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Feu vert à Remstar
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Vous le savez probablement déjà (voilà le genre de nouvelles qui se répand comme une traînée de poudre), le CRTC a finalement approuvé le plan de relance des nouveaux patrons de TQS, Remstar, en échange de quelques petites conditions. Comme tout a déjà été écrit sur le sujet, je vous dirige ici et ici et ici, sans oublier lui ici, qui pense que TQS devrait fermer.
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Pop-corn et autres menteries
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L'autre jour, un courriel d'une amie sollicite mon attention. "As-tu vu ça? C'est freakant!", écrit-elle en hyperlien.
Curieux, je clique et tombe nez à nez avec une vidéo amateur montrant quatre jeunes gens autour d'une table basse. Qui sont-ils? Aucune idée. Ils semblent vouloir se prêter à une sorte d'expérience. Un des jeunes dispose quelques grains de maïs sur la table. Les autres placent quatre portables autour. Nos joyeux lurons font ensuite sonner simultanément les quatre téléphones et... le maïs éclate!
Fin de la vidéo.
Freakant, en effet.
Je quitte le clip avec une anxiété de plus à fourrer dans mon sac à soucis - que j'ai déjà du mal à zipper, soit dit en passant.
Si les ondes cellulaires peuvent transformer d'innocents grains de maïs en pop-corn, j'imagine à peine ce qu'elles peuvent causer comme dommages au cerveau.
D'autant plus que David Servan-Schreiber et d'autres cancérologues viennent de sonner l'alarme en recommandant à la population de se servir le moins possible de leur portable. On ne rit pas.
Oui, j'ai cru au test du maïs éclaté de la vidéo. L'amie qui me l'a fait voir, et qui détient une maîtrise en sciences de l'environnement, y a cru aussi.
Dominic Arpin, blogueur et journaliste très au fait des curiosités vidéo qui circulent sur le Net, est tombé dans le panneau, tout comme des millions d'internautes à travers le monde.
Or, ce clip anxiogène - vous me voyez venir - est un faux. Un poisson d'avril hors saison. Mais surtout, une campagne de marketing viral commanditée par un fabricant d'oreillettes sans fil.
Cette obscure compagnie - dont je tais le nom à dessein - a réussi à faire parler d'elle partout en inventant une légende urbaine bien arrimée à la phobie de l'heure: les dangers du cellulaire.
C'est la grosse mode, le marketing viral. L'idée la plus efficace est de lancer sur le Web une vidéo soi-disant amateur montrant des images susceptibles de piquer la curiosité.
On laisse ensuite les internautes courrieller, bloguer, facebooker, bref disséminer le clip aux quatre vents.
Et c'est ainsi que la pub déguisée finit par créer le buzz recherché.
Un petit film vu des millions de fois sur YouTube montre deux gars qui enfilent des sauts périlleux et atterrissent dans une paire de jeans. C'est une pub de jeans camouflée. Dans un autre clip, un surfeur appâte un requin et se fait remorquer par lui. Une pub pour des lunettes de soleil. Un film tourné par une caméra de surveillance montre un type dans un bureau qui pète les plombs et casse tout autour de lui. Une promo maquillée pour un film avec Angelina Jolie.
Toutes ces vidéos publicitaires cultivent la même chose: un flou artistique entre la réalité et la fiction. "Il est devenu extrêmement difficile de différencier le vrai du faux, dit Dominic Arpin au téléphone. Les internautes sont moins crédules, mais les tactiques de marketing viral se raffinent aussi."
Oui, mais... Jusqu'où la publicité peut-elle mentir pour attirer l'attention? Car, disons-le crûment, ces clips ne sont rien d'autre que des mensonges d'intérêt commercial.
Mensonges amusants, mensonges quand même.
Bien sûr, on peut trouver qu'il s'agit de coups de pub absolument gé-ni-aux. Un instant.
Dans la vraie vie, la publicité a tout de même une éthique à respecter. Oui, j'ai bien dit "éthique".
Au Canada, l'industrie de la pub s'autoréglemente depuis longtemps. Chaque message publicitaire doit respecter le Code canadien des normes sur la publicité. Et le point 2 du Code est clair: aucune publicité "ne doit être présentée dans un style qui masque son but commercial".
