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Médias
Un blogue sur les coulisses de la télé, sur les dessous de la presse écrite, sur l'envers d'Internet, sur les arcanes de la radio. Bref, un blogue sur les médias. Signé Steve Proulx.
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Tout sur moi
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Quand Eve Duranceau raconte Chantal Pary. Photo: Nathalie Bergeron
"Ma vie n'a rien d'extraordinaire et je suis la première à m'en rendre compte."
Sur ces mots s'ouvre l'autobiographie de Chantal Pary... qui fait malgré tout plus de 300 pages!
Quelque part dans l'œuvre, la chanteuse relate ses 11 années passées avec un homme qui, dans son sommeil, crachait sur elle en rêvant à des viet congs.
Bienvenue en Absurdie.
Ce passage épique de la vie qui "n'a rien d'extraordinaire" de Mme Pary a été lu au Café Cléopâtre le 7 avril dernier devant 140 personnes.
Et tout le monde était crampé.
Le truc s'appelle Bio Dégradable - Les écrits restent. Il s'agit d'un cabaret mensuel où des comédiens lisent des extraits choisis d'autobiographies de veuuuudettes locales (à prononcer en insistant sur le "u").
On rigole en entendant Anne Létourneau raconter son voyage astral. On pouffe lorsque Louise Deschâtelets décrit sa présence dans Peau de banane comme un moment charnière de l'histoire des femmes du Québec: "Simone et son patois Sainte-Fesse deviennent l'étalon de mesure de la femme libérée." On n'en peut tout simplement plus lorsque Andrée Boucher se répand (littéralement) en détail au sujet de son irrigation du côlon.
On finit par se dire: "Comment des gens ont-ils pu publier ça?"
En assistant au spectacle le mois dernier, une question m'est venue. Sont-ce les passages autobiographiques qui sont absurdes, ou le fait que 140 personnes se soient déplacées un lundi soir et aient déboursé 20 $ pour entendre le gars qui jouait dans Les Invincibles et d'autres comédiens lire lesdits passages?
Je n'arrive pas à trancher.
Le concept de Bio Dégradable est né à Los Angeles, en 1998. L'idée vient d'un auteur de télévision, Eugene Pack, qui l'a eue en écoutant des autobiographies sur livres audio. "J'étais stupéfait par ce que les gens écrivaient, écrit Pack sur son site Internet. J'ai pensé qu'amener ce matériel devant un public serait extrêmement divertissant."
En effet. Le concept a fait fureur. Après L.A., le cabaret Celebrity Autobiography s'est déplacé à New York où, récemment, Matthew Broderick a lu des extraits de l'autobio de Vanna White (la tourneuse de lettres dans Wheel of Fortune).
Au Québec, Bio Dégradable en sera lundi prochain à sa troisième présentation. Mais déjà, l'événement fait jaser.
Ce cabaret improbable est peut-être la revanche du simple citoyen sur l'hyperpipolisation de nos médias.
Il y a des gens - et j'en suis - qui n'en peuvent plus d'entendre des vedettes tartiner ad nauseam des tranches et des tranches de leur existence. Partout. Tout le temps.
Les p'tits magazines z'artistiques invitent la veudette à raconter ses vacances en famille. La veudette confie ses petites déceptions à telle émission de radio, avant d'aller parler de sa passion pour le bricolage à telle émission du matin. À force de s'étaler de long en large et de bas en haut sur toutes les tribunes, la veudette finit par croire que tout ce qui la concerne mérite d'être entendu.
C'est le corollaire d'une culture obsédée par le nombril de ses artisans.
Et l'autobiographie est probablement l'expression la plus pure de ce système culturel.
Dans son bouquin, la personnalité se livre et se délivre, sans contraintes. Entière. Elle noircit des pages de "je, me, moi". Elle met en scène sa propre personne dans un exercice souvent narcissique et encore plus souvent pathétique.
Bio Dégradable démontre par A+B que toute vie n'est pas autobiographiable. Janette Bertrand ou Hubert Reeves publient leurs mémoires? Pas de problème. Anne Létourneau ou la gagnante de Loft Story? Pense pas.
Voilà pourquoi, afin de souligner le gaspillage de papier causé par la publication de plusieurs autobiographies, les organisateurs de Bio Dégradable versent une partie des profits à la fondation Arbres Canada, qui encourage la plantation d'arbres... Gentiment cynique.
Au prochain Bio Dégradable, on ajoutera au menu des extraits de l'autobiographie d'une artiste qui dit avoir vécu "10 vies en une seule": Danielle Ouimet. Un récit qui, selon la quatrième de couverture, est "tantôt drôle, tantôt fantastique - à la limite du surréalisme".
