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Scène locale
Scène locale
March 2005 - Messages
31 mars 2005, 12:00
Montréal ville ouverte, Les Prostiputes, Despised Icon, Kobayashi, Hommage à la Masturbation
MONTRÉAL, VILLE OUVERTE

Depuis l'émergence d'un engouement pour la scène indépendante montréalaise, la rubrique Scène locale est restée plutôt discrète sur le sujet, évitant de commenter les différents articles parus dans les médias américains. Pourquoi perdre des lignes à critiquer le phénomène alors que l'espace éditorial peut servir à soutenir les groupes qui, semaine après semaine, créent ledit phénomène?

Or, la chronique fait cette fois exception pour laisser la parole à trois acteurs majeurs de notre scène locale anglophone: Mauro Pezzente, Brian Neuman et Meyer Billurcu. Trois types quasi ignorés par le Spin et le New York Times, mais qui, par leur implication dans la communauté, ont alimenté la scène jusqu'à ce qu'elle atteigne ce point d'ébullition. Explications.

En ouvrant la Casa del Popolo, la Sala Rossa et le El Salon en l'espace de quatre ans, Mauro (membre de Godspeed You! Black Emperor) a doté Montréal de trois salles de concert qui sont rapidement devenues le cœur même de la nouvelle scène alternative anglophone. Une ascension rendue possible grâce au travail de la compagnie de production Blue Skies Turn Black, qui célébrait il y a deux semaines son cinquième anniversaire.

Dirigée par Brian et Meyer, Blue Skies a permis aux musiciens locaux de s'imprégner de la culture musicale underground en amenant plusieurs groupes à Montréal (Pinback, Modest Mouse, Devendra Banhart, British Sea Power, Sebadoh). "Lorsqu'on a fondé Blue Skies, Greenland, qui se spécialise aussi dans la production de concerts alternatifs, avait cessé d'organiser des événements dans des salles de 100 personnes, explique Brian. Ce n'était probablement plus assez rentable. Plusieurs bons groupes allaient donc jouer à Boston et à Toronto en ignorant Montréal. Il faut dire aussi qu'à part le Jupiter Room et le Barfly, il n'y avait pas vraiment de petites salles à l'ouest de la rue Saint-Denis."

"C'est dans cette optique que j'ai créé la Casa, poursuit Mauro. À la base, je souhaitais ouvrir un restaurant végétarien, mais je me suis rendu compte que beaucoup de formations ne venaient pas jouer à Montréal, faute de contacts et de salles mises à leur disposition."

"Le contexte était parfait, poursuit Brian. Après l'explosion de Godspeed et de l'étiquette Constellation, une nouvelle scène s'est organisée. Efrim Menuck (autre membre de Godspeed) et Howard Billerman ont fondé le studio Hôtel 2 Tango, le label Alien 8 a pris du poil de la bête et de nombreux groupes stimulants pour la scène débarquaient à Montréal grâce à Blue Skies et aux productions 2HQD, qui offraient des concerts plus avant-gardistes. Les groupes qui émergent aujourd'hui (Arcade Fire, The Dears, Les Georges Leningrad) en sont le résultat. Il y avait une jeune structure efficace pour les soutenir."

La synergie créée par Blue Skies et le réseau Casa/Sala/Salon est devenue si importante que Greenland s'est remis à prendre des risques en produisant de plus petits concerts au Green Room et au Main Hall, deux nouvelles salles de capacité moyenne ironiquement situées à quelques coins de rue de la Casa, sur Saint-Laurent. "Plus il y aura de salles à Montréal, mieux la scène alternative se portera", affirme Mauro qui n'y voit aucune compétition.

