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August 2006 - Messages
31 août 2006, 10:41
La Poule et la souveraineté
Ma collègue Sophie a poussé la citation de la journée:
Tant que La poule aux oeufs d'or fera un million de cote d'écoute, je ne voterai pas pour la souveraineté du Québec!
La Poule a fait plus d'un million hier. Seule et unique émission millionnaire de la journée. Vrai qu'en voyant une société se masser hebdomadairement devant la lucarne pour hurler comme des semi-débiles: "La Poule! La Poule!", ça vous coupe l'envie de partir un pays... Jamais été aussi fier d'être Québécois...
31 août 2006, 7:13
La diète Photoshop
 
CBS a décidé de mettre leur nouvelle présentatrice de nouvelles, Katie Couric, sur la diète... Photoshop! La principale intéressée aime davantage ses rondeurs. En voilà au moins une qui a toujours le goût de la réalité...
31 août 2006, 12:00
Femme libérée
C'est un beau paradoxe. Si, en 2006, des fillettes peuvent se présenter en classe vêtues de l'uniforme officiel des guidounes de petite vertu, c'est en grande partie à cause des luttes féministes des années 70.

Tout à fait.

Car si les femmes ou les fillettes sont aujourd'hui libres d'interpréter leur féminité comme bon leur semble, c'est à cause du féminisme. Et si les femmes ont aujourd'hui le droit d'investir le marché du travail, de se faire avorter, d'être jurées ou de gober bêtement un oeuf dans le vinaigre au fond de la taverne la plus crado en ville, c'est encore et toujours à cause du féminisme.

Il y a encore du travail à faire, mais les femmes sont libres au Québec. Libres, donc, de porter des vêtements sexy. Est-ce un gain ou un effet pervers du féminisme? La question porte à réfléchir.

Ce qui m'étonne, cependant, c'est d'entendre des jeunes femmes au look plus que suggestif parler avec mépris des "féminissses". Un peu comme si ces dernières n'étaient que de tristes reliques frustrées, des fossiles vivants incapables de s'adapter au présent.

Un simple "merci" serait plus approprié, car sans ces femmes qui ont levé le poing, il y a plus de trois décennies, nos wannabe guidounes du 3e millénaire seraient encore considérées comme des choses appartenant à leurs maris, prisonnières de leurs casseroles, habillées en Môman Plouffe.

Deux émissions cette semaine abordent le thème du féminisme.

D'abord, le dernier épisode de Tout le monde en parlait, à Radio-Canada, nous replonge dans les combats du Front de libération des femmes. C'est fou combien on a évolué depuis! Oui, la révolution féministe a bel et bien fait entrer le Québec dans la modernité.

Ensuite, Jeux de société, à Canal Vie, examine le phénomène des "poupounes". S'habiller sexy: une forme de pouvoir sur son corps ou une soumission à l'homme? Malgré la pertinence des nombreux invités, aucune réponse n'est donnée.

Il faut toutefois entendre la "poupoune" en chef du Québec, Anne-Marie Losique, s'exprimer sur le sujet. Elle qui assume ses décolletés abyssaux, et qui dirige "une PME qui fait des millions", que pense-t-elle de l'hypersexualisation des femmes?

Eh bien, voilà: pour elle, le sujet n'a aucune espèce d'importance. Selon la productrice, on devrait plutôt parler des millions de femmes, ailleurs dans le monde, qui vivent dans des pays où la libération de la femme n'est pas même un vague sujet de discussion. "On ne parle jamais d'elles", selon Mme Losique.

Elle a raison: la situation des femmes en Inde, au Moyen-Orient, en Afrique est à ce point pathétique que cela rend bien insignifiants nos petits débats sur la signification sociale des chandails bedaines.

J'y pense... Puisque qu'Anne-Marie Losique produit des émissions de télévision, pourquoi ne produirait-elle pas une série documentaire sur l'état des femmes dans le monde? Put your money where your mouth is, après tout...

Tout le monde en parlait, la lutte des femmes (1964-1975), à Radio-Canada, le mardi 5 septembre, 19h30

Jeux de société, la poupoune: pouvoir ou soumission, à Canal Vie, le lundi 4 septembre, 21h

Si vous souhaitez, vous aussi, qu'Anne-Marie Losique produise une série sur les femmes du monde, demandez-le-lui par courriel: aml@amlosique.com.

