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June 2007 - Messages
30 juin 2007, 3:24
Mort du Mickey islamique
Hier, la souris Farfour, dont l'émission hebdomadaire faisait la joie des petits Palestiniens, est morte. Son émission, qui prêchait la domination de l'Islam de façon tout à fait ludo-éducative, a été retirée de l'antenne de la télévision publique, contrôlée par le Fatah, qui la diffusait. Dans le dernier épisode, les jeunes téléspectateurs ont pu voir la sympathique souris, qui ressemble un peu beaucoup à l'icône américaine qu'est Mickey Mouse, se faire tuer par un responsable israélien (un "tueur d'enfants"). Farfour est "mort en martyr" afin de protéger ses terres. Pour les intéressés, je n'ai pas trouvé le dernier épisode, mais voici un néanmois un extrait d'une vieille émission du bon Farfour. On est loin de Cornemuse.
29 juin 2007, 9:34
Quand Wikipedia est plus vite que la nouvelle
 
Une histoire qui risque de faire couler beaucoup d'encre. C'est à propos du lutteur professionnel Chris Benoit, qui a étranglé sa femme et son fils avant de s'enlever la vie le 24 juin dernier. Sur la page Wikipedia du lutteur, lundi dernier à midi une, on pouvait lire que le monsieur avait raté son combat à cause de la "mort de son épouse". L'affaire, c'est que les corps sans vie de l'épouse de Benoit et de son fils de 7 ans n'ont été retrouvés par la police que 14 heures plus tard. Qui a modifié Wikipedia avant même que le drame soit connu? L'adresse IP de l'auteur de cette mystérieuse mise à jour serait basée à Stamford, au Connecticut, là où est installée la World Wrestling Entertainment. À suivre... Source: Forbes
29 juin 2007, 8:05
Le condom ne prévient pas les grossesses...
La publicité de condoms Trojan que CBS et Fox refusent de diffuser. Pourquoi? Selon Fox, cette pub montrerait qu'un condom peut être utilisé pour prévenir les grossesses. Et Fox soutient que les pubs de condoms devraient plutôt se concentrer sur la prévention des MTS...
28 juin 2007, 12:00
Tout est possible
Mon rédacteur en chef m'a téléphoné l'autre jour. Il avait dans la voix une piqûre de panique.

"Tu connais Twitter.com?, dit-il. C'est un site où les jeunes peuvent publier sur le Net quelques mots sur ce qu'ils font en ce moment. C'est super tendance. Mais à quoi ça sert? Je ne comprends pas..."

Son commentaire trahissait une sorte d'angoisse. Il ne comprend pas. En d'autres mots, il est désemparé. Au bout du fil, j'ai senti que mon patron venait de se découvrir des écailles entre les omoplates. Il devenait un dinosaure. Bientôt, lui aussi serait dépassé par la technologie. C'est inévitable. C'est de son âge. Il a fêté ses 32 ans la semaine passée.

Remarquez, je suis d'accord avec lui. Twitter a beau être la vedette du "microblogging", je n'arrive pas, du haut de mes 30 ans, à trouver une quelconque pertinence à ce site. Pourquoi serais-je intéressé de savoir qu'un certain Pixelfooder est parti acheter du lait, ou que Babybug est en train de manger des bleuets avec son père sur un sofa?

Enfin... J'ai tenté de calmer mon rédac' chef en lui parlant de notre génération. Je lui ai fait valoir que nous, nouveau saurien de l'ère trentenaire, étions en fait les derniers vrais humains.

Après nous, il n'y a que ces curieuses bibittes que l'on nomme les "techno natives".

Ils ont entre 15 et 25 ans. Plusieurs d'entre eux n'ont jamais vécu sans téléphone cellulaire, sans courriel, sans Internet, sans Google. Et pourtant, ils s'habillent tous comme dans les années 80. Cherchez pas à comprendre...

Les "techno natives" baignent dans les gadgets. En Angleterre, des études sociologiques ont montré que, chez les adolescents, le téléphone cellulaire avait même supplanté la cigarette en tant que symbole du passage à l'âge adulte.

"C'est la génération du "je peux" et du "tout est possible, tout est à notre disposition"", dit une spécialiste des marques dans le numéro de juin du magazine Influencia. Ce magazine français, qui s'intéresse au marketing, a consacré son dernier numéro à ces "techno natives", cette génération No Limit.