Si le New York Times affirmait que la vitalité de notre scène était attribuable au faible coût des loyers montréalais, cette hypothèse explique seulement pourquoi la nouvelle vague de groupes s'est majoritairement développée autour du Mile-End. Autrement, il faut remonter à ces efforts investis dans le paysage musical pour trouver une véritable explication à ce bouillonnement indépendant. "Pour moi, toute cette notion d'engouement entourant nos groupes est une pure fabrication qui sert l'intérêt de quelques personnes, dénonce Mauro. Il y a toujours eu de bonnes formations à Montréal. Il n'y a rien de nouveau là-dedans."

Même son de cloche de la part de Blue Skies "L'article dans le Spin aidera sans doute les groupes québécois à attirer plus de spectateurs lorsqu'ils joueront aux États-Unis, mais ici, ça fait cinq ans qu'on se débrouille sans le buzz médiatique, commente Meyer. La vitalité d'une scène passe par son organisation (salles de concert, étiquettes de disques, studios d'enregistrement, producteurs de spectacles), non par les articles éphémères qui tentent de la décortiquer."

Montréal en est la preuve même.

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CONSEILS CONCERTS

Sous contrat avec l'étiquette Century Media, Dispised Icon lance son album le 1er avril au Café Inconditionnel. Photo: Mariève Blanchette
-Les Prostiputes participeront à la série Live dans le garage le 1er avril aux Foufounes Électriques. (punk-rock)

-Finaliste dans la catégorie Étoile montante au dernier gala MIMI, Despised Icon lancera The Healing Process (disque paru sur Century Media) le 1er au Café Inconditionnel (4584, avenue Papineau) avec Tears From the Sky, Beneath the Massacre, Ion Dissonance et Premonitions of War. (métal)

-Kobayashi, qui lancera son nouveau compact en mai, présentera plusieurs nouvelles chansons le 1er au Cabaret avec Ark of Infinity et The Quartertones. (jazz, R&B)

-Les Abdigradationnistes, Mononc' Serge, Nathalie Derome, Marie-Claude Lamoureux, Urbain Desbois et plusieurs autres artistes participeront au cabaret Hommage à la Masturbation le 1er au Lion d'Or.


24 mars 2005, 12:00
Ruffneck et BBT, Les Francouvertes, Les Ringos, Les Trompe-l'oeil, Sang Frais, CKUT ,Le Va-et-Vient, Satellite of June
RUFFNECK ET BBT

Depuis 2002, l'étiquette BBT Wreck-Hurdz occupe une bonne part du marché hip-hop québécois. Avec des artistes comme Buzzy Bwoy, Chub-E, Shoddy et Verb sous son aile, l'étiquette a d'ailleurs reçu le prix du Label de l'année lors du premier Gala Montréal-Underground. Le M.C., cofondateur du label et producteur Ruffneck répond à nos questions.

Avec très peu de moyens, ton étiquette est devenue en peu de temps l'une des plus productives de la scène rap montréalaise. Comment expliques-tu cette ascension?

"Lorsque j'ai décidé de fonder BBT avec Verb, nous nous sommes entourés d'une équipe solide sur qui nous pouvions compter pour bien mener la business. Nous avons recruté des gens pour faire la promo et quelques M.C. qui ont vite trouvé leur place dans le projet. La productivité de ces derniers nous aide grandement. Aujourd'hui, je travaille à temps plein pour le label."

Avec les textes de Shoddy et de Buzzy Bwoy qui a vendu 4000 exemplaires de son dernier disque, plusieurs associent BBT au mouvement gangsta rap américain. Ont-ils raison?

"C'est vrai que Shoddy et Buzzy Bwoy ont des textes plus durs, mais BBT n'a aucunement le mandat d'être gangsta. Je laisse la liberté de parole aux artistes. Par contre, nous écoutons beaucoup de rap américain, et nos standards de qualité s'en trouvent influencés. Si je travaille un beat et que je rougis en le comparant à un beat américain, je le jette à la poubelle."

Lors du premier Gala Montréal-Underground, deux altercations sont survenues entre rappeurs. Dénonces-tu ces événements qui ont entaché légèrement la soirée?