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RADIO

C'est lundi prochain que Christiane Charette s'installe officiellement sur le trône de Marie-France Bazzo, réchauffé cet été par Patrick Masbourian. Pour sa première, une tournée des vedettes de la rentrée de Radio-Canada (radio et télé). Oui, car Quebecor Média n'a plus le monopole de la convergence désormais. Cette année, Radio-Canada saute aussi dans la parade. Christiane Charette, à la Première chaîne (95,1 FM), dès le lundi 4 septembre, 9h

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WWW

Le Panoptique, une revue mensuelle en ligne, concoctée par une vingtaine d'universitaires montréalais. Des textes bien fignolés qui abordent sept volets "nécessaires à la compréhension de l'expérience humaine", soit les arts et la littérature, l'économie, l'environnement, la politique, les sciences et la société. www.lepanoptique.com

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MAGAZINE

Dans la plus récente édition du magazine Harper's, l'histoire fascinante d'un jeune propagandiste américain en Irak. Aussi, une réflexion intelligente sur l'apprentissage de la lecture à l'ère des jeux vidéo... Harper's, septembre 2006.


29 août 2006, 11:22
Je prends les devants...
 
Avant qu'on me le reproche ou qu'elle me demande des excuses publiques, je prends les devants. Très chère Lucie, je m'excuse publiquement d'avoir utilisé ce blogue, une plate-forme médiatique, pour diriger mes lecteurs vers cette fameuse vidéo que des journalistes en manque de vie ont depuis baptisé le "nipplegate québécois". Mon geste était absolument candide. Et pour te prouver ma bonne foi, j'annule mes erreurs passées en publiant sur ce blogue une autre photo de toi, portant une tite-laine tout ce qu'il y a de plus matante. Moi, je t'aime encore plus avec une tite-laine, d'ailleurs. Sauras-tu seulement me pardonner?
29 août 2006, 11:02
Changements climatiques et doute...
 
Sur la question du doute et des changements climatiques, voici le site Climat Sceptique. Intéressant, créé par un journaliste indépendant, Charles Muller, qui prétend présenter "l'état réel de la planète"... Par la même occasion, j'en profite pour vous partager cinq nouvelles intéressantes reçues aujourd'hui par courriel, à travers une lettre d'information...
http://www.guardian.co.uk/science/story/0,,1844789,00.html" TARGET="_blank">Forecast Puts Earth's Future under a Cloud (Guardian -- August 15, 2006) More than half of the world's major forests will be lost if global temperatures rise by an average of 3C or more by the end of the century. This prediction comes from the most comprehensive analysis yet of the potential effects of human-made global warming. Extreme floods, forest fires and droughts will also become more common over the next 200 years as global temperatures rise owing to climate change. Antarctic Snowfall Snafu Derails Climate Models (Science Agogo-- August 11, 2006) An improved method of measuring Antarctic snowfall has revealed that previous records showing an increase in precipitation are not accurate, even over a half-century. Improved analysis of ice cores and snow pits revealed that precipitation levels in the Antarctic have in fact remained steady. http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/4783199.stm?" TARGET="_blank">Greenland Melt 'Speeding Up' (BBC -- August 11, 2006) The meltdown of Greenland's ice sheet is speeding up, satellite measurements show. Data from a NASA satellite show that the melting rate has accelerated since 2004. If the ice cap were to completely disappear, global sea levels would rise by 6.5m (21 feet). http://abcnews.go.com/Technology/wireStory?id=2303937&CMP=OTC-RSSFeeds0312" TARGET="_blank">Aspen Trees in West Dying (ABC -- August 11, 2006) A conservative estimate is that about 10 percent of the aspen in Colorado may have died or become afflicted with something in the past 5 to 10 years. Possible causes include a fungus, hungry caterpillars, drought, man's interference with the natural cycle of forest fires, and even resurgent herds of hungry elk nibbling saplings to death. http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/08/03/AR2006080301489.html " TARGET="_blank">More Frequent Heat Waves Linked to Global Warming (Washington Post -- August 04, 2006) Heat waves like those that have scorched Europe and the United States in recent weeks are becoming more frequent because of global warming, say scientists who have studied decades of weather records and computer models of past, present and future climate.

