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Scène locale
27 août 2008, 4:53

CHRONIQUE SCÈNE LOCALE: Mini-M: une soirée, deux bars

Alors que j'étais assis dans les marches de l'ancien studio Beatbox, entre l'Escogriffe et le Quai des Brumes, Béatrice Martin de Cœur de Pirate est passée m'annoncer le début du concert de la pianiste et chanteuse Caroline Keating au Quai. En ce vendredi de Mini-M, série mensuelle organisée par les gens du M pour Montréal, le programme s'avérait chargé: cinq groupes en alternance sur les scènes des deux salles situées au coin de St-Denis et de Mont-Royal. Ce genre d'événement devrait d'ailleurs se produire plus souvent. Ça demande peut-être une collaboration étroite entre les deux débits de boisson, mais les serveuses de l'Esco vont déjà boire leur shooter avec les barmans du Quai pendant leurs pauses, et vice-versa. Alors, pourquoi pas?

"Moi, j'aime ce que Caroline fait, mais je ne crois pas qu'elle apprécie Cœur de Pirate", m'a expliqué Béatrice qui lancera son premier compact le 16 septembre. "Peut-être que nos projets se ressemblent trop..."

Ça oui, ils se ressemblent. Même ton de voix délicat, même sensibilité à fleur de peau, même simplicité désarmante. La petite histoire veut que les deux demoiselles aient commencé leur carrière pour exorciser une peine d'amour, un chagrin qui, de surcroît, aurait été infligé par le même garçon. On se demande qui peut bien être ce bourreau des cœurs. Ça lui fera une belle jambe si les deux filles finissent au firmament de la scène locale.

Moins avancée professionnellement que Cœur de Pirate, Caroline Keating en est toujours au stade piano-voix. Une formule qui l'empêche pour l'instant de se démarquer à son juste potentiel. À moins d'un talent d'interprétation hors norme, Damien Robitaille et Pierre Lapointe me viennent en tête, pas évident de se distinguer dans ce créneau surpeuplé. Mais avec un peu d'enrobage, les pièces de Keating pourraient bien faire du chemin. La Montréalaise de 21 ans enregistre présentement son premier compact.

Se sont ensuite succédé Diamond Sea (un rock shoegaze bien exécuté, quoique encore générique) et Jason Bajada. Ce dernier maîtrise parfaitement l'art de la composition folk rock, mais son manque d'authenticité l'amène à plafonner depuis déjà quelques années. Il me fait penser à la familiarité de Ian Kelly, rockeur aérien sous contrat avec Audiogram, qui "nous prive malheureusement du frisson nécessaire à transcender le routinier pour s'élever vers l'essentiel", comme l'a écrit mon collègue Defoy.

Il en va tout autrement pour The Luyas. Avec Stef Schneider (batterie), Jessie Stein (guitare et voix) et Pietro Amato (cor français), le trio frappe d'emblée par un son qui lui est propre.

Ensuite, prisonnier de la terrasse escogriffienne, j'ai eu ouï-dire que Comme un Homme Libre venait de terminer un album plus rock; que les Breastfeeders prendraient une pause en vue de composer cet hiver, et qu'Esker Mica devra bientôt se passer de son chanteur pour plusieurs mois. Un voyage en Finlande, semble-t-il. J'ai finalement attrapé trois chansons de Polipe en fin de soirée, dont une reprise de Radiohead (I Might Be Wrong). Pas de doute, le trio a tout avantage à salir ses pièces comme il l'a fait en fin de prestation. Un peu plus de distorsion, ça relève toujours l'urgence d'un groupe rock.

Le prochain événement M pour Montréal se déroulera gratuitement le 6 septembre en face des quais du Vieux-Port de Montréal. "Pour l'occasion, nous voulons attirer un plus grand public en invitant quelques formations bien connues", m'a révélé Sébastien Nasra, grand manitou du M pour Montréal. Ainsi, Karkwa, Alfa Rococo, SoCalled, Radio Radio, Torngat et Misteur Valaire se relaieront sur scène dès 19 h. Un autre beau programme précédé d'un 5 à 7 incluant DJs et BBQ.

FME

Jusqu'au lundi 1er septembre, je serai au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue. Consultez le blogue Scène locale sur le site du Voir pour un compte rendu quotidien, ou presque.

CONSEILS CONCERTS /

The Howlin' Hound Dogs se produira le 31 août, à 20 h 30, lors du Rassemblement de voitures et motos antiques organisé à l'occasion du Red Hot & Blue Rockabilly Weekend au 5300, Sherbrooke Est.- Aperçue sur scène avec Rufus Wainwright, Godspeed You! Black Emperor et Annabelle Chvostek, la chanteuse et accordéoniste Jordi Rosen se produira le 28 août, à la Sala Rossa, avec Annabelle Chvostek, Element Kuuda et Teen Seagull.