Oui, car comment les vendeurs de marques pourront-ils continuer à séduire ces jeunes nés les deux pieds dans le Web?

Simple. Les marques devront d'abord se trouver là où ils sont, ces jeunes. Et ils sont autant dans le réel que dans le virtuel. C'est ainsi que dans le faux monde en ligne de Second Life - population: 7,6 millions d'habitants - votre Moi virtuel peut se rendre sur Pizza Island et commander une pizza qui sera livrée chez votre Moi réel par un vrai livreur qui appuiera sur votre vraie sonnette et qui s'attendra à recevoir un vrai pourboire.

Pour rejoindre les jeunes, les marques devront aussi assouvir le besoin de s'exprimer de cette génération de m'as-tu-vu-sur-Youtube? La marque centenaire Orangina a ainsi réussi à créer un buzz, en France, en permettant aux jeunes de télécharger sur le Web des vidéos d'eux-mêmes en train de secouer des bouteilles d'Orangina. Gros succès.

Les marques devront enfin permettre aux jeunes d'exprimer leur individualité. Elles devront leur fournir des sonneries pour leurs portables, les aider à customiser leur iPod, leur MySpace ou leur Facebook. Chaque jeune est unique et veut que tout le monde le sache, sachez-le.

Les jeunes de la génération No Limit ont accès à toute l'information du monde en trois clics. Ils peuvent télécharger toute la musique qu'ils veulent, avoir des amis sur tous les continents et, grâce à Twitter, les tenir informés des menus détails de leur existence. Ils peuvent aussi se fabriquer des vies parallèles en ligne.

Bref, ils sont bien mieux adaptés que nous, les dinosaures, à l'ère technologique. Sont-ils pour autant plus évolués?

Le plus beau paradoxe de cette génération du "tout est possible"? Alors que tout leur est possible, justement, ils ne s'éloignent jamais trop de la tribu...

Partout dans le monde, ils boivent à peu près tous du Pepsi ou du Coca-Cola, ils mangent tous chez McDo, ils ont tous la même musique pop dans le même iPod et portent tous des Nike. Et, cet été, qu'ils habitent à Londres, à Montréal ou à Wichita, ils iront tous voir Les Simpsons au cinéma...

Heureusement que le marketing de masse est là pour garder ces petits rois dans le droit chemin...

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TÉLÉ

Nestor et les oubliés
À défaut de pouvoir nous déplacer à tous les festivals du Québec, une série à TV5 nous y transporte. Cette semaine, escale au Festival en chanson de Petite-Vallée. Sur la route des festivals, à TV5, le jeudi 28 juin, 20 h 30.

Un portrait de Nestor, orphelin de Duplessis aussi coloré qu'attachant. Du réalisateur de Roger Toupin, épicier variété. Nestor et les oubliés, à Télé-Québec, le dimanche 1er juillet, 20 h 30.










27 juin 2007, 4:19
L'été, c'est fait pour sacrer du monde dehors!
 
Donald Trump et son célèbre "You're fired!"
C'est le genre de température à envier les siestas mexicaines. Oui, parce que nous, les occidentaux qui vivont à 100 milles à l'heure, on n'arrête jamais. Canicule pas canicule. Enfin... L'actualité, elle, ralentit la cadence avec l'été qui commence. Selon les statistiques d'Influence Communication:
L'actualité entrera dans sa "basse saison" au Québec à compter de la fête de la Saint-Jean-Baptiste. Le phénomène qui se répète chaque été provoque une diminution de l'ordre de 42 % sur le volume quotidien de nouvelles. En moyenne, les médias québécois génèrent 7 000 nouvelles par jour en haute saison et près de 4 000 en été.
Or, l'été est aussi une belle période pour sacrer du monde à la porte. Toujours selon Influence:
Pour les entreprises, la basse saison est aussi un bon moyen de diminuer l'impact négatif des mauvaises nouvelles. Près de 75 % des annonces de réductions d'emplois se font entre juin et août.