27 août 2006, 9:54
Nouvelles de Chine
Caroline Rodgers me fait part de ses observations de la publicité en Chine, en réponse à mon entrée du 2 août...
Ce n'est pas vrai que les publicités pour les produits minceurs et cochonneries pour faire augmenter la taille des seins sont interdits en Chine car je viens d'y passer deux mois et j'en ai vu plusieurs, sur CCTV. Il y a même des produits minceur qui ont des trucages pour montrer les "avant-après" tellement grossiers qu'on dirait presque une parodie. En fait, rire de la publicité chinoise mal faite était l'un de nos passe-temps lorsqu'on était fatigués d'étudier.

27 août 2006, 9:40
Le test de la cafétéria
 
Je bosse dans le joli monde de la télévision depuis quelques semaines. Comme recherchiste pour une émission qui préfère garder l'anonymat. Moi qui suis de l'écrit, j'apprends jour après jour le langage de la télévision. J'ai d'ailleurs appris une expression: "le test de la cafétéria". Définition: si le nom d'un éventuel invité ne risque pas d'être connu des gens qui fréquentent la cafétéria du bureau, mieux vaut ne pas inviter cet éventuel invité. Pas assez connu. La personne aura beau avoir des idées géniales, un point de vue original, une approche pertinente, si elle n'est pas connue et si elle ne maîtrise pas la "pensée-clip", c'est "meilleure chance la prochaine fois". Vous voulez passer à la télé? Fréquentez les cafétérias...
27 août 2006, 9:28
La culture du doute
Un commentaire de Serge Bédard sur la culture de la peur...
Un autre sujet qui fait partie de la culture de peur est le réchauffement de la planète qui nous mènerait vers une catastrophe mondiale. On rigole des peurs des autres, mais on ne s'aperçoit pas des peurs auxquelles on croit. Incidemment, le site Wikipedia "Culture of fear" auquel vous nous référez identifie "Global warming" dans sa liste.
M. Bédard, vos interventions portent régulièrement sur le réchauffement climatique, que vous considérez comme une "une théorie qui n'est pas du tout prouvée". Je ne prétends pas détenir la vérité. Mais je me demande tout de même combien de preuves sont nécessaires pour changer un doute en certitude, une théorie en vérité. Pendant longtemps, les médias ont cultivé le doute entourant les dangers du tabagisme. On donnait la parole aux deux camps. On prêtait autant de crédibilité aux médecins payés par l'industrie du tabac qu'à ceux qui sonnaient l'alarme. On cultivait le doute. Voici à ce sujet un extrait d'un article que j'ai écrit récemment pour Voir, portant sur le documentaire de Nadia Collot, Tabac, la conspiration.
Le commerce du doute «Le 15 décembre 1953, le commerce du tabac est devenu le commerce du doute», dit Nadia Collot. Ce jour-là, lors d'une réunion au sommet, les ténors de l'industrie de la cigarette ont décidé de faire front commun pour lutter contre la menace scientifique. À l'époque, des chercheurs commençaient à lier la cigarette à diverses formes de cancers. «L'industrie a donc décidé d'attaquer, avant que tout cela ne se sache trop», poursuit la réalisatrice. L'objectif: semer le doute dans l'opinion publique. Au cours des années suivantes, l'industrie a donc financé des centaines d'études minimisant les dangers de la cigarette. Des études qui, pendant plusieurs années, ont contribué à brouiller les cartes. [...] Il y a maintenant consensus sur la question. Même l'industrie du tabac admet que la cigarette est cancérigène et que la nicotine crée la dépendance. Il aura néanmoins fallu presque cinquante ans pour y arriver.
J'ai l'impression que l'histoire se répète avec les changements climatiques. Enfin, en partie. Les grands médias sont pour la plupart convaincus désormais que la question des changements climatiques n'est plus une théorie. Il faut dire que le nombre de preuves est assez convaincant... Quelques-unes, en vrac:
  • Sans opposer de désaccords importants, la communauté scientifique mondiale conclut que l'activité humaine réchauffe la surface de la Terre. À lire, un article intéressant en format PDF.
  • L'industrie de l'assurance reconnaît l'existence des changements climatiques et aimerait prendre part aux stratégies d'adaptation afin de contrer une tendance risquée et non viable.
  • Selon l'ONU, 50 millions de personnes pourraient devenir des « réfugiés environnementaux » au cours des prochaines années. "Il y a des craintes bien fondées selon lesquelles les populations fuyant des conditions environnementales invivables pourraient croître de façon exponentielle au cours des prochaines années, alors que la planète subit des effets du changement climatique et d'autres phénomènes comme la désertification."
  • Et bien sûr... Après s'être plaints d'avoir de plus en plus chauds en 2006, les Inuit du Grand Nord québécois, ont obtenu une réduction des tarifs d'électricité. En juin, la température ayant atteint 31 °C pendant près d'une semaine, Larry Watt, maire de Kuujjuak, la capitale du Nunavik, a passé commande d'une dizaine de climatiseurs pour le conseil municipal.
Je ne demande qu'à garder un esprit critique. Aussi, j'attends qu'on me fournisse des preuves convaincantes pour discréditer la "théorie" des changements climatiques... D'ici là, je pense qu'il est contre-productif de garder les changements climatiques dans la catégorie des choses "à douter"... La culture du doute, comme la culture de la peur, ne fait qu'alimenter la culture de l'immobilisme...
24 août 2006, 12:00
L'homme qui a vu l'ours
Ne sont-ils pas trognons, les ours polaires des publicités de Coca-Cola? Bien sûr, ils n'ont rien en commun avec les véritables ours de l'Arctique, sauf pour une chose: ils apprécient volontiers les rafraîchissements.