"Premièrement, je ne crois pas qu'il faille associer ces batailles au milieu hip-hop. Deux personnes qui ne s'aiment pas la face, ça peut aussi bien arriver sur la scène rock, punk ou métal. Par contre, je dénonce le lieu où les incidents se sont déroulés. J'espère que les répercussions sur le Gala seront minimes, mais je crois que les accrochages font partie de la vie. Le problème, c'est que plusieurs se serviront de l'événement pour associer le hip-hop aux gangs de rue. Il n'y a pas de guerre sur la scène rap montréalaise. Ça pourrait arriver, mais la majorité de la communauté hip-hop sait très bien qu'il faut tenir le rap loin de la violence."

Ruffneck, Buzzy Bwoy et Chub-E seront en concert avec le Parisien Oxmo Puccino le 26 mars au Spectrum. BBT vient également de lancer un mixtape téléchargeable gratuitement au www.brodah.ca.

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LES FRANCOUVERTES

Après cinq semaines d'activités aux Francouvertes, l'auteur-compositeur-interprète Damien Robitaille domine le palmarès. Photo: Michel Pinault
Après cinq semaines d'activités aux Francouvertes, le palmarès des finalistes se lit comme suit: 1-Damien Robitaille; 2-Masse-Poésie; 3-ÜMANZ; 4-Caniche Hara-Kiri; 5-Alexandre Belliard; 6-Duo Impromptu. Mathématiquement parlant, les trois premiers groupes sont assurés d'une place en demi-finale puisque les préliminaires se terminent le 28 au Lion d'Or avec Les Voisins d'en Dessous, Les Chimères et Télémaque. C'est d'ailleurs lundi soir que les juges feront l'annonce des six finalistes officiels.

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ÉCHOS DES LOCAUX

-En plus de lancer un album solo, de travailler sur le prochain opus des Chiens et de réaliser le nouveau Yann Perreau et le dernier Jean-François Fortier, Éric Goulet a trouvé le temps de monter Les Ringos. Groupe hommage aux Beatles complété par Jean-François Fortier, par le batteur des Chiens Marc Chartrain et par André Papanicolaou (guitariste qui accompagne Goulet sur scène lorsqu'il porte le chapeau de Monsieur Mono), le quatuor donnera un concert le 25 mars à L'Escogriffe.

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MUSIQUE GRATIS

-Les Trompe-l'œil (www.lestrompeloeil.com)
Il y a quelques semaines, Scène locale vous présentait en grande pompe le mini-album des Trompe-l'oeil. La curiosité envers le groupe rock planant s'est ainsi accentuée, forçant ce dernier à se munir d'un site Internet. Et puisque le tirage du EP était limité, vous pouvez télécharger gratuitement les cinq chansons qu'il contient. Laissez-vous séduire.

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CONSEILS CONCERTS

-Le magazine métal Sang Frais soulignera la sortie de sa 16e parution le 26 à l'Hémisphère Gauche. Urban Aliens, No Pressure et Shades of Dusk seront présents.

-CKUT (90,3 FM) tiendra un concert-bénéfice le 28 à la Sala Rossa. Patrick Watson, Paul Cargnello et Elizabeth Anka Vajagic y participeront.

-Le Va-et-Vient célèbre son 6e anniversaire le 30 avec le groupe Affrodizz.

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DISQUE LOCAL
Satellite of June
The Incident
(R.A.T. Records)

Le punk emo des Sunny Day Real Estate, Get Up Kids et Jimmy Eat World a donné naissance à une meute de jeunes groupes musclés aux mélodies dramatiques. Au Québec, Satellite of June domine le bal et lançait il y a quelques mois le maxi The Incident. Si le disque de cinq pièces ne se démarque pas par son originalité, il a le mérite d'offrir une mouture qui évite les multiples clichés pop commerciaux souvent associés au style. Même qu'avec Monologue, Satellite of June signe une pièce corrosive et parsemée de piano qui fait preuve d'un talent d'écriture accrocheur. En concert le 26 mars à La Shop (2090, rue Moreau, local 102) à 20 h. 3.5/5

