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January 2008 - Messages
30 janvier 2008, 5:22
Où va boire le troupeau?

 

Je lis à l'occasion Le Monde diplomatique. Sauf que la plupart du temps, ça me prend tout mon petit change.

Ben oui. Le style alambiqué et les phrases à 22 volets des articles du Monde diplo exigent de la part de mon cerveau élevé aux vidéoclips un effort suprême.

Je soupçonne ce journal de considérer ses lecteurs comme étant beaucoup plus intelligents qu'ils le sont en réalité. Je ne vous apprends rien en vous disant que la plupart des médias suivent plutôt la tendance inverse. Quitte à être à contre-courant, Le Monde diplo tire vers le haut plutôt que vers le bas. Et c'est très bien ainsi.

Il y avait donc dans l'édition de janvier un texte au titre invitant du philosophe Dany-Robert Dufour: "La télévision forge-t-elle des individus ou des moutons?"

Je l'ai lu, et bien que je ne sois pas certain d'avoir tout saisi, j'ai eu le goût de vous en partager les grandes lignes. Après tout, quelqu'un a déjà dit que le journalisme est un métier qui consiste à expliquer aux autres ce qu'on ne comprend pas soi-même. Alors, je plonge.

Selon Dany-Robert Dufour, "notre société est en train d'inventer un nouveau type d'agrégat social mettant en jeu une étrange combinaison d'égoïsme et de grégarité". C'est l'ego-grégarité. Ou vivre en troupeau en se pensant libres.

Ainsi, même si cela semble illogique, la société serait formée d'individus obsédés par leur nombril, se croyant libres et maîtres d'eux-mêmes, mais faisant néanmoins partie d'un troupeau. Un troupeau qui se laisse docilement conduire à un seul et même abreuvoir... celui de la consommation.

Mais qui conduit donc à l'abreuvoir cette société-troupeau?

C'est ici que les idées du philosophe intéressent cette chronique Médias. Car le berger qui guide le troupeau, on l'a deviné, c'est la télé. Voici comment.

Pour Dufour, à une époque où la famille traditionnelle s'érode et se disloque, où ce noyau dur de la vie sociale se ramollit, la télévision joue de plus en plus un rôle de "famille virtuelle de substitution".

En zappant d'une chaîne à l'autre, le téléspectateur retrouve chaque jour des visages qui lui sont familiers.

Il y a l'oncle Jean-Luc, le mouton noir de la famille, qui roule ses "r" à l'heure du souper en pestant contre les cols bleus. Il y a la cousine Julie qui débarque avec ses valises le dimanche, pendant que le beau-frère Guy A. fait son intéressant en débouchant une bonne bouteille de rouge.

"Ce que les histoires de famille n'apportent plus, c'est désormais la "famille" de la télévision qui est appelée à le fournir", écrit Dufour dans son article.

Or, c'est parce qu'il est devenu une famille de remplacement que le petit écran fidélise les auditoires et rassemble les conditions propices à la "mise en troupeau" de la société.

Un troupeau, philosophe le philosophe, "qu'il ne s'agirait plus que de conduire là où l'on veut qu'il aille s'abreuver et se nourrir, c'est-à-dire vers des sources et des ressources clairement désignées".

Ces "ressources", ce sont les produits et les services présentés par les commanditaires des émissions de télévision comme autant de moyens de satisfaire ses besoins individuels.

C'est là la mission première de la télévision. Le président de la chaîne française TF1, Patrick LeLay, n'a d'ailleurs laissé planer aucune équivoque sur la question en affirmant que les émissions avaient pour vocation de rendre le cerveau du téléspectateur disponible pour les annonceurs. "Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible."

Seulement, on ne dirige pas un troupeau d'égoïstes - c'est ce que nous sommes - comme on dirige un troupeau de moutons. La contrainte de consommer doit être accompagnée d'un discours de liberté.

La pub, pour nous rendre grégaires, doit donc miser sur cette fausse représentation que nous avons de nous-mêmes, celle d'individus libres et uniques.

