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May 2008 - Messages
30 mai 2008, 9:17
Générique d'adieu

Je regardais les émissions qui disparaissaient aujourd'hui à TQS. 

Et les génériques.

C'est fou de penser qu'à peu près tous ces noms, tous ces gens qui défilent sans qu'on y prête vraiment attention se retrouvent aujourd'hui au chômage...
 


30 mai 2008, 10:40
La langue de Labeaume

Le maire de Québec, Régis Labeaume, n'est pas tendre envers les nouveaux proprios de TQS: 

«Remstar, allez-vous-en chez vous, on ne veut pas vous voir ici!»

Avec les retours à l'antenne des deux plus pénibles hurluberlus du monde des médias québécois, à savoir Stéphane Gendron et Doc Mailloux, le lien que l'on fait souvent entre l'industrie des ordures et le TQS nouveau a de plus en plus sa raison d'être.

C'est aujourd'hui que plusieurs têtes d'affiches de TQS font leurs adieux: Esther Bégin anime son dernier Grand journal, Pierre Brassard son dernier Flash, Gildor Roy son dernier Caféïne, Gauthier son dernier Gauthier... et 50 employés de TQS perdent leur emploi aujourd'hui.


28 mai 2008, 4:56
Guerre des médias, prise 213

Selon la PC

Le réseau de télévision TVA, son responsable de l'information, le chef d'antenne Pierre Bruneau, et le journaliste Paul Larocque intentent une poursuite de 1,3 million $ pour diffamation contre Gesca, Cyberpresse et ses journalistes Patrick Lagacé (La Presse) et Richard Therrien (Le Soleil) relativement à la couverture de l'affaire Maxime Bernier et Julie Couillard.


28 mai 2008, 4:36
Tout le monde en parle

« En plus, j’ai un deadline ce soir et je n’ai toujours pas terminé mon texte », me dit à quelques heures du deadline susmentionné un collègue journaliste qui préfère sûrement garder l’anonymat.
« C’est un texte un peu bizarre, poursuit-il. On a eu une conférence téléphonique avec un groupe de musique rock [que je ne nommerai pas non plus]. Puis, les relationnistes nous ont envoyé par courriel le verbatim de la conférence, à partir duquel j’écris mon article. Je t’avoue, je me sens un peu comme une courroie de transmission.
–Un peu?, ai-je répondu. Est-ce qu’une entrevue avec ce groupe fera grimper le tirage de ton journal?
–Probablement pas.
–Ce n’est donc pas pour une raison économique que vous acceptez des conditions pareilles?
–Non.
–Y a-t-il eu des pressions de la part du boss ou du département des ventes publicitaires?
–Non plus.
–Alors, pourquoi? »
C’est à ce moment que le chat est sorti du sac.
« On n’a pas le choix d’en parler… Tous les autres journaux vont en parler. »
J’étais soufflé.

En rentrant chez moi ce soir-là, je me suis demandé comment on en était arrivé là.
Comment des journalistes diplômés en journalisme et engagés par des journaux en sont-ils venus à adopter une telle mentalité de troupeau?
La conférence téléphonique n’est pas le problème, même s’il faut, en y participant, renoncer à toute possibilité de scoop.
À la rigueur, je serais même prêt à fermer les yeux sur le travail de scribe gracieusement offert par les dévoués relationnistes.
En fait, le nœud de l’affaire se trouve dans la raison donnée pour justifier l’existence de cet article. «Tout le monde en parle, alors faut en parler nous aussi.»

Des rédacteurs en chef m’ont déjà servi cette réplique. Des relationnistes aussi. «Steve! Il faut que tu parles de mon client qui sort tel trucmachin… Tout le monde va en parler!»

Paralogisme. Voilà de quoi il s’agit. Un raisonnement faux, mais de bonne foi. Oui, car «tout-le-monde-en-parle-alors-nous-aussi», c’est cocombre comme argument, mais ce n’est pas méchant.

