel -fabriqué de toutes pièces par le CRTC -, les chaînes généralistes sont clairement perdantes.

En 2007, Radio-Canada a même vu fondre ses revenus de 9 %, alors que TQS n'est plus que l'ombre de lui-même (déjà qu'il n'était pas grand-chose). Seul TVA, grâce à la convergence de Quebecor, semble s'en sortir.

Du coup, puisqu'elles sont dépendantes des revenus publicitaires qui représentent 76 % de leurs revenus, les généralistes ont de moins en moins le goût de tout risquer avec des productions originales qui pourraient piquer du nez (ou passer à l'histoire). Elles préfèrent jouer safe. Et une comédie en soirée, ça marche toujours.

Plus les automnes se suivent, plus ils se ressemblent. Hélas, moins ils surprennent.

À terme, j'ai peur que nos grands réseaux finissent par connaître le sort des radios commerciales; que pour maintenir leurs parts de marché, ils finissent par ne diffuser que de l'humour et des succès en cannes...

On s'en reparle l'automne prochain.


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