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Médias
Un blogue sur les coulisses de la télé, sur les dessous de la presse écrite, sur l'envers d'Internet, sur les arcanes de la radio. Bref, un blogue sur les médias. Signé Steve Proulx.
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Matin, midi et soir
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Je suis allé au lancement de Télé-Québec aujourd'hui.
Plein de nouveautés. Mais je vous parle d'autre chose.
Bazzo.tv deviendra une émission de fin de soirée. Elle sera diffusée d'abord à 22h, puis le lendemain en reprise, à 12h30. Bravo.
L'an dernier, lorsqu'on nous a annoncé que le très attendu Bazzo.tv allait être logé le midi, je n'ai entendu aucun critique de médias saluer l'initiative.
Le midi? Euh, on mange le midi...
Loger Marie-France Bazzo le midi à Télé-Québec, c'était une décision stupide. Je m'étais d'ailleurs posé de sérieuses questions sur les compétences des gens qui avaient eu cette idée. Croyaient-ils vraiment attirer le public? Vraiment?
Les premières cotes d'écoute ont été décevantes. Automne 2006, selon BBM: 20 000 téléspectateurs à 12h30 en moyenne. 27 000 à la reprise à 22h. C'était un petit peu moins qu'Indicatif Présent, son émission de la Première chaîne, qui rejoignait dans ses belles années près d'un demi-million d'auditeurs à travers le Canada.
Les gens de Télé-Québec ont fini par comprendre le bon sens. Enfin, à moitié.
La diffusion originale de Bazzo.tv sera désormais à 22h. Est-ce que cela changera quelque chose? Au lancement aujourd'hui, Marie-France Bazzo soutenait que oui. Le décor a changé, l'ambiance sera "soirée". "Ce sera une discothèque d'idées", a-t-elle dit.
Sauf que l'émission, qui était l'an dernier diffusée en direct, sera maintenant préenregistrée... en matinée! Remarquez, ça convient à Marie-France Bazzo qui nous a dit: "J'ai plus une énergie de matinée..."
Le beau paradoxe. Une émission du midi morose, qui devient une émission de fin de soirée préenregistrée le matin et animée par une animatrice possédant une énergie de matinée et qui fera semblant que c'est le soir...
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Le pire de près
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"Si les photos ne sont pas assez bonnes, c'est qu'on n'est pas assez près", disait le grand photographe de guerre Robert Capa. De 1936 jusqu'à sa mort en 1954, le type a vu cinq guerres. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, lors du fameux Jour J (le 6 juin 1944), Capa était largué sur les berges de Normandie en même temps que des milliers de soldats américains. Il était près, et pas à peu près. Robert Capa est mort jeune, à 40 ans, après avoir marché sur une mine pendant la guerre d'Indochine. Cette fois-là, il a été trop près. Pour couvrir l'histoire de ces deux soldats morts en Afghanistan la semaine dernière, Patrice Roy ne pouvait pas vraiment être plus près de l'action. Le journaliste de Radio-Canada était aux premières loges, en direct du véhicule blindé qui a heurté un engin explosif. Il en est heureusement sorti indemne. Son caméraman, Charles Dubois, a eu moins de chance. Il y a laissé sa jambe. L'incident nous a fait réfléchir sur les dangers du journalisme de guerre, et sur l'utilité d'envoyer des journalistes à Kandahar, malgré les périls. Bien entendu, en tant qu'entité, les médias doivent couvrir un conflit dans lequel sont impliqués des soldats canadiens. Ils doivent le faire en envoyant sur le terrain leurs propres soldats: des journalistes. Des gens qui ont aussi des familles et des vies en dehors des nouvelles de 18h. Je comprends pourquoi les médias couvrent la guerre. Mais, à l'échelle individuelle, quelles sont les motivations des journalistes qui risquent leur vie là-bas? Le font-ils seulement pour la cause de l'info? Pour l'adrénaline? Pour la notoriété? Croient-ils que leurs reportages permettent au public de mieux comprendre les enjeux de cette guerre? D'ailleurs, les journalistes basés à Kandahar ont-ils vraiment les moyens de nous faire comprendre ce conflit? C'est vrai. Pour l'instant, on couvre la prise d'une colline. On couvre les ennuis mécaniques d'un blindé. On couvre le rapatriement du