Des normes semblables existent dans plusieurs autres pays.
En deux mots, même dans la jungle de la pub, il y a des règles du jeu.
Mentir pour créer un buzz, c'est transgresser ces règles. C'est tricher.
C'est jouer au poker avec une quinte flush royale cachée dans ses culottes.
Il n'y a rien de gé-ni-al là-dedans.
Revenons au canular du pop-corn aux ondes cellulaires.
Il y a quelques semaines, une obscure compagnie d'oreillettes sans fil a décidé d'emberlificoter des millions de gens et de nourrir une peur bien réelle. Elle a aussi forcé des journalistes de partout à laisser de côté la couverture de l'actualité pour publier des articles rétablissant les faits quant à cette fumisterie bêtement promotionnelle.
Pour déranger autant de monde, il ne faut pas se prendre pour du 7UP.
Le pop-corn est faux. Le manque de civisme de ce fabricant d'oreillettes, par contre, est bien réel.
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George Carlin, 1937-2008
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George Carlin, un des plus grands stand-up comique américain est décédé à l'âge de 71 ans. Entendez-le parler d'environnement...
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Les cinq ans d’Urbania
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J’ai collé tard hier soir au party célébrant les 5 ans du magazine Urbania. C’était au CCA. La place était compactée de monde. Au moins 500 personnes.
Vers minuit, on se serait cru au métro de Tokyo. Des agents de sécurité géraient le trafic entre la terrasse et la piste de danse. Bref, un gros party.
Dire qu’il y a 5 ans, le lancement du premier numéro d’Urbania se déroulait dans l’ambiance intime des locaux de Toxa (l’agence derrière le magazine). On était 20-25 personnes pas plus.
En regardant la marée de monde avait envahi le CCA hier, je dois dire que je me sentais assez privilégié d’avoir connu les balbutiements de cette iconoclaste publication bien de chez nous.
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Philippe Lamarre et Vianney Tremblay, les pères d’Urbania, ont créé une patente improbable capable d’emballer les talents de Montréal. Hein?
Je m’explique. Urbania ne paie pas ses collaborateurs. Malgré tout, le magazine n’a aucune difficulté à s’allier des rédacteurs chevronnés comme de jeunes nouveaux, des photographes juniors et des pros qui coûtent la peau des fesses en temps normal, des illustrateurs, des designers, etc.
Pour tous ces gens, Urbania est un espace de liberté qui leur permet d’exploiter pour vrai leur créativité, leur savoir-faire, de concrétiser leurs idées les plus folles, leurs fantasmes professionnels inassouvis.
Alors, ils se donnent à fond et laissent tomber la facture.
Cela fait naître tous les trois mois un magazine thématique qui, mieux que n’importe quel autre magazine d’ici, représente un instantané du talent qui grouille dans cette ville.
Le dernier numéro, qui a pour thème le luxe, en est encore une fois la preuve.
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Leçon de peinture
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Une publicité virale commanditée par le Nobel Fondation (Pays-Bas). Brillant. Comment faire passer un message social sans avoir l'air raccoleur...
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L'enfance est out
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Lisez-vous le magazine Cool, charmante publication pour jeunes filles modernes? Moi non plus. Or, il s'agit d'une lecture obligatoire pour qui veut traiter d'hypersexualisation chez les jeunes.
L'air un peu con devant la caissière du kiosque à journaux, je me suis donc procuré la dernière édition dudit magazine.
"Euh. Ce n'est pas pour moi... C'est pour un article."
Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour ce foutu droit du public à l'information?
Cool était livré dans une enveloppe de plastique renfermant un joli bracelet à trois sous, que je me suis empressé de sacrer aux vidanges, et une valise miniature du Banquier; quand on l'ouvre, il y a un miroir pour se maquiller.
À l'intérieur du magazine: des tests, des tests et encore des tests. "Ton kick et sa nouvelle blonde: est-ce que ça va durer?" "Quelle sera ta chaussure de l'été?" "Quelle fille de plage es-tu?".
Sujets classiques.