Ça promet.
Bio Dégradable - Les écrits restent, le lundi 5 mai, 20 h, au 2e étage du Café Cléopâtre (1230, boulevard Saint-Laurent).
TELE /
Puisque la ville est hockey, Radio-Canada diffuse en première télévisuelle le documentaire Junior d'Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault. Un film sur les coulisses d'une équipe de hockey junior qui a reçu la semaine dernière le prix du meilleur long métrage documentaire canadien au prestigieux festival Hot Docs de Toronto. Le jeudi 1er mai, 20 h.
Et puisque le prix du pétrole revient hanter les pompes, un documentaire en deux parties s'intéresse aux conséquences géopolitiques de notre dépendance aux combustibles fossiles. Pétrole et pouvoir, à Télé-Québec, le mardi 6 mai, 23 h 15.
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Lucides et solidaires
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Il y a des lucides et des solidaires partout. À propos de TQS, Paul Cauchon, du Devoir, est... lucide.
À en croire la levée générale de boucliers autour de TQS la semaine
dernière, TQS était la chaîne la plus appréciée des Québécois, et ses
bulletins de nouvelles attiraient des millions de téléspectateurs.
Ce n'est pas exactement le cas. Je ne veux pas être rabat-joie,
mais si la chaîne avait été si appréciée, s'il y avait eu plus de
téléspectateurs, et donc plus de revenus, on n'en serait pas là. Enfin, sa chronique de cette semaine vaut la peine d'être lue jusqu'au bout. On finit par comprendre, tranquillement, comment l'obsession du CRTC d'ouvrir des chaînes spécialisées afin d'offrir toujours plus de diversité est en train de miner une autre forme de diversité. En télévision, l'amateur de séries documentaires américaines doublées par Guy Nadon a beaucoup de choix. En information locale, par contre, la diversité commence à faire pic pic.
Oui, comme le dit le collègue Cauchon (et comme je l'écrivais moi-même ici), le CRTC a commis un beau gâchis.
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2,3 millions à la minute!
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Voilà une chose drôlement plus inquiétante que la disparition de l'information à TQS. Dans sa chronique de La Presse Affaires, Claude Picher parle du déficit commercial au Québec (les exportations moins les importations) qui devrait osciller autour de 20 milliards de dollars cette année. C'est une catastrophe. Et c'est d'abord et avant tout à cause de notre foutue dépendance au pétrole.
[...] Cela veut dire qu'à chaque minute qui passe, 2,3 millions de dollars quittent le Québec pour créer de l'emploi et de la prospérité ailleurs.
C'est épouvantable. Allez, je m'en vais faire un tour de vélo...
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La pub s'en mêle
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Au moins deux annonceurs (Tanguay et Qualinet) ont décidé de retirer leurs billes de TQS depuis que les nouveaux patrons du Mouton tondu, Remstar, ont annoncé la fin des bulletins de nouvelles.
Que les chantres de la diversité d'information fulminent, c'est normal. Que le public s'offusque, c'est aussi normal. Que les employés syndiqués de TQS soient démolis, c'est très prévisible. Mais que les annonceurs qui fournissent des revenus à TQS décident de quitter le bateau... Voilà qui est plus problématique (pour les nouveaux patrons).
À mon avis, les p'tits gars Rémillard devront expliquer au plus sacrant ce qu'ils entendent faire avec leur nouveau jouet. (Mise à jour: le CRTC qui doit l'annoncer cet après-midi).
Parce pour l'instant, côté relations publiques, c'est un gros zéro. Un gros, gros zéro pour Remstar.
C'est fantastique, d'ailleurs, de voir à quelle vitesse les nouveaux patrons sont passés de héros ( sauveur de TQS) à zéros (destructeur de TQS).
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Le nom du concessionnaire
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Vous vous souvenez peut-être de ce jingle publicitaire:
"Christin, sur Sherbrooke Est, mon concessionnaire GM.
C'est moé le roi dans l'Est, pis j'te fais des prix que t'aimes.
Viens chez Christin! Pour payer moins, viens chez Christin!"
Cette ritournelle promotionnelle est collée dans ma mémoire depuis presque 20 ans. Ineffaçable. Je l'ai attrapée à la radio à l'âge de 12 ou 13 ans.
À l'époque, je travaillais les week-ends au nettoyeur de mon père, sis rue de la Montagne à Valcourt, juste devant la shop de Ski-Doo.
La radio était toujours allumée et l'aiguille bloquée à 96,9 FM, "CKOI, LA PUISSANCE MUSICALE À MONTRÉAL".
Ne me demandez pas qui étaient les animateurs à l'époque, et encore moins ce qu'ils avaient à dire. Ne me demandez pas non plus de me souvenir du titre et de l'interprète du hit de l'été.