C'est d'autant plus vrai pour les authentiques ours blancs, qui trouvent le temps long depuis que les pôles fondent à vue d'oeil, gracieuseté des changements climatiques.

Et ce n'est pas une lampée de Coke qui réglera quoi que ce soit.

Il y a des scènes qui marquent. Prenez celle-ci, tirée du documentaire Ours polaires, avec ou sans glace: sur un mamelon de glace, un ours, maigre comme un chat mouillé, scrute le désert blanc. Il n'a rien avalé depuis des semaines. L'oeil hagard, il cherche inlassablement quelque chose à se mettre sous la dent. Un phoque, un oiseau, n'importe quoi. Pitoyable.

Pendant un an, le cinéaste Jérôme Bouvier a espionné deux oursons polaires, un frère et une soeur, dans leur quête d'autonomie. Le mâle s'en est bien sorti. La femelle, par contre, est probablement morte aujourd'hui. Mal adaptée à un environnement en mutation, incapable de parvenir à chasser la moindre proie, la géante a fondu aussi vite que les glaciers qui l'entourent.

On peut nous sortir toutes les statistiques, les diagrammes, les graphiques, les plus récentes courbes de l'évolution du climat. Al Gore peut nous servir toutes les présentations Powerpoint du monde. Une chose demeure: il n'existe pas de symbole plus désolant des conséquences des changements climatiques que l'image d'un ours polaire qui n'a plus que la peau et les os. Cet animal qui trône au sommet de la chaîne alimentaire, ce prédateur redoutable qui peut entendre un phoque patauger à des kilomètres, ce roi du froid..., condamné à dériver sur son glaçon, à mastiquer piteusement de vieilles algues pour se donner l'illusion de manger.

La scène est à peine supportable. Heureusement, on n'aura pas à la supporter très longtemps. Des scientifiques estiment que les ours polaires devraient disparaître d'ici 2050. Alors, ils ne dérangeront plus personne.

Sauf peut-être Coca-Cola, qui devra se trouver de nouveaux porte-parole...

Ours polaire, avec ou sans glace, à TV5, le mercredi 30 août, 19h30.

TÉLÉ

Découverte débarque à La Nouvelle-Orléans, un an après le passage destructeur de l'ouragan Katrina. On tente de comprendre pourquoi la catastrophe a eu lieu et les leçons qu'on en a tirées. Découverte, à Radio-Canada, le dimanche 27 août, 18h30.

MAGAZINE

Dans sa plus récente livraison, le magazine vancouvérois Adbusters y va de ses récriminations habituelles envers les mégacorporations. Aussi, dans ses pages, une proposition pour changer le système capitaliste actuel en un "système en code source libre" géré par le peuple. On appelle cela le "Capitalisme 3.0".