En 2003, Caroline Caron, doctorante en communication à l'Université Concordia, a publié une étude sur les valeurs véhiculées dans les magazines d'adolescentes. "Près des deux tiers des articles publiés dans la presse féminine pour adolescentes insistent sur l'importance de la beauté, de la mode, des relations avec les garçons, de l'hétérosexualité et des vedettes masculines", écrivait-elle.
Si Cool s'adressait aux jeunes filles de 13 à 15 ans, cela passerait encore. C'est l'âge, comme on dit, pour s'intéresser aux garçons et au maquillage.
Sauf qu'il y a un hic. Des adolescentes de 13 à 15 ans au Québec, il y en a 141 203, selon l'Institut de la statistique du Québec (2007).
Or, le lectorat de Cool compte 490 000 personnes, selon le rapport PMB 2008.
Admettons que toutes les Québécoises de 13 à 15 ans lisent Cool - ce qui est déjà impossible -, qui sont les supposés 348 797 autres lecteurs?
Des garçons de 14 ans qui veulent savoir quel maillot reflète leur personnalité?
Des étudiantes universitaires prêtes à flamber 4,35 $ pour découvrir quel gars de Simple Plan est fait pour elles?
Soyons sérieux.
Ce magazine recrute son lectorat chez les jeunes filles de 9, 10, 11, 12 ans.
Des préadolescentes qui sont encore à l'âge où l'on collectionne les effaces parfumées, où l'on joue à la tague malade et à l'élastique.
Des enfants qui ne devraient pas avoir à se demander quel est le meilleur endroit pour une première date avec le "beau Simon".
Des enfants que ce magazine faussement cool vieillit trop vite...
Remarquez, le truc existe aussi à la télé. Les producteurs interrogés sont clairs là-dessus: des émissions montrant des jeunes de 15 ans traversant des intrigues de jeunes de 15 ans sont le plus souvent conçues pour toucher aussi les jeunes de 10 à 14 ans.
Encore une fois, on plonge des gamins dans des préoccupations d'ados.
POURQUOI EN EST-IL AINSI?
En partie parce qu'il y a trop peu d'enfants de 10-11 ans au Québec pour justifier l'existence d'une émission ou d'un magazine conçu spécifiquement pour leurs besoins.
Alors, les médias pour jeunes font comme les écoles de rang du temps d'Émilie Bordeleau. Tout le monde dans la même classe... des prépubères jusqu'aux grands flancs mous!
Ce n'est pas l'idéal.
"L'enfant baigne dans un environnement qui est toujours un peu plus vieux que son âge", observe Carmen Bourassa, productrice d'émissions pour enfants chez Téléfiction. Elle produit entre autres Toc toc toc, une série destinée aux petits de cinq et six ans, diffusée à Télé-Québec et à Radio-Canada.
D'ailleurs, à propos de cette émission, Carmen Bourassa a une anecdote amusante à raconter.
L'automne dernier, au Salon du livre de Montréal, des enfants de 8-9 ans arrêtaient au kiosque de Toc toc toc pour demander des affiches de l'émission.
"Vous n'êtes pas un peu trop grands pour regarder Toc toc toc?", demandait-on aux jeunes.
Pas du tout. Même qu'ils connaissaient les noms de tous les personnages!
Plus encore, Carmen Bourassa a reçu la vidéo d'écoliers de 3e année qui ont recréé un épisode de la série en classe.
"On s'est demandé si, avec Toc toc toc, on n'était pas aussi en train de combler un besoin chez les enfants de cet âge, qui sont toujours tirés vers des émissions qui les amènent dans des préoccupations d'adolescents..."
Possible.
Alors que les médias full cool font tout pour que l'enfance soit out au plus "sacripant", l'enfant cherche une place tranquille pour laisser s'évader son imaginaire.
Et à 8 ou 9 ans, aussi étrange que cela puisse paraître, c'est dans une émission conçue pour les petits d'âge préscolaire que plusieurs se réfugient...
Comme quoi l'enfance trouve toujours son chemin.
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Des pieds qui flottent
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Avez-vous lu ces histoires complètement macabres qui se déroulent dans la région de Vancouver. On retrouve des pieds coupés dans des souliers de course un peu partout sur les berges. Six pieds, selon certaines sources, depuis l'été dernier. Mais à qui sont ces pieds?
