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Un blogue sur les coulisses de la télé, sur les dessous de la presse écrite, sur l'envers d'Internet, sur les arcanes de la radio. Bref, un blogue sur les médias. Signé Steve Proulx.
March 2007 - Messages
30 mars 2007, 3:17
Les beautés du Banquier... chroniqueuses?
Je viens d'apprendre un truc hallucinant. Vous savez l'émission Sucré Salé à TVA? On avait l'habitude d'avoir là des chroniqueurs, des gens spécialisés dans un domaine qui viennent en discuter assis sur un coussin, pieds nus avec un daiquiri aux bananes. Ben figurez-vous que TVA a décidé de sacrer dehors ses chroniqueurs, pour les remplacer par des beautés du Banquier! Remplacer des chroniqueurs, dont c'est le travail de chroniquer, par des ouvreuses de valises. C'est un comble! Si tout ceci est vrai, cette chaîne aura touché un nouveau fond de pathétisme. Par solidarité pour les artisans du milieu remerciés, j'invite toutes les vedettes à refuser les invitations à Sucré Salé... Je cherche des confirmations et je vous reviens...
29 mars 2007, 10:15
TVA n'a pas de leçons à donner...
Un texte de Richard Therrien dans Le Soleil:
J'ai senti un profond malaise, lundi soir, quand Radio-Canada s'est trompé en annonçant la défaite de Jean Charest dans Sherbrooke. Mais j'ai été aussi incommodé par le ton arrogant avec lequel TVA s'est permis de vilipender son compétiteur, vantant sa propre crédibilité. Un peu trop fier de son coup, Pierre Bruneau a scandé «Rigueur, rigueur, rigueur!», ce que Le Journal de Montréal a qualifié le lendemain de «moment de télé mémorable»! [...] TVA en a rajouté mardi avec un communiqué pompeusement intitulé: «L'équipe du réseau TVA donne les vrais résultats... au bon moment!» On ne doit jamais se réjouir de l'erreur de son rival, parce que l'élastique risque de nous revenir en plein visage. D'autant que TVA n'a pas de leçon de crédibilité à donner à qui que ce soit. [...] Aurait-il déjà oublié que TVA a annoncé en février 2006 la mort de Hughette Proulx dans son propre bulletin? TVA s'était fié aux dires d'un homme qui se disait son fils. Apprenant sa mort de son vivant, l'ancienne animatrice a téléphoné elle-même à la station pour exiger qu'on la ressuscite illico. Le réseau a eu l'air aussi fou que Radio-Canada lundi soir.
Et Richard fait le décompte des erreurs de TVA depuis un an... Assez gênant pour le réseau du "vrai".
29 mars 2007, 9:43
Le vrai Shrek!
 
Shrek 3 débarque au cinéma le 18 mai prochain. Le lutteur français Maurice Tillet, lui, est mort en 1954. Mais n'en doutez pas une seconde, il est le vrai Shrek! Tillet souffrait d'une rare maladie, ce qui lui a donné cette allure d'ogre...
In his twenties, he developed acromegaly, a rare disease that causes bones to grow wildly and uncontrollably. Soon his whole body was disfigured as a result. This led to much pain for Tillet as this gentle man was being called names, berated and forced to flee the place he loved so much.

29 mars 2007, 12:00
La foi aveugle
Paul McCartney s'est fait prendre dans un cirque médiatique orchestré par des ayatollahs de la protection de la faune, Humane Society. L'organisme est animaliste, et non environnementaliste. Il lutte depuis des années contre la cruauté envers les animaux. Et la chasse au phoque est sa vache à lait.

L'ex-Beatle, qui aurait dû se contenter d'écrire ses silly love songs, a eu foi en la Cause des phoques. Une foi aveugle, qui ne voit que ce qu'elle veut bien voir. Une foi qui ignore les faits qui pourraient nuancer le dogme: la chasse aux phoques est une "barbarie" et les chasseurs canadiens sont des "assassins".

C'est fort, la foi.

Il s'est construit un mythe autour de la chasse au phoque depuis une quarantaine d'années. L'histoire commence par un documentaire de Serge Deyglun, tourné dans les années 60, montrant des pratiques de chasse particulièrement brutales. Le choc.