C'est ainsi que la télé guide notre société-troupeau à l'abreuvoir de la consommation, en "faisant regarder chacun dans certaines directions très précises, celles qui promettent le bonheur par la satisfaction [...] de besoins égoïstes, évidemment dûment répertoriés et... prévisibles." ooo

TÉLÉ /

À Télé-Québec, un documentaire qui nous plonge au cœur d'une guerre tragique dont on entend peu parler, celle qui oppose depuis 20 ans le gouvernement de l'Ouganda à un groupe de rebelles. Un conflit sanglant qui est le théâtre d'une des pires crises humanitaires du monde (De l'autre côté du pays, lundi 4 février, 21 h). À TV5, le cinquième épisode de la série Viva Américas porte sur la vie insulaire. Le quotidien de gens qui ont décidé de vivre en marge du système... seuls sur des îles, parfois sans électricité (lundi 4 février, 22 h 30).


23 janvier 2008, 7:08
Mon magajournal
L'autre samedi, un "boum" sonore me tire des bras de Morphée. Le camelot vient de livrer La Presse à ma porte. Avec ses 11 cahiers touffus, l'édition sabbatique est une brique.

Tant qu'à être réveillé, aussi bien se lever.

Depuis quelque temps, la une du samedi du plus grand quotidien français d'Amérique n'est faite que de photos en couleurs et de titres en grosses lettres. "AÉROPORTS: ATTACHEZ VOTRE CEINTURE!", "ISABELLE BLAIS: LA BELLE VIE D'UNE DISCRÈTE OMNIPRÉSENTE", "MOURIR SEUL À MONTRÉAL".

Ce matin-là, le plus gros titre, "LE CONTINENT INVISIBLE", est réservé à un dossier sur les grottes du Mexique. Huit pages de textes et de photos grand format imprimés sur papier glacé dans le nouveau cahier Éléments.

En voyant le truc, je me suis dit: "Ça y est, mon journal est officiellement devenu un magazine." Car avec son cahier Éléments, La Presse fait désormais du National Geographic.

Le coup était prévisible. Le quotidien se "magazinise" progressivement depuis quelques années. Et il n'est pas le seul journal à piquer ce qui était jadis la chasse gardée des magazines. J'ai nommé: les reportages intemporels, le journalisme "human" et l'exaltation du visuel.

Pourquoi les journaux se prennent-ils pour des magazines? Simple. C'est parce que certains médias se prennent pour des journaux. Je m'explique.

Il n'y a pas si longtemps, le rôle d'un quotidien était de rapporter les actualités de la veille. Le compte rendu de la conférence de presse du ministre Machin. L'accident de la route à Saint-Glinglin. Le 5 à 0 pour Boston...

L'arrivée d'Internet - et celle des chaînes d'information continue - a tout changé. Désormais, si quelque chose survient quelque part, le public zappe sur RDI ou clique sur le Web pour en savoir plus. L'info est là. Immédiatement. Et gratuitement.

Le quotidien ne peut pas suivre. Le temps que cela prend pour imprimer et distribuer le canard, et le train de l'actualité est déjà passé. Qui veut lire un journal qui ne ferait que régurgiter les nouvelles après tout le monde? Surtout, pourquoi payer ce journal? Car, en plus d'Internet, de nouveaux quotidiens (Métro et 24 Heures) donnent chaque matin les nouvelles après tout le monde.

Et nous voilà à la question qui donne des cheveux gris aux patrons de journaux. Comment, dans ce nouveau contexte, convaincre les gens d'acheter un journal chaque jour?

Certains pessimistes ont déjà signé l'arrêt de mort des quotidiens payants. N'envoyez pas de fleurs tout de suite par contre. Les journaux ont encore de l'avenir, mais ils devront devenir des magazines.

Puisque les journaux ont perdu la course à l'information instantanée, ils devront compenser en offrant de la profondeur, du recul, du contexte, de l'analyse, mais aussi des dossiers spéciaux sans lien direct avec l'actualité immédiate. Tout comme les magazines.

Puisque s'informer en ligne demeure une activité plutôt froide, les journaux devront compenser avec des textes plus "chauds", au ton moins "voici-ce-que-telle-personne-a-dit-hier-à-telle-place-à-propos-de-ceci". Des textes qui devront raconter les événements plutôt que de les rapporter bêtement. Tout comme les magazines.

Enfin, puisque l'info sur le Web provoque peu de stimulation tactile, les journaux devront miser sur le plaisir de feuilleter et de transporter avec soi un document agréable à l'œil, bourré de photos et de bouchées d'information à grignoter. Tout comme les magazines.

On regarde La Presse, et on voit clairement que c'est cette direction que prend le journal.