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Céline remplace Bernard
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Radio-Canada a annoncé ce matin que le dernier homme à animer un bulletin de nouvelles de fin de soirée sur un réseau français au Québec sera remplacé par une femme.
Céline Galipeau animera le « Tj » dès janvier 2009, alors que Bernard Derome fera des reportages spéciaux, des grands dossiers et les deux prochaines soirées électorales.
Elle affrontera donc Sophie Thibault à TVA. Elle aurait même pu affronter Esther Bégin si TQS n’avait pas flushé l’information.
Pascale Nadeau ira animer le Téléjournal le week-end.
Heureusement, il y a encore de l’espoir pour les hommes en tant que chef d’antenne : Patrice Roy prendra la place de Pascale Nadeau au Téléjournal/Montréal dès septembre...
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L'aura, l'aura pas?
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Sophie Cousineau fait un petit suivi du plan B présenté par Remstar au CRTC ce matin. Les gars veulent pas dévoiler leurs états financiers qui prouvent qu'ils ont les reins assez solides pour soutenir le réseau TQS. Pourquoi? Que veulent-ils cacher? Est-ce que Remstar, qui n'a pas produit jusqu'ici de grands films générateurs de grosses recettes, est rentable? Pensent-ils qu'en dévoilant leurs chiffres, ils risquent de ne pas aider leur cause? C'est plausible, car si leurs états financiers pouvaient servir de preuve de la solidité de leurs reins, ils seraient fiers de les montrer... Non?
Plus on avance dans ce dossier, moins je serais étonné que Remstar ne devienne jamais, en fin de compte, le propriétaire de TQS. La question du jour! Le CRTC donnera-t-il son aval à l'acquisition de TQS par Remstar? Les paris sont ouverts! Ma prédiction: Non. Au mieux, ce sera un "oui" avec tellement de contraintes que le "non" viendra de Remstar... MISE À JOUR - 13 juin
Sophie Cousineau, de son côté, croit que le CRTC donnera son OK à Remstar. Elle a d'excellents points. Sauf que le CRTC joue aussi un peu sa crédibilité là-dedans. Il me semble assez clair que le public, tout comme nombre de groupes de pression qui ont été particulièrement nombreux à se présenter devant le CRTC, ne sont pas en faveur de l'acquisition de TQS par Remstar. J'aimerais bien voir les résultats d'un éventuel sondage sur l'attitude du public envers Remstar...
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L'information en chaloupe
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Nous sommes la semaine dernière, devant les bonzes du CRTC.
À la question "Comment TQS compte-t-elle couvrir la Traversée du lac Saint-Jean sans journalistes?", le vice-président programmation du Mouton noir, Louis Trépanier, répond sans rire: "On va sûrement trouver le moyen de la filmer avec une webcam à bord d'une chaloupe."
Insérer ici les rires en canne.
Dire que lorsqu'il a été promu à ce poste en 2006, Louis Trépanier souhaitait que l'information à TQS soit plus rigoureuse, qu'il y ait moins de "confusion des genres" entre la nouvelle et le commentaire.
Cette époque doit lui sembler loin derrière.
Car le nouveau credo du Mouton noir en matière d'information, c'est l'info sans journalistes.
Si tout va comme prévu, des émissions informatives du style L'Avocat du diable remplaceront bientôt les bulletins de nouvelles.
Des émissions qui commenceront par "Avez-vous lu ça dans le journal à matin?", à bord desquelles des opinioneux vogueront sur les flots de l'actualité du jour.
On l'imagine bien, l'information en chaloupe de M. Trépanier.
Ce n'est pas tout. TQS entend aussi demander aux citoyens de ramer. C'est ce qu'ont annoncé les frères Remstar dans une lettre aux journaux le 2 juin dernier: "Nous inviterons [...] les citoyens à être partie prenante de l'information véhiculée, par leurs témoignages, l'expression de leurs opinions et leurs interactions avec les animateurs et analystes."
Pour les jeunes patrons, il s'agit là d'un moyen de "démocratiser l'information".