La Cause des phoques est par la suite devenue celle des Brigitte Bardot de ce monde. Peu à peu, il s'est érigé autour du loup-marin une lucrative industrie de la compassion. Le phoque a permis aux groupes animalistes d'encaisser chaque année des millions de dollars sous forme de dons. Et l'image du mignon petit bébé phoque est devenue une icône, un symbole, un produit.

Les luttes de ces organismes ont porté fruit: il y a deux décennies, la chasse au phoque a fini par être encadrée, et celle du blanchon est devenue carrément illégale au Canada. Malgré tout, la photo du bébé, avec ses grands yeux tristes, est toujours présente dans le kit média des groupes animalistes. Car le blanchon est payant, et de nombreux emplois de sauveurs de bêtes dépendent de lui...

Le cinéaste Raoul Jomphe a voulu faire un film sur la chasse au phoque. Il a d'abord cherché à comprendre ce qui se passait vraiment entre le phoque et le chasseur. Surprise: il y aurait une différence entre la chasse au phoque et l'Holocauste...

Phoques, le film, son documentaire, bouleverse les mythes entourant cette "boucherie" annuelle. Pas étonnant que des organismes animalistes aient voulu interdire sa diffusion. Eux qui marchandent une foi aveugle depuis des années, voilà un document qui leur enlève les arguments de la bouche.

Ce film, c'est le Da Vinci Code de la religion animaliste. À la différence près que les faits sont vérifiés et vérifiables.

Car en vérité, le phoque n'est pas un animal menacé. La population va très bien. Par ailleurs, les méthodes de chasse ne sont pas plus cruelles que d'autres. Ce serait plutôt le contraire. Et si les produits du phoque n'étaient pas boycottés, la chasse au phoque pourrait s'avérer un moteur économique pour des régions défavorisées... Bien sûr, il est triste d'avoir à tuer des "bibittes" pour vivre. C'est malheureusement ce qui se fait depuis des millénaires.

Phoques, le film provoque l'effet contraire de Bacon, le film, ce pamphlet d'Hugo Latulippe contre l'industrie porcine. En fait, après le visionnement de ce documentaire, on a presque envie de courir chez son épicier pour commander une longe de phoque...

En entrevue, Raoul Jomphe en rajoute. "Je vais probablement me faire haïr, mais je serais d'accord pour que l'on autorise la chasse au blanchon, dit-il au téléphone. Le blanchon se tient sur les berges au début de la période de chasse. Après, il part au large et la seule façon de le chasser, c'est en bateau. Pour les petits chasseurs qui n'ont pas de bateau, ce serait une ressource facilement exploitable..."

Un confit de bébé phoque avec vos rillettes de veau, ça vous tente?

Phoques, le film, présenté dans le cadre de Grands Reportages, à RDI, le jeudi 29 mars, 20 h.

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TÉLÉ

Tenez, en parlant de barbarie... Comment des gens normaux peuvent-ils en venir à commettre des actes d'une grande cruauté? Un documentaire diffusé à Canal D revient sur trois études comportementales célèbres. Parmi celles-ci, l'expérience de l'Université Stanford, en 1971. À l'époque, pour comprendre comment des individus ordinaires pouvaient perdre leur humanité, des chercheurs ont recréé une prison et recruté 24 hommes, qu'ils ont séparés en deux groupes: les gardiens et les prisonniers. Au bout de six jours, le power trip des gardiens les a rendus fous. Ça vous rappelle quelque chose? Cette expérience réelle a servi de base pour le film The Experiment (2001). L'Expérience humaine: entre brutalité et lâcheté, à Canal D, le dimanche 1er avril, 21 h.


28 mars 2007, 10:21
Bonne nuit, M. le Maire...
 