Mais demandez-moi de vous réciter le sonal de "Christin, sur Sherbrooke Est" et je m'exécute sans fausse note.
On peut bien déplorer le manque de diversité musicale ou l'insignifiance des animateurs qui sévissent sur les ondes de ces stations, il faut cependant reconnaître une chose: pour imprégner dans la mémoire à long terme le nom d'un concessionnaire automobile, il n'y a pas mieux qu'une radio commerciale.
Or, c'est exactement pour cette fin qu'elles existent. Rien d'autre.
Les stations hyperactives qui promettent plus de hits et plus de fun sont là pour vendre un public à des annonceurs. Un public aussi large que possible, appâté par un contenu aussi bon marché que possible.
Ainsi, depuis longtemps, des comiques qui déconnent entre deux chansons pop et un combo circulation/météo s'avèrent une recette gagnante pour les radios commerciales.
Le CKOI 96,9 FM que j'écoutais lorsque je travaillais au nettoyeur de mon père est à peu près le même que celui que j'ai écouté la semaine dernière pour les besoins de cette chronique.
Après une heure d'écoute, j'avais compté 30 messages publicitaires.
Disons que j'ai compris assez vite que Brault & Martineau paie la TPS et la TVQ pour un temps limité sur ses ensembles de cinéma maison.
La recette fonctionne encore. Mais pour combien de temps?
Avec l'arrivée des radios en ligne, de l'iPod, de la radio satellite, du réseau Galaxie de musique continue, les auditeurs ne sont plus forcés d'encaisser 30 pubs à l'heure pour pouvoir entendre les mêmes quatre chansons diffusées en boucle. Le compromis n'est plus satisfaisant. Beaucoup décrochent.
Résultat: les stations commerciales piquent du nez. À Montréal, la station Énergie 94,3 FM a perdu depuis un an 3,4 points de part de marché (selon BBM). Elle a attiré cet hiver 9,4 % de l'auditoire francophone. Son concurrent, CKOI 96,9 FM, a perdu 1,3 point pendant la même période (7,1 % de part de marché).
Les radios-matantes aussi pâtissent. Rythme FM (12,3 %) a perdu 2,2 points au cours de la dernière année et RockDétente (10,2 %) a baissé de 1,2 point.
En revanche, les radios parlées gagnent du terrain. La Première Chaîne de Radio-Canada est la station la plus écoutée par les francophones à Montréal (14,2 %, une croissance de 2,9 points depuis un an). Vient ensuite le FM parlé 98,5 (12,7 %, +2,3 points depuis un an).
Pour freiner leur recul, les radios commerciales préfèrent demander au CRTC d'abaisser ses quotas de musique francophone, car les chansons françaises "empêcheraient de rejoindre les jeunes". Peut-être.
Mais à mon avis, les problèmes des radios commerciales sont plus lourds qu'une simple question de quotas.
Les nouvelles technologies ont soufflé sur le château de cartes que les radios commerciales ont érigé en modèle d'affaires.
Désormais, pour graver le nom du concessionnaire dans l'esprit du public, les CKOI de ce monde devront faire entendre autre chose. Quelque chose de neuf, de rafraîchissant, d'original, de mieux que ce qui est offert ailleurs (et sans publicités).
Les radios commerciales entrent dans un processus de destruction créatrice. Elles devront se réinventer.
Et le plus tôt sera le mieux.
RADIO /
Des nouvelles d'une station pas commerciale du tout: CIBL 101,5 FM, la radio communautaire de Montréal. Depuis 1980, la station qui a fait naître le groupe RBO diffuse depuis le Pavillon d'éducation communautaire d'Hochelaga-Maisonneuve, boulevard Pie-IX. Or, l'immeuble commence à faire pic-pic. Le plancher de la discothèque menace même de s'effondrer sous le poids des milliers de disques! Bref, CIBL veut déménager. Et pas n'importe où: au cœur du centre-ville, dans le Quartier des spectacles. La radio communautaire veut partager son rêve avec le public lors d'un événement qui se tiendra le lundi 28 avril prochain, de 17 h à 19 h, à la SAT (1195, boulevard Saint-Laurent).
Détails sur www.onaunreve.com.
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Adios, les nouvelles à TQS!
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 C'est confirmé, il n'y aura plus de bulletins de nouvelles à TQS
dès le 1er septembre prochain. C'est le choc dans le monde des médias.
Alors que TQS pouvait se vanter il n'y a pas si longtemps d'avoir le
plus d'heures d'informations à son antenne, c'est un changement de cap
majeur. Lisez l'article du journal Les Affaires pour les détails. Cet autre article de Cyberpresse répète essentiellement la même chose. Laissons
la poussière retomber. TQS perd tout de même 40% de ses effectifs.