- Le Mouvement Hep Cat de Montréal, en collaboration avec les Productions Double Concept, présente le quatrième festival rockabilly Red Hot & Blue Rockabilly Weekend. Les formations québécoises Phily and the Flops, Southern Bad Ass et Matchless y joueront le jeudi 28 à l'Escogriffe. The Howlin' Hound Dogs sera aussi du Rassemblement de voitures et motos antiques organisé au 5300, Sherbrooke Est le 31. Détails sur www.rockabillyjam.com.

- Dans le cadre du 13e anniversaire du Café Chaos, la coopérative de la rue St-Denis présentera les concerts d'Accrophone (le 29 août) et le lancement du nouvel album de Chub-E Pelletier (le 31), auquel participera aussi Yvon Krevé et Koriass.

DISQUE LOCAL /

Chinatown

L'Amour, le rêve et le whisky

(Indépendant)

Outre son nom, qui lui a permis de se produire en Chine grâce à l'Alliance française de Chine, Chinatown attire toujours les curieux grâce à son chanteur et claviériste Pierre-Alain Faucon, connu pour avoir écrit l'excellente Retour à Vega des Stills. Sans contenir de bombe aussi efficace, ce maxi de quatre titres, incluant Tour assassine, témoigne de la fièvre pop du quintette montréalais, qu'elle soit d'allégeance french touch ou plus sixties britannique. "Pour toi Pénélope/Je ferai de la pop/Et nous deviendrons riches", explique sans prétention le combo sur Pénélope. Léger, le résultat s'écoute sans anicroche. On ne bouscule rien, et la simplicité l'emporte sur le tape-à-l'œil. Une interprétation plus soutenue, plus incarnée relèverait peut-être la sauce. Le 30 août au Colisée Pepsi, à Québec, avec The Stills et Jean Leloup. 3/5

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Élisabeth G. a dit :

re: CHRONIQUE SCÈNE LOCALE: Mini-M: une soirée, deux bars

Est-ce que je lis bien une chronique du Voir ou bien Perez Hilton?

Non mais c'est absurde de potiner de la sorte... Pourrait-on se concentrer sur la musique des deux jeunes filles, plutôt que leur pseudo-conflit et leur passé relationnel?

C'est ridicule de documenter une histoire de crêpage de chignons qui va dans un sens.

# 28 août 2008, 00:01

Catherine VL a dit :

re: CHRONIQUE SCÈNE LOCALE: Mini-M: une soirée, deux bars

Les ragots qui font rage sur internet ne méritent pas d'être commentés. Se fier à ces absurdités est aussi valable que de citer le Docteur Mailloux dans un essai de philo.

Mais on ne peut passer sous silence un tel manque de tact de la part d'un journaliste culturel.

N'a-t-on rien d'autre à faire que de relater les dites ''histoire de crêpage de chignons?''.

C'est irrespectueux envers Caroline Keating, mais aussi envers Coeur de Pirate. Ces deux jeunes filles ont l'audace de partager leurs chansons avec le public. Le courage de se montrer vulnérables et de braver les détracteurs qui critiquent tout ce qui bouge, assis confortablement chez eux pendant qu'elles travaillent d'arrache-pied pour peaufiner leur art.

Mais au lieu de parler de tout ça, de leurs accomplissements, de leur talent, de leurs ambitions, on commente leurs histoires personnelles. On créé un conflit sensationnaliste, on déterre des supposées histoires et on les analyse. On consacre trois paragraphes à raconter une histoire digne du Allô Police, mais on se contente de quelques petites phrases pour documenter ce qui compte en bout de ligne, leur travail.

C'est grossier et insultant. Elles méritent bien mieux que ça.

Mais bon, il ne faut pas se leurrer, les filles ne sont que des nunuches qui se disputent sans arrêt à propos des garçons. Et ces derniers, ces bourreaux, sont la grande force qui pousse les jeunes filles naïves à voir au-delà de leurs simples destins, à faire quelque chose de constructif de leurs peaux.

À défaut d’avoir l’air d’une veille fille frustrée (un autre beau cliché), j’implore les véritables mélomanes de voir au-delà des absurdes bavardages de cour d’école et de se concentrer sur ce qui est vraiment intéressant à propos ces deux artistes, soit leur talent.