corps d'un soldat québécois. Je suis désolé, mais on ne couvre pas la guerre en Afghanistan. On couvre le quotidien de soldats canadiens envoyés dans un bourbier qu'on a fini par appeler la "guerre en Afghanistan"... C'est pour couvrir cela, que des journalistes risquent leur vie? À quoi bon? Ces questions, ce n'est pas à Patrice Roy ou à son caméraman que j'aimerais les poser. Ces questions, je les poserais à James Nachtwey. Il est un des plus grands photographes de guerre de notre temps. Le Robert Capa de notre époque. Au cours du dernier quart de siècle, Nachtwey a été témoin de plus de guerres que bien des soldats. Il a été partout. En 1993, en Bosnie, il était juste derrière des miliciens croates qui faisaient feu sur leurs voisins musulmans. L'année d'après, il côtoyait des charniers au Rwanda. En 2000, il était sur les talons de Palestiniens qui lançaient des cocktails Molotov à l'armée israélienne. Et en 2001, il était à New York, un certain 11 septembre... James Nachtwey a été blessé à plusieurs reprises au cours de sa carrière. Il a aussi chopé des maladies terribles. Le type a tout donné à son métier. Il n'a jamais eu le temps de fonder une famille. Il a toujours travaillé seul. Il parle peu. Ses photos témoignent pour lui. Pourquoi fait-il cela? Pourquoi consacrer sa vie à documenter le pire de l'humanité? Pourquoi frôler la mort pour une photo qui se retrouvera dans les pages d'un magazine, à côté d'une pub de Rolex? À quoi bon? James Nachtwey se pose ces questions depuis vingt-cinq ans. Il n'arrive pas à être "heureux" de son travail, car celui-ci implique la souffrance des autres. À tout le moins, il espère que ses photos ont attiré l'attention sur certains problèmes. Il aurait pu devenir cynique. Il n'a pourtant jamais perdu son optimisme. En fait, il croit toujours que le Bien finira par triompher du Mal, et que son appareil photo est une arme de paix. Quand James Nachtwey s'en va-t-en guerre, il s'en va pacifier le monde... Il y en a qui parlerait de naïveté, mais c'est l'idéalisme qui a poussé Nachtwey à côtoyer le pire de près pendant toutes ces années. En temps de guerre, un journaliste ne risque pas sa vie parce que c'est son "devoir d'informer". À mon avis, comme James Nachtwey, il souhaite aussi changer le monde... Photographe de guerre, à Télé-Québec, le dimanche 2 septembre, 20h30. Site de James Nachtwey [www.jamesnachtwey.com] Pour comprendre un peu mieux comment une mission de paix est devenue une mission de guerre, voyez Mission Kandahar: Le Canada en guerre, à Radio-Canada le lundi 3 septembre, 19h. ooo TÉLÉ À Dossiers Justice, un retour sur l'histoire de Marielle Houle, cette mère qui a tué son fils malade en 2004 afin d'abréger ses souffrances. À Canal D, le jeudi 30 août, 20h.
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Décliner son identité, ou le déclin de l'identité?
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Le légendaire Patrick Lagacé sur son blogue m'enlève les mots de la bouche:
Je pense aussi que certaines personnes qui contribuent à ce blogue pondent des commentaires qui, si on les accolait à leur véritable identité, avec leur photo et tout et tout, s'immoleraient littéralement sous l'effet de la honte.
Il se trouve que sur ce blogue, l'anonymat n'est pas permis. Et c'est très bien ainsi. J'ai du plaisir à lire vos commentaires, moins nombreux mais plus pertinents. Il m'arrive même régulièrement d'entretenir quelques correspondances avec certains d'entre vous.
Il se trouve aussi que j'opine avec plaisir sur un autre blogue, beaucoup plus lu que celui-ci au demeurant, mais ouvert aux commentaires anonymes. Du coup, ça stimule les commentaires. Bien entendu, ça flatte l'égo de recueillir autant de réactions. Sauf qu'on déchante assez vite.
Chaque jour, en déroulant les commentaires, je découvre un long "scroll" de désolation, ponctué de quelques rares perles.
Ce qui ne m'émeut pas du tout par ailleurs, c'est de constater qu'à peu près tous les "commentateurs" se cachent derrière des surnoms quelconques. À qui je parle? Aucune idée. Quelle valeur accorder à des gérants d'estrade qui n'ont pas même le courage de se présenter. Aucune. Vais-je dialoguer avec eux? Absolument pas.