C'était prévisible, mais le coup est dur à encaisser malgré tout.
À quoi ressemblera le Mouton Noir l'automne prochain? Allez voir la programmation de la chaîne torontoise Sun TV, propriété de Quebecor Media. Mon petit doigt me dit que c'est ce genre d'émissions pas chères que l'on verra bientôt à TQS... Je n'ai pas de preuves. Juste un feeling.
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Pourquoi Le Banquier?
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Dans sa chronique de lundi dernier dans Le Devoir, Paul Cauchon cherche se demande pourquoi personne ne s'est sérieusement penché sur les raisons profondes du succès populaire de l'émission Le Banquier. Star Académie, rappelle-t-il, a eu droit à de nombreuses tentatives d'explications et même à un livre. Le Banquier? Rien.
On attend donc toujours la savante analyse qui nous expliquera pourquoi
ce redoutable mélange de jeu de hasard, d'attrait de l'argent, de
glamour, de suspense, d'émotion brute, de racolage, de concurrents
prêts à tout pour avoir l'air fou, de thématiques bidon et de pitounes
représente le Québec d'aujourd'hui. Concédons toutefois à l'équipe de
Julie Snyder une grande compréhension du Québec profond puisque, comme
dans le cas de Star Académie, Le Banquier prend bien soin de mettre en
avant des concurrents de toutes les régions du Québec, en les
enracinant, justement, dans leur région. Je suis en train de lire le livre Zoo humains - Au temps des exhibitions humaines (La Découverte), un livre qui porte sur l'histoire des freakshows en tous genres. C'est ma passion secrète, les freakshows. On peut certainement voir des similarités entre les "exhibitions humaines" du passé (de la fin du XIXe siècle jusque aux années 1930) et les émissions de téléréalité. Loft Story, avec ses spécimens en cage, un public curieux et des pseudos-scientifiques qui analysent les faits et gestes des spécimens, est clairement un jardin zoologique humain de l'ère moderne. Pas de doute là-dessus? Mais Le Banquier? On a toujours des spécimens rares spectacularisés, mais cette émission n'est pas Loft Story. Je dirais que Le Banquier dans sa forme se rapproche plus du cirque romain.
Mais la question demeure, pourquoi ça fascine autant de gens? Là-dessus, j'attends vos réflexions.
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Se plaindre le ventre plein
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Je n'ai jamais officiellement pris position en faveur des syndiqués en lock-out du Journal de Québec.
Ce conflit est mené de façon cow-boy, Quebecor Media publie un journal de schnoutte à Québec depuis maintenant un an et c'est la population qui en pâtit. C'est ce qui est triste dans cette histoire.
Or, les revendications des syndiqués ne m'ont jamais tiré une larme. Disons les choses crûment: les syndiqués du Journal de Québec sont les cols bleus de l'industrie médiatique.
Hier, le Journal de Québec a publié les conditions de travail des syndiqués avant le conflit:
Avant le présent conflit, le salaire régulier d'un chef de pupitre au Journal était de 90 000$ par année mais il recevait plus de 100 000$ par année incluant primes et heures supplémentaires alors que le journaliste atteignait 83 000 $.
Ces syndiqués avaient droit à six semaines de vacances par année, sans compter la multitude de congés avec solde auxquels ils avaient droit : dix congés fériés; trois congés mobiles; sept jours à l'occasion d'un mariage; sept jours à l'occasion d'un avortement; deux jours à l'occasion d'un divorce; un jour à l'occasion de leur anniversaire; etc. De telle sorte qu'en moyenne, les employés du Journal de Québec travaillaient 40 semaines sur 52 à raison de 32 heures par semaine réparties sur quatre jours. Selon les statistiques du ministère québécois du Travail, 98,9 % des salariés couverts par une convention collective ne profitent pas de la semaine de 4 jours. Par ailleurs; 92,2 % des salariés ont moins de 6 semaines de vacances et 98 % n'ont pas droit à un congé à l'occasion de leur anniversaire.
À titre comparatif, un chef de pupitre au Toronto Sun, un quotidien payant de Sun Media, gagne 12 000 $ de moins par année qu'au Journal de Québec et travaille 35 heures par semaine réparties sur 5 jours. Un chef de pupitre au grand quotidien national The Globe and Mail, la référence canadienne dans le monde du journalisme écrit, gagne 8 000 $ de moins par année et travaille 35 heures par semaine réparties sur 5 jours. Or, selon Runzheimer International, une firme spécialisée dans la relocalisation de travailleurs, il en coûte de 20 à 25 % plus cher qu'à Québec pour vivre à Toronto.