22 juin 2007, 9:51
Les propriétaires de VUS sont des loooooosers!
Une publicité anti-VUS de Greenpeace. Pas gentille du tout, mais terriblement efficace, elle se moque de ceux qui croient encore que de posséder un VUS confère un statut social enviable dans la société. C'est plutôt le contraire. Dans la pub, le propriétaire de VUS n'a pas d'amis, sa secrétaire crache dans son café, personne ne veut manger avec lui à la cafétéria, on lui fait des doigts d'honneur dans son dos... C'est un loser de première classe. Vous en pensez quoi?
21 juin 2007, 12:00
Les scandales éducatifs
Mis à part les frites, la bière et Tintin, on connaît peu la Belgique de ce côté-ci de l'Atlantique. À moins, bien sûr, d'être d'origine belge, d'avoir des potes belges ou de terminer un mémoire de maîtrise sur "Le paradoxe belge à l'ère de la mondialisation des cultures". Sinon, bof.

Or, des millions de personnes à travers le monde ont récemment été mis au courant d'un enjeu politique majeur au Royaume de Belgique. Et j'ai nommé: la sécession de la Flandre.

Le 13 décembre dernier, un bulletin spécial diffusé sur les ondes de la télévision publique belge, la RTBF, a annoncé, en direct, que le Parlement flamand venait de voter unilatéralement l'indépendance de la Flandre. La Belgique était démantelée. Au petit écran, politiciens et artistes ont défilé pour réagir à l'annonce. Sur le terrain, des images du pays en ébullition: scènes de joie dans les rues, trains bloqués, avions détournés.

Dans les salons belges, c'est la stupéfaction.

Le hic: toute cette émission n'était qu'une mascarade. Il s'agissait non pas d'un bulletin spécial, mais d'un documentaire fabriqué de toutes pièces, destiné à montrer les conséquences d'une éventuelle scission entre la Flandre et la Wallonie. L'autre hic: des milliers de Belges sont tombés dans le panneau, et ce, malgré le bandeau "Ceci est une fiction" affiché à l'écran pendant la diffusion du film.

Le faux a fait scandale. "Le soir où la RTBF explosa", titrait, le lendemain, le quotidien belge Le Soir.

L'émission s'est évidemment retrouvée sur YouTube et ailleurs. Et en moins de temps qu'il en faut pour dire "Manneken Pis", l'histoire a fait le tour du monde trois fois.

Ce bluff made in television n'est pas sans rappeler une autre initiative d'une autre télévision publique, celle-ci néerlandaise. En effet, le mois dernier, on apprenait l'existence d'une mystérieuse téléréalité diffusée sur la chaîne publique BNN, aux Pays-Bas.

Dans cette émission, une jeune femme en attente d'un rein devait choisir un éventuel donneur. Une sorte de Star Académie, à la différence que le gagnant se retrouverait sur une table d'opération plutôt qu'à Sucré Salé.

La nouvelle a encore une fois fait le tour du monde. Quelques jours plus tard, on apprenait que cette émission n'était finalement qu'un canular. Un exercice visant à faire pression sur le gouvernement néerlandais afin que la réglementation sur les dons d'organes soit modifiée.

Dans le cas de la mort de la Belgique, comme dans celui de cette fausse téléréalité, la controverse a permis à des chaînes publiques de mettre sur la place publique des sujets d'intérêt public. Mission accomplie.

L'ancien patron de la RTBF, Alain Gerlache, est de passage, cette semaine, à Montréal. C'est lui qui a autorisé la docu-fiction qui a fait trembler les Belges. Il joue même dedans. Il assume complètement. Et si c'était à refaire, il le referait.

Pour Alain Gerlache, l'usage de la fiction était une façon d'innover. "Innover est une question de survie pour la télé publique, dit-il. On a voulu secouer le cocotier. L'émission a peut-être réussie au-delà de nos espérances!"

"Une télévision publique sans public devrait fermer ses portes", ajoute par ailleurs l'ex-patron. Dans un contexte où ce public est déjà sollicité par 300 chaînes et Internet, la télé publique doit redoubler de créativité.

Un documentaire classique sur l'indépendance de la Flandre n'aurait jamais attiré l'attention internationale. Pas plus qu'un reportage objectif sur le don d'organe aux Pays-Bas.