Avoir le courage de ses écrits, c'est la grosse base. Le strict minimum lorsqu'on veut s'exprimer en public. Malheureusement, Internet a créé des millions de pissous incapables d'assumer leurs opinions à deux balles.
J'utilise le web depuis l'âge de 17 ans. Citron, cela fera bientôt 15 ans! Bref, jamais je n'ai nié mon identité. Ma vraie. Celle qui me colle à la peau depuis ma naissance. Je l'assume, cette identité, et j'en suis fier.
La preuve: le 15 juin 1998, je laissais ce commentaire sur un site Internet. C'est nul comme commentaire. J'étais tout jeune. Mais j'assume. Et je signe.
Quand on ne décline plus son identité, c'est le déclin de l'identité. Et l'identité propre à chacun, c'est encore ce qui nous différencie du bétail...
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Théâtre de rue policier - Un commentaire
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Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias, a laissé un commentaire à propos de ma dernière entrée sur le théâtre de rue des policiers à Montebello...
Il faut voir plus loin que ces images ambiguës!!!
Intéressantes sont ces images captées sur le vif. Mais, pour un profane ou pour un citoyen qui n'était pas sur les lieux du «crime», ces images ne font que créer un léger malaise sans, pour autant, être vraiment «loquaces» ou «éloquentes».
Depuis quelques décennies je suis sociologue des médias et je n'ai jamais cru à la formule magique un peu simplette qui prétend qu'une image vaut mille mots.
Il y a des moments où un mot vaut des centaines d'images. En ce qui concerne ces images, la zone d'imprécision et d'«insignifiance» (au sens littéral du mot «insignifiance») est trop considérable pour qu'il soit possible de se faire une idée claire et vraiment éclairante.
Alors, je me contente de répéter ce que de nombreuses personnes ont déjà dit ou écrit (je pense notamment au journaliste Jean-Claude Leclerc), il faut une enquête poussée pour aller, autant que faire se peut, au fond des choses.
Étant âgé de 64 ans et ayant participé à quelques dizaines de manifestations (y compris celle des Noirs états-uniens, à Washington, en août 1963, avec Martin Luther King), je reste fasciné par les divers scénarios qui «animent» ces manifestations.
La plupart du temps, il y a une majorité de manifestants qui sont là pour MANIFESTER un point de vue. Il y a des enragés et des casseurs qui hantent toutes les manifestations. Et, pour simplifier, il y a aussi ces flics dont le rôle est parfois ambigu et parfois assez clair. Historiquement, dans de nombreuses manifestations, des flics faisaient de la provocation, laquelle provocation avait comme objectif de discréditer les manifestants et le message RENDU MANIFESTE par ces manifestants.
Ce qui est certain, c'est qu'il faut faire la lumière sur ces troublants événements de Montebello!
Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias
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Théâtre de rue
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Tenez, un peu de théâtre de rue à Montebello gracieuseté des agents de la Sûreté du Québec. Toute l'histoire de cette vidéo sur le blogue de Pat Lagacé...