Je veux bien être pro-syndical et défendre les belles valeurs ouvrières, mais vraiment... dans le cas du Journal de Québec, je pense que les syndiqués devront réaliser qu'ils se plaignent le ventre plein. D'ici là, ils risquent seulement de continuer à prouver à leur employeur (qui fait de très bonnes affaires actuellement) qu'ils sont remplaçables.
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La chronique facile!
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Lors des nombreuses conférences que je prononce, que ce soit à Saint-Hyacinthe, Moscou ou Saint-Hyacinthe, on me pose souvent cette question : « Quel est le secret d’une bonne chronique? »
Je l’ignore. Mais chaque chroniqueur a sa recette. Voici la mienne.
1. Trouvez un sujet. Il existe deux sortes de sujets. Les sujets d’intérêt public dont tout le monde a parlé, sauf vous. Et les sujets d’intérêt public dont personne n’a encore parlé, vous y compris. Idéalement, le deuxième type de sujet est à privilégier. Par contre, les contraintes de temps peuvent vous forcer à choisir un sujet dont tout le monde a déjà parlé.
2. Trouvez une scène d’ouverture et de fermeture. Gay Talese, grand journaliste au New York Times au début des années 60 a déjà dit : « Je suis un reporter qui est constamment à la recherche d’une scène d’ouverture. Je ne commence jamais à écrire avant d’avoir trouvé cette scène. Dès lors, je deviens un homme à la recherche d’une scène de fermeture. » Le mieux est donc d’avoir en tête le début et la fin de sa chronique avant même de se mettre à écrire. La méthode simple pour trouver ses scènes d’ouverture et de fermeture est l’approche micro/macro. Partez d’un point de détail et élargissez le sujet jusqu’au portrait global.
3. Ouvrez un nouveau document dans Word. CTRL-N ou CMD-N si vous utilisez un Mac.
4. Faites sortir le méchant. D’un seul jet. Ne vous embêtez pas avec les vérifications de chiffres, l’exactitude des citations et les autres détails techniques. Allez-y comme ça vient.
5. Sauvegardez le document. CTRL-S ou CMD-S si vous utilisez un Mac.
6. Prenez une pause. Aérez-vous l’esprit. Regardez Virginie. Consultez le blogue de Patrick Lagacé. Allez faire du vélo avec pas de casque. N’importe quoi.
7. Réglez la plomberie. Relisez votre chronique. Corrigez les fautes d’orthographes. Vérifiez les faits, les chiffres, les citations. Trouvez de beaux synonymes et utilisez votre Dictionnaire des cooccurrences (outil indispensable) afin de découvrir, par exemple, que le nom « conférence » se marie bien avec le verbe « prononcer ».
8. Sauvegardez le document. CTRL-S ou CMD-S si vous utilisez un Mac.
9. Faites relire votre chronique à votre conjoint/e. Si le/la conjoint/e commente les tournures de phrases et la ponctuation sans rien dire à propos des idées et des opinions émises dans le texte, c’est le signe que votre chronique a raté la cible. Elle ne stimule aucune réaction/réflexion/consternation/jubilation. Votre chronique ne provoque rien. Retournez à l’étape 2. Si vous êtes célibataire, trouvez-vous un partenaire au plus sacrant, ou alors faites une croix sur votre carrière de chroniqueur.
10. Laissez dormir votre chronique pendant 24h. Pour que les idées aient le temps de bien macérer.
11. Relisez votre chronique une dernière fois. Si, après 24h de macération, vos idées ont toujours bon goût, considérez votre chronique comme étant prête à servir. Sinon, retournez à l’étape 2.
12. Trouvez un titre. Personnellement, je choisis souvent un titre qui annonce la scène de fermeture de ma chronique. C'est ce que j'ai fait ici, ici, ici, et ici. Or, puisque je viens de réaliser que j’utilise cette technique ad nauseam, je vais probablement opter pour un nouveau genre de titre à l’avenir.
13. Livrez au rédacteur en chef. Si possible, à l'heure de tombée pile afin que ledit rédac'chef n'ait pas le temps de vous harceler avec des corrections, des précisions et autres chiants remaniements. Voilà! C'est aussi simple que ça.
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Un journal sans journalistes
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Les résidents de Québec ont été surpris de trouver, le 5 avril au matin, une belle grosse enquête sur le bonheur à la une du Journal de Québec. Surpris, car un autre sujet nourrissait les discussions au village ce matin-là: l'incendie qui avait ravagé la veille le Manège militaire.
"L'affaire a créé une petite bombe à Québec, observe l'éditorialiste du Soleil Pierre-Paul Noreau. Les animateurs de radio ont fait tout un chiard là-dessus."
