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Médias
Un blogue sur les coulisses de la télé, sur les dessous de la presse écrite, sur l'envers d'Internet, sur les arcanes de la radio. Bref, un blogue sur les médias. Signé Steve Proulx.
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Le Québec à la une
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Mardi dernier, TVA diffusait le premier volet du documentaire (en trois parties) Le Québec à la une.
Paul Houde anime cette œuvre qui retrace plus de 40 ans d’histoire québécoise, telle que vue à travers les unes du Journal de Montréal.
Comme le dit le communiqué qui accompagnait le documentaire: l’histoire du Journal de Montréal, au fond, c’est notre histoire...
Et voilà le prétexte idéal pour vous parler des unes du Journal de Montréal. D’étonnantes compositions qui ajoutent, chaque matin, une pincée de baroque à nos «deux œufs, bacon».
On dit que les journaux fabriquent les conversations du peuple. Et c’est plus vrai que jamais lorsqu’il s’agit Journal de Montréal.
Il y a ces assemblées de cantines où l’on discute de ce qui saigne, de ce qui scandalise, de ce qui score dans les pages du journal de la rue Frontenac. Et puis, selon Influence communication, lorsqu’un média électronique cite un quotidien, dans 27 % des cas, il cite le Journal de Montréal.
C’est grâce au JdeM si l’on parle des 132 km/h de la limousine de la ministre des Transports, des toilettes du Bateau-Mouche qui sont déversées dans le fleuve ou de Latendresse qui fait le 1er trio.
Tous des sujets qu’on a jugés dignes de faire la une du plus grand quotidien montréalais.
Un certain nombre de principes dictent les unes du JdeM. Le sujet doit d’abord être populaire, axé sur les préoccupations des «gens ordinaires». Personne ne s’en cache, pas même le directeur de l’information du quotidien, George Kalogerakis. Le week-end dernier, au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, celui-ci s’exprimait en ces termes: «On veut être les chiens de garde du citoyen, du payeur de taxes qui se demande où va son argent.» Le JdeM est un journal de proximité. «Une dizaine de fronts par année viennent de l’appel d’un lecteur», de poursuivre M. Kalogerakis.
En somme, il en faudra des morts pour qu’un sujet à saveur internationale atterrisse à la une du Journal.
La une du Journal de Montréal doit aussi être sensationnelle. Et parfois même, sensationnaliste. Une qualité, d’ailleurs, relevée à plus d’une reprise. Par le Conseil de presse, par exemple, qui a jugé que le titre «59 % des Québécois se disent racistes», publié en une le 15 janvier dernier, était tout à fait «sensationnaliste».
C’est cette soif du sensationnel qui justifie l’usage fréquent, en une, de termes tels que «scandale», «drame», «panique», «horreur», «crise». Au plan typographique, on aura aussi recours aux majuscules afin d’insister sur certains mots-clés. PÉDOPHILE. Un MANIAQUE. Il TUE et se SUICIDE. Les «enquêtes» du Journal, de plus en plus fréquentes, doivent aussi être sensationnelles, susciter la colère, la peur ou l’indignation populaire.
Remarquez, les unes du Journal sont sensationnelles pour une bonne raison. C’est que le Journal de Montréal vend la moitié de ses exemplaires en kiosque. C’est un détail important. La une doit pousser le citoyen à investir 0,66 $ plus taxes dans cette publication. À côté, La Presse n’a pas la même obsession pour les unes accrocheuses, puisque 80 % des exemplaires vendus sont livrés aux abonnés.
Chaque jour, le JdeM hisse donc en une le sujet qui lui paraîtra le plus «vendeur», le plus spectaculaire, le plus populaire. Par conséquent, le quotidien de l’empire Quebecor voit le monde à travers un prisme déformant.
«L’histoire du Journal de Montréal, au fond, c’est notre histoire», dit-on. Permettez-moi d’y ajouter un bémol.
Dans 1000 ans, si des archéologues déterrent de vieilles éditions du Journal de Montréal et tentent de lire le Québec à travers celles-ci, ils risquent d’en tirer d’étranges conclusions.
Ils risquent de conclure que le Québec était une province centrée sur elle-même, fourmillante de politiciens corrompus et de criminels ignobles. Ils imagineront une province dangereuse, qui ne trouve le réconfort que dans les succès de Céline Dion et les victoires du Canadien...
Le Québec à la une, à TVA. Deuxième partie le mardi 4 décembre, 21 h.