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27,6 heures
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Selon le dernier rapport annuel du CRTC, les Canadiens regarderaient 27,6 heures de télévision par semaine. Ce n'est pas une grosse nouvelle, mais le chiffre m'étonne toujours. 27,6 heures. Merde, c'est plus qu'une journée par semaine! Et je tiens à rappeler qu'il n'y a que sept jours dans une semaine. Au bout d'une année, les Canadiens auront donc passé deux mois devant leur boîte à grimaces! J'ai beau être chroniqueur Médias, je n'en reviens toujours pas. Ces jours-ci, les différentes chaînes du Québec lancent leur programmation automnale. Elles mettent le paquet pour attirer vos yeux chez elles. Or, les 27,6 heures du CRTC m'ont inspiré une idée. J'ai pensé vous suggérer 27,6 heures par semaine de choix télé pour l'automne. Que le meilleur, à mon humble avis. Consacrons d'abord sept heures de télé aux bulletins de nouvelles. On n'est jamais trop informé. Là-dessus, je vous laisse le choix du réseau. Soustrayons aussi huit heures du total. C'est pour nos classiques, ces émissions qui survivent pour notre plus grand bonheur. À Radio-Canada, Tout le monde en parle, on n'en parle pas (dès le 16 sept., 20h), Infoman revient le jeudi (dès le 13 sept., 19h30) et les célibataires de C.A. retournent tricoter dans le chantier pour une deuxième saison (dès le 10 sept., 21h). À Télé-Québec, Les Francs-tireurs reprennent du service pour une 10e saison (dès sept., le mercredi, 20h) et Bazzo.tv s'installe dans un décor revampé. La diffusion originale de la quotidienne de Mme Marie-France sera désormais en soirée plutôt que sur l'heure du lunch (du lundi au jeudi, 22h, dès le 10 sept.). Le temps file. Sans y penser, il ne nous reste plus que 12,6 heures à consacrer aux nouveautés de l'automne. Où investir? À ARTV, j'ai hâte de voir C'est juste de la TV, une table ronde qui ausculte la télé une heure par semaine. Avec André Robitaille à l'animation, et le trio Marc Cassivi, Lise Payette et Chantal Lamarre à l'obstination (dès le 14 sept., 21h). À la même chaîne, j'ai aussi hâte de voir les tête-à-tête sur la créativité de Christiane Charette (Cabine C, dès le mardi 9 oct., 20h). Restons dans la parlote, TV5 présente Le 3950, version québécoise du talk-show de Thierry Ardisson, 93, Faubourg Saint-Honoré. Ici, c'est Luck Mervil qui reçoit à souper les personnalités qui ont fait l'actualité de la semaine (dès le 6 oct., 19h). Allouons quatre heures à la culture. Deux nouveaux rendez-vous cet automne. À Télé-Québec, Ça manque à ma culture, animé par Serge Postigo, une quotidienne que l'on souhaite un poil plus accessible que le défunt Libre Échange (du lundi au jeudi, 19h30, dès le 10 sept.). À Radio-Canada, exit Prochaine Sortie! Catherine Perrin anime On fait tous du show-business. Enregistrement devant public au restaurant Vallier dans le Vieux-Montréal: on revient à une forme semblable à l'émission de télé qu'animait jadis Christiane Charette (dès le 16 sept., 15h). Du côté écolo, TV5 lance un nouveau magazine environnemental animé par Catherine Lafrance: Passez au vert. Ça risque d'être pas pire, et surtout pas gnangnan (du genre: "Sauver la planète avec des petits gestes, c'est rigolo!"). Remarquez, je suis biaisé: je serai collaborateur à l'émission (dès le vendredi 21 sept., 22h). Plus que cinq heures à remplir. Choisissons quelques séries documentaires. Toxique, à Canal D, s'intéressera aux pires drames environnementaux made in Québec (dès le 24 sept., 20h). Urbania, à TV5, est une série dérivée du magazine du même nom qui explorera des lieux montréalais, du club 281 au marché Maisonneuve (dès le 20 sept., 22h30). À Radio-Canada, Enquête, animée par Alain Gravel, combinera les ressources des défuntes émissions Enjeux et Zone libre pour présenter des documents exclusifs. La première enquête porte sur la tragédie de Dawson (les jeudis à 21h, sauf la première émission qui sera diffusée le mercredi 12 sept., 21h). Êtes-vous essoufflés? Il reste encore deux heures et demie. Un peu de fiction? Télé-Québec diffuse en primeur la version française d'Octobre 70, minisérie historique présentée l'an dernier à la CBC (dès le 13 sept., 21h). Voyons aussi ce que Les Boys auront à donner au petit écran (Radio-Canada, dès le 1er oct., 21h). Et du côté de la télé états-unienne, j'attends le retour de Jaime Sommers dans le remake de Bionic Woman (NBC, dès le 26 sept., 21h). Voilà donc à quoi ressemblent 27,5 heures de télévision par semaine. Et il reste encore 0,1 heure pour atteindre la moyenne canadienne. Profitez-en pour zapper à Loft Story (TQS) ou au Banquier (TVA), histoire de vous convaincre que vous avez certainement mieux à faire...
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Vider le paysage
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Pour faire suite à ma chronique de cette semaine sur la pollution visuelle, j'ai fait un petite expérience Photoshop.
Sur la première photo, un panorama de la rue Notre-Dame, avec ses jolis panneaux publicitaires géants.
Sur la seconde photo, le même panorama, "vidé" de ses panneaux...
Ce serait bien, non, partout comme ça?
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À qui appartient le paysage?