WWW

Menoum.com, un blogue qui ressemble beaucoup à une version québécoise de Boing Boing (www.boingboing.net). Un répertoire de bizarreries, de trouvailles et d'humour douteux. "Parce que la procrastination, c'est donc bien plaisant". (www.menoum.com)

23 août 2006, 11:13
Qui a pissé dans la piscine?
 
Michel Asselin m'envoie une question:
D'après vous, quel est le but de publier une étude sur la salubrité des bains et piscines publiques alors que la saison est essentiellement finie? N'aurait-il pas été plus approprié de faire circuler l'information aussitôt que disponible, si le but était de protéger le public?
Je l'admet, je n'ai pas tellement suivi le dossier des piscines publiques à Laval et à Montréal. Sauf qu'en découvrant, mardi, que le toujours pertinent Journal de Montréal consacrait au sujet SES NEUF PREMIÈRES PAGES, je me suis écrié: "Fantastique, la guerre au Liban est enfin terminée!" J'étais fou de joie. Sérieusement, c'est n'importe quoi. Oui, il y a un problème d'entretien avec les piscines publiques. Et, pour répondre à M. Asselin, j'imagine que le problème en question était plus facilement détectable à la fin de la saison estivale qu'au début. Tout simplement parce qu'il s'agit d'un problème d'entretien. Il me semble donc logique qu'un peu de temps doive s'écouler pour qu'un problème d'entretien devienne détectable. Conclusion de l'histoire: "Autorités compétentes, entretenez vos piscines, parce que vous passez pour des cons." * Dans une semaine, on mettra toute cette histoire sur la pile des psychoses populaires. Et une autre prendra la relève. C'est vrai, on a peur de tout. On voudrait vivre dans un monde où rien n'est dangereux, où les méchantes bactéries ne nous atteindraient jamais, où nos enfants pourraient être 100% en sécurité partout, toujours, en tout temps. Cette culture de la peur, les médias l'ont comprise depuis longtemps. Ils n'hésitent pas à titiller notre fibre couillonne chaque fois que l'occasion se présente. Attendez que je me souvienne. Il n'y a pas si longtemps, l'endroit le plus dangereux sur Terre était les glissades d'eau. Juste avant, on s'inquiétait des dangers des piscines gonflables. Et n'oublions pas le téflon (supposément cancérigène), les gras trans, les pesticides, les ondes des téléphones cellulaires... Il y a quelques années, c'était les marchettes qui tuaient les bébés, puis ce fut les sièges d'autos pour enfants, puis les trampolines. Et j'en oublie certainement. Vous voulez que je vous dise: le monde est dangereux. Gardez vos enfants près de vous, ne les quittez jamais des yeux. Enfermez-vous à double-tour, tirez les rideaux, portez un masque à oxygène et surveillez les nouvelles en continu à LCN. Et encore là, faites attention: les radiations de votre téléviseur pourraient vous bousiller le cerveau.
22 août 2006, 9:45
Question de crédibilité
Avez-vous lu la question que pose le Journal de Montréal en page 10 aujourd'hui, juste en dessous d'un article sur un "excommunié" de Chose Vorhilon, le président d'un piège à cons intitulé le Mouvement Raëlien?
Le Mouvement raëlien est-il encore crédible à vos yeux?
"encore crédible"? A-t-il seulement déjà été crédible?
21 août 2006, 8:58
Comprendre l'intérêt public
Je reçois des critiques depuis quelques jours pour avoir écrit dans ma chronique Médias de cette semaine, à propos du site Internet Cent Papiers:
Les rédacteurs [bénévoles] peuvent couvrir des événements qui sont ignorés par les grands médias, et les lecteurs peuvent voter pour les meilleures nouvelles. Tout ceci est-il garant d'un contenu d'intérêt public? La nouvelle la plus populaire sur le site concerne "le chien le plus laid au monde". Je n'ajoute rien.
Laissez-moi préciser ma pensée à propos de cette tendance, sur les sites Web d'informations, à classer les nouvelles par ordre de popularité. Cyberpresse le fait chaque jour, avec ses "nouvelles les plus lues". Le résultat est le suivant: le plus souvent un fait divers ou un potin juteux (comme le Zoom sur le sein droit de Lucie Laurier) trône en tête des nouvelles les plus lues. Or, en étant en tête des nouvelles les plus lues, la nouvelles la plus lue risque d'être encore plus lue... Tout simplement parce qu'elle est plus visible. Vu la pertinence, souvent très relative, des nouvelles les plus lues, quel message cela envoie-t-il aux journalistes et professionnels de l'information: "Les gars, si on veut être lu, mieux vaut faire du bli-bli". D'un point de vue quantitatif, les palmarès de nouvelles les plus lues représentent bel et bien l'intérêt du public. Sauf que, pour le journaliste que je prétends être, j'ai parfois de la difficulté à saisir l'intérêt du public... Je me demande pourquoi, par exemple, un article sur la popularité des bleuets auprès des Japonais attise plus l'intérêt du public qu'un autre qui nous dit que le Canada fait partie des pires pays de l'OCDE en ce qui a trait à la gestion environnementale. Est-ce moi, ou calculer l'intérêt du public en termes purement quantitatifs n'est pas la chose la plus pertinente qui soit arrivée au monde des médias? J'aimerais avoir votre avis...
21 août 2006, 8:13
Blanchard au Parc Belmont
Tenez, en fouillant en peu, j'ai retrouvé trois photos du regretté Claude Blanchard au Parc Belmont, inutilisées pour mon livre Les saisons du Parc Belmont (Libre Expression). En 1980, Claude Blanchard (dans son personnage de Nestor) et son copain Jacques Desrosiers (Patof) remontaient sur la scène du théâtre de la Rive Droite du Parc Belmont, après respectivement six et sept ans d'absence...
 

