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April 2007 - Messages
30 avril 2007, 4:04
Gadgets promotionnels
En ma qualité de chroniqueur Médias, je reçois des cadeaux chaque semaine. Oui, chaque semaine, les relationnistes des chaînes de télé m'envoient toutes sortes de babioles promotionnelles afin d'attirer mon attention et espérer que je parle de leurs émissions dans ma chronique. C'est bien gentil, mais ça ne fonctionne jamais. D'ailleurs, je ne connais aucun journaliste qui se laisse berner par ce genre de gadgets. Personnellement, ce qui m'intéresse, c'est de voir l'émission. Quelle vienne toute nue, ou dans un sac-cadeau comblé de confitures fines, ça n'a aucune espèce d'importance à mes yeux... Toujours est-il que, depuis que je suis chroniqueur Médias, j'ai fini par accumuler une belle collection d'objets promotionnels. J'ai des mitaines de four Canal Vie, un ensemble nachos/salsa/verre de plastique ARTV, une tasse à café François en série, des coupes à vin Tout le monde en parle, un parapluie Historia, une lampe d'ordinateur Ztélé, un sac à lunch Télétoon, un sac pour ordinateur portable Télé-Québec, un couverture Radio-Canada, un t-shirt Bazzo.tv, un t-shirt Planète, un t-shirt Gamerz et certainement plusieurs autres gugusses qui pourrissent quelque part chez moi. La semaine dernière, j'ai reçu un autre cadeau. Celui-là, je l'avoue, il m'a fait sourire. Un petit festival plein de bonnes intentions a décidé de faire un geste vert. Ainsi, plutôt que d'imprimer leur pochette de presse sur du papier, ils ont décidé de la fournir en format numérique, sur un bracelet USB de 125 Mo, bien enveloppé dans du plastique. Le bracelet était bien sûr livré dans une enveloppe matelassée tout aussi difficilement recyclable. On a donc décidé, pour des raisons écologiques, de remplacer trois feuilles de papier par un gadget électronique à peu près pas recyclable, qui a certainement demandé beaucoup d'énergie à produire, qui contient des métaux lourds et qui ne risque pas de me servir, puisque j'ai déjà deux clés USB (une de Canal Vox et une autre de TA.tv, le nouveau canal des petites annonces). L'intention était bonne, c'était malheureusement de l'écologie mal placée. La prochaine fois, lâchez les gugusses, imprimez vos communiqués sur papier recyclé. C'est amplement suffisant! * Tenez, Manon y va de ses propres gadgets aussi. Ce serait bien si les journalistes dénonçaient une fois pour toutes les pratiques de gaspillage des relationnistes. Ce pourrait être "notre petit geste pour la planète"! Et si on lançait une pétition pour demander des pratiques écologiques en matière de relations publiques?
30 avril 2007, 3:41
S'occuper de tout
Je n'ai pas l'habitude de critiquer les publicités à la télé. Enfin, disons plutôt que je passe mon temps à critiquer les publicités à la télé, mais rarement en public. Je ne sais pas si vous avez vu la dernière de la chaîne de pharmacies Proxim. (À voir ici.) On se croirait dans les années 50. On y voit une femme qui "s'occupent de tout", elle sert le café à Monsieur le matin, sort le chat, fait la lessive, passe la journée au bureau, revient à la maison pour servir une grosse dinde à re-Monsieur (qui est toujours aussi passif qu'au matin). Puis le slogan: "Vous passez la journée à vous occuper de tout, mais qui s'occupe de vous?" Et c'est là qu'on voit arriver... un pharmacien. Résumons vulgairement le message: "Gâche ta vie à servir les autres, maudite niaiseuse. Quand t'en auras plein le cul, viens nous voir. On a des pelules pour toi." Sérieusement, je pensais que ce genre de pub de la femme-superhéroïne et de l'homme-plante-verte, c'était du passé. Semble-t-il que non... Désolant.
28 avril 2007, 11:40
Un coup de coeur
 