Le maire Gendron perd son micro. La station radiophonique 98,5 FM a annoncé qu'elle ne renouvelera pas le contrat du maire Stéphane Gendron, à la barre de l'émission Le couvre-feu. Ce que j'ai à dire là-dessus? Strictement rien. Pour être honnête, je n'ai jamais écouté une seule minute de son émission, et j'en avais déjà trop. À mon avis, Stéphane Gendron aura été une curiosité passagère dans l'univers des médias. Un bonhomme coloré à qui l'on a donné beaucoup trop de temps d'antenne, et qui regagnera bientôt le merveilleux monde de l'anonymat. Stéphane Gendron sera l'Alexandre Daigle du micro. Le Francis Martin de l'opinion à deux cennes. Le groupe Nuance de la talk radio. Mais bon, ceux qui s'ennuieront de lui n'ont qu'à lui rendre hommage en laissant un commentaire...
28 mars 2007, 10:07
Parlez-en en bien, parlez-en en mal...
Sérieusement, c'est la dernière fois que je vous parle de "chiffres de campagne électorale" avant un petit bout. Mais tout de même... Il faut souligner que le travail des médias, dans la couverture des sujets électoraux, a été plus précis que le travail des sondeurs nationaux... Comparons le poids médias des différents partis selon Influence Communication, les résultats de la campagne, mais aussi les derniers sondages des principaux sondeurs. Parti libéral du Québec Vote: 33,1% Poids médias (1): 32% Léger Marketing (2): 35,0% Strategic Counsel (3): 30,0% CROP (4): 34,0% Action démocratique du Québec Vote: 30,8% Poids médias: 29% Léger Marketing: 26,0% Strategic Counsel: 28,0% CROP: 25,0% Parti québécois Vote: 28,3% Poids médias: 30% Léger Marketing: 29,0% Strategic Counsel: 31,0% CROP: 28,0% Parti Vert Vote: 3,9% Poids médias: 3% Léger Marketing: 5,0% Strategic Counsel: 6,0% CROP: 8,0% Québec Solidaire Vote: 3,7% Poids médias: 6% Léger Marketing: 4,0% Strategic Counsel: 5,0% CROP: 5,0% Marge d'erreur moyenne Poids médias: 1,6% Léger Marketing: 1,8% Strategic Counsel: 2,4% CROP: 2,5% Sources : 1) Influence Communication, résultats cumulatifs du 22 février au 25 mars 2007, diffusés à midi 46 le 26 mars 2007 2) Léger Marketing, résultats du sondage publiés dans le Journal de Montréal, 24 mars 2007 3) Strategic Counsel, résultats du sondage publiés dans le Globe and Mail, 24 mars 2007 4) CROP, résultats du sondage publiés dans La Presse, 24 mars 2007 ** Il est d'ailleurs à noter que le calcul du poids médias ne tient pas compte du fait que certains articles ou reportages aient pu été négatifs ou positifs envers un parti. Ce qui prouve vraiment la règle: "Parlez-en en bien, parlez-en mal, mais parlez-en!"
27 mars 2007, 11:49
Un Woodstock de l'environnement...
 
