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January 2006 - Messages
26 janvier 2006, 12:00
La course destination Loft
Rappelez-vous La Course destination monde. Chaque dimanche, des jeunes nous transportaient aux quatre coins du globe grâce à leurs petits films.

Or, si La Course... était encore de ce monde, on l'aurait mise dans la catégorie des "téléréalités". Si, si.

En février 2004, la revue littéraire L'Inconvénient consacrait un numéro à la téléréalité. L'auteur Yannick Roy y allait d'une analogie assez surprenante entre La Course destination monde et... Loft Story. Selon lui, entre les deux, il n'y a qu'un pas.

Ce qui intéressait Yannick Roy dans La Course... n'était pas vraiment "l'immensité du monde" mesurée chaque semaine par les concurrents. "Mon intérêt s'expliquait davantage par l'identification romanesque de ma destinée à celle des jeunes vidéastes, écrivait-il, dont le rôle importait bien plus que celui des personnages et des contrées exotiques sur lesquels portaient leurs films." En bref, les coureurs le fascinaient plus que la course.

La grande différence, entre la course et le loft, selon Roy, c'est le motif.

Depuis toujours, les artisans de la télévision ont cette intention - naïve - de montrer à l'écran des choses dignes d'intérêt. Un motif. En nous faisant découvrir le monde, La Course... avait un motif.

Dans la téléréalité moderne, c'est parce que quelque chose passe à la télévision que c'est digne d'intérêt. Le motif, c'est du passé. C'est la télé qui se nourrit d'elle-même.

Or, toujours selon Yannick Roy, retirez de La Course... le "motif" (le monde), ne conservez que les jeunes concurrents, enfermez-les à double tour et filmez leurs réactions. C'est Loft Story.

Sauf qu'il y a une autre différence entre le loft et la course que Yannick Roy n'a pas notée. Un des producteurs d'Endemol - la boîte néerlandaise qui a inventé Loft Story - l'a soulignée la semaine dernière en disant que les participants à Loft Story ne devaient pas être trop intelligents; cela deviendrait ennuyant.

Ah oui? Imaginons un instant que les lofteurs aient été choisis parmi les ex-concurrents de La Course destination monde. Il y aurait François Parenteau (Les Zapartistes), Ricardo Trogi (Horloge biologique), Manon Briand (La Turbulence des fluides), Denis Villeneuve (Maelström), Hugo Latulippe et François Prévost (Ce qu'il reste de nous)...

J'ignore de quoi ils causeraient pendant neuf semaines. Mais j'ai comme l'impression que leurs discussions iraient au-delà d'une sauce à spaghetti ou d'une tente à cul. Et que ce serait tout sauf ennuyant.

Loft Story II, à compter du dimanche 29 janvier, 18h, à TQS.

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DANS MA TÉLÉ...

Le krach de Nortel

Pour comprendre les dessous de la déconfiture boursière du géant Nortel.

Zone libre, Radio-Canada, le vendredi 27 janvier, 21h

Contact

Stéphan Bureau rencontre de grands créateurs. Cette semaine, l'ex-metteur en scène du Cirque du Soleil, Franco Dragone.

Télé-Québec, dès le mercredi 1er février, 22h

La charia au Canada

Un tribunal d'arbitrage ontarien veut se baser sur la loi coranique. Pour ou contre?

Canal D, le dimanche 29 janvier, 21h

Shakin' All Over

Deux heures pour revisiter les grands de la musique pop canadienne, à l'époque du flower power.

CBC, le lundi 30 janvier, 20h

19 janvier 2006, 12:00
Une fois c't'un Noir...
Typiquement québécois, le racisme niaiseux a plusieurs visages. Exemple: un Blanc rencontre un Noir et se met à lui raconter des blagues de Noirs. Pourquoi? Mystère. Peut-être pour tuer un certain malaise... Niaiseux, non?

Une des productrices de Passe-Partout, Carmen Bourassa, me confiait l'automne dernier un autre bel exemple de racisme niaiseux. Celui qui a entouré la naissance de Doualé, l'amie à la peau foncée de Cannelle et Pruneau. Afin de ne point heurter les sensibilités des chantres de la rectitude politique, la production a préféré trafiquer la réalité en confiant la voix de Doualé à une comédienne d'origine française. Donner à la marionnette un accent créole était risqué: cela n'aurait qu'exacerbé ce cliché honteux voulant que tous les Noirs aient un "accent de Noir". Y'a pas bon.

Le racisme niaiseux, c'est une réaction nounoune à la réalité multiethnique. Parce que le Québécois de souche, à défaut de mieux, préfère encore avoir l'air fou qu'avoir l'air raciste...

Des exemples de racisme niaiseux, vous en retrouverez à la pelle dans l'excellente série dramatique Pure laine, qui débute cette semaine à Télé-Québec.