J'espère que mes collègues de la section Musique ne trouveront pas que j'empiète dans leurs plates-bandes en parlant un brin de musique. N'ayez crainte, je serai bref. Je voulais simplement souligner que le nouveau single de Rufus Wainwright qui se retrouvera sur son cinquième album (attendu pour le 15 mai) est absolument sublime. Elle s'intitule Going to a town et peut être entendue sur le site de Rufus ou téléchargée sur iTunes. C'est, sincèrement, la meilleure chanson entendue depuis un moment. Je participais tantôt à l'enregistrement de Je l'ai vu à la radio, l'émission de Franco Nuovo à La Première Chaîne. On a fait jouer la chanson dans son intégralité. Une rare fois que la chose arrive à cette émission. Mais parfois il le faut. Going to a town parle d'un sentiment tellement actuel envers les États-Unis. Pas une colère, pas d'agressivité. Une déception. Voilà un hymne à l'amertume ambiante envers la politique américaine. Tell me - Do you really think you go to hell for having love?. Une complainte aux U.S.A. de Dubya. You took advantage of a world that loved you well. Une chanson poussé par la voix plaignarde, un brin désabusée, de Rufus. Une voix qui, dans ce cas-ci, sert à merveille le propos de la chanson. I'm so tired of America... Cette chanson, c'est la trame sonore de l'état d'esprit actuel.
26 avril 2007, 12:00
Échos du troisième sous-sol
C'est au studio 42 que chaque semaine, depuis septembre 2004, des personnalités sont invitées à s'ouvrir, à se commettre, à s'étendre entre deux gorgées de vin. C'est dans ce troisième sous-sol que se fabriquent depuis trois ans les conversations de machines à café du Québec. C'est dans ce trou que se tourne Tout le monde en parle.

Puisque c'était le dernier enregistrement de la saison, les journalistes ont été conviés à visiter les coulisses de l'émission-reine de Radio-Canada, jeudi dernier. Une première. Paul-du-Devoir et Richard-du-Soleil étaient là. La grande Pascale du plus grand quotidien montréalais aussi, ainsi que quelques représentants du plus grand quotidien français d'Amérique. Même Steve, de La Tribune, était descendu de Sherbrooke exprès pour l'occasion. Bref, tout le monde était là. Et on s'est tous retrouvés, vers 17 h, dans les gradins du studio 42, à papoter pendant que Guy A. animait une répétition générale...

"On fait ce qu'on appelle un cue-to-cue technique", a précisé l'animateur. Avant chaque enregistrement, l'équipe de Tout le monde en parle passe en rafale l'entrée des invités (joués par des étudiants) et pratique les mouvements de caméras. Bien sûr, on en profite pour peaufiner quelques blagues. Ainsi, Dany Turcotte devait tendre à Gilbert Rozon une loupe, que ce dernier aurait pu utiliser pour lire les petits caractères sur sa carte (qui imitait un contrat). Vous n'avez pas vu ce gag dimanche dernier, car le patron de Juste pour rire avait finalement d'assez bons yeux pour se passer de la loupe... Vous n'avez pas non plus entendu les craques méchantes que Guy A. a poussées sur Jacques Villeneuve (pas le chanteur, le mononcle). Ces gags-là, on se les garde pour la répétition.

Pour peu, on se serait cru dans un épisode de Legendre idéal. Nous sommes bien dans les coulisses d'un talk-show, avec toutes ces bonnes idées qui ne finiront pas à l'écran...

Depuis ses débuts, Tout le monde en parle est l'objet d'une couverture médiatique soutenue. "On analyse chaque émission comme un match de hockey", a dit Dany Turcotte en entrevue. La comparaison n'est pas bête: le hockey et Tout le monde en parle ont des ressemblances frappantes. Dans les deux cas, il y a fabrication d'icônes populaires.

Au hockey, le héros est celui qui déjoue l'adversaire pour marquer des buts, tout ça dans les règles de l'art. On préfère d'ailleurs les joueurs "propres", qui font preuve d'humilité autant dans la défaite que dans la victoire.

À Tout le monde en parle, c'est la même chose. On s'attachera à un invité qui saura faire face à la musique avec modestie, quelqu'un qui sera capable de poser un regard honnête autant sur ses victoires que sur ses échecs. On aime aussi les petits vites, qui savent répondre intelligemment aux questions de Guy A., tout en évitant les pelures de banane.

C'est parce que Tout le monde en parle fabrique des icônes populaires que cette émission suscite autant d'intérêt. Le procédé est simple. Chaque semaine, des gens descendent dans ce trou au troisième sous-sol de Radio-Canada, ils se font maquiller, ils attendent quelques heures dans le green room, ils se présentent devant le concile, et remontent à la surface avec une nouvelle ampleur. Ils sont soit affaiblis (Raël, Guy Fournier), soit fortifiés (Georges Brossard, Fred Pellerin, Chantal Hébert et combien d'autres).