Et nous voilà à la question qui donne des cheveux gris aux patrons de magazines. Comment, à l'ère des magajournaux, convaincre les gens d'acheter un magazine chaque mois?

J'ai posé la question à un rédac' chef d'un magazine la semaine dernière. Il a admis ne pas avoir trouvé l'idée du siècle pour réinventer le magazine.

Or, il faudra trouver vite. Depuis 1994, nos magazines perdent en moyenne 1 % de leurs lecteurs chaque année. Certains en perdent beaucoup plus.

Que faudra-t-il pour stopper l'hémorragie?

Selon moi, les magazines devraient investir dans leurs forces. Être des documents de luxe que l'on conserve longtemps, avec des textes fouillés qui font le tour d'un sujet. En somme, les magazines devraient s'inspirer des livres...

Et nous voilà avec un autre problème: quel avenir pour le livre? ooo

TELE /

À RDI, un portrait de celui qui pourrait être le premier Noir à devenir président des États-Unis, Barack Obama (jeudi, 24 janvier, 20 h). À Radio-Canada, une enquête sur la saga épique qui a entouré la construction du CHUM (Enquête, jeudi 24 janvier, 21 h). À Télé-Québec, un documentaire sur le récent engouement des jeunes Afghans pour le body-building (M. Muscle en Afghanistan, lundi 28 janvier, 21 h).


22 janvier 2008, 11:53
L'histoire des choses

Un petit vidéo que propose mon amie Sophie-Anne sur son blogue. The Story of Stuff.

 


20 janvier 2008, 4:10
La fin du monde est dans 3600 secondes

Avez-vous regardé 3600 secondes d’extase, hier à Radio-Canada?

Intéressant de retrouver Marc Labrèche dans ce qu’il fait de mieux.

Bien sûr, difficile de ne pas voir avec cette émission une tentative de répéter La fin du monde est à sept heures. Marc Labrèche en chef d’antenne impayable. Paul Houde et ses chroniques. L’imitation de Jean-Luc Mongrain. Bruno Blanchet. Les textes délirants de Marc Brunet. Toute une cargaison de personnages débiles (une mouche qui complimente Daniel Bélanger, une goutte d’eau qui raconte sa carrière sur les joues des célébrités, un vieillard anglophone qui conduit).

Seul bémol: l’idée de tourner l’émission dans le salon d’une famille. Je comprends l’idée. Un public, ça met de l’ambiance. Mais dans ce cas-ci, le public fait partie du mobilier et n’apporte rien d’intéressant.

Tant qu’à refaire La fin du monde, allons-y à fond avec un public composé d’une équipe technique qui ne peut s’empêcher un éclat de rire devant les niaiseries de Labrèche.
 


18 janvier 2008, 11:57
Retour vers le futur

L'homme de demain... en 1939!Je m’intéresse à la paléofuturologie, ou la rétrofuturologie. L’étude des prédictions futuristes du passé, en somme.

Je trouve drôlement intéressant de voir comment les penseurs d’hier envisageaient le monde d’aujourd’hui. Le plus souvent, leurs « visions » sont loin de la réalité, mais en disent long sur les peurs et les idéaux de leur époque.

Bref, voici un site fascinant consacré au paléofutur. On clique sur une décennie, et on aboutit sur toutes sortes de prédictions parfois loufoques, parfois fort justes.

Tenez, voici d’ailleurs comment le magazine Vogue voyait l’homme du XXIe siècle en 1939. « L’homme du XXIe siècle se révoltera contre le rasage et portera une belle barbe. Son chapeau sera une antenne capable de capter les ondes radio. Ses bas seront jetables… »

Lire aussi :

MISE À JOUR - 13h07

Le collègue Nicolas Dickner m'écrit pour m'informer que la prédiction du "chapeau-antenne radio" n'est pas si loin de la réalité après tout...


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17 janvier 2008, 11:32
Il pète sa coche

Quand Gérard Deltel, de TQS, fait une montée de lait contre Radio-Canada...

 
 

 


16 janvier 2008, 5:27
Qui a tiré sur TQS?
Retournons 25 ans en arrière. À une époque où la télé québécoise en français ne comptait que trois chaînes: Radio-Canada, Radio-Québec et TVA.

Une époque où tout allait pour le mieux dans le meilleur des ondes. Enfin... presque.