17 mars 2005, 12:00
Le Gala MIMI en cinq mots, Retour sur le Gala Montréal-Underground, Peter Boucher, Festival Fringe Pop, Demon's Claws
LE GALA MIMI EN CINQ MOTS

REPRÉSENTATIF

Le seul mot qui vient en tête (peut-être avec "jouissif") lorsqu'on analyse la liste des gagnants de 2005:

-The Arcade Fire (Album 2004, prix International et Meilleure réalisation, à l'équipe derrière l'album Funeral)

-Malajube (Nova et Étoile montante)

-Les Breastfeeders (Power et Bête de scène)

-Loco Locass (Mots-dits et Chanson de l'année pour Libérez-nous des libéraux)

-Les Trois Accords (Concert de l'année au Métropolis)

-La Descente du Coude (Mini-album 2004)

-Fred Fortin (Feng Shui)

-Dobacaracol (Cosmopolitain)

-Champion (St-Urbain)

-Les Abdigradationnistes (Contenant)

-Paul Cargnello (Fontaines)

ENDIABLÉ

Malajube, Chromeo, Champion et Sixtoo ont relevé le Gala grâce à leurs prestations éclatées alors que des mentions spéciales ont été décernées à Patrick Watson et aux Lesbians on Ecstasy, le premier pour ses hautes voltiges aux ambiances apaisantes et les deuxièmes pour avoir littéralement soulevé le public avec leur musique électronique agrémentée d'une vraie chorale (de lesbiennes?) pour l'occasion.

SUFFOCANT

Déménager cette année le Gala au cabaret La Tulipe était une erreur, même si l'organisateur Dan Webster visait une plus grande intimité. Avec l'attention que suscite notre scène indépendante, 2005 était probablement la meilleure année pour présenter l'événement au Spectrum. Plusieurs mélomanes se sont fait refouler à la porte, alors qu'à l'intérieur, la chaleur suffocante tout comme l'absence d'espace vital nuisaient au bon déroulement de la soirée. D'ailleurs, mis à part pour les Breastfeeders et pour Malajube, les remerciements, qui devaient se faire sous forme d'entrevue dans la salle, n'ont pas eu lieu. Dommage, les musiciens locaux ont perdu leur droit de parole dans leur propre gala.

NONCHALANCE

Bien qu'il soit un type charmant, je persiste à croire que Pascal Angelo Fioramore manque d'entrain pour retenir la concentration d'un public composé de fêtards. Un peu plus de dynamisme et de rythme rendrait l'animation du gala moins statique.

PLAISIR

Malgré les problèmes d'espace et d'animation, il était facile de s'amuser au Gala MIMI 2005. Oui, année après année, la cérémonie est à la bonne franquette (encore trop pour être télédiffusée), mais elle permet à quelques centaines d'artisans de la scène locale de festoyer sous un même toit. Le gala de l'an prochain risque d'ailleurs de nous surprendre encore davantage. Le MIMI fêtera son 10e anniversaire et Webster annonce déjà qu'il mettra tout en œuvre pour que la célébration ne passe pas inaperçue.

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RETOUR SUR LE GALA MONTRÉAL-UNDERGROUND

Tout comme Daniel Russo Garrido, le FP Crew a remporté trois prix lors du premier Gala Montréal-Underground.
Le rappeur Daniel Russo Garrido et le FP Crew sont ressortis grands gagnants du premier Gala Montréal-Underground, qui se déroulait le même soir que le Gala MIMI. Daniel est reparti chez lui avec trois trophées (Album francophone, Texte francophone et Artiste francophone de l'année), tout comme le FP Crew (Album anglophone, Artiste anglophone et Vidéoclip de l'année). La liste complète des gagnants se trouve au www.montreal-underground.com.