Les meilleurs moments de Tout le monde en parle. À Radio-Canada, le dimanche 29 avril, 20 h.

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TÉLÉ

Que le meilleur gagne
Il est rarissime qu'une émission disparue se réincarne. Que le meilleur gagne, le jeu-questionnaire animé par Gregory Charles de 1993 à 1997, revient en ondes après dix ans d'absence! Cette fois, Gregory étant devenu une vedette internationale, on a confié l'animation à Alain Dumas. Le jeu commence toujours avec cent participants pour se conclure avec un seul gagnant. Que le meilleur gagne, à Radio-Canada, dès le lundi 30 avril, 20 h.

WWW

Inspiré du site Overheard in New York (www.overheardinnewyork.com), un blogue qui collectionne des répliques, des mots de sagesse ou de curieuses conversations entendues à Montréal, dans l'autobus, à l'école, à l'épicerie. Tordant. Entendu à Montréal (entenduamontreal.wordpress.com)








24 avril 2007, 11:53
À lire absolument
Si vous ne l'avez pas lu ce matin l'entrevue de Marc Cassivi (La Presse) avec Jean-René Dufort. Ben il faut la lire. Honnêtement, il est rare qu'un regard aussi lucide soit posé sur la profession journalistique.
J.-R.D.: Au Québec, on est tellement un petit village qu'on a le syndrome de la syncope. Dès qu'on trouve une nouvelle, on est en syncope pendant deux ou trois jours, jusqu'à ce qu'il y ait une autre nouvelle pour qu'on recommence. Pendant la fameuse «crise» des accommodements raisonnables, j'avais envie de faire une réunion de province. Les médias ont foutu le bordel pour rien. Faire la une avec «Ils n'ont pas mis de jambon dans la soupe aux pois!», c'est débile. Ça allume le feu de paille pour rien.

24 avril 2007, 9:14
Connaissez-vous Les Simpsons?

The Simpsonzu by *spacecoyote on deviantART Je vais vous confier un truc honteux. Depuis des années, je regarde au moins un épisode des Simpsons chaque jour. En fait, depuis 17 ans (soit depuis que le premier épisode en français a été diffusé à Super Écran). J'ai vu la plupart des épisodes des dizaines de fois. Je n'en ai peut-être pas l'air comme ça, mais je suis un fan fini des Simpsons. Pour certains, c'est Star Wars ou Elvis. Pour moi, c'est Homer, Bart, Marge, Lisa et Maggie... Bref, quand j'ai appris que Les Simpsons allaient enfin atterrir sur grand écran (le 7 juillet prochain), j'ai bien entendu jubilé... Or, j'ai pensé faire patienter les fans en proposant ici un "Quiz Simpsons" pas piqué des vers. Dix questions, de niveau "bébé" à "débile". Bien sûr, toutes les réponses sont trouvables facilement sur Internet. Mais pour une fois, laissez donc faire Wikipedia et testez vos "vraies" connaissances! Connaissez-vous Les Simpsons? 1. BÉBÉ: Quel est le prénom du chef de police Wiggum? 2. FACILE: Comment se prénomme le frère jumeau de Homer Simpson? 3. CORRECT: Dans le nom Homer J. Simpson, que signifie le "J."? 4. MOYEN: Dans lequel de ces pays les Simpsons n'ont-ils jamais mis les pieds? Inde, Angleterre, Brésil, Australie, Russie, Chine, Japon, France, Canada? 5. ON COMMENCE À PARLER SÉRIEUSEMENT: Lenny et Carl sont les deux collègues de travail de Homer, quels sont leurs noms de famille respectifs? 6. PAS FACILE: Dans la version québécoise des Simpsons, quel est le nom de l'iguane de Selma? 7. DUR: Quel est le véritable nom du personnage simplement appelé "le gars des bandes dessinées"? 8. DUR DUR: Quel est le nom du personnage se voulant un parodie du cinéaste et producteur George Lucas? 9. VRAIMENT DUR: Dans un épisode, Marge tombe follement amoureuse d'une marque d'essuie-tout, quelle est le nom de cette marque? 10. DÉBILE: Quel est le titre du tableau représentant un bateau, accroché dans le salon de la famille Simpsons depuis toujours?
23 avril 2007, 5:21
Soldats canadiens tués en Afghanistan: achetez les bobble heads!
 