Dans les pages du Soleil, un citoyen furieux y est allé d'une lettre aux éditeurs du Journal de Québec: "Comment un journal qui se dit de Québec peut-il manquer la une de l'année? [...] Je suis tanné, scandalisé, outré que votre contenu soit dirigé par Montréal. Honte à vous."
Ce rendez-vous raté entre l'incendie du Manège militaire et la une du Journal de Québec a rappelé à ceux qui l'avaient oublié que, depuis bientôt un an, le quotidien de Quebecor tourne sans ses journalistes.
Eh oui, 252 syndiqués sont en lock-out et en grève depuis le 22 avril 2007. Ils se gardent occupés en publiant le MédiaMatinQuébec, un quotidien gratuit distribué à 40 000 exemplaires et censé nuire au Journal de Québec.
Mais le conflit s'étire malgré tout. Il a déjà fracassé le record du plus long conflit de travail dans l'histoire des quotidiens francophones au Québec.
L'automne dernier, le syndicat des employés du quotidien a déposé une plainte devant la Commission des relations de travail (CRT). Le Journal de Québec aurait recours à des scabs pour abattre la besogne des syndiqués. C'est au fil de ces audiences devant la CRT que l'on découvre comment Le Journal de Québec s'y prend pour paraître chaque jour, comme si de rien n'était, même s'il manque 252 employés au poste.
Depuis bientôt un an, les cadres du journal tiennent le fort. Le quotidien serait en grande partie imprimé à Mirabel et les pages, montées à Toronto. Le contenu provient du Journal de Montréal, du portail Canoë et des scribes de Nomade, une agence de presse créée quelques mois après le déclenchement du conflit à la demande du patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau. Une boîte de communication de Québec, Côté Tonic, aurait effectué en sous-traitance du montage graphique de publicités. Un boulot qu'exécutaient les syndiqués avant le conflit.
Pour tout dire, Le Journal de Québec n'est plus qu'un agrégat de morceaux divers, livré chaque matin sous la forme d'un quotidien.
Quebecor semble en fait profiter du conflit pour faire du Journal de Québec une plate-forme d'expérimentation destinée à tester le modèle dont rêve depuis longtemps Pierre Karl Péladeau: un quotidien qui serait le fruit de la synergie entre les composantes de son empire médiatique.
Pour l'heure, d'un point de vue strictement business, l'idée semble assez bien fonctionner.
Les chiffres NadBank pour 2007 montrent que Le Journal de Québec a perdu 17 000 lecteurs en semaine. Or, si Le Soleil a de son côté fait le plein de lecteurs, le quotidien de Quebecor est encore numéro 1 dans la Vieille Capitale six jours sur sept. Il n'a laissé la pole position au Soleil que le dimanche (avec 20 % des parts contre 22 % pour Le Soleil).
Côté lectorat, nous sommes donc loin de l'effondrement.
Le Journal de Québec n'a pas non plus perdu tous ses annonceurs. Hormis quelques initiatives isolées, aucun mouvement de boycottage du côté de la communauté des affaires.
Résumons: avec un contenu congloméré, Le Journal de Québec réussit toujours à attirer lecteurs et annonceurs... Tout ça en ayant 252 employés de moins à payer (et à très bien payer, puisque les conditions des syndiqués avant le conflit n'étaient pas tout à fait conformes à la définition du mot "exploitation").
Pour l'instant, Quebecor gagne donc la bataille économique. Toutefois, la bataille de l'image pourrait lui échapper.
Avec des épisodes tels que le ratage de la une de l'incendie du Manège militaire, le mot pourrait se répandre assez vite que ce journal n'est pas digne de se dire "de Québec".
Et dans un gros village, voilà le genre de cancan qui peut faire du grabuge...
TELE /
Pour souligner le Jour de la Terre, le 22 avril, TV5 présente un joli documentaire portant sur une nouvelle tendance: les cabanes dans les arbres. Oubliez le refuge précaire que vous aviez à 10 ans. Les cabanes dans les arbres pour adultes sont tout équipées... même d'une salle de bain! Branché arbres, le mardi 22 avril, 22 h.
Pour ceux qui l'ont raté au cinéma, le remuant documentaire Le Peuple invisible de Richard Desjardins passe à Radio-Canada. Le jeudi 17 avril, 20 h.