 
 

20 août 2006, 12:22
Claude Blanchard disparaît...
 
Le milieu artistique québécois perd coup sur coup deux piliers. Après Fernand Gignac, Claude Blanchard s'est éteint à l'âge de 74 ans...
18 août 2006, 11:32
Pour un usage respectueux du "gate"
Vous vous souvenez du scandale du Watergate? La plus grande enquête journalistique aux États-Unis. Deux journalistes du Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, ont mis à jour une affaire de corruption au sein du parti républicain. Le scandale a fini par pousser le président des États-Unis, Richard Nixon, à démissionner en 1974. Une grosse affaire, le Watergate. Par la suite, d'autres scandales médiatiques mettant en scène des mensonges de l'État ont été baptisés "gate", en référence au Watergate. Il y a eu l'Irangate, au milieu des années 80: l'Administration Reagan avait vendu des armes à l'Iran et financé avec les profits l'insurrection au Nicaragua. D'accord. Il y a eu le Monicagate, en 1998, lorsque les ébats au bureau ovale entre Bill Clinton et sa stagiaire Lewinsky ont fait les manchettes. Là, le "gate" était encore justifié, mettons... Avec le Shawinigate (Jean Chrétien est intervenu personnellement pour que l'Auberge Grand-Mère obtienne un prêt quelques centaines de milliers de dollars), la pertinence du "gate" était limite. Mais le "gate" était carrément abusif dans le cas du Nipplegate, ce scandale mettant en vedette la sortie du téton de Janet Jackson lors du Superbowl de 2004. Là, vraiment, c'était un "gate" de trop. Plus personne n'a donc de respect pour le sérieux de l'enquête journalistique d'où provient ce fameux "gate" (le Watergate, rappelons-le)? Le comble: La Presse, ce matin, parle de l'histoire du mamelon extraverti de Lucie Laurier comme d'un "Nipplegate québécois". C'est n'importe quoi. L'histoire est rigolote, mais n'a AB-SO-LU-MENT rien du scandale! On a bien ri de la vidéo. Et l'histoire se termine là. Lucie Laurier demeure une excellente actrice. Non, il n'y a pas l'ombre d'un "gate" dans ce décolleté, chers amis! Je demande un usage réfléchi et respectueux du "gate". En usant du "gate" à toutes les sauces, les médias portent ombrage au travail de Woodward et Bernstein. Ces deux journalistes ont laissé à la profession un idéal à atteindre. Voilà pourquoi l'on devrait sortir le "gate" uniquement lorsque cet idéal journalistique est atteint. Alors, un journaliste qui deviendrait l'auteur d'un "gate" pourrait être considéré comme un vrai pro par ses pairs. Redonnons au "gate" son lustre d'antan, et cessons d'en faire une formule commode servant à donner une apparence d'urgence nationale à des conneries profondément locales...
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