D’où sort ce raisonnement? Je l’ignore. Peut-être faut-il y voir un effet pervers de la concurrence entre les médias. «Si les autres en parlent, il faut en parler aussi. Sinon, ils auront l’exclusivité et ça, c’est hors de question!»
Alors, on parle tous la même chose.

Ce raisonnement est d’ailleurs poussé à l’extrême lorsqu’un sujet incontournable vient bousculer l’actualité. Dès lors, il n’est plus seulement question de laisser l’exclusivité au concurrent. Tout le monde en parlera, c’est clair. Mais qui en parlera le plus? Aaaaah!
Alors, on sort l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie lourde, les francs-tireurs et on couvre tout, les moindres angles, la moindre piste.
Et on se retrouve avec dix pages complètes et touffues sur le tapochage au hockey junior majeur.

Le dernier rapport State of the News Media, préparé depuis cinq ans par Project for Excellence in Journalism, relevait encore une fois cette tendance inquiétante: les champs d’intérêts des médias sont de plus en plus restreints. On couvre moins d’histoires, sous moins de points de vue. En d’autres mots, les médias répètent, radotent, copient.

La tendance est lourde. Elle est liée au contexte actuel où l’explosion des canaux d’informations (Internet, en premier lieu) n’a pas été suivie par une explosion dans l’embauche de nouveaux journalistes.

On ne réglera pas le dossier de la diversité dans une chronique de 529 mots. C’est trop complexe.

Mais je suis d’avis qu’on peut certainement faire un petit bout de chemin en commençant par lâcher le syndrome du suiveux.

Parlez-en autour de vous.

-Texte original paru dans le magazine Le Trente, mai 2008 


28 mai 2008, 1:42
Encore des guéguerres…
Il était assez maladroit de la part des journalistes du Soleil de critiquer TVA dans un texte dont l’objectif était de souligner que les guéguerres entre les conglomérats médiatiques nuisent à la qualité de l’information…

La concurrence entre grands groupes de presse et le corporatisme qui en découle ont affaibli la défense du droit à l’information au sein même des rédactions. […] N’ayez crainte, Madame la marquise, tout va bien dans le meilleur des mondes, nous disent-ils à l’unisson. Pourtant, Quebecor n’a pas hésité à censurer des reportages de TVA sur le lock-out au Journal de Québec, qui dure depuis un an.

Traduction: Nous, journalistes du Soleil –un quotidien appartenant à Gesca/Power Corporation- trouvons qu’il est déplorable de la part d'un conglomérat médiatique d'utiliser ses ressources pour nuire à ses concurrents ou favoriser ses propres intérêts, comme l’a fait notre concurrent Quebecor...

Relisez-vous, les gars...

D’ailleurs, le directeur de l’information de TVA-Québec, Pierre Sirois, souligne ce matin dans Le Devoir l’ironie de ce pseudo-manifeste.

[…] je trouve ironique que, dans un texte dénonçant les dangers qui guettent l'indépendance des journalistes au sein des grands groupes de presse, vous passiez sous silence le fait que vous et vos collègues du quotidien Le Soleil, signataires de l'article, oeuvriez au sein de l'un des plus grands groupes de presse au Canada, en l'occurrence Gesca. Au lieu de répandre des informations fausses et sans fondement sur un groupe concurrent, il aurait été plus juste de nous parler de votre propre expérience au sein d'une salle de rédaction membre d'un tel groupe.


28 mai 2008, 1:05
L'importance d'un bon appât

          
Au temps des premiers journaux québécois, il valait mieux être politicien pour être pris au sérieux en tant que journaliste.

Et au début du siècle dernier, période fertile pour les journaux jaunes, les scrupules n'étouffaient pas tellement les pisse-copie. Des journalistes sont déjà allés jusqu'à déplacer d'une scène de crime le cadavre d'un homme assassiné afin de pouvoir le photographier dans le confort de la salle de rédaction!

Imaginez.

Avant de devenir l'activité somme toute respectable qu'elle est aujourd'hui, la presse écrite est passée par bien des errata, bien des combats pour la liberté de presse et quelques interprétations créatives de ce concept ambigu qu'est l'objectivité.