Ah! La démocratie! On l'attendait celle-là.
Le problème, c'est que la "démocratisation" suggérée par Remstar n'est rien d'autre qu'une façon de satisfaire aux exigences du CRTC sans trop dépenser...
Mais gardons l'esprit ouvert.
Le commentaire et l'opinion sont en soi une forme d'information.
On s'en sert pour offrir un nouvel éclairage sur les événements, pour mettre en relief certains aspects d'une nouvelle ou pour confronter des points de vue divergents.
Éclairée ou pas, l'opinion n'est pas inutile. Loin de là.
Mais il faut appeler les choses par leur nom: le commentaire, l'analyse, l'opinion, etc. sont des produits dérivés de l'information.
Sans l'information, la vraie, ils n'existent pas.
Et c'est avant tout parce que ces dérivés de l'information coûtent moins cher à produire que l'on voit de plus en plus de médias se spécialiser dans ce que j'appelle "l'économie du commentaire".
La tendance est lourde, et elle ne concerne pas seulement TQS.
C'est vrai. Pour un seul journaliste qui a fouillé le passé de Julie Couillard, combien de commentateurs patentés ont repris la nouvelle en y ajoutant leur grain de sel?
Il est là, le cœur du problème.
Tranquillement, puisqu'il est budgétairement parlant plus rentable pour un média de verser dans le commentaire - surtout si ce commentaire est fourni gratuitement par un citoyen dévoué -, il y a comme un déséquilibre qui s'installe.
Le rapport State of the News Media 2008, publié par Project for Excellence in Journalism, note qu'un nombre de plus en plus restreint de sujets d'actualité sont couverts par les médias.
En revanche, plusieurs sites Web se contentent de réemballer des nouvelles produites ailleurs. C'est aussi ce que font plusieurs journaux qui allègent ou ferment carrément leurs salles de rédaction. C'est enfin ce que s'apprête à faire TQS.
Résultat: l'économie du commentaire a le vent dans les voiles.
Par contre, ceux qui vont dehors, qui flairent les scoops, qui se tapent des rapports d'organismes publics, qui remplissent des demandes d'accès à l'information, qui cultivent leurs sources et qui finissent, à force d'efforts acharnés, par dévoiler de légers larcins comme le scandale des commandites; ceux qui en fin de compte fournissent le suc dont se gavent les opinioneux... ceux-là trouvent les temps durs.
Or, il me semble que cette dévaluation du travail journalistique au profit du commentaire représente une vraie menace à la démocratie.
Par ailleurs, lorsque les nouveaux matelots de TQS prétendent vouloir "démocratiser l'information" avec leur chaloupe, ils prouvent combien les concepts de démocratie et d'information leur échappent.
Ils prouvent aussi qu'ils ne sont pas dignes d'être à la barre d'un tel bateau et que, par conséquent, le privilège de le gouverner devrait être offert à un autre capitaine.
C'est ce que devra décider le CRTC dans les prochaines semaines.
TELE /
Radio-Canada diffuse la version française de Little Mosque on the Prairie, série qui a tant fait jaser dans le ROC l'automne dernier. L'histoire: les aventures d'une communauté musulmane installée au cœur d'un village des Prairies canadiennes. Quelqu'un a pensé envoyer une cassette à Hérouxville? La Petite Mosquée dans la prairie, dès le jeudi 12 juin, 19 h 30, à Radio-Canada.
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Gangbang de jeunesse…
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À propos de l’hypersexualisation de la société dénoncée dans un rapport du Conseil du statut de la femme (rapport que tout le monde a commenté, mais qui sera rendu public aujourd’hui seulement), j’ai une anecdote.
Je marchais tranquillos sur la Promenade Ontario avec ma blonde l’autre jour. Belle journée. On croise une petite gang de jeunes. Pas vieux. Je dirais 13-14 ans. Ils sont cinq-six gars et deux filles. L’une d’elle, toute menue, qui pourrait être ma petite cousine, lance aux gars :
En tout cas, j’espère qu’il y en n’a pas un crisse de vous autres qui est venu en dedans de moé!