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Depuis quelques mois, São Paulo respire mieux. C'est que la métropole brésilienne a décidé d'interdire l'affichage extérieur. Désormais, les 15 000 panneaux publicitaires qui tapissaient la ville de leurs slogans n'obstruent plus le paysage. São Paulo est libre, mais les vestiges de décennies d'affichage sauvage sont encore visibles. De grandes pancartes vides ici. Des squelettes d'enseignes lumineuses là. Sur certains immeubles, on discerne encore l'ombre laissée par le panneau-réclame, comme la marque d'un cadre que l'on aurait retiré d'un mur après de nombreuses années. Depuis l'interdiction de l'affichage extérieur, les citoyens de São Paulo redécouvrent leur ville. Les superbes immeubles art déco se révèlent. Tout comme les bidonvilles, que l'illusion publicitaire avait masqués aux yeux des citadins. L'interdiction d'afficher à São Paulo fait partie d'un vaste plan municipal de lutte contre la pollution. "Nous avons décidé de commencer en combattant la pollution la plus apparente... la pollution visuelle", a déclaré le maire de la ville, Gilberto Kassab, cité dans la plus récente édition du magazine Adbusters. São Paulo n'est pas la seule ville à avoir sévi contre la pollution visuelle. En France, les panneaux-réclame sont interdits le long des autoroutes depuis belle lurette. En Allemagne et en Angleterre aussi. Un peu partout aux États-Unis, on a aussi libéré le paysage. Hawaii a banni les panneaux publicitaires dans les années 20. Le Maine et le Vermont ont retiré les leurs dans les années 70. Et en 1998, l'Alaska a emboîté le pas après un référendum. Scenic America, un groupe qui milite pour la conservation des paysages depuis presque 30 ans, estime par ailleurs qu'au moins 1500 municipalités américaines ont banni la construction de nouveaux panneaux sur leur territoire. Parmi les arguments contre l'affichage publicitaire, il y a bien sûr la destruction de panoramas naturels au profit de la propagande marchande. Mais il y a aussi le fait qu'au contraire de la publicité dans les journaux ou à la télé, les compagnies d'affichage extérieur vendent aux annonceurs une chose dont ils ne sont pas propriétaires: notre attention. Voyez-vous, entre le lecteur et son journal, il existe une entente tacite. Le lecteur profite d'un service (les articles du journal) en acceptant d'être la cible d'un certain nombre d'annonces. Ces annonces fournissent au journal des revenus qui lui permettent, présume-t-on, d'améliorer la qualité de son contenu et de réduire le prix de vente au lecteur. Grâce à la pub, certaines publications sont même gratuites. C'est le cas du journal que vous lisez en ce moment. Or, si la pub vous emmerde, vous avez toujours la possibilité de laisser le journal dans son présentoir. C'est votre droit. Ce n'est pas le cas avec l'affichage extérieur. Les compagnies d'affichage polluent le décor d'annonces que vous ne pouvez contourner. Et nos autorités locales ne font pas grand-chose pour contrer ce pillage panoramique. Est-ce parce que les compagnies d'affichage versent des sommes colossales aux municipalités pour jouir du droit d'afficher sur un lieu public? Nenni. Selon un porte-parole de la Ville de Montréal, les "loyers publicitaires" représentent des revenus d'à peine un million de dollars par an. Une goutte d'eau dans le budget. Pour justifier leur omniprésence, les compagnies d'affichage revendiquent souvent la fameuse "liberté d'expression". Elles ont le droit de s'exprimer, de communiquer un message publiquement. C'est vrai. Sauf qu'il y a quelques années, souvenez-vous, le gouvernement du Québec a interdit l'ajout de colorant jaune à la margarine. À l'époque, la compagnie Unilever s'était opposée à cette loi en faisant valoir que lui interdire la commercialisation de margarine jaune portait atteinte à sa "liberté d'expression". La Cour suprême du Canada a rejeté cet argument. Depuis, la loi québécoise continue d'interdire le jaune dans la margarine... à la barbe de la liberté d'expression. Comme le rappelait le professeur de l'Université Concordia Jon Breslaw dans le magazine Urbanité de novembre 2004: "On peut croire que ce qui est valable pour le règlement provincial sur la margarine l'est certainement pour le règlement provincial sur les panneaux-réclame. En ce qui me concerne, plus vite on agira, mieux ce sera..." ooo TÉLÉ Trente ans après avoir tourné Les Vrais Perdants - un film sur des jeunes soumis à la volonté de leurs parents pour devenir pianiste, gymnaste ou hockeyeur - André Melançon fait le suivi. Que sont devenus les héros de son film? Sont-ils devenus ce qu'ils devaient devenir? L'Âge de passion, en primeur à Télé-Québec, le dimanche 19 août, 20h30. Le pôpa de La Petite Vie, Claude Meunier, a finalement accepté d'aller se raconter à René Homier-Roy. De ses années Paul et Paul à l'échec de sa série Détect inc., le créateur livre ici un rare entretien de fond. En deux épisodes. Viens voir les comédiens, à ARTV, le samedi 18 août, 20h.