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ÉCHOS DES LOCAUX

-Peter Boucher, 1965-2005

Membre des Flokons Givrés et de Fail Safe, le batteur Peter Boucher est décédé le 9 mars dernier. Souffrant de problèmes de toxicomanie et de schizophrénie, Peter s'est enlevé la vie à Matane dans la misère et l'isolement. La musique était toute sa vie. Une triste histoire qui nous rappelle celle d'Alex Soria.

-Organisé par Pop Montréal, le Festival Fringe Pop tiendra sa deuxième édition du 9 au 19 juin 2005. Trente groupes sont recherchés pour participer à l'événement extérieur. Envoyez vos démos, votre bio et votre dossier de presse à Fringe Pop, 15, rue Mont-Royal Ouest, bureau 110, Montréal, H2T 2R9.

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CONSEILS CONCERTS

-Les Goules lancent leur deuxième album, Memories, le 18 aux Foufounes électriques. Rappelons qu'avec des pièces comme Crabe, Ville et Kill, la formation rock déjantée de Québec a largement démontré son aptitude mélodique avec son premier disque éponyme paru en 2002.

-Également le 18 mars, une nouvelle Soirée Kaléidoscope se tiendra au Théâtre Corona. Gaïa, Kulcha Connection et DJ Miguel Graça se produiront sur scène alors que les spectateurs profiteront des vapeurs de narguilé, de séances de massage et de tatouage au henné.

-Les Abdigradationnistes joueront au Cabaret le 21.

-Les Moquettes Coquettes reçoivent Malajube le 23 à 19 h au Cabaret. Info: www.moquettescoquettes.com

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DISQUE LOCAL

Demon's Claws
Demon's Claws
(Dead Canary)

Respectant une esthétique 100 % lo-fi, les Demon's Claws vibrent au son sale d'un rock rétro et décadent. Croisement entre les Stooges, les Rolling Stones et l'univers du label Sympathy for the Record Industry, le quatuor montréalais incarne la défonce rock dans son expression la plus noble. On sent la rage et l'attitude "autodestruction-sans-lendemain", bien que les compositions profitent d'un talent mélodique accrocheur. Formé de Lester Del Ray, Mr No Breakfast, Pat Meteor et Skip Jensen, le groupe se produit le 18 mars au Café Chaos. 4/5

10 mars 2005, 12:00
Gala MIMI, Gala Montréal-Underground, Aut'Chose, Creature, Léopold Z,
GALA MONTRÉAL UNDERGROUND

Depuis quelques années, la scène hip-hop émergente québécoise s'est nettement organisée. En réaction à l'industrie musicale qui ne s'est jamais vraiment ouverte à la qualité sonore de Muzion et de Sans Pression, plusieurs magazines (Influence, Vibe Plus), émissions de radio/télé (Quatre Éléments, Vibe Plus, Broadbeat.ca) et labels indépendants (BBT, Iro Productions, AT Musique, HLM) se sont créés afin de soutenir une communauté d'artistes grandissante, un phénomène particulièrement encourageant. Toutefois, comme si son désir d'évoluer sans aide extérieure l'avait aveuglé, le milieu hip-hop semble également s'être scindé en partie du reste de la scène locale. Une situation déplorable à laquelle plusieurs joueurs tentent de remédier, d'un côté comme de l'autre.

Or, lorsque la radio communautaire cyber-numérique montreal-underground.com annonça qu'elle récompenserait les artistes hip-hop d'ici par l'entremise de son premier gala Montréal Underground le même soir (13 mars) que le Gala MIMI, plusieurs sont montés aux barricades dénonçant une fois de plus l'autoconfinement de la scène rap. Rencontré au lancement de l'album de DJ Manspino, l'organisateur du Montréal Underground, l'animateur Goofy, s'explique: "Je n'ai jamais voulu faire de compétition au Gala MIMI. Je trouve aussi la situation triste, mais nous avions choisi depuis longtemps la date du 13 mars. Même qu'au départ les deux événements devaient se tenir à une semaine d'intervalle puisque le MIMI était prévu pour le 20 mars."