Télé /
L’industrie forestière file un mauvais coton depuis 2005. Le tiers des 360 usines de transformation de bois et de sciage sont fermées. Un documentaire a suivi le quotidien des camionneurs forestiers. Des gens pour qui chaque kilomètre les rapproche de la fin d’une époque. 50 tonnes d’épinettes, à Canal D, le dimanche 2 décembre, 21 h.
Quand les Casques bleus violent des jeunes filles en République démocratique du Congo. Un documentaire percutant raconte. Les déshonneurs des Casques bleus, à Radio-Canada, le samedi 1er décembre, 22 h 30.
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Les ennemis de Martineau
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Le père de Stéphane Dion, le regretté Léon Dion, conseillait à son fils de ne jamais signer de pétition. Car on ne sait jamais comment elle peut être utilisée...
Ceci étant dit, voici quelques personnalités publiques ou médiatiques qui se sont inscrites au groupe Facebook intitulé: "Martineau, quand est-ce que tu prends ta r'traite?"
- Dominique Jacques, réalisateur de Loft Story
- Kevin Laforest, critique cinéma au Voir
- François Lemay, journaliste culturel à la radio de Radio-Canada
- Eric Martin, ex-responsable des relations avec les médias de Québec solidaire
- Mathieu Grondin, réalisateur
- Catherine Trudeau, comédienne
- Sabin Desmeules, journaliste au 7 Jours
- Nicolas Ritoux, journaliste indépendant (La Presse)
- Brigitte Poupart, comédienne (Les Zapartistes)
- Michel Vézina, éditeur et chroniqueur au ICI et à la radio de Radio-Canada
- Stanley Péan, président de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)
- Denis Côté, réalisateur du film Les États nordiques
- Sophie Fréchette, candidate bloquiste aux dernières élections fédérales dans Westmount-Ville-Marie
En passant, c'est comique, mais j'ai relevé une petite incongruité dans la chronique de Richard ce matin. Trouvez l'erreur:
Vous savez, ces films en noir et blanc qui nous montraient des vieux messieurs avec un coupe-vent gris et une casquette brune [...]
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Devenez une vedette
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Un petit message de la gang du magazine Urbania...
FAITES LA COUVERTURE D’URBANIA ET DEVENEZ UNE VEDETTE!
En vue de sa prochaine édition sur la Célébrité, le magazine Urbania lance officiellement le concours Magazine Idol : Faites la couverture d’Urbania et devenez une vedette.
Les personnes qui rêvent de faire la couverture d'un magazine doivent faire parvenir un courriel dans lequel ils répondent à la question suivante : «Pourquoi méritez-vous d’être une star?»
Urbania contactera les meilleurs candidats pour une séance d’audition. Le grand gagnant ou la grande gagnante se méritera une séance de photos «glamour», en plus de faire la une de la prochaine édition du magazine, qui sera publiée le 21 décembre prochain.
Les candidats sont priés d’envoyer leur candidature à l’adresse suivante : star@urbania.ca
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On n'en fera pas une histoire nationale
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Selon le Top 5 de l'actualité (les nouvelles les plus "lourdes" de la semaine dernière selon Influence communication), les regrets de Brian Mulroney pour avoir accepté la valise pleine d'argent de Karlheinz Schreiber arrive en 3e place.
Or, mystérieusement, alors que le Journal de Montréal et le Journal de Québec contribuent généralement à environ 30% de la couverture écrite à propos d'un sujet, cette fois "l'apport des deux quotidiens s'est limité à seulement 10%" selon Influence.
En d'autres mots, le Journal de Montréal et le Journal de Québec ont parlé du bout des lèvres de cette histoire.
Je ne veux pas échafauder de grandes théories du complot, mais relevons toutefois quelques faits...
-Qui a porté les regrets de Brian Mulroney dans les médias? Luc Lavoie.
-Qui est aussi le vice-président exécutif, Affaires corporatives chez Quebecor Inc.? Luc Lavoie.
-Qui est le président du conseil d'administration de Quebecor World Inc.? Brian Mulroney.
-Qui est Quebecor Inc.? Le propriétaire du Journal de Montréal.
J'imagine qu'il s'agit d'un hasard complet que les tourments actuels de M. Mulroney soient si peu couverts par le Journal de Montréal et le Journal de Québec. On n'en fera pas une histoire nationale, après tout...