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Quand papa rapplique
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| |  Laurent Lachance, il y a quelques années...
| C'est la grosse nouvelle aujourd'hui dans le petit monde des médias.
Le créateur de Passe-Partout, Laurent Lachance, veut poursuivre les producteurs des DVD de Passe-Partout (Jacques L'Heureux et Marie Eykel) afin de recevoir des droits sur les ventes desdits DVD. Il demande 15%.
C'est l'histoire d'une émission pour enfants partie de rien, qui devait rejoindre les petits de milieux défavorisés.
C'est l'histoire d'une émission pour enfants qui est devenue une affaire d'adultes et de gros, gros sous...
Vous dire que je n'étais pas au courant de tout ceci serait mentir. J'en ai eu vent il y a à peu près trois semaines. Je connais Laurent Lachance. Tout comme la plupart des artisans de la série, il a fait preuve à mon égard d'une grande générosité lors de l'écriture de mon livre à paraître cet automne sur l'histoire de Passe-Partout...
Devant cette chicane d'auteurs, je reste neutre. Je ne suis du bord de personne. Ce sont leurs affaires.
J'aurais tout de même le goût de leur dire ce que Grand-Papa Bi avait l'habitude de dire pour régler les conflits: "Accordez-vous donc, c'est si beau l'accordéon!"
Enfin, j'ai pensé que vous seriez intéressé à lire le bref courriel que m'a laissé Laurent Lachance, le 27 juillet dernier, en m'annonçant ses intentions. Le papa de Passe-Partout a de l'amertume, ça se sent:
Je dois te faire savoir que j'ai engagé une
action judiciaire contre les deux comédiens producteurs des DVD. J'ai
renoncé plus d'une fois à le faire. Mais j'ai fini par me décider afin
de ne pas rester avec un sentiment d'injustice que je ne veux pas éprouver
pour le reste de ma vie. Laisser les choses aller ainsi revient à nier le travail que
j'ai fait pendant des années. Je me dois un minimum de respect. Et je
soutiens que j'ai la paternité de Passe-Partout, ce qui équivaut à un droit
d'auteur.
Les comédiens sont restés sourds à
une première mise en demeure. Leur procureur a répondu la dernière
journée de l'échéance à la seconde pour dire que ses clients ne
voulaient rien entendre. Nous poursuivons donc le processus. Ça peut
être long ou ça peut être court. Mais je n'ai pas l'intention de
renoncer à poursuivre...
Je n'ai pas pu te mettre au courant avant, car mon avocat préférait
ne pas ébruiter l'affaire.
Voilà donc pourquoi votre fille est muette, comme le disait Molière.
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Et si c'était vrai...
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La vidéo circule abondamment sur le Web. Malheureusement, ce n'est qu'un canular. Comme l'explique ici Tristan Péloquin sur son blogue.
N'empêche. Et si c'était vrai... Imaginez que quelqu'un, quelque part, filme avec autant de netteté des images d'OVNIS. Pas les merdes qui ressemblent à des crottes dans une lentille, ou les "caps" de roues lancés dans les airs qu'on a vu 1000 fois. Non, de vraies images claires, nettes et précises, qui prouveraient hors de tout doute l'existence des OVNIS.
Que se passerait-il?