Alain Gerlache n'est plus le patron de la RTBF. Il est aujourd'hui secrétaire général de la Communauté des Télévisions Francophones (CTF). Un "club" qui regroupe treize télévisions publiques francophones, dont Radio-Canada et Télé-Québec. L'association tient sa session annuelle, cette semaine, à Montréal. Les penseurs des télés publiques francophones d'ici et d'ailleurs auront donc à réfléchir à leur avenir. Comment innover et continuer à rejoindre le public? Et jusqu'où innover?

Demain, la télé publique devra-t-elle carburer aux scandales, fussent-ils pédagogiques, pour attirer l'attention et remplir son mandat?

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TÉLÉ

Le destin tordu des Hilton
Un minigolf biblique. Un musée de cire dédié à Jésus. Les joies du rodéo. Début d'une série qui zigzague à travers l'Amérique à la recherche de l'insolite. Bazart, à Radio-Canada, dès le samedi 23 juin, 13 h.

Rediffusion de cet excellent documentaire sur la famille Hilton. Le destin tordu des Hilton, à Télé-Québec, le mardi 26 juin, 23 h.










17 juin 2007, 4:13
La chute ultime
La rage d'Hitler, en apprenant que sa console de jeu Xbox 360 piratée a été bannie de Microsoft Live. Typique gag de geek.
16 juin 2007, 6:11
Journalistes unis contre le Blackberry!
 
Je suis sur le point d'imiter Pat Lagacé, de La Presse, qui écrit ce matin:
Après deux ans de fréquentation fusionnelle, c'est fini, terminé, kaput. Je largue mon BlackBerry. Une machine qui permet à un être humain d'être joignable 24 heures sur 24, qui fait entrer des correspondants invisibles dans son quotidien, dans son salon, dans son intimité, c'est forcément une machine toxique.
Mais bon, une dépendance à la fois. Là, j'ai cessé de fumer. Bientôt ce sera à ton tour aussi, mon cher BlackBerry. Cela fait maintenant 27 mois que je possède un Blackberry, un bidule qui permet de prendre ses courriels de partout, et qui sert aussi de téléphone cellulaire. Quand je dis partout, c'est partout. Métro Berri, je reçois un courriel qui m'apprend que "The Best Enlargement Solution" est maintenant vendue à moitié prix. Et dans le fin fond des bois au chalet de mon père, mon Blackberry vibre pour m'indiquer qu'une certaine Heidi m'offre du Viagra à bas prix. Et sur une terrasse, pendant que je sirote un Martini au concombre au Lobby Bar (officiellement le drink de l'été selon la firme Proulx, Ménard et Associés), il y a Dane Moore qui m'offre un diplôme universitaire en moins de deux clics. Il y aurait 9 courriels sur 10 qui seraient du SPAM. Le courriel est devenu une décharge de messages indésirables. Peu importe le filtre antipourriels utilisé, il y en a toujours qui se glissent jusque dans mon Inbox. Et pas qu'un. Et je paie tous les mois plus de 100$ pour recevoir, peu importe où je suis, ce genre de pollution communicationnelle? Non, merci. Je suis sur le point d'imiter Lagacé, moi aussi c'est fini le Blackberry. NOTE À PATRICK: On devrait fonder une association: "Journalistes unis contre le Blackberry!"
14 juin 2007, 10:15
Nous, les singes
Trois minutes et cinquante-trois secondes de lucidité. Merci à Martin Legault pour la suggestion...
14 juin 2007, 10:03
Passe-Partout - Appel à tous!
 