Pour sa part, le Gala MIMI affirme avoir dû devancer l'événement à cause du festival musical SXSW (Austin, Texas) qui aurait empêché plusieurs musiciens montréalais d'être présents. "À ce moment, nous ignorions l'existence du Gala Montréal Underground, commente Cynthia Bellemare, membre du comité MIMI. Ce n'est qu'après avoir annoncé la date du 13 mars que Goofy nous a contactés. Il m'appelait personnellement pour me dire qu'il était désolé et ne pouvait plus reporter ni devancer la remise de prix. Nous nous sommes expliqués et personne n'est fâché, bien que tous trouvent la coïncidence dommage."

Puisque le Montréal Underground n'est pas ouvert au public, l'impact sur son assistance sera minime. Quelques artistes auront par contre un choix déchirant à faire le 13 mars puisque les Loco Locass et Daniel Russo Garrido se retrouvent nominés dans les deux galas. Par contre, les retombées médiatiques de la fête hip-hop en prennent pour leur rhume. Rares sont les médias qui pourront couvrir les deux spectacles, et il y a fort à parier que le MIMI retiendra davantage l'attention. Les amateurs de hip-hop pourront cependant suivre le Montréal-Underground en direct sur le site broadbeat.ca dimanche soir à compter de 19 h 30.

ÉCHOS DES LOCAUX

-Le bassiste Vincent Peak (Groovy Aardvark), le batteur Michel Away Langevin (Voivod), le guitariste Denis Piggy D'Amour (Voivod), le claviériste Joe Evil (GrimSkunk) et le percussionniste Martin Dubreuil (Breastfeeders) pratiquent tous ensemble depuis quelques semaines. Cette brochette de musiciens franchement alléchante ne prépare rien de moins que le retour d'Aut'Chose en compagnie de Lucien Francoeur. Le guitariste original de la mythique formation, Jacques Racine, est également du projet qui célèbre le 30e anniversaire du premier disque d'Aut'Chose. Un premier concert est prévu au Café Campus le 7 avril. Une rencontre entre deux générations qui fera trembler le Québec.

MUSIQUE GRATIS

-Creature (www.thereisacreature.com/)

Difficile de décrire le son de Creature qui emprunte à de multiples courants musicaux (new wave, dance punk, rock). Chose certaine, avec ses racines rock indépendantes rappelant parfois celles des Dears, Creature mérite grandement votre attention. En concert le 11 mars au Café Campus avec Lo and The Magnetics (ex-Kingpins).

CONSEILS CONCERTS

-Nitrosonique le 10 mars au Balafré à 21 h. (rock garage)

-En nomination au Gala MIMI dans la catégorie Mots-dits (profondeur et raffinement du rendu du texte), Léopold Z partagera la scène du Cabaret avec Blues Gitan le 11. (chanson et swing manouches)

-We Are Wolves souligne le lancement de son album Non-stop je te plie en deux, le 12 mars au Local (7154, St-Urbain) avec Call Me Poupée, Demon's Claws, 1-Speed Bike, DJ Kinkajou et DJ Cherry Cola. (rock explosif expérimental)

-Suite à la sortie de son album Tes Chansons Cruelles, Les Séquelles joue au Petit Café Campus le 12 avec Hellcats à 21 h. (rock yéyé)

-Dorothée est une Salope lance également son album le 12 au Petit Medley. (punk mélodique)

-Lors de la prochaine soirée LABproject se déroulant le 12 mars au O Patro Vys, une pléiade de musiciens locaux réarrangeront et remixeront des beats de Ghislain Poirier, Black Market, Mitchell Akiyama, Vitaminsforyou, Naw et Scott Da Ros. (électro expérimental)

-La Ligue d'Improvisation Musicale de Montréal présente son prochain match le 14 mars à 20 h au Café Campus. L'équipe de Philippe Brault (avec Pierre-Emmanuel Poizat, Sylvain Pohu et Michel Dufour) affrontera celle de Bernard Falaise (avec Mara Tremblay, J-F Lemieux et Nicolas Letarte).