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Derrière les murs du Château Frontenac
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Beaucoup de chiens de garde de la démocratie en week-end au Château Frontenac, pour le congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). 700 inscriptions. Des panels où ça jasait fort. Beaucoup de belles rencontres.
Choses entendues au congrès...
"Nos manchettes annoncent trop souvent la fin du monde. La fin du monde n'est probablement pas pour demain." -Alain Saulnier, directeur général de l'information, Radio-Canada
"Je ne suis pas obsédé par la lecture des autres journaux." Philippe Cantin, éditeur adjoint, La Presse
"Moi, je les lis les autres journaux. Et le lendemain, on va essayer de les battre sur leurs propres sujets." -George Kalogerakis, directeur de l'information, Journal de Montréal
"[À propos de Cédrika] on a gratté peut-être un peu trop le bobo..." -Alain Saulnier, directeur général de l'information, Radio-Canada
"La couverture ne se nourrit pas assez des intérêts et des goûts de la population en général." -Johanne Marcotte, réalisatrice de L'illusion tranquille
"[Les journalistes] ont tendance à dire que le peuple est "sage", que le peuple a raison. Vous parlez alors comme les politiciens. Le peuple ne constitue pas une source de légitimité absolue." -Anne-Marie Gingras, professeur, Sciences politiques, Université Laval
"Les économistes de gauche ou de droite, ça n'existe pas." -Johanne Marcotte, réalisatrice de L'illusion tranquille
"Les journalistes doivent avoir quatre grandes qualités. Ils doivent être méfiants, inquiets, angoissés et paranoïaques." -Alain Gravel, président sortant de la FPJQ
"Il faut que les entreprises de presse donnent [aux journalistes] le temps de réfléchir." -Alain Gravel, président sortant de la FPJQ
"Je suis passé de vieille journaliste à jeune politicienne." -Christine Saint-Pierre, ex-journaliste devenue ministre de la Culture et des communications
Pourquoi la langue de bois? "Les journalistes ne donnent pas aux politiciens le droit à l'erreur. Alors pour limiter la possibilité d'erreur, parfois on se limite à un certain carré de sable." -Bernard Drainville, ex-journaliste devenu député péquiste
"La télévision est un art partagé par tout le monde." -Louise Cousineau, chroniqueuse, La Presse
"La télévision est un média qui a aidé à l'accélération de la Révolution tranquille." -Louise Cousineau, chroniqueuse, La Presse
"La couverture de la télévision a fini par créer des "critiques du vide". Des journalistes parlent de choses qui ne les intéressent pas, mais parce qu'un grand nombre de gens les regardent, on se sent obligé d'en parler." -Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles, Le Devoir
"La multiplication des "ondes publiques" n'a pas créé une diversification des points de vue." -Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles, Le Devoir
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Règles du journalisme moderne
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Comique. Huit règles du journalisme moderne telles qu'édictées par Michael Rosenberg, du Detroit Free Press. J'en ai traduit cinq qui peuvent très bien s'appliquer au journalisme d'ici (malheureusement)...
1. Ayez le sens de l'équilibre. Peu importe ce que n'importe qui dit, trouvez quelqu'un qui dit le contraire. Si un scientifique prétend avoir trouvé un remède pour le cancer, trouvez-en un qui prétend que le cancer n'existe pas.
2. Lorsque vous avez à décider quelle tragédie nécessite la plus importante couverture médiatique, utilisez une équation simple: 10 000 étrangers = une jolie poulette Américaine.
3. Si le président des États-Unis est accusé d'avoir violé une loi le même jour qu'un pays africain entre en guerre civile et qu'un rapport sur la morosité de l'économie est publié, et que vous avez à décider quelle sera l'actualité du jour, posez-vous la question: l'équipe sportive locale vient-elle de remporter un match?
4. Lorsque vous apparaissez à la télévision, insinuez que tous les journalistes de la presse écrite sont biaisés. Lorsque vous écrivez pour un journal, insinuez que les gens de la télé sont des paires de seins sans crédibilité. Lorsque vous êtes au bar, plaignez-vous du fait que plus personne ne fait confiance aux journalistes.