C'est ce que j'ai retenu des pages jaunies d'un vieux bouquin que m'a offert mon beau-frère, La lutte pour l'information de Pierre Godin, publié en 1981.

Un instructif ouvrage qui retrace l'évolution de la presse écrite au Québec.

En guise de conclusion, Godin livre une réflexion sur l'avenir des journaux.

Et c'est avec surprise que l'on constate qu'il y a 27 ans les inquiétudes entourant la presse écrite étaient à peu près les mêmes qu'aujourd'hui: revenus publicitaires en stagnation, baisse du lectorat, concentration de la presse et concurrence des médias électroniques.

Là-dessus, l'ancien éditeur du magazine L'actualité, Jean Paré, soutient qu'à cause de la télévision qui occupe de plus en plus de place dans les chaumières, les gens ont moins de temps à consacrer aux journaux. "Le quotidien de l'avenir [...] n'exigera pas plus de vingt minutes de lecture", prédit-il.

Il ne pouvait pas mieux dire.

À l'heure actuelle, après seulement sept ans d'existence, Métro - qui se lit justement en vingt minutes - est le quotidien le plus lu sur l'île de Montréal.

Il faut le faire.

Discours connu, l'arrivée des nouvelles technologies faisait aussi craindre la "mort des journaux" en 1981.

Sauf qu'à l'époque, le gadget sensé remplacer le journal était un ordinateur, appelé Télidon, qui devait permettre au commun des mortels de consulter son quotidien sur l'écran de télévision.

Bon, le Télidon a fait patate assez vite.

Mais l'idée d'un quotidien qu'on lit à l'écran a été rendue possible juste un peu plus tard grâce à une invention que Pierre Godin ne pouvait pas encore bouledecristalliser: le Web.

Parce que le Web, les journaux payants ont de moins en moins la cote.

Même s'ils coûtent moins cher qu'un café, plusieurs préfèrent s'en passer.

Chaque mois, un titre s'éteint.

C'est triste, mais ça l'est surtout pour l'industrie de l'imprimerie et des pâtes et papiers.

L'industrie de la presse écrite, elle, peut toujours s'adapter.

Parce que le Web, elle doit toutefois conjuguer avec deux nouvelles donnes: la gratuité et la surabondance.

Avec le Web, le lecteur s'est habitué au contenu gratuit. Qu'il s'agisse d'un long reportage dense et touffu ou d'un simple billet de blogue pondu sur le pouce au bout d'un Blackberry, l'information ne doit avoir qu'un prix: 0 $. Pour se financer, l'entreprise de presse refile plutôt la facture aux annonceurs.

Avec le Web, le consommateur d'information a aussi accès, chaque jour, à un nouveau tsunami d'actualités.

Or, parce que le lecteur a tout ce qui l'intéresse au bout du clic, et gratuitement, il n'a jamais été aussi important pour l'industrie de la presse écrite de se doter de bons appâts.

C'est vrai, comment attirer l'attention dans ce brouhaha informationnel?

Il faut des sujets qui excitent, qui séduisent, et jamais jusqu'ici le concept du "titre qui accroche" n'a été aussi étudié.

Les quotidiens ont toujours mis à la une leur texte le plus susceptible d'intéresser la clientèle. Ce n'est pas nouveau. Par contre, puisque sur le Web le lecteur choisit désormais de lire ou pas un article, l'appât doit faire mouche à tous les coups.

Et c'est ici que nous voyons poindre une nouvelle menace.

L'industrie de la presse écrite devra éviter que l'obligation d'appâter le lecteur se fasse au détriment d'une information libre, pertinente et de qualité.

Après toutes ces luttes pour l'information, ce serait con d'en arriver là.

TELE /

Voilà maintenant 31 ans que le grand Robert Gravel et son complice Yvon Leduc ont eu l'idée de mélanger hockey et théâtre pour créer la Ligue nationale d'improvisation. Voyez l'histoire de ce sport pour comédiens qui a, depuis sa naissance, fait éclore tant de talents. Tout le monde en parlait, à Radio-Canada le mardi 3 juin, 19 h 30.