Je me permets d'utiliser ce blogue pour lancer un appel à tous. Comme vous le savez peut-être, je serai l'heureux père, le 12 septembre prochain, d'un extraordinaire livre sur l'histoire de Passe-Partout... Or, les mignonnes petites fourmis de chez Toxa qui travaillent nuit et jour à monter les pages de cette "oeuvre" sont à la recherche de photographies d'enfants regardant la télévision. Nous cherchons des photos de famille. Des photos de vous, par exemple, quand vous étiez petit. Il n'est pas nécessaire de voir la télévision dans le plan, mais que l'on sente au moins que les enfants regardent la télévision. Ce pourrait aussi être des enfants devant un téléviseur. L'idéal, ce serait vraiment des enfants qui regardent une émission de télévision. Et si cette émission est Passe-Partout en plus, c'est dans la poche! Bref, si votre photo est choisie, vous aurez le plaisir de la voir publiée dans ce superbe livre, en plus de gagner un exemplaire gratuit à montrer à vos amis! Alors, nous recherchons: 1. Une photo avec au moins trois ou quatre enfants de 2 à 7 ans regardant la télévision, datant du début des années 70. (entre 1970 et 1974). 2. Une photo avec au moins deux ou trois enfants de 2 à 7 ans regardant la télévision, datant de la fin des années 70 (entre 1975 et 1980). 3. Une photo de deux enfants regardant la télévision, datant des années 1980. 4. Une photo d'un enfant de 4 ou 5 ans, regardant la télévision, datant du début des années 1990. Vous pouvez numériser la photo en basse résolution, me l'envoyer par courriel. Si la photo est choisie, nous aurons besoin de l'original pour la numériser en hyper-haute résolution! Pour des raisons de gestion trop compliquée, je ne peux accepter les photos envoyées par la poste (si je reçois 100 photos, ça me fait 100 photos à renvoyer par la poste et bon... j'ai une vie!) Merci infiniment!
14 juin 2007, 9:44
Tout seul, avec tout le monde...
Une excellente entrevue avec Samir Husni, le directeur du département de journalisme de l'Université du Mississippi. Un expert en médias, mais surtout en matière de magazines. Tellement qu'il est surnommé chez nos voisins du Sud, "Monsieur Magazine". Bref, dans son entrevue, il parle d'un phénomène dont j'ai tenté de parler cette semaine dans ma chronique médias. La "connectivitée isolée" (traduction libre de "isolated connectivity"). Extrait:
In this age, which I call the 'Isolated Connectivity Age,' we are more isolated and connected than ever before. Our social skills are going to start appearing on the web. We live by our cell phones, computer screens and TV screens. It gives us a sense of connectivity but we are very isolated. I see my son watching a clip of a movie on YouTube and he's text messaging his girlfriend and she's watching the same thing on her computer. I say, 'What's wrong with the good old-fashioned way where you went to a movie theater and got popcorn and try to reach for the popcorn and miss?' They look at you like 'you're a weirdo, daddy!'
Bref, on est tout seul, mais avec plein de gens en même temps... Pathétique. * Ah oui, pour Violaine qui me demandait il y a quelques mois s'il existait un blogue sur le monde du magazine. Celui de M. Husni est à mettre dans tes favoris! * Et pour les étudiants de l'Université de Montréal qui me demandaient s'il existait un autre blogue semblable au mien, voici celui de Julien Brault.
14 juin 2007, 12:00
Nous, les singes1
En 1920, l'humoriste américain Clarence Day publiait un essai sur la nature humaine, This Simian World (Nous, les singes, en français). Il y allait d'une réflexion amusante: "Et si l'homme ne descendait pas du singe, mais d'un autre animal, du chat, de la fourmi, ou encore de l'éléphant? Quelles en auraient été les conséquences sur notre monde?"

Par exemple, si les félins avaient gagné à la loterie de Darwin, s'ils avaient atteint notre niveau d'évolution, leurs sociétés auraient probablement compté beaucoup d'ermites et de solitaires nocturnes. Et pour régler leurs conflits, les duels auraient certainement été plus courants que les joutes oratoires... En somme, les chats auraient façonné le monde à leur image.

Malheureusement pour les minous, c'est une espèce de singes - ces bestioles maladroites, peureuses et tapageuses - qui a été choisie pour dominer la planète. Le monde civilisé pense donc comme un primate.

Nous, les singes, aimons communiquer. Pour ce faire, nous avons inventé des langages complexes, puis l'écriture, la littérature, la poésie. Nous avons par ailleurs conçu toutes sortes de moyens pour diffuser nos précieux messages, du pigeon voyageur au blogue.

Or, si nous, les singes, aimons communiquer, c'est surtout par désir de se faire voir, de se faire entendre. Pour y parvenir, certains seraient même prêts à n'importe quelle singerie.

Tenez, un exemple: trois soirs par semaine, à l'émission Que feriez-vous pour 100 piasses? (TVA), des singes se font voir. L'autre soir, j'ai vu une jeune femme roter dans différentes tonalités. Cela, devant des centaines de milliers d'autres singes, rivés à leur petit écran. Typiquement primate comme comportement.