Car, voyez-vous, plusieurs télévores ne trouvaient pas à l'antenne de nos trois stations de quoi satisfaire leur appétit. Certains trouvaient l'herbe plus verte du côté des réseaux anglophones, considérés alors comme une "quatrième chaîne où les francophones vont chercher ce qu'ils ne trouvent pas ou trop peu aux chaînes francophones".

L'insatisfaction était même chiffrée. Un sondage CROP mené en 1983 montrait que 62 % des téléspectateurs francophones désiraient un deuxième réseau privé de télévision en français.

Entendant les suppliques de la plèbe, le ministre fédéral des Communications, Francis Fox, chargea une firme d'experts, CÉGIR, d'évaluer "l'opportunité et la viabilité d'un deuxième réseau privé francophone".

En février 1984, CÉGIR accoucha d'un épais rapport. Celui-ci décrivait le style de programmation que devrait mettre en ondes ce nouveau réseau pour être viable, novateur, complémentaire et susceptible de ramener au bercail les brebis égarées vers les chaînes anglophones.

Ainsi, ce réseau devrait être jeune, faire place à la relève et viser un public âgé de 29 à 39 ans. Il devrait aussi diffuser des productions populaires étrangères, principalement américaines, en plus de produire des émissions d'information "divertissantes". Ce réseau devrait en outre être urbain et centré sur Montréal. Un peu à l'image de Citytv, une chaîne torontoise reconnue pour ses approches audacieuses en matière d'information (par exemple, l'utilisation de caméra reporters).

C'est donc sur la base de ce rapport que le ministre Fox, en avril 1984, invita le secteur privé à présenter au CRTC des demandes de licence pour un deuxième réseau privé francophone.

En 1985, Jean Pouliot, patron de la station CFCF, obtint cette licence. Et le 7 septembre 1986, Télévision Quatre Saisons entrait en ondes.

La station semblait avoir scrupuleusement suivi les recommandations du CÉGIR. En effet, on y diffusait plusieurs émissions états-uniennes dans la langue d'Yves Corbeil. La relève y avait aussi une belle place. Les samedis soirs appartenaient à cinq méchants garçons à l'humour corrosif: Rock et Belles Oreilles. Du côté de l'information, on "innovait" en repiquant l'idée des caméra reporters à Citytv, et on "divertissait" avec la météo loufoque présentée par Dany Laferrière...

Oui, Télévision Quatre Saisons semblait propre à rapatrier les téléspectateurs ayant déserté la télé francophone.

Malheureusement, le paysage télévisuel était alors en pleine mutation.

Ainsi, à peine TQS commençait-elle à ne pas faire de profits que le CRTC voyait une nouvelle menace poindre à l'horizon. L'explosion des chaînes spécialisées anglophones faisait à nouveau craindre l'exode des auditoires.

En guise de riposte, le CRTC consentit donc à ouvrir toute grande la porte à ce créneau d'avenir: les chaînes spécialisées.

Les licences plurent: MusiquePlus, Canal Famille, RDS, RDI, Canal D, Canal Vie et compagnie. Offertes par abonnement, ces spécialistes jouissaient en outre d'une source de revenus supplémentaire: des redevances perçues à même la facture des abonnés au câble ou à la télé satellite.

En laissant fleurir les "spécialisées", le CRTC a bien freiné l'exode. Il a cependant dilué les auditoires, affaiblissant du même coup les revenus des grands réseaux. Et en refusant toujours d'accorder aux généralistes le droit de percevoir une partie des redevances d'abonnement, le CRTC n'améliore pas les choses.

Conséquence: ce sera le plus faible qui en souffrira le premier. TQS.

Le drame du Mouton noir, c'est d'être arrivé au mauvais moment. C'est d'avoir voulu être une nouvelle chaîne généraliste "dynamique" au moment même où le dynamisme en matière de télévision passait par les chaînes spécialisées.

La crise que traverse aujourd'hui TQS était donc prévisible.

On saura cette semaine si le juge de la Cour supérieure prolongera la période de protection sous laquelle s'est placée la chaîne en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Dans le cas contraire, le réseau criblé de dettes pourrait déclarer faillite, ce qui réduirait au chômage quelque 600 travailleurs. Le Mouton noir innoverait alors une dernière fois en devenant le premier grand réseau québécois à fermer ses portes.