26 mai 2008, 7:42
Pas devant la caméra

J'étais en banlieue de Tokyo (à Vancouver) la semaine dernière. D'où mon silence. En passant, Montréal aurait deux ou trois leçons à retenir de Vancouver. Je vous reviens là-dessus...

D'ici là, un texte intéressant d'Alain Gravel sur son blogue. Il parle de la difficulté d'amener des gens à dire ce qu'ils savent devant la caméra...

Comme journalistes, nous passons de plus en plus de temps à tenter de convaincre les gens de nous parler. À force de leur faire des « pitch de vente » sur leur intérêt à faire sortir la vérité, je me sens parfois comme un vendeur d'assurances. 
 
Alors quand on me dit que nous vivons dans un beau grand pays libre, où les gens peuvent exprimer leurs opinions à leur gré, comme journaliste, je reste sceptique.


 


21 mai 2008, 1:08
Le gentil géant
Vous, moi, nous tous fréquentons Google. Souvent plusieurs fois par jour et pour toutes sortes de raisons.

Une recette de cupcakes? Google. Le nom du gars qui jouait dans tel film? Google. Un restaurant indien à Val-d'Or? Il n'y en a pas, mais Google quand même.

Il y a toujours quelque chose à "googler", et l'on se fie à l'algorithme développé en 1998 par deux whiz kids de l'Université Stanford pour dénicher en 0,28 seconde 1 144 000 réponses à nos questions.

Mais qui se soucie des dessous de l'omniscient engin de recherche?

Google caresse l'ambition (modeste) "d'organiser toute l'information du monde". Les sites Web, les blogues, les images, les clips vidéo, les fichiers sonores. Tout. Même le contenu des livres.

C'est simple, Google veut devenir l'intermédiaire entre vous, moi, nous tous, et les océans d'information qui nous submergent désormais.

Les visées de l'archiconnu moteur de recherche ont de quoi faire frémir. D'abord, parce que celui qui "organise" l'information a aussi le pouvoir de cacher ou de montrer ce qu'il veut.

Pour calmer ces craintes légitimes, Google a une célèbre devise: "Don't be evil." (Ne sois pas méchant.)

En d'autres mots: "On s'occupe de tout, et on ne fera de mal à personne."

Or, les notions de "bien" et de "mal" s'étant avérées jusqu'ici d'une incroyable relativité, Google commence à trouver sa devise un peu lourde à porter.

En 2006, pour pouvoir conquérir le lucratif marché chinois, Google a foulé ses propres principes en acceptant de bloquer l'accès aux sites mis à l'index par l'État.

L'affaire a fait couler beaucoup d'encre, et encore plus de pixels.

Avant cette histoire, le Code de conduite de Google précisait que l'engin de recherche ne censurait "aucun résultat pour aucun terme de recherche".

Après l'épisode chinois, le Code de conduite a été amendé: "Il n'est pas dans notre politique de censurer des résultats. Cependant, pour être conforme aux lois, règlements ou politiques locaux, nous pourrions le faire."

En pliant devant les autorités chinoises, Google a-t-il fait le Bien ou le Mal?

Les patrons de la compagnie de Mountain View prétendent qu'il vaut mieux un Google censuré que pas de Google du tout.

C'est un point de vue.

Il y a eu d'autres cas où Google a usé de son pouvoir de contrôler l'information qu'il organise.

Le mois dernier, le site a refusé la publicité d'un groupe chrétien qui s'oppose à l'avortement, alors qu'il accepte les liens sponsorisés de cliniques d'avortement. En mars, à la demande du Pentagone, Google a retiré de Google Maps des images satellites de bases militaires. En 2002, Google a aussi effacé de ses résultats certains sites critiques envers l'Église de scientologie, après avoir reçu une plainte pour violation de droits d'auteur de la part des copains de Tom Cruise.

Bon. Jusqu'ici, les censures connues de Google m'apparaissent justifiées.

C'est plutôt le principe qui inquiète.