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La première courroie
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AVERTISSEMENT: Veuillez prendre note que la chronique de cette semaine est le fruit d'une expérience unique. Il s'agit d'une oeuvre collective. Car, voyez-vous, ce texte a été rédigé en grande partie par les internautes à l'aide d'un outil collaboratif en ligne de type wiki. Je n'ai opéré çà et là que quelques points de suture afin de contenir l'hémorragie. Je tiens à remercier Ginette, Patrick, Jean, Anne et les autres auteurs anonymes pour cette toute première chronique Médias "en gang"... Voici une brève et hypothétique histoire du journalisme. Les détails comme le fond ne sont probablement pas exacts, mais on s'en fout. Au temps des hommes des cavernes, il y en a un qui se faisait le porteur des nouvelles des grottes environnantes. Le premier journaliste était donc une sorte de messager/potineux. Un beau jour de la nuit des temps, le chef d'une tribu influente, voyant que ce premier journaliste était écouté et respecté, lui a demandé: "Ô toi, homme de mots sacrés! Proclame dans la tribu voisine que MA tribu est la meilleure. En échange, je t'offre le plus gros steak de brontosaure que tu n'as jamais savouré." [Bien sûr, le brontosaure a disparu plusieurs millions d'années avant l'apparition de l'homo sapiens. Mais tant qu'à être inexact sur les détails, allons-y à fond.] Bref, le premier journaliste a accepté l'échange. Ventre affamé n'a point d'oreilles, et encore moins le sens de l'objectivité. Notre potineux des temps anciens a donc adapté ses actualités du jour afin de placer la promo de la tribu voisine avant les grands titres habituels. Tout le monde n'y a vu que du feu. [Remarquez, comme le feu était la grosse nouveauté technologique de l'époque, nos ancêtres avaient toujours "le nez collé sur la braise". D'ailleurs, les mères n'en pouvaient plus de dire à leurs enfants: "Ne regarde pas le feu de trop près! Tu vas abîmer tes yeux!"] Mais revenons à nos Cro-Magnon. Ce jour-là, le premier journaliste est devenu la première courroie de transmission. Dès cet instant, les médias ont cessé d'être libres et désintéressés. En fait, la pleine liberté de la presse a dû être une réalité préhistorique très ponctuelle. En tout et pour tout, elle a peut-être duré, quoi, trois semaines? Après ce steak de bronto, jamais plus les médias n'ont été entièrement libres. Quoi qu'on en pense, toute communication médiatique est influencée par quelqu'un, quelque part, qui cherche à atteindre un certain but. Aussi subtil est-il. Tenez, même à l'époque de la Révolution française, lors de la naissance de la presse, le pamphlet servait de moyen de communication. Or, il avait des intérêts idéologiques: ceux de promouvoir l'idée de la Révolution. Peut-on parler de médias "libres"? Pas sûr. Aujourd'hui, la majorité des médias des pays dits "capitalistes" sont mercantiles. Voilà tout le problème! On ne le dit pas assez souvent: c'est un gros problème. Ces médias sont soumis à la loi de l'offre et de la demande. L'actualité est influencée par ce que les annonceurs doivent vendre. Ainsi, on aura régulièrement un cahier Auto dans un grand quotidien afin de permettre aux riches vendeurs d'autos d'annoncer leurs soldes qui feront vendre encore plus d'autos. On aura moins souvent un cahier Transport en commun, parce que les vendeurs de transports en commun n'ont pas une cenne. Dans le choix même des sujets abordés, le contenu médiatique est influencé par l'argent. J'exagère? Considérez plutôt ce récent sondage du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier - le syndicat le plus important des médias du Canada - réalisé auprès de 850 journalistes canadiens. 77,4 % des répondants estiment que les questions bêtement promotionnelles influencent la politique rédactionnelle de leur média. Pire: 49,3 % des répondants affirment que leur journal ou leur station ne fait aucune différence entre la publicité et les nouvelles! Et ce sont des journalistes qui parlent... Lorsque le premier journaliste des cavernes a découvert qu'il pouvait se payer du steak de bronto en jouant les publireporters, savait-il quelle boîte de Pandore il ouvrait? ooo TÉLÉ  | | Fanny et Alexandre | |
Alors que l'on célèbre le triste anniversaire d'Hiroshima et de Nagasaki, un documentaire montre que les survivants des bombes atomiques auraient servi de cobayes aux Américains. Une thèse inquiétante, soutenue par plusieurs films d'archives. Blessures atomiques, à Télé-Québec, le dimanche 12 août à 23h51.Voyez ou revoyez Fanny et Alexandre, long métrage oscarisé du maître Ingmar Bergman, décédé le 30 juillet dernier. À ARTV, le jeudi 9 août à 21h.