5. Gardez à portée de main les numéros de téléphone des personnes suivantes: un curé fou furieux qui croit que Dieu aime tous les enfants sauf ceux qui ratent la messe une fois de temps en temps; un maniaque des armes à feu qui garde des semi-automatiques dans l'armoire de bébé; un militant anti-armes qui pense qu'il devrait y avoir une période de 10 jours d'attente avant de pouvoir acheter des couteaux à steak; un politicien légendaire qui n'a pas été sobre après midi depuis 1991; un porte-parole autoproclamé des groupes minoritaires suivants: Afro-américains, Asiatiques, Latinos, Indo-américains, homosexuels, transsexuels, obèses, maigres, personnes sans attributs physiques particuliers, fétichistes des pieds. [J'ajouterais à cette liste: un psychiatre bizarre qui pense que les Noirs sont moins intelligents que les Blancs et que tous les problèmes du monde sont causés par les femmes castratrices]. Ouf.
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Le droit à la dignité
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«Il revient à chacun de privilégier le droit à la dignité plutôt que le droit d'être le plus fort.» – Jacques Attali, écrivain français
Le film débute dans une voiture. C’est la nuit noire. Une dame d’origine mexicaine se rend à une réunion de travailleurs agricoles. Tous des Latinos. Pendant quelques heures, elle ira entendre leurs histoires.
Certains travaillent plus de 75 heures par semaine dans les champs. Beau temps, mauvais temps. Et les heures supplémentaires ne sont pas payées plus cher. D’autres déplorent des congédiements arbitraires, l’interdiction formelle de parler en travaillant, ou s’inquiètent de leur sécurité au travail.
Plusieurs sont logés dans des conditions navrantes, à même la ferme. Des histoires pénibles. La dame ira aussi dire à ces travailleurs qu’ils ont des droits. Le droit de se syndiquer, mais surtout, le droit à la dignité.
Le lieu de la rencontre nocturne est clandestin. Si le patron de la ferme venait à apprendre que ses travailleurs se réunissent pour discuter de leurs conditions, il pourrait les renvoyer sur-le-champ. Dans le sens d’immédiatement. Sans hésiter.
On se croirait sous un quelconque régime autoritaire, dans un sous-sol de Cuba ou je ne sais trop. Et pourtant...
Nous sommes à Napierville, à 30 minutes de Montréal, dans les années 2000.
Cette dame venue promouvoir le droit à la dignité de ces travailleurs mexicains, c’est Patricia Pérez. En 2003, en entendant les histoires d’horreur des travailleurs migrants employés dans les fermes québécoises, elle a décidé d’en faire sa cause.
Chaque été, ils sont près de 4000 Mexicanos à débarquer au Québec. Pour eux, cueillir des céleris dans une ferme maraîchère bien de chez nous est une façon de subvenir aux besoins de leurs familles.
Ils sont bien rémunérés par rapport aux salaires en vigueur dans leur pays, mais ils sont toujours payés deux dollars de moins de l’heure que leurs homologues québécois.
Le concept du «Eux» et du «Nous» prend une forme très concrète dans les champs du Québec.
Ne cherchons pas une façon polie de le dire: des agriculteurs d’ici importent carrément du cheap labor.
Ils ont leurs raisons, les agriculteurs. Grâce au travail à bas prix des travailleurs migrants, ils peuvent réduire leurs dépenses et ainsi offrir des légumes à un prix plus concurrentiel sur les marchés internationaux.
En somme, l’agriculteur québécois y gagne au change en profitant d’une main-d’œuvre pas chère et malléable. Et le travailleur mexicain occupe un boulot qui lui permet de faire vivre sa famille. En apparence, chacun y trouve son compte.
Sauf qu’avec ce genre de raisonnement, il y a cette idée qui, petit à petit, fait son nid.
Cette idée qu’il existe différentes catégories d’humains. Ceux qui ne valent pas grand-chose, et qui n’ont pas droit à la dignité. Et ceux qui ont tous les droits, dont, bien sûr, celui d’être le plus fort.
L’idée est de plus en plus acceptée dans le discours public. «Mais les pauvres s’enrichissent malgré tout. C’est mieux que rien», entend-on.
Et c’est ainsi que les chantres de la mondialisation des marchés nous font tranquillement avaler la thèse voulant qu’il soit positif pour les «pauvres» des «pays émergents» d’être exploités par les «riches». En l’occurrence, «nous».
C’est cette dangereuse idée, cette discrimination sourde, que Patricia Pérez voulait combattre en tenant des réunions clandestines avec des travailleurs mexicains à Napierville, Saint-Rémi, Mirabel et ailleurs...