Mon ex-collègue Martineau publie un billet que je voulais moi-même publier. Il porte sur un "Album-Souvenir" que La Semaine a publié pour commémorer la tuerie de Virginia Tech. Un "album-souvenir"... Pour une tuerie. Non mais, est-ce assez de mauvais goût pour vous? Tous les médias font de l'argent sur le dos de cette tragédie. C'est un fait. Il me semble toutefois qu'il existe un certain devoir de retenue. M. "Bonne Semaine" est peut-être le maître du magazine cucul au Québec, il me semble malgré tout que le GROS BON SENS hurle que d'accoler le terme "Album-Souvenir" à la pire tuerie à être survenue dans une école, c'est faire preuve d'un mauvais goût complet. C'est la loi du merchandising appliquée aux drames humains. Un peu comme si on lançait des bobble heads commémoratifs des soldats canadiens tués en Afghanistan. Bref, c'est petit. Très petit.
22 avril 2007, 11:01
Choses à mentionner
 
John Rambo, à l'âge d'or
Un peu à la manière des choix culturels de Josée Blanchette chaque semaine dans Le Devoir, je me permet quelques mots sur quelques trucs remarqués cette semaine... Trouvé ridicule: La publicité "Solarium de Paris, inventé et fabriqué au Québec!" Officiellement écoeuré: Des cahiers spéciaux sur Le Jour de la Terre pour nous dire qu'il faut faire plus de vélo, couper l'eau en se brossant les dents et nettoyer sa cour avec un balai plutôt qu'avec un tuyau d'arrosage. Ces fuckin' "p'tits gestes" à la con ne font que donner l'illusion que l'on fait quelque chose "pour la planète". C'est toutefois complètement inefficace. Demander à des individus de faire des gestes collectifs, sans qu'ils n'en retirent aucun bénéfice individuel direct et tangible, c'est donner un coup d'épée dans l'eau. Ce qu'il faut, ce sont des lois. Des lois incitatives, des récompenses pour ceux qui sont verts. Des taxes et des emmerdements fiscaux pour ceux qui s'en sacrent de l'environnement. Le jour où ce sera ce seul message que les écolos marteleront, en en profitant pour nous sacrer patience avec nos petits sacs de plastique à l'épicerie, on pourra dire que la cause environnementale aura fait un vrai pas de géant. Estomaqué: Quoi, c'est encore à l'affiche, Nos voisins Dhantsu? Haussé les épaules comme si plus rien ne me touchait vraiment: En apprenant que Mario Dumont avait nommé comme critique officiel en matière de culture le maire de Mandeville, un ancien boucher qui, selon Le Devoir, "détient un DEC en sciences humaines du Cégep de Joliette et ne présente aucune expérience notable dans le secteur des arts, des lettres ou des industries culturelles." Le village de Mandeville "compte moins de 2000 habitants. En 2006, la municipalité consacrait près de 173 000 $ sur un budget de 2,4 millions à son volet «loisirs et culture». L'édifice de la mairie de Mandeville abrite une bibliothèque municipale ouverte quatre heures par semaine." Vu: Les premières photos du plateau de Rambo IV. Perdu tout espoir: En découvrant ce matin dans le Journal de Montréal que des gens étaient prêts à débourser 11$US pour voir des vidéos de femmes (habillées) fumant des cigarettes pendant une dizaine de minutes. Le monde ne va pas bien du tout, les amis.
19 avril 2007, 12:00
Goûtez la différence...
Dimanche dernier, je suis allé y goûter, à cette différence...

En pénétrant dans l'établissement, j'ai tout de suite noté le soin apporté à la déco, un hommage à la culture et aux valeurs traditionnelles d'ici. Banquettes fuchsia avec dossiers bleu poudre, tables de mélamine beige, murs moutarde, fleurdelisé incrusté dans les carreaux bleu-vert du plancher. Au fond, une spectaculaire fresque montre un enfant en pyjama, assis en Indien, devant un drapeau du Québec évoquant un ciel azur. Onirique.

Même si je sentais que le décorateur avait éprouvé de la difficulté à bien canaliser sa créativité, j'ai dû admettre un fait: je venais de pénétrer dans un restaurant québécois. Pas chez Burger King.

Mais qu'en était-il de la cuisine? Au comptoir, deux cuistots libanais m'ont accueilli avec célérité. Coup d'oeil au menu trônant au-dessus des friteuses: fish'n'chips, pita au poulet, gyros, hot-dog Michigan, hamburger, pizza bambino, pizza hawaïenne, pizza "Belle Province".

J'en ai conclu assez vite que l'intitulé "Belle Province", accolé à plusieurs mets, indiquait en fait la présence de viande fumée. "Belle Province" synonyme de "smoked meat"? Logique.