# 28 août 2008, 02:48

Philippe Alarie a dit :

re: CHRONIQUE SCÈNE LOCALE: Mini-M: une soirée, deux bars

Moi, j'ai l'ai trouvé vachement bien foutu ce texte! Personnel et contextualisé. Si vous croyez que la vie personnelle des artistes n'a aucun intérêt, vous vous privez d'un des clés nécessaires à la compréhension de leurs oeuvres.

# 28 août 2008, 08:59

Julie Brunet a dit :

re: CHRONIQUE SCÈNE LOCALE: Mini-M: une soirée, deux bars

«Mais bon, il ne faut pas se leurrer, les filles ne sont que des nunuches qui se disputent sans arrêt à propos des garçons. Et ces derniers, ces bourreaux, sont la grande force qui pousse les jeunes filles naïves à voir au-delà de leurs simples destins, à faire quelque chose de constructif de leurs peaux.»

Bel élan féministe. Pas besoin de te dire que je suis pas d'accord.

# 28 août 2008, 11:44

Opale Lavigne a dit :

re: CHRONIQUE SCÈNE LOCALE: Mini-M: une soirée, deux bars

L'un des meilleurs pianistes rockabilly au Canada (si ce n'est le meilleur) IZ! est en concert à la Rockette le 3 septembre prochain. À ne pas manquer!

# 28 août 2008, 14:35

Opale Lavigne a dit :

re: CHRONIQUE SCÈNE LOCALE: Mini-M: une soirée, deux bars

CAT FIGHT sur le blogue d'Olivier, c'est chou!

Je ne connais pas encore très bien miss Caroline Keating pour l'impliquer dans mes prochains propos aberrants, mais je dois avouer que je préfère encore les histoires de cul de Coeur de pirate à tout le reste.

Ce monde est fou fou fou fou!

Bonne journée!

# 28 août 2008, 14:41

Catherine VL a dit :

re: CHRONIQUE SCÈNE LOCALE: Mini-M: une soirée, deux bars

Oui, c’est vrai, l’image est forte

J’ai caricaturé la situation pour en faire ressortir l’absurdité.

Pour montrer que c’est par ce qu’elles peuvent finir par avoir l’air à force de raconter cette histoire. C’est totalement réducteur.

Est-ce que c’est possible de vouloir composer des chansons simplement pour la passion de la musique, par simple désir de s’exprimer ?

Pourquoi est-ce qu’on s’imagine que c’est nécessairement pour se venger d’un ‘’bourreau des cœurs ’’?.

De plus, Caroline Keating n’a jamais mentionné cette dite ‘‘histoire’’, et donc elle ne mérite qu’on lui colle une telle étiquette. Et si l’on s’attarde à ses propos, on voit très bien que ce n’est pas sa ligne directrice.

Tout cela n’est pas pour dire que ce n’est pas légitime de parler de relations à travers son art. Mais on s’entend que les deux jeunes filles ont plus à offrir que de ruminer sur le dit ‘‘bourreau’’.

Et je pense aussi qu’il est dommage que les gens encouragent une telle polémique en les comparant continuellement, alors qu’elles sont deux artistes aux styles distincts, et qui ont une approche tout aussi différente.

# 28 août 2008, 18:23

sylvain turcotte a dit :

re: CHRONIQUE SCÈNE LOCALE: Mini-M: une soirée, deux bars

c'est totalement risible d'écrire un article de papotinage comme cela et de prendre des commentaires des gens sur la vie privée des artistes, mais encore pire de les publier.

franchement...

ces artistes débutent leur carrière et, meme si elles ont surement beaucoup de chemin a faire (je n'ai pas encore vu caroline keating, mais le spectacle de coeur de pirate etait vraiment moche), je ne vois pas comment un article de la sorte les aidera.

n'y a-t-il plus de respect pour nos artistes dans les médias?

# 30 août 2008, 02:10

Laurence Prud'homme a dit :

re: CHRONIQUE SCÈNE LOCALE: Mini-M: une soirée, deux bars

Malheureusement, ces deux artistes émergentes auraient probablement été noyées dans la mer d'articles et critiques de CD, concerts et performances sans cette anecdote... au départ, oui, c'est frustrant d'être reconnue à cause d'une anecdote comme celle-là, mais à la longue, c'est peut-être ce qui leur permettra de se faire entendre, de piquer la curiosité de fans potentiels et de faire ouvrir les bourses des producteurs et qui sait... de vivre un jour de leur art. Bien sûr, tous les artistes rêvent d'être entendus grâce à la seule force de leur message, mais, ne nous leurrons pas... c'est le marketing qui mène le monde! À nous de changer ça...

# 03 sept. 2008, 10:44


Olivier Robillard Laveaux
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