En 2006, grâce à la détermination de Patricia Pérez, les premiers groupes d’ouvriers agricoles migrants ont déposé une demande d’accréditation syndicale. En septembre dernier, la Commission des relations de travail rejetait leur requête.
Deux semaines plus tard, Patricia Pérez mourait d’un cancer à l’âge de 52 ans.
Le réalisateur Charles Latour a suivi Patricia Pérez pendant plus d’un an avant sa disparition. Dans son film, il nous livre en quelque sorte le testament d’une femme, et de sa lutte inachevée pour le droit à la dignité.
Los Mexicanos: Le combat de Patricia Pérez, à RDI, le jeudi 22 novembre, 20 h.
TÉLÉ /
Maryse Chartrand et sa famille semblaient réaliser le rêve d’une vie en partant pour un voyage autour du monde. Et pourtant, un an après cette aventure, le mari de Maryse s’est suicidé. Comment un amoureux de la vie tel que lui a-t-il pu mettre un terme à ses jours? Maryse Chartrand a voulu chercher à comprendre à travers un film intime qui met le doigt sur un drame hurlant d’actualité: le suicide chez les hommes. Au Québec, c’est la première cause de décès chez les hommes âgés de 15 à 45 ans. Le Voyage d’une vie, à Canal Vie, le lundi 26 novembre à 20 h.
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Wow! Un nouveau Voir.ca
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Alors, je le découvre en même temps que vous, ce nouveau site Voir.ca. Comment le trouvez-vous? D'ailleurs, ceux qui me le demandent depuis des mois seront contents d'apprendre qu'il est désormais possible de s'abonner au fil RSS de ce blogue (ou de ceux de mes collègues).
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Guy A. et ses rides
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Depuis des mois, les Future Shop de ce monde nous mitraillent d'adjectifs pour nous convaincre de changer notre vieille télé pour un modèle dernier cri à haute définition (TVHD). Ce serait, dit-on, la révolution. Une résolution d'image à couper le souffle et un son ambiophonique enveloppant et cristallin. Une expérience sensorielle unique. De l'émerveillement. Un nouveau monde. Je revois ce petit baveux, dans la publicité de Brault & Martineau, qui se moque de nos "petites télés" en reprenant le gag "grosse Corvette, petite quéquette". C'est la dernière astuce des vendeurs de machins. Vous n'êtes pas encore convertis à la TVHD? C'est que vous êtes un peu cons. Cela étant dit, pour vendre un téléviseur HD, le meilleur argument demeure la peur. Si vous ne changez pas de télé, vous pourriez ne plus pouvoir capter vos émissions préférées lorsque le signal analogique sera mort et enterré. C'est partiellement vrai. Pour ceux qui n'auraient pas suivi toute la saga de la TVHD, voici un résumé des épisodes précédents. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le signal télévisuel est analogique. Et jusqu'ici, tout le monde s'en accommodait. Or, pour des raisons tant technologiques qu'économiques, plusieurs pays ont décidé, il y a une dizaine d'années, d'abandonner le signal analogique au profit du signal numérique. Le Luxembourg a été le premier État à passer entièrement au numérique, le 1er septembre 2006. Nos voisins américains légueront aux oubliettes le signal analogique le 17 février 2009. Le Canada suivra deux ans plus tard, le 31 août 2011. C'est donc dire que, dans un peu moins de quatre ans, l'amateur de bonne cuisine ne pourra plus capter Ricardo au moyen d'une simple antenne de type "oreilles de lapin". Ce sera la télé numérique mur à mur. Ceux qui se seront procuré un téléviseur numérique ne sentiront rien. Les autres devront vraisemblablement acheter un convertisseur pour transformer le signal numérique en signal analogique. Mais, direz-vous, pourquoi changer? Les avantages de la télévision numérique sont multiples. Le premier est l'accès à la fameuse TVHD. La télé haute définition que l'on couvre actuellement d'adjectifs. Toutefois, pour jouir de la TVHD, le consommateur doit débloquer un budget et acquérir un nouveau téléviseur HD. En magasin, on trouve des modèles bas de gamme à 750 $. D'autres se vendent à plus de 3000 $. Leur écran est plat, plus large, l'image est plus nette et le son est meilleur. Or, si l'industrie est toute prête à vous offrir des téléviseurs HD, de plus en plus d'émissions HD, des lecteurs DVD HD et des films HD... la majorité des téléspectateurs, eux, ne sont pas