Voici K...
Je reviens de chez mon amie K. Oui, seulement K. Posez pas de questions. J'ai passé la soirée à l'aider, à téléphoner à du monde, en me faisant passer pour un employé d'Amigo Express afin d'annoncer à des gens qu'ils avaient gagné une paire de billets pour le Défi de la Terre, le show, un gros spectacle que K organise et qui se déroulera ce samedi au Métropolis. Quoi, vous n'avez pas encore vos billets? Ben oui, samedi prochain il y aura à Montréal un gros pow-wow ayant pour prétexte l'environnement. Après un mois de campagne électorale, me semble qu'on mérite un gros show pour se détendre un peu et s'enlever de la tête l'image inquiétante d'un Bernard Derome patibulaire déclarant: "Radio-Canada annonce que l'opposition officielle sera formée par l'ADQ..." Brrr. Bref, une fête s'impose. Et voilà Le défi de la Terre. Un Woodstock de l'environnement. À la différence près qu'on s'en sacre s'il pleut. Il y aura d'abord RBO (ça fait quoi, mille ans qu'ils ne sont pas montés sur une scène?), puis Louis-José Houde avec un numéro inédit, puis François Avard, puis Jocelyne Blouin (la météorologue) qui chantera "C'est bon pour le moral" avec Josée di Stasio, puis mes voisines d'à côté les Moquettes Coquettes, puis Éric Lapointe, puis Bob Gratton, puis Jorane, puis Marie-Jo Thério, puis Marc Labrèche en vidéo, puis les Porn Flakes, puis une grosse surprise dont on m'a fait promettre de ne rien dévoiler... T'sais, un gros show. Il y a des autobus qui partent de Québec, puis d'ailleurs, pour venir au Métropolis samedi. K m'a montré son horaire pour les bénévoles qui donnent gratuitement leur temps pour créer cet événement. C'est hallucinant le monde qu'il y a en coulisses. Elle m'a aussi parlé des dizaines d'imprévus découverts en cours de route et qui peuvent facilement faire sombrer un projet de cette envergure. La poutine plate du showbiz. Personnellement, voir des gens passionnés à ce point, ça me touche. K m'a donné des billets, j'ai insisté pour les acheter. La fille a mis ses économies là-dedans et tellement d'heures pas comptabilisées. C'est qu'on ne parle pas ici d'un show organisé par Donald K. Donald. Moi, je ne vais pas là sans payer! Et je vous invite à en faire autant! L'an dernier, le même spectacle (de moindre envergure) avait été tout un événement. Les astres sont alignés pour que l'histoire se répète cette année. Et puis de toute façon, à la télé samedi à 20h30, vous allez manquer Dre Grey Leçons d'Anatomie à Radio-Canada, La vie de David Gale à TVA et Quelque chose d'inattendu à TQS. Au cas où vous seriez encore hésitant, résumé de l'intrigue:
Un riche coureur de jupons sexagénaire qui ne fréquente que des jeunes femmes tombe pourtant amoureux de la mère de sa nouvelle conquête.
Alors voilà, je pense que la preuve est faite: samedi, c'est au Métropolis que ça se passe! Cette plogue a été autorisée par Steve Proulx, agent officiel de Steve Proulx.
27 mars 2007, 9:33
Votes et médias, la conclusion
Alors on peut finalement comparer le poids médias accordé aux cinq grands partis aux résultats électoraux obtenus hier... Parti libéral du Québec Poids médias: 32% Pourcentage des votes: 33% Action démocratique du Québec Poids médias: 29% Pourcentage des votes: 31% Parti Québécois Poids médias: 30% Pourcentage des votes: 28% Québec solidaire Poids médias: 6% Pourcentage des votes: 4% Parti vert Poids médias: 3% Pourcentage des votes: 4% Assez intense, l'écart ne dépasse jamais 3%!
26 mars 2007, 12:59
Partis de la télé, partis des journaux...
Influence Communication dresse son bilan de la couverture médiatique de la campagne. On verra ce soir si le poids médias cumulatif des partis pour l'ensemble de la campagne se reflètera dans les votes. En attendant, voici quelle place médiatique ont occupé les différents partis tout au long de la campagne. Parti libéral du Québec: 32% Parti Québécois: 30% Action démocratique du Québec: 29% Québec solidaire: 6% Parti vert: 3% Il est à noter qu'à la télé et la radio, l'ADQ est beaucoup plus présente (33,75%) que dans les journaux (20,07%). Mario maîtrise bien la clip recherchée par les médias électroniques, mais semble être moins sexy à l'écrit... En revanche, le PLQ est plus présent dans les journaux (38,15%) qu'à la télé/radio (28,68%): un écart de près de 10 points tout de même! Quelles conclusions peut-on tirer de tout ceci?
26 mars 2007, 11:50
Chicken!
Un message de Claude Jasmin, suite à son passage à Tout le monde en parle hier...
POUR TOUT VOUS DIRE: JE REGRETTE MON RONFLEMENT CHEZ GUY-A HIER SOIR ! ! JE NE LE FERAI PLUS. PROMIS. "L'ESPRIT LIBRE" QUE JE SUIS (QUE VOUS DÎTES) PEUT DÉRAPER. HONTE À MOI ! CLAUDE JASMIN