Bref, parce que nous aimons communiquer, nous, les singes, sommes des êtres sociaux. Nous aimons la compagnie. Beaucoup plus que les chats. Puisque nous avons l'esprit de groupe, avec le temps, nous avons fini par créer des villages, puis des villes, puis des métropoles...

Paradoxalement, au cours de cette belle évolution, nos cerveaux de singes sociaux ont inventé des technologies qui ont contribué à nous isoler davantage.

Nous nous sommes construit des cabanes confortables et sécuritaires. De beaux cocons dotés de cinémas maison. Nous sortons moins, préférant la compagnie de notre collection de DVD à celle des potes. Les sorties en famille ont été peu à peu remplacées par la télé. Nous avons même des chaînes spécialisées: Canal D pour papa, Canal Vie pour maman, Vrak.tv pour l'ado. Chacun sa télé! Du coup, on s'isole au sein même de son clan. Selon de récents chiffres de Statistique Canada, 24 % du déclin du temps passé en famille serait attribuable au fait que les singes écoutent la télévision seuls, plutôt qu'avec un membre de leur famille.

Pour nous, les singes, cet isolement est peut-être douillet, mais nous avons toujours ce besoin irrépressible de communiquer, de voir du monde et de nous faire voir du monde...

C'est donc sans surprise que je constate l'engouement autour de Facebook, ce réseau social en ligne qui fait fureur ces temps-ci.

Lancé en 2004, Facebook a aujourd'hui une moyenne de 24 millions de visiteurs dans le monde (Media Metrix). Et chaque visiteur fréquente le site en moyenne 22 fois par mois.

Facebook est un site conçu pour nous, les singes. On s'y trouve des amis. On y partage ses goûts ou son état d'esprit. On retrouve d'anciens collègues de classe ou de travail. On se mêle à des groupes d'intérêts. On communique. On se fait voir. On finit par passer des heures à tisser un réseau social virtuel.

Pourquoi ne pas passer au réseau social réel? Parce que Facebook est le produit d'une société de singes qui vivent en cocon depuis trop longtemps. Or, si 24 millions de personnes perdent un temps fou à tenter d'entrer en contact avec d'autres personnes, c'est peut-être parce que nous, les singes, en avons marre d'être seuls. Dans notre bulle, on trouve le temps long. Facebook m'apparaît donc être un moyen de manifester notre désir de retrouver la bande, la tribu, le groupe.

Un moyen maladroit, certes, mais nous sommes des singes après tout!

Facebook
[www.facebook.com]

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CETTE SEMAINE À LA TÉLÉ

Chez Schwartz, la vie à l'intérieur de la célèbre place à smoked-meat du boulevard Saint-Laurent. Un documentaire présenté à Télé-Québec, le dimanche 17 juin, 20 h 30.

Les tomates voient rouge, ou les problèmes de l'alimentation industrialisée à travers l'histoire de la tomate. Un documentaire présenté à Télé-Québec, le lundi 18 juin, 20 h.