Après quelques hésitations, j'ai commandé un hot-dog Michigan. Or, je m'attendais à "goûter la différence", comme le promet si éloquemment le slogan de cette mosquée du gras trans. Amère déception...

En réalité, il n'existe que de subtiles nuances entre La Belle Province et les autres chaînes américaines que sont McDonald's, Burger King ou Wendy's. En fait, La Belle Province fait comme les autres, mais en plus cheap.

Et c'est en goûtant cette différence que l'illumination m'est venue. Dans les restes de mon hot-dog Michigan, j'ai vu l'avenir. L'avenir de notre télé, qui commence à ressembler étrangement à La Belle Province.

La même chose qu'ailleurs, en plus cheap.

La déferlante d'émissions étrangères qui atterrissent ces jours-ci sur nos ondes me semble être un signe avant-coureur. Bien sûr, nos diffuseurs n'ont plus les moyens de financer des tas de séries lourdes et originales. Bien sûr, c'est l'été - la saison morte en télévision. Bien sûr, les séries américaines sont souvent excellentes...

Tout de même, il y a péril en la demeure. Je crains l'acculturation tranquille de notre petit écran.

Prenez Télé-Québec. Notre réseau public provincial mettra en ondes cet été quatre nouvelles séries de la BBC (Les As de l'arnaque, La Reine vierge, Casanova, La Société fantôme), ainsi qu'une série suédoise (Wallander: enquêtes criminelles). Radio-Canada diffusera quant à elle trois séries américaines: Perdus, Beautés désespérées et Suspect no 1. Heureusement, notre société d'État propose aussi deux nouvelles émissions "originales": Legendre idéal et la résurrection de Que le meilleur gagne. Je mets "originales" entre guillemets, car voyez-vous, ces deux concepts sont nés ailleurs. En Finlande pour le premier, en Angleterre pour le second.

À TVA, qui a dominé les cotes d'écoute cet hiver grâce au Banquier (un concept américain édulcoré à la sauce Snyder), on nous offrira quatre autres américaines. Deux dramatiques (Dr House et Las Vegas) et deux téléréalités (Les Anges de la rénovation et Qui perd gagne). TQS régurgite aussi une téléréalité de nos voisins d'en bas: L'Île de la tentation.

On se sent chez nous, non? Et je ne vous ai pas parlé du contenu étranger qui comble nos si belles chaînes spécialisées. Pour le faire, il faudrait presque recopier ici le TV Hebdo.

Bref, si j'en crois les restes de mon hot-dog Michigan, et si la tendance se maintient, notre télé pourrait bientôt ressembler au menu de La Belle Province. Un menu comme partout ailleurs, auquel on aura ajouté quelques classiques décorés de viande fumée, afin de donner l'illusion d'une certaine culture distincte.

Goûtez la différence...

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RADIO

La veille du Jour de la Terre (le 22 avril), la Première Chaîne présente une émission spéciale animée par Laure Waridel et Jean Lemire. Une agora médiatique pour trouver des solutions: peut-on sauver la planète dans le système économique et politique actuel? Parmi les invités: Fred Pellerin, Jacques Languirand, Daniel Boucher, Yann Perreau, François Avard. Et Pierre Lebeau "prête sa voix au Québec profond"... 48 minutes et 30 secondes pour sauver la Terre, à la Première Chaîne (95,1 FM), le samedi 21 avril, 11 h.


13 avril 2007, 11:03
Histoires de...
 