25 mars 2007, 10:08
La critique qui pue
J'adore Claude Jasmin... Un de mes vieux préférés. Un esprit libre comme je les aime. Bref, rarement ai-je vu des frettes aussi intenses à la télé. Je parle bien sûr de la prise de becs entre Daniel Brière/Alexis Martin et Claude Jasmin sur une pièce de théâtre qui visiblement n'intéressait pas l'auteur de La Petite-Patrie... (Bon, il s'est repris à la fin, mais le mal était fait). On a l'habitude de martyriser certaines personnalités sur la place publique: Guy Fournier, Doc Mailloux, Michèle Richard. Rien de neuf là-dedans. Mais avoir le courage de trouver ennuyants -et le leur dire dans le blanc des yeux- des artistes généralement appréciés du public, il faut le faire. Fallait voir la bouille de Martineau qui lui aussi jouissait de l'autre côté de la table. Martineau aussi, il aime bien les esprits libres. Il y a certaines classes de la culture québécoise qui n'ont pas souvent affaire à la critique. À la télé du moins. Je ne parle pas la petite critique complaisante de têteux. Je parle de la vraie critique qui pue. Déjà qu'on ne parle pas beaucoup de culture à la télé, la plupart du temps on essaie d'en parler avec gentillesse. On laisse l'artiste débiter son communiqué de presse sans le contredire. On lui laisse nous parler de l'intention de son oeuvre, des sources dans lesquelles il a puisé, des ponts qu'il souhaite jeter entre les cultures, de la critique de la société de surconsommation qu'il a voulu mettre en scène ou du regard personnel qu'il souhaite poser sur nos inconforts, nos paradoxes... Bref, à la télé, jamais on entendrait quelqu'un interrompre l'artiste pour lui dire quelque chose du genre: "ZZZZZZ... Me semble que ça va être plate. En tout cas, vous verrez bien." Ouch. C'est méchant. C'est pas gentil. Pas sûr que ce soit gratuit par contre...
22 mars 2007, 11:07
Entre deux bières... un discours!
C'est fou ce qu'on peut s'amuser avec le ralenti!
22 mars 2007, 7:59
La culture de la réponse
 
Bill O'Reilly
Chaque année, Project for Excellence in Journalism (PEJ) publie son State of the News Media. Un document dans lequel, entre autres, on pointe les grandes tendances dans le monde de l'information. Une des tendances cette année: "The Argument Culture is giving way to something new, the Answer Culture". Ainsi, dans les médias, les débats, les critiques, les discussions polarisées (pour ou contre) font de plus en plus place à des émissions qui donnent des solutions. Des réponses. Tout ceci, en donnant l'impression "d'éclairer l'information". Car voyez-vous, autrefois dans le monde des débats, il était difficile pour commun des mortels de se faire une idée claire sur un sujet. Mieux vaut donner la réponse, non? Plus facile à comprendre. Cette "Culture de la réponse" est répandue à la radio, autour de personnalités fortes. Au Québec, on a eu nos donneurs de réponses locaux: Gilles Proulx, Louis Champagne, André Arthur, Jeff Filion. Cette culture arrive désormais à la télévision (aux États-Unis). Le très républicain Bill O'Reilly (Fox) donne des réponses et vire parfois complètement sur le capot en ondes. Moins violemment, des journalistes de CNN aussi sont davantage impliqués dans les histoires qu'ils couvrent. J'ai toujours pensé que les journalisme était avant tout l'art de poser les bonnes questions, non celui de donner des réponses... Enfin. Quand les chiens de garde de la démocratie se transforment en télévangélistes... Tenez, un peu d'Oreilly pour vous détendre...
22 mars 2007, 12:00
Les vrais enjeux
Au bout d'un moment, j'ai cessé de compter les chroniques, les éditoriaux, les lettres ouvertes réclamant une campagne électorale centrée sur les "vrais enjeux" plutôt que sur les petites choses et autres gestes anodins...

Remarquez, on a un peu raison de se plaindre. Selon Influence Communication, au palmarès des dix sujets les plus couverts par les médias depuis le début de cette course, un seul est lié à un engagement ferme de la part d'un parti. Il s'agit de l'abolition des commissions scolaires. Cette proposition de l'ADQ a occupé 3,4 % de la couverture électorale, ce qui la place en 5e position des "enjeux" les plus médiatisés.

Quant aux autres sujets? La question nationale et les relations intergouvernementales ont ravi 13,62 % de l'espace médiatique alloué aux élections. Le débat des chefs a grignoté 9,77 % de la tarte, tandis que l'analyse des sondages est arrivée troisième avec 5,76 %. Les médias ont aussi beaucoup jasé d'homosexualité et d'homophobie avec André Boisclair (3,49 %), d'accommodements raisonnables (3,32 %), des propos sur les femmes et l'homosexualité du candidat adéquiste Jean-François Plante (3,05 %), du viaduc de la Concorde (2,86 %), du "génocide ou pas?" de Robin Philpot (2,19 %) et, bien sûr, du mont Orford (2,09 %).