12 juin 2007, 10:30
Je suis facile à lire
Connaissez-vous l'indice de Gunning? Il a été inventé dans les années 50 par le linguiste américain Robert Gunning et permet de mesurer le degré de lisibilité d'un texte. Ainsi, selon l'indice de Gunning, un texte est facile pour le grand public s'il a un indice de moins de 6. Entre 9 et 10, c'est un texte du Sélection du Reader's Digest. Au-delà de 13, le texte est considéré comme difficile à déchiffrer pour la majorité des ours. En fait, selon André Noël dans son guide Le Style (à mettre entre les mains de tout jeune journaliste): "Si l'indice est supérieur à 12, le lecteur non averti s'y perd." En utilisant Textalyser, je me suis amusé à mesurer l'indice de Gunning de textes récents, signés par certains de nos chroniqueurs les plus notoires... Voici donc, en date du 12 juin 2006, un palmarès incomplet des chroniqueurs québécois, du plus au moins lisible...
  1. Josée Legault (Voir) - Indice de Gunning: 5.4 (Aussi facile à lire qu'une bande dessinée!)
  2. François Avard (ICI) - Indice de Gunning: 7.1 (Bébé fafa)
  3. Steve Proulx (Voir) - Indice de Gunning: 8 (Facile aussi)
  4. Richard Martineau (Journal de Montréal) - Indice de Gunning: 8.2 (Presque aussi facile que moi. Lâche pas Richard!)
  5. Josef Facal (Journal de Montréal) - Indice de Gunning: 8.8 (Indubitablement facile)
  6. François Parenteau (Voir) - Indice de Gunning: 9.8 (François pourrait écrire pour le Reader's Digest)
  7. Pierre Thibault (ICI) - Indice de Gunning: 10 (Pierre aussi)
  8. Josée Legault (The Gazette) - Indice de Gunning: 10.3 (Pourquoi Josée est-elle plus difficile à lire dans The Gazette que dans Voir?)
  9. Jean Dion (Le Devoir) - Indice de Gunning: 11.4 (Attention)
  10. Pierre Foglia (La Presse) - Indice de Gunning: 12 (Limite)
  11. André Pratte (La Presse) - Indice de Gunning: 12 (Limite aussi)
  12. Chantal Hébert (Le Devoir) - Indice de Gunning: 12.8 (On vient d'en perdre quelques-uns)
  13. Alain Dubuc (La Presse) - Indice de Gunning: 13 (Feu rouge)
  14. Lysiane Gagnon (La Presse) - Indice de Gunning: 14.8 (Gn'ai pas compris toute l'artike)
  15. Louis-Gilles Francoeur (Le Devoir) - Indice de Gunning: 17 (Ceux qui ont compris, expliquez-le aux autres!)