Je suis en train de lire Histoires de... qui paraît ces jours-ci chez Leméac. C'est un recueil de récits vrais d'une soixantaine d'auteurs qui ont répondu à une invitation lancée aux auditeurs de la Première chaîne de Radio-Canada. Depuis plusieurs mois, l'ex-rédacteur en chef du Voir, Jean Barbe, lit ces récits à la radio (d'abord à C'est bien meilleur le matin, puis Je l'ai vu à la radio). Ils se retrouvent désormais tous dans cette anthologie. Et ils sont fascinants. En dévorant le bouquin, je me suis d'ailleurs souvenu que, l'automne dernier, on m'avait sollicité pour écrire un récit devant être publié dans ce livre. À ce moment, je l'avoue, je ne comprenais pas trop le concept. Mais j'avais néanmoins commencé à pondre quelque chose. Un petit récit que je n'ai finalement jamais complété, et donc jamais envoyé. Depuis ce temps, l'histoire incomplète traîne sur mon Desktop. En lisant Histoires de... je me suis dit: "Pourquoi ne pas la finir?" L'occasion est belle. Voici donc publié ici, en exclusivité, un récit qui aurait pu être publié dans Histoires de... si je m'étais grouillé le c.. il y a huit mois! C'est long, je sais...
Conan le barbare et Sainte Dominique de la Croix Autant le dire tout de suite, l'histoire qui suit est mystique. « À mes Biens-Aimés Parents ». C'est ainsi que s'ouvrait cette lettre signée Olivine Baril et datée du 5 octobre 1899. Une petite feuille pliée en deux, une écriture soignée de petites lettres cursives. Une lettre issue d'un temps où l'on écrivait encore autrement qu'avec une machine. D'un temps, avant le courriel, où rédiger une missive était un geste noble, signifiant. J'avais déniché cette lettre dans une boîte de documents pêle-mêle, chez un antiquaire aux alentours d'Iberville. Sans y réfléchir, je l'avais glissée dans un vieil Almanach du Peuple 1949 afin de garder la page d'une curieuse publicité pour les « chocolats vermifuges du Dr Pierre ». Un chocolat pour les enfants qui ont des vers. Je me souviens d'ailleurs m'être demandé ce que ces chocolats pouvaient bien goûter... Peu importe. La lettre. Revenu chez moi, elle est tombée de l'Almanach. J'ai perdu la page des chocolats vermifuges, mais j'ai posé les yeux sur les mots d'une jeune femme morte depuis des décennies. Olivine Baril. Elle racontait à ses « Biens-Aimés Parents » sa vie chez les soeurs dominicaines. Pendant que je goûtais les mots centenaires de la jeune femme, j'étais affalé sur mon sofa en plein troisième millénaire. La télévision était en marche sans raison pour me rappeler combien j'étais toujours soumis à sa dictature. Un film jouait: Conan le barbare. Une histoire épique ô combien oubliable, surtout faite de combats sanglants, de hurlements de douleur, de décapitations gratuites. Je n'y portais pas attention. Non, car la beauté des mots d'Olivine Baril m'emportait. Dans cette lettre, la dominicaine racontait à ses aïeux le déroulement d'une certaine cérémonie au cours de laquelle on lui avait donné son nom de religieuse: Sainte Dominique de la Croix. « Je veux m'efforcer de devenir une vraie religieuse ici-bas afin d'être placée là-haut comme un précieux diamant enrichissant votre couronne », écrivait-elle. Olivine alias Sainte Dominique de la Croix louait le Seigneur à chacune de ses phrases, sans jamais être redondante. C'est qu'à l'époque, on possédait un vaste lexique de louage de Seigneur. Olivine parlait du « Bon Dieu », de la « divine providence », du « Précieux Sang », de « l'appel divin », de « Lui » avec un « L » majuscule, de « Sa sainte et adorable volonté », du « bon maître », de « notre Glorieux Père ». J'avais l'impression de lire de la dentelle. Sauf qu'à la télé, Conan décapitait toujours aussi éloquemment ses adversaires. Cri d'effroi. Égorgement. Ambiance d'abattoir. C'est à ce moment qu'est survenu un des rares moments mystiques de mon existence. Pendant que je buvais les mots divins de cette nouvelle Sainte Dominique de la Croix, et alors que Conan et ses barbares assuraient la trame sonore, on eût dit que ma main était soudainement mue par une Force. En fait, on eût dit que, plus de cent ans plus tard, Sainte Dominique de la Croix vivait toujours, qu'elle avait déposée cette lettre entre mes mains par exprès, et qu'elle me soufflait ses mots à l'oreille pour une raison... Sans que je m'en aperçoive, pendant que Conan déconnait, Sainte Dominique de la Croix a guidé ma main vers la télécommande. Et j'ai éteint la télé. La sainte paix.