Or, si TQS meurt, ce ne sera pas une balle de Radio-Canada que l'on trouvera près de son cœur, comme l'a faussement déclaré la ministre Christine Saint-Pierre la semaine dernière.

Ce sera une balle du CRTC.

MISE À JOUR - 21h04

Bon, évidemment, pour satisfaire les tombées d'un hebdomadaire comme Voir, j'ai livré cette chronique lundi dernier. À une époque où l'annonce de la prolongation de la protection dont jouit TQS n'était pas encore connue. Alors pardonnez le côté rétro de cette chronique, c'est l'actualité qui va trop vite!

Ceci dit, j'ai calculé mon affaire. Il ne faudrait pas grand-chose à TQS pour sortir du trou.

Et la solution pourrait même venir de l'intérieur. En fait si les 600 et quelque employés de TQS décidaient de mettre dans un "pot" environ 100 000$ chacun, ils pourraient en un claquement de doigts renflouer la dette de 69 millions $ du réseau. Après, il ne resterait plus qu'à investir pour relancer la chaîne!

"Piece of cake!" comme dirait les Français!

 
MISE À JOUR - 19 JANVIER

Sur P45, Xavier K. Richard m'inclut parmi les 12 acquéreurs potentiels de TQS. Avant que les rumeurs partent, je tiens à démentir toute rumeur voulant que j'achète le Mouton noir!

 

 



 


16 janvier 2008, 10:34
TQS: Qu'est-ce qu'un scoop?

Surprise hier. À la une de La Presse, on annonce que Radio-Nord et Rogers seraient sur le point d'acheter TQS.

Wow! Grosse nouvelle. Je lis l'article et je débande au troisième paragraphe:

Rogers n'a pas voulu commenter les rumeurs d'acquisition. De son côté, Radio-Nord niait formellement son intention d'acheter TQS. "Je n'ai jamais entendu parler de ça", a dit Raynald Brière, président et chef de l'exploitation de Radio-Nord à La Presse. 
Et le paragraphe d'ensuite:
 Hier en fin d'après-midi, TQS n'avait pas reçu d'offre d'achat formelle [...] 

Nous sommes donc en présence ici d'une nouvelle non-confirmée -et même formellement niée- par les deux principaux acteurs de la nouvelle. S'agit-il d'un scoop? Euh...

Actuellement, c'est la course.

Ce sera à qui annoncera le premier le sort de TQS. Mais la quête de l'exclusivité ne devrait pas non plus faire place à des ballounes. Le "scoop" d'hier de La Presse n'était rien d'autre que de la spéculation. Un article qui ne valait certainement pas un bandeau en une et un article en page A4. Tout au plus un entrefilet dans la rubrique: "Paraîtrait que peut-être que..."

Faire autrement, c'est mal informer. C'est exciter l'opinion publique.

Enfin, c'est aujourd'hui, alors que TQS passe en cour pour demander un prolongement de 30 jours de la protection accordée le 18 décembre dernier, que l'on en saura plus.

Et on pourra parler de l'avenir du Mouton noir en laissant tomber le conditionnel. Enfin...

MISE À JOUR, 12h05, un communiqué:

TQS obtient un délai supplémentaire
 MONTREAL, le 16 janv. /CNW Telbec/ - En vertu de la Loi sur les
arrangements avec les créanciers des compagnies, le Juge Pierre Journet s'est
rendu aux arguments de TQS inc. ("TQS") et de RSM Richter inc., contrôleur au
dossier, pour prolonger d'une durée de 45 jours, se terminant le 29 février,
l'ordonnance émise le 18 décembre dernier.
Le délai supplémentaire accordé permet à TQS inc. et RSM Richter inc. la
poursuite de leur travail pour élaborer un plan d'arrangement avec les
créanciers et pour trouver un acquéreur pour les actifs de TQS.
Lire la suite... 

 


15 janvier 2008, 9:42
Plante Story

Une très très courte fiction que j'ai pondu l'autre fois...