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À part Lise Payette, tout le monde s’en fout
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Excellent article d’Isabelle Porter, du Devoir, sur le conflit de travail au Journal de Québec (dans une semaine, cela fera un an que ça dure). Elle y aborde le manque de solidarité du milieu…
Rares sont les personnalités publiques qui refusent d'accorder des entrevues aux cadres du Journal et aux employés de Canoë. À part Lise Payette, aucun chroniqueur n'a jugé bon de délaisser ses pages pour dénoncer le lock-out. «C'est décevant de la part de certaines personnes», reconnaît le porte-parole des syndiqués, Denis Bolduc. «On ne demandera pas à Nathalie Elgrably de nous soutenir, mais Julius Grey, je pensais qu'il comprendrait. Richard Martineau, c'est décevant aussi.» À noter: Me Julius Grey a déclaré l'automne dernier que ce conflit ne le concernait pas. Enfin... Disons que lorsqu'on fait comme lui le commerce des idées de gauche, progressistes et humanistes, il faut s'attendre à ce que le monde exige de temps à autre plus que des mots...
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En parlant d’artisanat…
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Je vous disais comme ça que j’avais besoin d’artisanat dans ma vie…
Par hasard, j’ai trouvé dans la dernière édition du magazine Monocle la présentation d’un essai dans lequel le sociologue Richard Sennett explore la question de l’artisan au sens large. Sa thèse : on a tous en soi un artisan, et il faut le laisser s’exprimer.
Selon cette critique du Guardian, le livre The Craftsman soutient que le désir de bien faire les choses réside en chacun de nous et qu’il est même dangereux de réprimer ce besoin du travail bien fait.
Dans un monde de productivité, de performance, de stress et de burn-out, voilà de quoi méditer.
Je vous laisse! Pour l'artisanat, le cahier Actuel de La Presse vous en parlera certainement plus en détail dans les prochaines semaines!
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Montrer le méchant
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Avec son documentaire Bacon, le film (2001), Hugo Latulippe donnait à l'industrie porcine ce que Richard Desjardins avait donné deux ans plus tôt à l'industrie forestière: une bonne taloche derrière la tête.
L'élément le plus remuant du documentaire d'Hugo Latulippe, celui qui a largement contribué à son impact, se nommait Bernard Paquette.
La moustache. Le chapeau de cow-boy. Le pick-up. Dans Bacon, Bernard Paquette représentait l'archétype du "méchant" mégaporcheriste. Celui qui met "du beurre sur son pain" en détruisant l'environnement.
À lui seul, le témoignage de ce gros producteur a mieux servi la cause anti-agriculture industrielle que n'importe quel discours écologiste.
Bernard Paquette a laissé Hugo Latulippe le filmer sans connaître les véritables motivations du réalisateur. Le type n'a réalisé qu'après la sortie du documentaire dans quelle fosse à purin il s'était mis les pieds. Lors d'une récente entrevue téléphonique, on peut d'ailleurs constater que le producteur de porc garde toujours une petite rancœur envers Latulippe.
"Bonjour, M. Paquette. Mon nom est Steve Proulx, je suis journaliste pour l'hebdomadaire Voir. Vous souvenez-vous d'Hugo Latulippe?
- Le tabarnac! C'est un ostie de trou de cul!"
Rappelons que Bacon, le film a été tourné voilà huit ans.
"Moi je gagne ma vie, pis je la gagne honnêtement, pis il y a assez de lois icitte au Québec...
- M. Paquette, comment Hugo Latulippe vous a-t-il convaincu de participer à son film?
- Ah, c'est parce que je fais un festival à L'Ange-Gardien, pis il voulait parler de porc, faire connaître le porc... Crisse! T'as même pas vu une photo du festival dans son film, tabarnac! C'était rien que pour parler contre le porc, que ça pollue, pis que c'est ci, pis que c'est ça, pis qu'on est des bandits..."
Bernard Paquette organise chaque été le Festival country du porc de L'Ange-Gardien. Dans ses loisirs, l'entrepreneur aime aussi chanter la parole de Dieu sur des airs country.
"M. Paquette, est-ce que...
- Excuse-moi, je ne veux plus parler aux journalistes. Vous êtes des trous de cul, tabarnac! Le vrai mot, c'est ça.
- Si Hugo Latulippe voulait faire un autre film sur l'agriculture, est-ce que...
- Ostie, dans le cul, Hugo Latulippe! Je veux pus parler à ça! Ça te donne-tu une bonne idée, là?
- Oui. Merci beaucoup."
Vous ne serez pas surpris d'apprendre que Bernard Paquette ne participe pas à Manifestes en série, la nouvelle série documentaire qu'Hugo Latulippe présente dès lundi prochain sur les ondes de Canal D.