Cela fait trois semaines que cette scène s’est déroulée. Elle me hante encore. Je voudrais retrouver cette trop jeune fille, lui redonner sa virginité, l’amener au Zoo de Granby voir des animaux, aller aux glissades d’eau de Valcartier et jouer aux charades en chemin. J’aimerais emplir sa tête des souvenirs que la vie devrait charrier quand on a 13-14 ans.
*
L’hypersexualisation est un sujet de société important. Il concerne tout le monde.
Malheureusement, trop de gens pellettent le problème dans la cour de l’autre. Les parents disent que c’est la faute aux écoles qui ont abandonné les cours de Formation personnelle et sociale. Les féministes en ont contre les hommes –ces vils consommateurs de sexe. Les publicitaires pointés du doigt disent que c’est Internet le gros méchant et pas eux.
On pellette au lieu de s'attaquer au problème. Et tout finit par aboutir sur la Promenade Ontario, où des petites filles craignent les conséquences malheureuses de leur dernier gangbang…
N.B.: Au sujet de l’image de ce billet. J’aurais pu mettre une photo de Paris Hilton ou de Britney Spears. Classique. J’ai plutôt décidé de faire ma part avec une image de bébé loutre n’ayant aucune connotation sexuelle. Pour d’autres choses « cuuuuuute »: CuteAddict.com
MISE À JOUR Véronique me demande mon avis sur la réaction de Marie-Claude Lortie sur l'hypersexualisation, selon lequel le féminisme n'a rien à voir là-dedans, que c'est la faute à tout le monde. Ce qui me fait penser que j'avais commis en 2006 une chronique justement sur le look poupoune, dans laquelle je me demandais s'il s'agissait là d'un effet pervers de la libération de la femme. J'avais été inspiré à l'époque par une discussion avec une amie, somme toute assez féministe, qui soutenait ce point de vue. Il m'apparaissait pertinent à l'époque, mais avec le recul, c'est vrai que c'est con comme idée. Alors, pourquoi l'hypersexualisation? À ce moment-ci de la journée, j'ai le goût d'y voir un signe du déclin de l'empire américain. Après tout, la dépravation des moeurs, additionnée à la crise économique, l'oisiveté d'une société obsédée par l'amusement et l'inefficacité du système politique, a été un signe il y a longtemps de la chute de l'empire romain... Peut-être que dans un millénaire, les historiens regarderont nos jeunes filles déguisées en putes et y verront les premiers signes de la chute de notre civilisation... Je pense que je réfléchis trop.
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Couverture et démesure
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Une analyse intéressante d'Influence communication: [...] la médiatisation des 270 pertes d'emplois chez TQS a occupé 0,84 % de l'actualité québécoise des 12 derniers mois. [...] Nous avons limité l'analyse aux pertes d'emploi, sans considération pour la restructuration de l'entreprise, le changement de mission ou pour la comparution devant le CRTC. Pour obtenir un poids médias comparable, il faut réunir plus de 17 annonces survenues au Québec. Celles-ci représentent 2 810 emplois perdus au Québec depuis 12 mois. Toutes ces nouvelles réunies constituent un poids médias combiné de 0,77 %. Il ne s'agit surtout pas d'un jugement de valeur au sujet des difficultés auxquelles font face les anciens employés de TQS. C'est plutôt un constat de démesure dans la polarisation de l'intérêt médiatique.
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Ni raté ni sympathique
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Impossible de parler des critiques sans sortir la célèbre formule de Robert Charlebois: les critiques sont des ratés sympathiques.
Vraiment?
Prenons Robert Lévesque, ancien critique de théâtre au Devoir.
Raté?
Si on imagine qu'être critique est l'habit de rechange de l'artiste en panne de succès, peut-être.
Si, par contre, on considère la critique comme un art en soi, qui exige une indépendance d'esprit et une dévotion pour la Culture avec un grand C, Robert Lévesque n'est certainement pas un raté.
Sympathique?
Des artistes lui en veulent encore pour des textes-matraques qu'il a commis voilà plus de 20 ans.
À une certaine époque, on jouait au dard sur son portrait dans les salles de répétition.