prêts à passer à la caisse. Aux États-Unis, la plus récente étude de Nielsen avance que seulement 13,7 % des foyers américains sont équipés pour la haute définition. Et pourtant, la Consumer Electronics Association - l'organisme qui représente les fabricants de téléviseurs HD - estimait en juillet dernier que la pénétration de la haute définition atteindrait 36 % aux États-Unis d'ici la fin de l'année. On est loin du compte. Au Québec non plus, la TVHD ne suscite pas le délire du peuple. Le bogue avec la haute définition: cette technologie ne comble aucun besoin urgent. En fait, la majorité des gens trouvent l'image que leur renvoie leur téléviseur tout à fait correcte. Il y a un an, un sondage du magazine L'Actualité auprès de 1000 Québécois nous apprenait que 88 % des répondants étaient satisfaits de l'image et du son de leur "vieille télé". Là où la TVHD remplit bien son rôle, c'est dans le cas des films et des sports télévisés. Pour le reste, bof. Pourquoi dépenser des milliers de dollars pour une télé qui nous permet de voir les rides de Guy A. à Tout le monde en parle? Dans la vaste majorité des cas, le plaisir de regarder la télé n'a rien à voir avec la définition. Que l'on regarde L'Auberge du chien noir en haute définition, en holographie ou en odorama, cela n'en fera pas un meilleur téléroman. Dans mon salon, ma "vieille télé" restera en poste jusqu'à sa mort. Après, on verra. ooo TÉLÉ  | | L'Art de vieillir | |
Gagnant du prix du public pour le meilleur documentaire au FFM l'an dernier, un film qui porte sur un art qu'une grande partie de la population devra maîtriser bientôt: L'Art de vieillir. Si vous aimez les rides. À Télé-Québec, le lundi 19 novembre, 21 h.À Zone doc, un documentaire sur l'ascension de Vladimir Poutine, le "plus énigmatique dirigeant politique actuel" qui, malgré les critiques, maintient en Russie une popularité qui dépasse les 70 %. En deux parties. Le Système Poutine, à Radio-Canada, le samedi 17 novembre, 22 h 30.
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Dieudonné et la pensée facile
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J'aimerais revenir sur cet étrange souper chez Luck Mervil où l'on a vu Dieudonné et le couple Richard Martineau/Sophie Durocher se crêper le chignon à propos de la liberté d'expression.
C'était au 3950, à TV5, samedi dernier. TV5 rediffusera l'émission demain (jeudi) à 21h30 pour ceux qui l'ont raté.
Un étrange souper, donc, où les autres convives étaient pratiquement effacés.
Dans sa chronique de La Presse, Louise Cousineau en a profité pour ressortir une vieille rancoeur qu'elle garde à l'endroit de Martineau. Pour elle, "Martineau a fait un fou de lui" lors de ce souper. Un texte méchant de la part d'une madame qui avait perdu un peu de mordant au cours des dernières années.
L'épouse de Martineau, Sophie Durocher, a voulu défendre son chroniqueur de mari en envoyant une lettre à La Presse. La voici. Dans sa lettre, elle en a contre Dieudonné:
J'affirme bien au contraire que nous nous sommes tenus debout devant un être odieux qui copine avec Le Pen, qui prendrait une tasse de café avec Hitler "pour faire jasette" et qui glorifie l'Iran et Cuba (deux grandes démocraties, comme chacun le sait).
Lors de cet étrange souper, le couple Martineau/Durocher a reproché à Dieudonné d'avoir été photographié avec Le Pen. L'an dernier, Dieudonné a aussi dit qu'il fallait "cesser de diaboliser Le Pen". Allez lire l'article de Libération sur le pourquoi de la "conversion" de Dieudonné.
Dieudonné aime choquer. C'est sa marque de commerce. Il frappe là où ça fait mal. Son truc, c'est de lutter contre les préjugés. Il existe en France un préjugé voulant que Le Pen soit le diable incarné. On le sait, il a déjà dit que la Shoah était un "point de détail de l'Histoire". C'est épouvantable.
Alors Dieudonné va serrer la main du diable et vous en parle après.
C'est difficile à admettre, mais même le diable a des nuances. Alors Dieudonné nuance.
Dieudonné est un humoriste qui parle de politique. Déjà, c'est rarissime. Plus rarissime encore, il ose aller à contre-courant des idées reçues. Il ose prendre des positions impopulaires dans le but avoué de susciter le débat et de s'éloigner de la pensée unique. Ou plutôt, de la "pensée facile". Cette pensée beige, couverte de bons sentiments, qui ne suscite aucune espèce de controverse.