Un groupe de recherche du nom d'Ippolita a décidé d'explorer l'ombre que projettent les lettres de noblesse de Google. Dans l'essai La Face cachée de Google, on trouve une réflexion sur ce moteur de recherche "pas méchant", mais qui pourrait bientôt détenir le monopole de l'accès au savoir. "L'espace blanc de Google où l'on tape les mots-clés de recherche est une porte étroite, un filtre sans aucune transparence, qui contrôle et dirige l'accès aux informations", lit-on dans le bouquin. "Par là, Google se trouve en mesure d'exercer un pouvoir énorme, s'attribuant une autorité absolue dans un monde clos. Le modèle culturel de Google est donc l'expression directe d'une domination technocratique."

Google a acquis sa renommée grâce à une interface simple et épurée, et aussi parce que l'engin de recherche développé par deux petits futés représentait une solution de rechange cool aux autres moteurs de recherche pollués d'annonces publicitaires.

L'image de Google a bien changé depuis. Le gentil géant soulève maintenant les suspicions. Certains vont même jusqu'à lui coller un nom épouvantable: Big Brother.

La Face cachée de Google

d'Ippolita

Manuels Payot, février 2008, 236 p.

TELE /

Complément d'enquête explore les liens entre olympisme et politique, à quelques mois des Jeux de Pékin. Visite chez les athlètes chinois à l'entraînement, ces fonctionnaires au service de l'État et de sa propagande. On entre aussi dans les coulisses de Reporters sans frontières, alors que l'ONG organise son coup médiatique à l'occasion du passage de la flamme olympique à Paris. Aussi, une entrevue avec John Carlos, un des athlètes afro-américains qui avaient levé un poing ganté sur le podium des J.O. de Mexico, en 1968. À TV5, le jeudi 22 mai, 20 h.


16 mai 2008, 10:51
Télé-Pirate

Mon ami Mike, toujours gourmand de faits divers et curieux, m'a parlé de ce 22 novembre de l'an 1987, alors que deux stations de télé de Chicago ont été piratées. Des milliers de téléspectateurs ont pu voir cet hurluberlu déguisé en Max Headroom pendant un épisode de la télésérie Doctor Who...
À ce jour, les auteurs de ce piratage courent toujours.

 

 

L'incident tel que rapporter aux nouvelles à l'époque...

 

Un autre exemple de télé piratée. Sur une station britannique, le 26 novembre 1977 à 17h10, l'image d'une émission est restée intacte mais une voix épouvantablement épeurante, celle d'un certain Vrillon qui se dit de la région galactique d'Ashtar a causé pendant six minutes. N'écoutez pas cet extrait dans la pénombre seul à la maison (comme je suis en train de le faire en ce moment). Je vous le confirme: ça fiche la trouille!!

 


14 mai 2008, 9:18
Jim Carrey imite David Caruso

Devant David Letterman, Jim Carrey imite le style de David Caruso dans C.S.I. Miami...


 

Mais le vrai David Caruso est encore plus crampant, surtout mis bout à bout...


 


14 mai 2008, 6:41
Comment aider Dieudonné
Primo, encore sur le site de Radio-Canada, l’humoriste Dieudonné nous livre sa définition de la liberté d’expression.

Deuxio, un certain Pierre Brassard vient de lancer un blogue anti-Dieudonné, et souhaite que l’humoriste n’ait pas d’émission à Radio-Canada l’automne prochain, car ses idées seraient « extrémistes ».

Bon, je suis en total désaccord avec mon ex-collègue Richard Martineau sur la question, mais moi, je le trouve drôlement utile ce Dieudonné.

Et j'aimerais souligner une chose: se faire péter la veine du cou à force d’hurler pour que Dieudonné se la boucle, c’est aider Dieudonné. C’est lui confirmer que l’approche qu’il a choisi est la bonne: celle de parler de sujets dont il ne faut pas parler.

J’avais d’ailleurs commis une chronique sur son cas il y a 2 ans et je maintiens chaque virgule.