Disons que dans la catégorie "Personnalité médiatique la plus sympathique de l'année", Francis Reddy a un million plus de chances de gagner que Robert Lévesque.
Non, Robert Lévesque n'est ni raté ni sympathique.
Qu'est-il, alors?
Voici, voilà.
Robert Lévesque est un petit monsieur frisé qui sévit, de 1981 à 1996, en tant que critique de théâtre au quotidien Le Devoir.
Et d'un style cinglant il fut. Quand une pièce ne lui plaisait pas, il n'y allait pas avec le dos de la cuiller, comme on dit.
Et peu de pièces lui plaisaient.
Il ne se fit donc pas beaucoup d'amis dans le "beau milieu", comme on dit aussi.
Trois événements marquèrent son parcours.
D'abord, en 1984, une pétition signée par 176 noms de gens de théâtre et envoyée au Devoir appelait au boycottage du quotidien si le gros méchant Lévesque n'était pas relevé de ses fonctions.
Non seulement, le quotidien ne plia pas à ces demandes, mais l'affaire fit passer lesdits gens de théâtre pour des caves - eux qui souventes fois réclamèrent pour eux-mêmes l'entière liberté d'expression.
L'histoire nourrit les manchettes un moment, puis fut oubliée.
Puis, en 1996, un nouveau scandale éclata au Devoir. On découvrit que des textes de certains collaborateurs (dont Josée Blanchette et Daniel Pinard) avaient été sauvagement sabotés. Des passages avaient été remplacés par des niaiseries.
Coïncidence, le jour même où l'affaire éclatait au grand jour, Robert Lévesque démissionnait du quotidien.
Un plus un font deux. Même si le critique nia être l'auteur des sabotages, plusieurs ne le crurent point.
Parmi ceux-ci, Robert Lepage. Un metteur en scène que Lévesque avait encensé à ses débuts, mais étampé dans le mur lorsque ses pièces se sont mises à faire dans le fétichisme technologique.
Bref.
En 2001, ce même Robert Lepage annula une conférence de presse, car trois journalistes de sa "liste noire" devaient y participer, dont Robert Lévesque.
Pour qu'il disparaisse de sa blacklist, Lepage poussa le ridicule jusqu'à demander à Lévesque des aveux sur l'affaire des tripotages de textes au Devoir en 1996.
Pour couper court au niaisage, Robert Lévesque avoua. "Oui, c'était moi, le fantôme de la salle [de rédaction]", écrivit-il.
Enfin... voilà à peu près ce que l'on retrouve dans Le dernier mot, un documentaire d'Antoine Laprise qui retrace la carrière de Robert Lévesque.
Cinquante-deux longues minutes.
Car soyons francs, Robert Lévesque, l'homme... Tout le monde s'en fout.
Alors qu'il aurait été intéressant de se servir de lui pour parler de l'utilité du critique, de l'importance de ce témoin culturel, de la disparition d'un certain discours sur l'art - de plus en plus remplacé par la plogue et le copinage - on a décidé de viser l'anecdote.
On donne le crachoir à ceux que Lévesque a égratignés. On met les clips bout à bout.
Surtout, on s'éternise sur l'épisode Robert Lepage.
Une histoire d'une portée très, très locale, mettant en vedette un créateur qui a voulu "tuer" le critique qui l'a fait naître, comme un fils doit tuer son père pour devenir un homme.
Pis après?
Passez le mot: il y a encore un bon film à faire sur le rôle de critique au Québec.
Le dernier mot, à Radio-Canada, le dimanche 8 juin, 20h.
MAGAZINES /
Édité par le Centre justice et foi, le magazine Relations consacre un numéro au sujet de l'heure: la Chine. Des articles plutôt critiques sur l'envers du "miracle" chinois: le péril environnemental, le sort des femmes... et comment Confucius sert-il l'adhésion du peuple au Parti communiste! Relations, juin 2008, 4,95 $.
TELE /
En parlant de la Chine. TV5 diffuse durant le mois de juin une série documentaire qui nous mène jusqu'aux lieux les plus mystérieux de l'empire du Milieu. Splendide. Aux frontières de la Chine, sur TV5, première partie le jeudi 5 juin, 21h30.
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