Ce genre d'artiste n'existe pas au Québec.
Tenez, j'ai déjà fait la recherche: impossible d'interviewer un artiste, un humoriste, un musicien qui soit ouvertement libéral ou adéquiste. Il en existe. J'en ai trouvé des artistes libéraux. Et des connus. Je leur ai parlé et ils m'ont dit qu'ils ne voulaient pas amener leurs convictions sur la place publique. Peur pour leur image.
Par contre, des artistes péquistes, Québec solidaire, gaugauches et écolos... On en a des tonnes de copies.
Les artistes au Québec évoluent dans une pensée facile sur le plan politique. Ceux qui n'entrent pas dans le moule ferment leurs gueules.
Il faut donner à Dieudonné ce qui lui revient: ses positions suscitent débat et réflexion.
Lors de cet étrange souper, Dieudonné (et Luck Mervil) a demandé à Richard Martineau s'il interviewerait Hitler. Celui-ci a répondu: "Jamais." Il a ajouté qu'il a refusé des gens aux Francs-Tireurs. Des gens à qui il refuse de donner de la visibilité.
Je ne veux pas faire de liens grossiers, mais c'est Télé-Québec, au printemps dernier, qui a empêché la diffusion de l'entrevue qu'avait réalisé Martineau avec le Doc Mailloux. Pour éviter de créer des remous et pour ne pas donner plus de visibilité à ce barbu aux propos discutables.
Richard Martineau, lui, aurait voulu qu'on entende les grossièretés de Mailloux afin que le public puisse vraiment le juger. Il semblerait que ce qui s'applique à Mailloux ne s'applique pas à Hitler. Enfin.
À mon avis, un journaliste qui refuse d'interviewer un personnage public, même le pire, n'est pas un journaliste.
Si c'était possible, j'interviewerais Ben Laden, Hitler, Castro, Staline, Attila le Hun et Néron.
Pas parce que je suis d'accord avec ces gens, mais lorsqu'on est un historien du présent -et c'est ce que sont les journalistes- on se doit de tendre le micro à ceux qui la font, cette histoire.
Même les pires.
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Dédicaces et coïncidences...
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À tout ceux que ça intéresse, je serai au Salon du livre de Montréal jeudi dès 19h, vendredi de 13h à 15h et dès 19h, ainsi que samedi et dimanche entre 12h et 14h.
À l'achat d'un livre sur Passe-Partout ou d'un livre sur le Parc Belmont, j'offre aux lecteurs de ce blogue une dédicace gratuite!
Les astres sont alignés: j'ai 30 ans et je suis né le trentième jour du troisième mois de l'année. Passe-Partout a 30 ans. Le Salon du livre de Montréal a 30 ans. Elvis est mort -s'il est vraiment mort- il y a 30 ans. 3+0=3 et L'opération Passe-Partout est mon troisième livre...
Tant de coïncidences, ça fait peur!
Au plaisir de vous rencontrer!
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Encore une fois, écoutons les démographes...
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"Les experts militaires ont un dicton: les amateurs étudient la stratégie; les professionnels étudient la logistique. Quand on arrive à la géopolitique, les professionnels étudient la démographie."
Un texte fascinant: les 5 grandes tendances démographiques à mettre sur le radar, selon Foreign Policy:
1. L'Asie et l'Europe vieillissent.
2. Le Sud fait boom (démographiquement parlant).
3. Le sida décime l'Afrique subsaharienne.
4. Trop d'hommes à marier en Asie (j'en parle d'ailleurs ici).
5. Les gens du Sud migrent au Nord.
Maintenant, lisons l'avenir...
Source originale: Kiosque Média
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Google Black
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Économiser de l'énergie en naviguant sur Internet? Voici une piste intéressante d'Opale Lavigne...
Si Google avait un écran noir, en tenant compte du grand nombre de pages vues, selon certains calculs, 750 mega watts / heure par année seraient sauvés.
En réponse à cela, on a créé une version "noire" de son module de recherche, appelée Blackle, avec exactement les mêmes fonctions que la version blanche, mais évidemment avec beaucoup moins de dépense énergétique.