Voilà pourquoi, au risque de passer pour un antisémite, j'ose dire que Dieudonné est l'humoriste le plus pertinent du moment. C'est un comique actuel, qui se moque de la diversité ethnique, de la mondialisation; qui sait rire des fossés culturels qu'il faudra combler un jour. C'est un bouffon qui s'amuse des hégémonies, de la pensée unique, qui tourne en ridicule ces imbéciles qui voudraient que le globe soit divisé en deux axes: le Bien et le Mal.

De nos jours, le cancer de l'humanité, ce sont les intolérances de tout un chacun. Guerres religieuses, conflits ethniques, racisme. Dieudonné, je le vois comme un vaccin. En nous injectant ses intolérances à coups de plaisanteries, il nous immunise contre celles-ci.

Mise à jour, 21h27

Un lecteur me partage ceci...

La VRAIE liberté d'expression

Je suis allé voir le spectacle de Dieudonné samedi soir. Voilà un homme qui utilise la liberté d'expression à bon escient! Ce n'est pas un crétin qui vomit son imbécillité dans un micro, mais un humoriste brillant qui utilise son micro pour lutter contre l'imbécillité - i.e.: dans ce cas-ci, l'étroitesse d'esprit des extrémistes sionistes qui se croient tout permis sous prétexte que le peuple juif a beaucoup souffert. 

-Richard Martineau 


14 mai 2008, 4:28
Le mauvais goût

         

Peu de gens le savent, mais je possède un sixième sens. Je détecte le mauvais goût.

Ainsi, quand j'emprunte le boulevard Taschereau, j'ai des picotements. Une sensation déplaisante, mais tolérable.

Par contre, ça me démange carrément lorsqu'une forme de mauvais goût cent fois pire que la quétainerie m'éclate au visage. Et j'ai nommé: le mauvais goût mercantile.

Prenons l'affaire des pogos.

La semaine dernière, des publicitaires ont eu l'idée lumineuse de semer aux alentours de deux écoles montréalaises, fréquentées par des enfants, des affiches faisant allusion à la forme pénienne de ce mets composé d'une saucisse enrobée de pâte. On pouvait y lire des slogans tels que: "J'ai un gros boutte", "As-tu vu mon boutte?" et "Ma saucisse est bien dressée".

Que de mauvais goût!

S'il y a quelqu'un qui a exploré le domaine du mauvais goût, c'est bien l'auteur des Bougon, François Avard (rappelez-vous la scène du furet dans l'anus).

Or, je l'entendais récemment dire lors d'une conférence que le rôle de l'humoriste était de "voir le pygmée dans la même cage que l'orang-outan".

Explications.

À l'époque des explorateurs du 18e et 19e siècles, la majorité des Occidentaux n'avait pas l'occasion de voir de près les richesses exotiques des "Nouveaux Mondes" lointains: l'Afrique, l'Amérique, les Indes... Pour compenser, on apporta donc l'exotisme au peuple.

C'est ainsi que des "sauvages" des quatre coins du globe furent exhibés devant des foules de curieux. Des Esquimaux, des Zoulous, des "étranges" de toutes les couleurs dans leurs tenues traditionnelles.

On présentait parfois ces gens comme le chaînon manquant entre le singe et l'homme. En 1906, au zoo du Bronx, on a même décidé de placer dans une cage un pygmée du nom d'Ota Benga, juste à côté d'un orang-outan.

Quarante mille personnes se déplaçaient chaque jour pour voir celui qu'on appelait alors l'"homme sauvage". C'était ludo-éducatif.

Pour Avard, voir "le pygmée dans la cage de l'orang-outan", c'est discerner le mauvais goût là où tout le monde voit la normalité.

Mais laissons les pogos et les pygmées un instant pour en venir au sujet de cette chronique: les "confidences exclusives" de Nathalie Simard à TQS et au magazine La Semaine.

Oh oui! Mon radar à mauvais goût s'est fait aller le moineau la semaine dernière...

L'entrevue de Nathalie Simard avec Jean-Luc Mongrain n'était pas le problème en soi.

Le véritable mauvais goût dans toute cette histoire s'est trouvé dans la commercialisation de ces fameuses "confidences". Étant donné la nature délicate et intime du sujet, on aurait pu faire preuve d'un peu de sobriété.