Plante Story

« Tu regardes quoi? », demanda Julie au tubercule de sofa qui lui servait de conjoint. « C’t’une plante », clapota Pierre en pointant la télé. À l’écran, une plante verte, en tout point conforme à la moyenne des plantes vertes. « C’t’une téléréalité, poursuivit-il. Ils ont choisi cette plante parmi des milliers de plantes. Ils la filment 24h sur 24 et, chaque jour pendant une demi-heure, ils nous montrent les meilleurs moments. Tantôt, quelqu’un est venu l’arroser... »

Malgré le point d’interrogation qui lui bourgeonnait dans les replis du front, Julie alla se bouturer à Pierre. Le couple, enraciné dans le fossé du sofa, regarda le végétal s’épanouir. Une brise vint caresser ses feuilles. Une mouche passa. « Tantôt, ils ont dit qu’il allait se passer quelque chose d’inattendu », souffla Pierre en butinant l’oreille de Julie. Une voix vint enfin rompre le silence botanique de l’émission. « Chers téléspectateurs, le destin de la plante est désormais entre VOS mains. » Un sécateur apparut. « Pour couper la plante, composez le 1 900 PLANTE1. Pour la sauver, composez le 1 900 PLANTE2. 1 $ par appel. » Pierre attrapa le combiné du téléphone. « Tu fais quoi? », lança Julie. « Je coupe », répondit Pierre. « Quoi? Tu vas payer un dollar pour tuer une plante que tu ne connais même pas? », pesta Julie. Elle lui arracha le combiné des mains et appela à son tour. Pour soustraire la vivace à une mort injuste.

Ce soir-là, des millions de télévores firent comme Pierre et Julie.

Pendant ce temps, au dernier étage d’une tour à bureaux, un magnat des médias, seul, un sourire cynique pendu au coin de la bouche, noyait son regard dans les lueurs nocturnes de la ville. « Une plante... Ils ont finalement payé pour une plante. Quelle bande de concombres! »

 


10 janvier 2008, 3:41
Télé-Québec et TQS, la fusion

L’homme d’affaires Adrien Pouliot, dont la famille a été propriétaire de TQS pendant 10 ans, croit qu’une solution pour sortir le Mouton noir de la crise serait de fusionner TQS et Télé-Québec. Ou plutôt, « fermer Télé-Québec et tout ramener à TQS ». Extrait d’un article du Journal de Montréal :

La « fusion » des deux télés ferait économiser la moitié [des subventions de 70 millions $ que le gouvernement verserait annuellement à Télé-Québec], calcule-t-il. « C'est simple, Québec pourrait verser environ 30 M$ à la nouvelle télé (TQS) et la mission de télé éducative de Télé-Québec serait préservée. »

« TQS pourrait diffuser des émissions éducatives de 9 heures à 15 heures, et la programmation plus commerciale débuterait à 15 heures jusqu'après minuit. Tout le monde y trouverait son compte », dit-il.


Ce serait brillant. On commencerait la journée avec Toupie et Binou et Dora l’Exploratrice, pour la terminer avec 110% et Sexy Cam.

Bonjour la cohérence.


Ce croisement improbable, ce mariage arrangé fonctionnerait combien de temps, selon vous ?

Je suis d’accord pour dire que Télé-Québec a connu de meilleures années. Moi non plus je ne vois pas un grand avenir pour cette chaîne. À mon avis, cette antenne ne survivra pas longtemps sur la planète Internet et continuera son long déclin.

Mais fusionner TQS et Télé-Québec n’est pas une solution à long terme. C’est un arrangement ridicule.

En revanche, fermer Télé-Québec, cesser les dépenses inutiles en locaux et en immobilisations, ce ne serait pas une idée si farfelue. Le gouvernement du Québec pourrait se contenter d’investir ses millions dans des émissions éducatives et culturelles. À la limite, il pourrait même les produire et les diffuser sur les ondes des réseaux déjà en place. Un peu comme le ministère de l’Éducation le faisait à l’époque avec Passe-Partout, une émission qui a obtenu un petit peu de succès quand même.

Télé-Québec a un problème d’antenne. Le public a déserté le réseau. Il ne reviendra pas. C’est dommage pour les excellentes émissions qui sont diffusées là-bas.

Imaginez si ces émissions se retrouvaient à d’autres chaînes. À la di Stasio attirerait deux fois plus de téléspectateurs à Radio-Canada. Bazzo.tv, aussi à Radio-Canada, ferait certainement mieux en fin de soirée que cet ersatz de 110% (La zone). Les Francs-tireurs auraient peut-être plus de mordant à TQS…

Je vous le dis, ça vaut le coup d’y penser…

Mais fusionner TQS et Télé-Québec? Ça, pensez-y même pas...
10 janvier 2008, 1:58
C'est quoi le pire?