12 avril 2007, 11:03
Bloguoïnomanes Anonymes
 
Bonjour, mon nom est Steve Proulx et je suis bloguoïnomane. Depuis presque un an maintenant, j'alimente un blogue de façon régulière. Oh, j'ai commencé de façon naïve, sans penser au lendemain, en me disant que je pourrais arrêter n'importe quand. Des gens se sont mis à me lire. Quelques-uns, puis plusieurs y compris ma mère. Au début, j'étais galvanisé par cette soudaine attention. Mes lecteurs devenant de plus en plus nombreux, j'ai toutefois commencé à ressentir une sorte de poids. "Je dois leur donner de quoi lire, sinon ils vont partir..." La pression. Ce qui n'était au départ qu'un désennui de fin de soirée est devenu une obligation. Puis un jour, le blogue est devenu pour moi une dépendance. J'avais besoin de bloguer. Bloguer à tout prix, à toute heure du jour. Bloguer n'importe quoi, mais surtout ne jamais cesser de bloguer. Pour ne pas perdre l'attention de mes lecteurs. Ma drogue. Bloguoïnomane. Je m'en rends bien compte, j'ai perdu le plaisir de bloguer. Ce goût de partager ma curiosité a fait place à une pression d'attirer l'attention. C'est le grand piège des blogues. Et c'est probablement ce qui explique l'incroyable quantité de niaiseries que l'on peut trouver aujourd'hui sur de nombreux blogues. C'est le désir d'attirer l'attention, de susciter la réaction spontanée, qui pousse les blogueurs à se faire les hauts-parleurs des plus grosses conneries du monde. La blogosphère amplifie des insignifiances beaucoup plus qu'elle "aide le citoyen à mieux vivre en démocratie". Bref, avant de devenir ce que je pourfends, avant de n'être qu'un autre bruit médiatique, je vais prendre du recul. Car à force d'avoir le nez collé sur mon écran d'ordinateur à tenter d'aligner des mots, j'ai oublié le monde autour de moi. À force d'être dans le virtuel, je me suis éloigné du réel. Et le réel me manque. Le réel me nourrit. Et visiblement, j'ai faim... Voilà. J'abandonne cette pression de bloguer. Je veux plutôt retrouver ce plaisir de communiquer. Moins souvent, mais mieux. Je serai désormais un blogueur irrégulier, quitte à n'avoir plus que trois lecteurs: ma mère, mon chum Mike et sûrement Steve Boudrias!
12 avril 2007, 9:33
Le vrai monde
Un commentaire fort juste de Pierre Cayouette, publié sur son blogue, au sujet de l'histoire de Franco Fiori, l'imposteur des médias.
Si des impostures du genre sont possibles, c'est que la télévision et l'ensemble des médias s'en remettent de plus en plus au «vrai monde» plutôt qu'aux spécialistes. Les «logues» et autres intellectuels n'ont pas la cote. Trop ennuyants, pas assez télégéniques, pas assez émotifs, pas assez percutants. L'heure est plus que jamais au «human interest», comme disait Michel Chartrand, et aux «témoignages» d'inconnus. Pas étonnant que des imposteurs puissent parfois traverser les mailles du filet.

12 avril 2007, 12:00
Kyoto que c'est beau!
Il y a belle lurette que l'on pige dans la panoplie de monsieur le curé pour ponctuer certains événements de l'existence humaine.

On invoque l'armoire à pains bénits lorsque la tête d'un marteau atterrit malencontreusement sur un pouce. On sollicite la coupe de Son sang lorsque la Sainte-Flanelle donne la partie aux Leafs à cause de quelques punitions ridicules. On fabrique un adverbes avec le surnom du petit Jésus pour accentuer la beauté d'un coucher de soleil.

Bref, on sacre. Et ces moult emprunts au lexique religieux donnent à la parlure québécoise une couleur unique, voire identitaire. Car les sacres ne sont rien de moins que des résidus langagiers hérités de notre histoire, de nos aïeux jadis soumis à l'emprise de l'Église.

Les Français ont leur putain et leur merde. Les Américains ont leur fuck et leur shit. Tous des jurons puisés à même le répertoire vulgaire et scatologique. Or, nos jurons à nous ont été appris à la messe. Bien sûr, d'autres cultures se sont inspirées de la religion pour enrichir leur banque de gros mots, mais peu ont perfectionné le sacre autant que nous.

Avec le temps, on a fait de nos sacres des verbes (câlisser, crisser), des adverbes (crissement), des noms (un ostie, en parlant de quelqu'un). Pour les soirées mondaines, on a même créé des dérivés politiquement corrects. Crisse est devenu criff. Ostie est devenu ostique. Câlisse est devenu câline (ou mieux: câlibine). Tabarnac est devenu tabarnouche, tabarouette, ou a pris des airs soviétiques avec tabaslak...

Ce vaste inventaire de sacres et de simili-sacres forme aujourd'hui un métalangage bien de chez nous, que l'immigrant prendra des années, voire une vie, à maîtriser. Au Québec, on peut tout dire en sacrant. En fait, le crisse est à notre langue ce que le schtroumpf est aux Schtroumpfs: un mot-ketchup, que l'on verse dans n'importe quelle phrase pour lui donner de la couleur, sans vraiment l'améliorer.