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Le sens des priorités
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Ce qui m'étonne toujours des médias, c'est leur sens des priorités tout à fait singulier. En excluant les politiciens, quelle personnalité a reçu la plus importante couverture médiatique à travers le monde en 2007? Paris Hilton. Vous avez bien lu. L'incarcération de cette curiosité qui brille beaucoup plus par ses frasques que par l'étendue de son talent a été cette année la 13e nouvelle en importance sur la planète Médias. "Lors d'une journée tranquille, au moins 250 quotidiens dans le monde publient tout de même un article sur Paris Hilton", glisse Jean-François Dumas en entrevue. Le grand monsieur à lunettes est le patron d'Influence communication, le "courtier en nouvelles" qui publie ces chiffres étonnants. Le 25 octobre dernier, Jean-François Dumas est allé présenter le résultat de ses recherches au News Xchange, à Berlin, un gros congrès international de radiodiffuseurs. 462 délégués de 50 pays étaient sur place. Et c'est à Influence, une petite firme de Montréal, qu'on a demandé de brosser un tableau des grandes tendances mondiales en matière d'information. Influence communication a développé une approche - apparemment unique - pour calculer le "poids" d'une nouvelle dans le flux de l'actualité. Pour faire le palmarès des nouvelles les plus "lourdes" dans l'actualité mondiale, Influence a analysé 632 millions de nouvelles provenant de quotidiens, de réseaux de télévision et de radio de 120 pays. C'est ainsi que l'on découvre qu'en 2007, sur la planète Médias, la guerre en Irak a été l'événement le plus médiatisé. La course entre les démocrates et les républicains aux États-Unis arrive en deuxième position. La crise nucléaire en Iran décroche la troisième place, et la guerre en Afghanistan, la quatrième. La sortie du dernier tome d'Harry Potter arrive quant à elle en septième position, deux places devant le sommet du G8, en juin. Parlant d'Harry Potter, Jean-François Dumas fait une observation assez stupéfiante. La dernière aventure du nerd à l'éclair dans le front a reçu autant d'attention médiatique que l'addition de cinquante guerres et catastrophes naturelles survenues sur le globe cette année, incluant le conflit au Darfour, la guerre au Tchad, l'ouragan Dean, le conflit au Cachemire, la guerre civile en Somalie et l'autre guerre civile en Ouganda. Oui, le sens des priorités des médias m'étonnera toujours. Parmi les autres tendances relevées par Influence communication: l'américanisation des nouvelles. L'information mondiale est plus que jamais bariolée du stars & stripes. Près du tiers du volume des nouvelles produites dans le monde provient des États-Unis. L'Oncle Sam colore aussi la façon dont on traite l'information. Prenons la guerre en Irak. Selon Influence, 68 % de toutes les nouvelles portant sur ce bourbier concernent les opérations militaires et les pertes de soldats américains. En revanche, à peine 1 % des nouvelles d'Irak concernent les populations civiles. Cela me fait penser au nouveau slogan de la campagne de Reporters sans frontières: "Si on n'en parle pas, ça n'existe pas." Il y a dans le monde des drames qui n'existent pas. Parce que les médias n'en parlent pas. Il y a des conflits balayés sous le tapis, des drames voilés. De vastes zones de cette planète demeurent dans l'ombre, alors qu'on s'intéresse à l'homosexualité d'un sorcier fictif tiré d'un roman pour enfants. J'ai demandé à Jean-François Dumas ce qu'il pensait de tout cela. Son commentaire ne fait que confirmer ce que l'on sait depuis longtemps: "La nouvelle n'est qu'un produit. Le business des médias, c'est de vendre de la nouvelle." On le savait. Maintenant, on a des chiffres qui le confirment. C'est désolant de le constater, mais il y a fort à parier que les médias ne parleront jamais autant du Darfour que le jour où Paris Hilton ira s'y montrer le popotin. ooo TELE / Un documentaire charmant sur la légende des machines à pluie dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les vieux racontent que, dans les années 50, on "ensemençait" les nuages pour faire pleuvoir et ainsi conserver intactes les réserves d'eau des barrages hydroélectriques. Fiction ou réalité? L'Incroyable Histoire des machines à pluie, à Radio-Canada, le samedi 10 novembre, 22 h 30. L'histoire méconnue d'une quarantaine de soldats canadiens qui, à l'été 1957, ont servi de cobayes pour tester les effets des bombes nucléaires. Un documentaire-choc. Bombes à retardement, à Canal D, le dimanche 11 novembre, 21 h.
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