Un court vidéo qui devrait convaincre les sceptiques qui croient encore que la lutte pour s’adapter aux changements climatiques est futile… Un type nous brosse le tableau des possibilités qui s’offrent à nous.

Qu’arriverait-t-il si nous luttions contre les changements climatiques, mais que la théorie des changements climatiques s’avérait fausse? En revanche, qu’arriverait-t-il si nous croisions les bras et que cette théorie s’avérait vraie? Démonstration.

En anglais, désolé. Voir ici.

Merci à Mike pour la piste...
 


9 janvier 2008, 6:18
27,6 heures en hiver
Permettez-moi de recycler un exercice que j'avais fait cet automne. Selon le CRTC, les Canadiens regardent 27,6 heures de télévision par semaine. Voici donc de quoi combler cette journée et des poussières de télé hebdomadaire. Rien de pourri, que le dessus du panier.

Consacrons d'abord sept heures aux bulletins de nouvelles. Je vous laisse le choix du réseau. Mais pendant qu'on y est, puisque nos bulletins ont tendance à s'intéresser à ce qui se passe ici plutôt que là, l'esprit ouvert ajoutera à son bol d'informations quotidiennes Le Journal de TV5, qui fait le tour du monde en 30 minutes (tous les soirs, 23 h).

Côté fictions, il faut voir Les Lavigueur. C'est un milliard de fois meilleur que Les Lavigueur déménagent, navet néerlandais qui n'a d'ailleurs pas le moindre début de rapport avec les vrais Lavigueur. J'ai versé une larme en voyant le premier épisode de cette série mettant en vedette Pierre Verville. Le deuxième épisode nous montre comment la tristement célèbre famille de la rue Logan s'est retrouvée avec ce fameux billet de 6/49. Celui qui ne change pas le monde, sauf que... (SRC, le mardi, 21 h).

Je suggère aussi Life on Mars, une série de la BBC - moult fois primée - dont Télé-Québec a acquis les droits de diffusion. C'est l'histoire d'un détective qui, après un accident de voiture, est catapulté dans le passé, dans les années 70. Choc culturel: le type aura l'impression d'avoir atterri sur Mars (Télé-Québec, le mercredi, 21 h).

Du côté des comédies, balade en première classe sur le siège arrière de Rogatien, alias Patrick Huard, qui nous emmène pour une deuxième saison de Taxi-022 (TVA, dès le jeudi 31 janvier, 21 h). Retour attendu aussi de Tout sur moi, une comédie signée Stéphane Bourguignon portant sur les fausses-vraies vies superficielles de Macha Limonchik et ses amis. Un bémol: les épisodes montrés aux journalistes m'ont moins fait rire que ceux de la première saison (SRC, le lundi, 21 h 30). Enfin, j'ai hâte de voir ce que Marc Labrèche fera avec ses 3600 secondes d'extase, une "version revue, corrigée et augmentée de l'actualité de la semaine" qui ressemble à une réincarnation de La fin du monde est à sept heures (SRC, dès le samedi 19 janvier, 19 h).

Deux séries documentaires ont retenu mon attention. Navigateurs, produit de la BBC, reconstitue avec fidélité les voyages de ceux qui ont bravé tous les périls pour repousser les frontières du monde connu (Historia, le mercredi, 20 h). Aussi, Maudits fous! brosse en trois épisodes d'une heure l'histoire de la folie au Québec (Historia, le jeudi, 20 h).

Complétons cette grille parfaite avec quelques pantoufles toujours aussi douillettes:

-Tout le monde en parle, la messe dominicale qui fait de moins en moins dans le freak show, entre en ondes un peu plus tard cet hiver (SRC, dès le dimanche 3 février, 20 h).

-Les Francs-tireurs. Martineau suit des squatteurs et rencontre un rabbin de Québec. Lagacé retrouve le maire d'Huntingdon, Stéphane Gendron, l'homme qui se commettait sur toutes les tribunes il n'y a pas si longtemps (Télé-Québec, le mercredi, 20 h).

-Je prescris toujours Infoman, qui n'en rate pas une depuis huit ans (SRC, le jeudi, 19 h 30).

-Bazzo.tv. Lentement, mais sûrement, cette quotidienne s'incruste dans le paysage télévisuel. Un (petit) public dont je fais partie commence à s'y attacher (Télé-Québec, du lundi au jeudi, 22 h).