Pour annoncer l'entrevue, TQS a commencé par envoyer aux journalistes un communiqué se lisant ainsi: "Nous sommes déterminés à faire de TQS une antenne encore plus forte et dynamique et à l'avenir il faut s'attendre à ce que nous diffusions des émissions collées sur l'actualité comme celle qui sera présentée jeudi soir."

Traduction: "Nous venons de jeter les bulletins de nouvelles aux poubelles, mais soyez sans crainte, nous serons toujours au rendez-vous lorsque l'actualité sera susceptible de générer de grosses cotes d'écoute."

Le Mouton noir se sert pratiquement du drame de Nathalie Simard pour se refaire une image.

Que de mauvais goût!

Ce n'est pas tout.

Le jour de la diffusion de l'entrevue, un deuxième communiqué de TQS a été émis. Celui-ci donnait un aperçu des "révélations" de Nathalie. Tout était là pour nous mettre l'eau à la bouche. Les passages les plus croustillants de l'entrevue ont même été mis en caractère gras et soulignés pour qu'on ne les rate pas: "Elle nomme son agresseur pour la première fois!"

On se félicite de lui avoir fait cracher le morceau.

Que de mauvais goût!

Au lendemain de la diffusion de l'entrevue, un troisième communiqué nous a annoncé fièrement que l'émission spéciale avait attiré 861 000 téléspectateurs, et qu'on étirerait encore la sauce dans la prochaine édition du magazine La Semaine.

Ceux qui ont fait leur beurre avec le vécu pathétique de Nathalie Simard se justifient en disant que c'est ce que le public veut voir. Soit.

Il y a un siècle, le public voulait aussi voir le pygmée à côté de l'orang-outan...

TELE /

En 1960, on écrivait au sujet de Claude Lelouch: "Souvenez-vous bien de ce nom, vous n'en entendrez plus jamais parler." Après 41 films, le cinéaste d'Un homme et une femme (1966) fait encore parler de lui. Lors d'un trajet Paris-Deauville en voiture, Lelouch raconte son amour du cinéma et se remémore les grandes scènes de sa vie. À voir. Claude Lelouch, on s'aimera, à TV5 le jeudi 15 mai, 21 h 30.


14 mai 2008, 1:18
De quoi à dire
Une bonne chronique de Nathalie Petrowski ce matin dans La Presse.

Elle parle de la Semaine de la liberté d’expression, célébrée sur le site de Radio-Canada.

Pierre Légaré y livre un extrait de sa grande sagesse: « C’est pas parce qu’on a le droit de parler, qu’on a de quoi à dire. »

Paradoxal. Alors que dans certains pays, comme la Chine, on milite pour que la population ait le droit de s’exprimer librement –un droit fondamental dont tous les humains devraient pouvoir profiter, ici on se demande s’il ne faudrait pas se garder une petite gêne de temps en temps, se la fermer plutôt que de brasser du vide.

Preuve que la liberté d'expression, comme la richesse, est bien mal répartie en ce bas monde.

9 mai 2008, 7:00
Incognito

C'est fou à quel point certaines chansons peuvent coller à la réalité... La chanson de la semaine: Incognito, de Céline Dion.

Incognito bien dans ma peau
Incognito je recommence ma vie a zéro
Incognito sans dire un mot
Incognito c'est pas facile de te tourner le dos
M'en aller loin d'ici m'en aller loin de toi, loin de moi
Loin d'ici une autre vie loin de toi il existe une autre moi
M'en aller dans un pays ou personne ne saura qui je suis
Solitaire je chercherai sur la terre un coin ou je t'oublierai
Loin de nous loin de tout
Loin du monde ou j'étais ta possession


 


8 mai 2008, 9:22
Ne faites pas comme CNN.

Trouvé ici, une chanson qui a été diffusée sur la chaîne officielle de télévision chinoise (CCTV) et qui critique la façon avec laquelle CNN a traité les récents événements au Tibet. Il paraît que c'est un gros "hit" en Chine.


 


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