C'est la première série québécoise à reposer sur les épaules d'un homme noir (qui n'est pas Gregory Charles). Pure laine nous fait entrer dans la tête de Dominique (Didier Lucien), un prof d'histoire du Québec d'origine haïtienne. Il a épousé Chantal (Macha Limonchik), une Québécoise débarquée des îles de la Madeleine. Ensemble, ils ont adopté Ming (Mélodie Lapierre), une petite Chinoise. Brun, blanc, jaune: un vrai pâté chinois. Assez québécois merci, le pâté chinois!

Pure laine, c'est le Québec actuel vu par l'étranger. Chaque épisode, Dominique y va d'observations drôles et brillantes sur notre société. La série a beau nous faire faire le tour du monde par l'entremise d'une pléiade de personnages exotiques (du copain marocain à la femme de ménage portugaise), l'ethnie dont il est le plus question, c'est le Québécois "pure laine".

À l'heure où le fleurdelisé se multicolore, il est rafraîchissant de voir comment les autres cultures perçoivent l'énigmatique Québécois. Cette créature touchante, ouverte sur la diversité, mais toujours coincée dans un habit cousu de préjugés...

Pure laine, dès le mercredi 25 janvier, 19h30

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DANS MA TÉLÉ...

Les Citadins du refus global
LES MISÉRABLES

Magistrale adaptation du roman de Victor Hugo. Gérard Depardieu, dans le rôle de Jean Valjean, est égal à lui-même: colossal.

ARTV, premier de huit épisodes, le vendredi 20 janvier, 20h

LES CITADINS DU REBUT GLOBAL

La suite des Artisans du rebut global. Des volontaires rénovent un immeuble pourri à Montréal, de la façon la plus écolo qui soit! Inspirant.

Télé-Québec, le mardi 24 janvier, 19h

L'ANGLAIS, ÇA S'APPREND!

À Enjeux, un reportage inquiétant sur l'enseignement de l'anglais dans les écoles francophones. Des profs d'anglais pas tout à fait bilingues? Ça existe!

À Radio-Canada, le mardi 24 janvier, 21h

TRAGÉDIES

Des catastrophes historiques, racontées par des Québécois qui les ont vécues. Cette semaine, le déluge au Saguenay.

Historia, le lundi 23 janvier, 20h

12 janvier 2006, 12:00
Recette du talk-show en tranches
Puisqu'il est devenu une vedette en coupant les carottes chez Maman Dion, je me suis dit qu'Éric Salvail devait connaître la recette d'un bon talk-show. "Ça prend du divertissement, lance-t-il. Il faut aussi des entrevues qui nous permettent d'apprendre quelque chose de nouveau sur la personne et un animateur que le public aime retrouver." En somme: du plaisir, du croustillant, du charisme...

La recette du talk-show est simple. Aussi, pour varier le menu, faut-il lui ajouter du neuf. Comme la fois où ma mère a mis du tofu dans sa recette de sauce à spaghetti. Le résultat peut être heureux. Ou désastreux. Comme la fois où ma mère a mis du tofu dans sa recette de sauce à spaghetti.

La télé d'ici a aussi connu son lot de talk-shows au goût douteux. À TVA, Pierre Brassard en a animé un déguisé en femme, Politiquement Colette. À TQS, Dieu a brièvement eu le sien, Dieu reçoit... La même chaîne en a aussi confié un à Ménick, le barbier des sportifs, à la fin des années 80...

Dimanche prochain, le Québec goûtera pour la première fois au talk-show en tranches. Éric Salvail anime On n'a pas toute la soirée. Le concept est original: un talk-show enregistré en une seule séance, que l'on sert du dimanche au jeudi en cinq morceaux de 30 minutes. "Parfois, explique l'animateur, on finira une émission en faisant entrer un invité-surprise que l'on interviewera le lendemain." Vous pigez? C'est comme un feuilleton. "Ce sera le Virginie des talk-shows", ajoute Éric Salvail.

Pour la première d'On n'a pas toute la soirée, on reçoit la chanteuse Ginette Reno. L'animateur lui voue un culte. Julie Snyder viendra animer la foule, un job qu'occupait Éric Salvail du temps où madame Péladeau animait le Point J. On verra aussi Éric Limoges, le blondinet dont on a déjà oublié la participation au Bachelor (TQS), cet automne. "On veut vérifier s'il se fait réellement accoster par les gens au centre commercial", dit Éric Salvail. À suivre.

Parmi les talk-shows qui ont influencé Éric Salvail, celui-ci mentionne tout de go le défunt Ad Lib, animé par Jean-Pierre Coallier. "J'étais étudiant à l'UQAM et je me souviens que c'est l'émission qui jouait pendant que je faisais l'amour avec ma blonde du temps", confie l'animateur. Sans qu'il s'en rende compte, Éric Salvail vient de nous apprendre quelque chose de croustillant sur sa vie. Il paraît que c'est la base d'un bon talk-show...