9 juin 2007, 11:21
Une image ne vaut pas mille mots
 
Vous connaissez l'expression « Une image vaut mille mots »? Elle est si bien ancrée dans la culture populaire qu'on ne la remet jamais en question. De plus en plus, on ne lit plus, nos journaux sont comblés d'images qui nous donnent l'impression d'avoir lu mille mots... C'est n'importe quoi. Et j'entends bien prouver qu'une image, ça ne vaut pas mille mots du tout. Afin de soutenir mon point, voici une image tirée de mon album de photos. Et voici mille mots s'y rapportant : * Cette photo très ordinaire a été prise quelque part entre Noël et le Jour de l'An de cette année. Elle montre l'auteur de ces lignes, l'air désolé, assis devant jeu de Monopoly. L'expression de mon corps traduit l'impression d'une défaite. Clairement, je suis en train de me faire laver par mes trois partenaires de jeu. Des partenaires, d'ailleurs, que l'on devine, mais que l'image ne montre pas. Pour ceux que ça intéresse, ceux-ci se nomment Jean-François Parent, Véronique Lecours et Cécile Gladel. La photo a d'ailleurs été prise par Cécile, qui s'est amusée à documenter visuellement ces quelques jours dans les bois... Cela dit, revenons à ma posture. Est-ce vraiment une pose de défaite, ou simplement l'effet engourdissant de l'alcool qui, quelques minutes plus tôt, remplissait le verre désormais vide? Malheureusement, cette photo ne fournit pas ce détail. Les mots par contre peuvent vous confirmer que ma position particulière est le résultat d'un heureux mélange entre le gin-tonic et la déconfiture au Monopoly. Il est à noter par ailleurs que, cette soirée-là j'ai été le seul à m'abreuver au gin tonic, mes compatriotes préférant le vin rouge acheté à l'épicerie du village. Comme en témoignent leurs coupes vides, leur état devait être aussi second que le mien. Je me souviens vaguement que, lors de cette fameuse partie de Monopoly, j'avais usé de la stratégie du « petit train va loin ». J'ai cru à tort pouvoir ruiner à petit feu mes adversaires en achetant les quatre chemins de fer. Amère déception. Jean-François, qui dans la vraie vie est journaliste pour Les Affaires, nous a tous battus à plates coutures en achetant tout, tout, tout sur son passage. Et en récoltant ensuite. Au moment où cette photo a été prise, je n'avais plus que quatre propriétés. Et pas les plus payantes (Baltique, Méditerranée, etc.). Toute cette scène se déroule dans un chalet, le soir, au beau milieu d'une forêt que possède mon père. Afin de célébrer la fin de l'année et de quitter le gris de la ville pour le grand air vivifiant, j'ai eu l'idée d'inviter quelques amis à ce chalet, que mon père met gracieusement à la disposition de ses enfants. Deux ans auparavant, j'avais invité à cet endroit vingt-cinq louveteaux dont j'étais le chef (oui, j'ai déjà été chef scout). Vingt-cinq dans un chalet, c'était un peu beaucoup. Dans ma famille, ce chalet s'appelle la « cabane ». Pourquoi? Simplement parce qu'il s'agit d'une cabane à sucre qui n'est jamais devenue une cabane à sucre. Ce chalet, c'est un projet de cabane à sucre avorté, en somme. Bref, la « cabane » est située à Valcourt, en Estrie, tout juste à côté du siège social du mouvement raëlien. Et honnêtement, c'est à peu près la seule anecdote croustillante que l'on peut trouver à propos de ce chalet. Et encore une fois, voilà un détail que la photo ne montre pas. Mon père a construit ce chalet il y a bien une dizaine d'années avec mon oncle Bruno et quelques autres amis dont Guy Longpré. Le nom ne vous dit probablement rien, mais à Sherbrooke, le type est un contracteur d'immeubles commerciaux de renom. C'est d'ailleurs lui qui a fourni les portes du chalet, lesquelles proviennent directement d'une ancienne succursale des Caisses populaires Desjardins. Comme tout bon chalet, celui-ci est meublé d'anciens meubles ayant servi jadis dans la résidence officielle des propriétaires. Dans le cas qui nous occupe, la table et la chaise sur laquelle je suis assis sont faites de bois massif (du chêne). Ce mobilier a été le premier ensemble de cuisine que mon oncle Bruno et ma tante Lucie ont possédé, jadis, alors qu'ils étaient encore de jeunes mariés. Vous constaterez aussi que je porte un t-shirt noir sur lequel il est inscrit « Tryad ». Une recherche sur Google vous aurait informé que Tryad est le nom d'un groupe de musique britannique. Vous dire que je suis un fan de Tryad serait mentir. En fait, ce t-shirt est un cadeau d'une amie, K. À l'époque où elle travaillait comme chroniqueuse à la Revanche des Nerdz, elle avait l'habitude de chercher sur Internet de la musique libre de droit, sous licence Creative Commons. Lors d'une de ces recherches, elle est tombée sur Tryad, qui distribue ainsi gratuitement sa musique sur le Web. K a informé le groupe par courriel qu'elle avait utilisé une de leur pièce pour habiller son topo télévisé. Le groupe a été si honoré à l'idée qu'une émission de télé de l'autre côté de l'océan diffuse sa musique qu'il a envoyé un t-shirt à K. K me l'a donné. Et voilà, je le porte encore. Voilà donc pour l'histoire du t-shirt. Un autre détail concernant ce t-shirt que la photo ne montre pas : je le porte depuis deux ou trois jours. Il est de notoriété publique qu'en forêt, on ne se lave pas. Ainsi, on éloigne les moustiques. Remarquez, en plein mois de décembre, ce n'est pas véritablement un problème, les moustiques. Je porte un t-shirt surtout parce qu'il fait chaud, mais alors là très chaud, dans le chalet. Nous avions remplis la truie de bûches d'érable. Et l'érable, ça chauffe. En fait, la température ambiante de la « cabane » s'apparentait à celle d'un sauna. D'où peut-être, aussi, cette posture. La chaleur m'écrasait. En ce qui concerne les autres détails de l'image, j'attire votre attention sur le cendrier posé sur la table de mon oncle Bruno, au fond de l'image. Ce cendrier de verre me rappelle qu'à cette époque, je fumais encore. C'est que, voyez-vous, je suis en ce moment sur le point d'avoir réussi à vaincre le tabagisme. De ce fait, j'ai découvert que de se garder occupé contribuait à rendre plus tolérables mes envies de fumer. Depuis que j'ai cessé de fumer, ma vaisselle est toujours propre, j'ai posé mes cadres sur mon mur, je cuisine de nombreux petits plats. Et dans les rages les plus intenses, j'occupe mes doigts à décrire en mille mots des images comme celle-ci... * Et paf, mille mots pile. Alors, venez me dire maintenant qu'une image vaut mille mots? Verdict: on en apprend bien plus en mille mots qu'en une image.
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