-Méchant contraste!, une émission de culture et de société tout sauf montréalocentriste - ça fait du bien - animée par Matthieu Dugal (Télé-Québec, le lundi, 19 h). À venir: un reportage sur les écolos des villes et les écolos des champs.

-C'est juste de la TV. Curieusement, depuis le départ de Lise Payette (qui trouvait le contenu trop "pipole"), l'émission de télévision qui parle de télévision a invité bien peu de "veudettes" sur son plateau. Bonne idée. Monique Simard, qui a remplacé Mme Payette, complète l'équipe à merveille (ARTV, dès le vendredi 18 janvier, 21 h).

-Enquête. L'émission qui a révélé cet automne le dopage de Geneviève Jeanson nous procure toujours d'excellents moments de télé utile. Pour lancer la saison, un reportage sur des enfants accros de la télé et des jeux vidéo qui tentent de décrocher pendant 10 jours... (SRC, le jeudi, 21 h).

Voilà. En suivant ce costaud programme télévisuel à la minute près, vous remplirez votre devoir de bon sédentaire en réchauffant votre La-Z-Boy pendant 26,5 heures chaque semaine. Et si quelqu'un vous traite de patate de sofa, consolez-vous: vous êtes encore 1,1 heure en deçà de la moyenne nationale...


9 janvier 2008, 2:20
Internet a gagné

La firme VDL2 publie chaque année ses très sérieuses "tendances d'Internet". Un extrait de la mise à jour de cette année:

« Ce que beaucoup craignaient ou annonçaient depuis 10 ans est une réalité aujourd'hui. Internet a gagné, les médias ne seront plus jamais les mêmes, explique Philippe Le Roux, président de l'agence Internet. Quatre des six tendances 2006-2010 que nous surveillons se sont déjà partiellement ou totalement réalisées. Ce sont celles qui touchent directement ou indirectement au monde des médias. »

En 2007, les revenus publicitaires des quotidiens ont diminué de 8,7% aux Etats-Unis. Les grandes chaînes de la télévision sont tiraillées entre le désir de protéger leurs canaux de distribution habituels et la nécessité de suivre leur audience qui passe de plus en plus de temps sur Internet. Cette année, aux Etats-Unis, les recettes publicitaires de la télévision et de la radio ont diminué de près de 2%. Au Québec, Facebook attire plus d'internautes que Radio-Canada et Blogger en rejoint plus que Cyberpresse et Le Devoir réunis.

Du coté d'Internet, les recettes publicitaires continuent de croître à un taux de 15 à 30% suivant les marchés. En Grande Bretagne, elles devraient dépasser celles de la télévision dès l'année prochaine. Les grands groupes de publicité se réorganisent mondialement autour d'agences interactives et les acquisitions se multiplient. L'acquisition récente de 2B interactive par Ogilvy Montréal montre que les agences de publicité québécoises sont aussi concernées.

 


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8 janvier 2008, 11:20
Danse à 10$ et propreté

Pour une pub de gel anti-bactérien, j'avoue que le flash est brillant.

 Trouvé sur AMPQ.
 


7 janvier 2008, 7:00
Le JdeM perd un soldat

Le Journal de Montréal vient de perdre un autre talent.

Après Michel C. Auger (parti pour Le Soleil, maintenant à Radio-Canada), Patrick Lagacé (parti pour La Presse), Lise Payette (qui ne signe plus sa chronique depuis le lock-out au Journal de Québec), voici que Brigitte McCann vient de quitter le quotidien de la rue Frontenac. Elle sera désormais au magazine La Semaine.

C’est tout de même un gros nom qui part. Brigitte McCann, c’est l’enquête sur le mouvement raëlien qui lui avait valu un prix Judith-Jasmin en 2004. C’est aussi l’enquête sur les prédateurs sexuels sur Internet où elle et deux collègues avaient coincé et confronté des pédophiles dans un appartement. Ces reportages lui avaient valu une invitation à Tout le monde en parle l'automne dernier.

Brigitte McCann a aussi couvert le beat télévision. À mon avis –et de l’avis de plusieurs autres collègues- son jupon « Quebecor » dépassait un peu trop souvent dans ses articles. Mais bon, c’est du passé maintenant.

"Bonne semaine!", Brigitte!


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