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Choses apprises ici et là
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Quelques trucs en vrac que j'ai appris ces derniers jours et qui pourraient vous intéresser.
- Yvon Deschamps a acheté la Rolls-Royce originale de Charlie Chaplin en 2000. Et ce n'était pas chez Encan H. Grégoire.
- La véritable saveur de Sloche rose à la "lipposuccion" de Couche-Tard est la papaye.
- André Arthur sévit encore. Cette fois sur un blogue audio, sur le site Radioréveil. Ses fans le trouveront inchangé. Récemment, il parlait du village de Sagard (là où Paul Desmarais a installé son château) en ces termes: "Cet étrange village où tout le monde se ressemble. Depuis des générations ça se marie entre cousins." Et à propos de Paul Desmarais lui-même: "Le gars qui achète des politiciens au prix qu'ils valent et qui les revend au prix qu'il pense qu'ils valent." On s'ennuyait tellement.
- Lise Payette reviendra à la télé cet automne en tant que collaboratrice dans un magazine à ARTV qui critiquera la télévision. Le titre? C'est juste de la TV, animé par André "Vazimolo" Robitaille.
- Je suis prêt à parier que dans le Journal de Montréal de demain, le texte qui parlera de la nouvelle émission ci-haut mentionnée aura pour titre quelque chose du genre: "Un 110% sur la télé".
- The Global Incident Map est une carte du monde continuellement mise à jour, et qui montre l'ensemble des actes terroristes ou suspects repérés aux quatre coins de la planète.
- Astar, le robot des Amputés de Guerre "qui-peut-remettre-son-bras-vous-pas-jouez-prudemment", est encore utilisé par l'organisme. Pour vous rafraîchir la mémoire, la célèbre pub qui a tant effrayé les enfants des années 80 (version anglaise, malheureusement). Avouez d'ailleurs qu'avec le recul, il y a des choses qui clochent avec cette pub. Par exemple, à quoi servent exactement ces scies radiales en marche que l'on trouve à chaque détour dans ce monde futuriste? Si j'étais urbaniste, il me semble que j'aurais trouvé mieux comme mobilier urbain.
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La photo du soldat qui tombe
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Tout un travail de recherche.
Un blogueur a recensé 52 photos qui ont marqué le domaine de la photographie, l'art et le monde. Des premiers clichés de 1827 de Nicéphore Niepce aux photos de la prison d'Abu Grahib (Irak), en 2004.
On y trouve aussi la plus célèbre photo du plus célèbre photographe de guerre du monde, Robert Capa (1913-1954). Cette photo, datant de 1936, montre un soldat croqué au moment même où il se fait tirer dessus pendant une bataille au cours de la guerre civile espagnole.
Dans un récent documentaire diffusé à la télé, on nous montrait que cette photo était peut-être finalement une mise en scène. C'est d'ailleurs une grosse controverse qui dure depuis des décennies. On avançait pour preuve l'existence d'une autre photo de Capa -bien moins célèbre- montrant un autre soldat se faisant tirer dessus, exactement au même endroit que celui de la célèbre photo. Douteux.
Au fil des ans, des révélations et une reconstitution poussée du contexte entourant cette photo ont pratiquement prouvé que la photo du soldat tombant sous les balles était authentique. Enfin, toute l'histoire ici.
Et pour votre enchantement, la version Lego de la célèbre photo de Capa, faite par un certain Marcos Vilarino.
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Être mort et riche
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| |  Le King sera mort depuis 30 ans le 16 août prochain.
| Je me rattrape dans mes lectures. Voici quelques chiffres trouvés dans l'excellent magazine Mental Floss. On s'est amusé à comparer les revenus de vedettes décédées à ceux de vedettes bien vivantes.
Ainsi, on apprend qu'en 2006:
-Elvis Presley, qui sera décédé depuis 30 ans le 16 août prochain, a engrangé 42 millions $. De son côté, Paul "J'aime les bébés phoques" McCartney n'a fait que 40 millions...
-En ne faisant rien d'autre qu'être morte, Marilyn Monroe a fait 8 millions $ l'an dernier. En ne faisant pas grand-chose de plus, Paris Hilton n'a fait que 7 millions.
-Pour avoir écrit Le Seigneur des Anneaux, J.R.R. Tolkien a fait 7 millions $. Au même moment, le réalisateur des films du Seigneur des Anneaux, quant à lui, a fait 39 millions $.
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