En fait, pour faire court, il n'y a pas de "méchants" dans les huit épisodes thématiques de la série. Que des gens inspirants qui "bâtissent le Québec de demain". Que des "citoyens conscientisés". Que des "apôtres du petit pas ou déplaceurs de montagnes". Que des héros qui sont à l'opposé des Bernard Paquette et des chantres de l'économie néolibérale tant honnie. Dans le premier épisode qui porte sur l'agriculture, on croise un honnête pêcheur de homards, un petit artisan fromager, un producteur de lait bio, Daniel Pinard, un gars d'Équiterre et Laure Waridel.
"J'ai voulu filmer la lumière", dit Hugo Latulippe. L'intention est noble. La série n'est d'ailleurs pas dénuée d'intérêt. Loin de là. Par contre, j'en suis sorti moins bouleversé, moins secoué que lorsque j'avais visionné Bacon, le film.
Et j'ai trouvé pourquoi: il manque le méchant.
Le documentariste qui défend une cause secoue efficacement le cocotier lorsqu'il montre ceux qu'il accuse. C'est clair.
Si ce n'était pas le cas, les amis des phoques n'investiraient pas autant de temps et d'argent dans le filmage des chasseurs de phoques.
Et Michael Moore n'aurait pas à ce point cherché à obtenir une entrevue avec le regretté Charlton Heston, acteur et ex-président de la National Rifle Association, pour son film antifusils Bowling for Columbine.
Et Hugo Latulippe n'aurait pas passé toutes ces heures dans le pick-up de Bernard Paquette pour Bacon, le film.
C'est le seul défaut de Manifestes en série. Sans "méchants", sans opposition, le discours est monochrome. Tout le monde parle dans le sens du poil. Seuls les convertis risquent d'écouter.
Manifestes en série, à Canal D, dès le lundi 14 avril, 21 h.
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TELE /
Dix équipes de deux. Dix mille kilomètres à franchir entre Paris et Pékin... Et un euro par jour et par personne pour tout faire! TV5 diffuse la première saison de la télé-réalité française Pékin Express (qui en est à sa troisième saison sur la chaîne M6). Dans le premier épisode, les volontaires découvrent la Russie profonde et doivent convaincre des "locaux" de les héberger pour la nuit. Pas évident. À noter: l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné a révélé récemment que des bouts de l'aventure étaient arrangés avec le gars des vues. Une télé-réalité qui trafique la réalité? Scandale! Pékin Express, dès le mardi 15 avril, 20 h, à TV5.
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Besoin d’artisanat
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Chers lecteurs, je me ferai plus rare sur ce blogue.
J’ai le goût de m’aérer l’esprit. Comme le tapis qu’on secoue sur le bord du balcon après l’hiver, j’ai besoin de me secouer les idées un peu.
J’ai toujours eu l’âme de l’artisan. Non, Madame, les ébénistes ou les souffleurs de verre n’ont pas l’exclusivité de cette âme. Les mécaniciens comme les concierges comme les journalistes peuvent avoir des tendances artisanales.
J’ai toujours aimé gosser mes articles; bien coller chaque mot dans chaque phrase, poncer mon style avec soin et apprécier l’œuvre terminée avec fierté.
J’ai moins l’âme de la chaîne de montage. Produire du texte bas de gamme, jetable après usage, destiné à nourrir le marché avant les gens. Non. J’embarque pas.
Or, plus je blogue, plus j’entends la chaîne de montage qui m’appelle.
Ça fait peur.
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Amenez-en des archives!
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En complément de ma chronique de cette semaine, quelques autres sites d’archives audiovisuelles pas piqués des vers.
1. Archives américaines Le site du Museum of Broadcast Communications propose gratuitement une tonne de séquences vidéo tirées des archives télévisuelles américaines. La section 10 Minutes TV propose des montages d'extraits des vedettes étatsuniennes (Robert Duvall tout jeune, par exemple). La section Net Nights recrée quant à elle des soirées télévisuelles d'époque, publicités incluses! À quoi ressemblait la télé de nos voisins, un samedi soir de l’automne 1959?
2. Archives françaises Près de 100 000 émissions de radio et de télé française sur le site de l’Institut national de l’Audiovisuel (France). Afin de pouvoir rétribuer les artistes et les auteurs de ces émissions, plusieurs archives doivent être achetées ou louées. Et c’est payant. Par contre, il est possible d’en regarder des extraits gratuitement. Parmi les trésors, j’y ai trouvé ce célèbre épisode d’Apostrophes dans lequel Bernard Pivot rencontre Alexandre Soljenitsyne. Malheureusement, il faut payer quelques euros pour regarder la plupart d’entre elles…
3. Archives britanniques Décevant sur le plan de la quantité d’archives, ce site sur l’histoire de la télévision d’État britannique propose néanmoins des clips télévisés qui permettent de visionner des moments classiques de la « Beeb ».
Vous avez mieux? Dites-le moi!
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