Cumulés, ces dix "enjeux" ont mobilisé la moitié de la couverture électorale jusqu'ici. S'agissait-il de "vrais enjeux"? Et d'abord, qu'est-ce qu'un "vrai enjeu"?

Je pose la question car, voyez-vous, j'ai lu beaucoup plus de textes déplorant l'absence de vrais enjeux que de textes abordant clairement ces mêmes "vrais enjeux". Me suivez-vous?

J'ai donc tenté de cerner l'enjeu incontournable de cette campagne. Le vrai. En 2003, les choses étaient claires: la santé, les défusions. Cette fois-ci, on s'éparpille. Qu'est-ce qui compte? La santé? L'environnement? L'éducation? La dette? Les politiques familiales?

À force de chercher, j'en suis venu à une conclusion: les médias n'abordent pas les vrais enjeux tout simplement parce que cette élection manque terriblement de vrais enjeux.

Il y a bien sûr sur la table des sujets importants. Seulement, aucun n'électrise les foules. Un "vrai enjeu", pour moi, sera différent du "vrai enjeu" d'un fonctionnaire syndiqué de Sherbrooke, ou d'une retraitée de Rosemère.

En fait, cette campagne porte sur un paquet de petites choses. Mis à part l'idée d'un troisième référendum sur la souveraineté - projet qui ne séduit plus autant que jadis -, les grands partis nous présentent un menu varié d'améliorations à apporter au système. On coupera un peu ici, on ajoutera un peu là, on changera tel truc. Dans l'ensemble, hormis quelques flous artistiques en ce qui concerne le prix de la table d'hôte, tous les menus s'équivalent plus ou moins.

Cette absence de vrais enjeux se révèle d'ailleurs dans les intentions de vote. Les trois grands partis sont à peu près nez à nez dans les sondages. La population est divisée. Plutôt que de voter pour un programme, on se base sur le talent d'un chef, sur la notoriété de l'autre, sur les spéciaux du troisième...

Pour donner à cette course une apparence sportive, les médias n'ont donc pas d'autres choix que de couvrir des sujets qui rallieront le plus bas dénominateur commun: la "clip" colorée, le mot scandaleux, la pelure de banane. On peut toujours lancer la pierre aux médias, mais à mon avis, s'il y avait dans cette campagne de véritables enjeux rassembleurs, les journalistes en parleraient.

En attendant, il faut tout de même vendre des journaux. Or, quel titre vend le mieux, selon vous: "Philpot nie le génocide rwandais" ou "20 000 nouvelles places dans les CPE: le PQ conservera le tarif à 7 $, pas de hausses prévues non plus pour le PLQ"?

Élections 2007, à Radio-Canada et TVA le lundi 26 mars, 20 h, et à TQS, 21 h 30.

À noter: Marie-France Bazzo aura sa soirée électorale alternative lors d'une édition spéciale de Bazzo.tv. À Télé-Québec, 20 h.

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RADIO

Au lendemain des élections, à Pensée libre, on discute de stratégies de séduction par l'image. Dans ce monde marchand, pour vendre des produits autant que des idées politiques ou des causes environnementales, il faut bien les emballer. Entre autres invités: Pauline Marois et le publicitaire Jean-Jacques Strélisky. À la Première Chaîne (95,1 FM), le mardi 27 mars, 20 h.

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TÉLÉ

L'Art du nu
On considère souvent les modèles comme passifs dans le monde de l'art. Trois films indépendants nous présentent l'art du nu du point de vue du dénudé. Fascinant. L'Art du nu, à ARTV, le jeudi 22 mars, le vendredi 23 mars et le samedi 24 mars, 21 h.











21 mars 2007, 11:54
Avis public
Veuillez ne pas considérer mon silence à propos de la récente saga du Doc Mailloux comme une approbation de ma part des propos du plus pathétique barbu du Québec. Si je n'en parle pas, c'est pour une raison fort simple: je me contre-crisse du personnage comme de ma dernière chemise. Par ailleurs je considère mon aide, dans ce dossier, comme étant inutile. M. Mailloux ayant toutes les compétences requises pour creuser lui-même sa tombe. Merci de votre compréhension. Votre dévoué, Steve Proulx.
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