On n'a pas toute la soirée, à TVA du dimanche au jeudi, 19h. Dès le 15 janvier.

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DANS MA TÉLÉ...

538 fois la vie
538 fois la vie

Une année dans une école secondaire située dans un quartier défavorisé de Montréal. Portraits de jeunes en quête de repères.

Télé-Québec, le jeudi 12 janvier, 20h

Le petit Jésus

Documentaire intimiste sur le recours à la religion d'une famille ayant un enfant lourdement handicapé.

Télé-Québec, le jeudi 12 janvier, 21h



François en série
La capture de Saddam

Minute par minute, la capture du boucher de Bagdad.

Historia, le vendredi 13 janvier, 20h

François en série

Comédie romantique. Après un choc amoureux, François voit apparaître ses multiples personnalités sous forme humaine. Avec Martin Laroche.

Séries+, le samedi 14 janvier, 21h

5 janvier 2006, 12:00
L'ABC du recyclage, Le Fric Show, Humour PQ, Opération lune, Les 100 scandales
L'ABC DU RECYCLAGE

Une scène réelle. Jean Charest, à une époque où il n'était pas premier ministre, est accompagné du designer Jean Airoldi. Armé d'une énorme paire de ciseaux, il découpe une pièce d'étoffe. Coupe, coupe, coupe. Satisfait, le politicien lance alors sans prévenir: "Attendez que notre parti soit en charge du gouvernement du Québec." Jean Charest, des ciseaux, des coupures. L'ensemble est prophétique.

"Les paroles s'envolent, les écrits restent... Les images fessent!", déclare l'humoriste Louis-José Houde dans la nouvelle émission qu'il anime à Radio-Canada, dès le jeudi 5 janvier à 21 h. Dans Ici Louis-José Houde, le comique verbomoteur relève les moments bébêtes de 50 ans d'archives télévisuelles. La prestation de M. Charest n'est qu'un aperçu du voyage improbable qui vous attend.

Une pub trop honnête de Colgate, la pâte dentifrice qui prévient "presque toutes les caries". Un comédien qui s'enflamme (littéralement) pendant un téléthéâtre tourné en direct. Un chanteur oublié et c'est tant mieux. Fardoche, torse nu, faisant l'éloge d'une marque de déodorant. Francine Grimaldi qui anime un bingo... Chaque semaine, 30 minutes de moments délectables du petit écran.

Mais Ici Louis-José Houde n'est qu'une dérive heureuse d'un phénomène plus large: le recyclage.

Car on ne se lasse pas de revoir de vieilles émissions. Celles tournées à une époque où l'usage du trépied était de rigueur. Au temps où le moindre personnage de téléroman devait avoir son patois: "bouleau noir", "ostin' de beu", "ostie de toasté des deux bords". C'est rassurant, la vieille télé. Et c'est payant.

Cet automne, les épisodes pittoresques des Belles histoires des pays d'en haut, diffusés l'après-midi à Radio-Canada, attiraient plus que le double de l'auditoire de La fosse aux lionnes. Viande à chien, c'est quasiment insultant!

C'est sans parler des chaînes spécialisées, qui frisent parfois l'excès de réchauffé. ARTV connaît un vif succès avec ses bouquets thématiques d'épisodes de séries classiques. Mystère nous sert Scoop, Omertà, Columbo. La nouvelle chaîne numérique Ciné Pop se spécialise dans les films du passé. En anglais, Lone Star se concentre sur les westerns-spaghettis, Drive-In Classics nous plonge dans la culture pop des années 50 à 70 et Déjà View fait dans le déjà vu. TVA compte lancer sous peu une chaîne numérique, Prise 2, qui ne diffusera que des vieilles séries, comme V. En rediffusant la série Dallas, même la chaîne financière Argent se met au recyclage!

Recycler, ça rapporte...

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DANS MA TÉLÉ...

Le Fric Show

Marc Labrèche fouille dans notre portefeuille.

Radio-Canada, le jeudi 5 janvier, 21 h 30.

Humour PQ

André Ducharme anime une série documentaire sur l'humour. Sans rire.

Canal D, le jeudi 5 janvier, 20 h.

Opération lune

Neil Armstrong a-t-il vraiment marché sur la Lune en 1969? Et si ce n'était qu'une supercherie?

Historia, le mercredi 11 janvier, 19 h.

Les 100 scandales et tragédies du showbiz québécois

Tout ce que nos vedettes locales aimeraient bien qu'on oublie...

Musimax, le lundi 9 janvier, 21 h.