Pourquoi les sacres sont-ils si puissants? "Le sacre accapare le sens du sacré", dit l'anthropologue Bernard Arcand dans Stie, un documentaire diffusé cette semaine à Radio-Canada.

Dans ce film, vous entendrez sacrer à tour de bras. C'est pour la bonne cause. C'est pour saisir la signification du sacre dans la société québécoise. Ainsi, un comédien, un historien, un théologien, un prêtre, une linguiste, un prof de littérature, un humoriste, une spécialiste de l'étiquette s'exprimeront sur le sens profond des sacres. Vous aurez même droit à une thèse pour le moins audacieuse: le sacre, trait culturel typiquement québécois, serait menacé de disparaître à la faveur de la mondialisation culturelle made in USA. À quand une campagne électorale sur les VRAIS ENJEUX: la sauvegarde de notre patrimoine grossier?

Or, une autre question se pose. En 2007, alors que la religion n'a plus autant d'emprise qu'autrefois, alors que les vitraux des églises sont peu à peu remplacés par des feuilles de contreplaqué, quelle est la valeur réelle d'un sacre? Le sacré étant de moins en moins sacré, à quoi bon sacrer? Pour contester qui?

S'interroger sur nos sacres, c'est s'intéresser à la présence du sacré dans notre société. Puisque l'Église ne semble plus tellement jouer son rôle de grossiste en la matière, qui la remplacera?

Récemment, le magazine L'Actualité se demandait si l'écologie n'était pas devenue la nouvelle religion des Québécois. L'environnement, c'est sacré. Devrions-nous emprunter aux écolos de nouveaux gros mots? Plutôt que: "Câlisse que c'est beau!", pourrait-on dire: "Kyoto que c'est beau"? Au Centre Bell, pourrait-on lancer: "As-tu vu l'Hubert Reeves de belle passe"? Devant un bogue informatique, pourrait-on pester: "Laure Waridel de Steven Guilbeault de José Bové de Microsoft à marde"?

Ouais... Douteux. L'écologie n'est peut-être pas encore assez sacrée pour fournir de bons sacres. En attendant que l'on embrasse un nouveau sacré, j'ai donc l'impression que le vocabulaire religieux est encore le plus apte à traduire la douleur provoquée par une collision entre un petit orteil et une patte de lit...

Stie, sacrer, c'est sacré! Un documentaire présenté à Zone libre (Radio-Canada), le vendredi 13 avril, 21 h.

ooo

TÉLÉ

Vivre à vélo sur TV5.
TV5 lance cette semaine une série de 13 épisodes sur la bicyclette. Portraits de gens qui célèbrent ce mode de transport vert, que ce soit au travail ou dans les loisirs. Du cyclotourisme au quotidien des messagers à vélo. Vivre à vélo, à TV5, les mercredis, 19 h.










10 avril 2007, 8:14
Les experts du câble
Enfin, des critiques Télévision éclairés, justes et à l'avis ô combien utile.
9 avril 2007, 10:49
Meurs, bête immonde, meurs!
 
Jeannie-Ann Walker Photo: Radio-Canada
Alors, avez-vous regardé le premier épisode de Legendre idéal? Et puis, et puis? Vos commentaires? Pour ma part, je dois le dire: j'ai adoré. En fait, Radio-Canada aurait dû nous donner cette sitcom déjantée sur les dessous d'un talk show plutôt que La Job cet hiver. Mais je peux comprendre qu'avec Les Invincibles, on aurait peut-être eu une indigestion de Pierre-François Legendre (alias Carlos, alias Phantoman)... Cela dit, après un épisode, je peux déjà vous avouer que j'aime beaucoup Jeannie-Ann Walker, la jeune recherchiste de l'émission, que l'on a vue jadis dans de très moches publicités de Brault & Martineau. Non seulement est-elle une petite brunette (mes favorites), mais son personnage cache derrière sa naïveté, son enthousiasme et son énergie débordante un inquiétant côté sombre qui donne à son oeil des tics de folie. "Meurs, bête immonde, meurs!", écrit-elle dans son journal intime à propos de son hamster. De toute la distribution de cette émission, c'est le personnage qui me semble le plus terriblement déséquilibré... Dans cet univers, je lui prédis beaucoup d'avenir.
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