3 mars 2005, 12:00
Daniel Russo Garrido, Omnium Rock, SOPREF, Le Baromètre, Lederhosen Lucil, Gala Mimi, Pat Lebel
Prêt à consommer: Daniel Russo Garrido
Âge: 25 ans
Style: Rap
Lieu de résidence: Montréal
Pseudonyme: Boogat
Album: Tristes & Belles Histoires (HLM / LOCAL)
Particularités: Outre Loco Locass, Daniel Russo est le seul artiste à la fois nominé au Gala MIMI et au Gala Montréal-Underground qui récompense les artistes hip-hop d'ici. Interrogés sur leurs coups de coeur québécois, les producteurs, les journalistes et les musiciens de la scène rap louangent tous cet ancien membre d'Andromaïck.

Depuis la sortie de ton premier disque solo, ton nom se retrouve sur bien des lèvres. Ça te surprend?

"Bien sûr, car jusqu'à tout récemment, je ne faisais pas partie de la scène rap. Je viens de Québec et lorsque je suis arrivé à Montréal, je filais plutôt doux. J'étais venu pour étudier, pas pour rapper. De surcroît, je ne suis pas ghetto pour deux cents. Ma mère est médecin et mon père est fonctionnaire... J'ai longtemps été complexé par ma condition jusqu'à ce que je réalise que la bourgeoisie est un état d'esprit que je n'ai pas. J'ai donc enregistré un album fidèle à ma réalité. J'étais convaincu qu'on collerait le terme "quétaine" à mon disque, mais on a plutôt aimé ma sincérité."

Contrairement à plusieurs rappeurs québécois, tu ne sembles pas vraiment influencé par la culture américaine. Où puises-tu tes racines?

"Je n'écoute presque pas de rap dans la vie de tous les jours. En réalité, je suis tanné des tabous hip-hop: tout le monde devrait pouvoir parler de ce qu'il veut sans être jugé. Aujourd'hui, même les structures des chansons doivent répondre à certains standards. Le rap a tellement été récupéré vite par le show-business, que plusieurs rappeurs adoptent sans réfléchir une attitude commerciale. Personnellement, j'ai été marqué par la musique latine lors d'un voyage que j'ai fait au Mexique en 2000 (N.D.L.R. la mère de Daniel est Mexicaine et son père, Paraguayen). Le croisement des genres y est nettement plus avancé qu'ici. J'adore entre autres la salsa rap d'Orishas."

Tes textes semblent illustrer une certaine remise en question. Te considères-tu comme un être tourmenté?

"J'essaie toujours de rester fidèle à mes principes: la loyauté, la fidélité et le respect. Mais merde, ces valeurs sont difficiles à appliquer dans la vie quotidienne. Mes textes reflètent cette complexité existentielle."

En concert le 10 mars à L'Alizé avec Wiliam International & Issmo de Vasco, Vice Vercet et Triple Impact.

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RETOUR OMNIUM ROCK

La loi des cactus remporta la première édition de l'Omnium Rock. Photo: Kevin Scott
C'est mercredi dernier au Café Campus que se terminait l'Omnium Rock après quatre mois de compétitions. Grâce à son énergie contagieuse qui transforma le Campus en chaude plage ensoleillée, la formation reggae festive La loi des cactus arriva bonne première devant One Away, Missing Bells et Art of Life. Les instigateurs de l'Omnium ont profité de la soirée pour annoncer qu'une deuxième édition du concours se déroulera l'an prochain. Félicitations aux quatre finalistes.

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LES ÉCHOS DES LOCAUX

-La SOPREF vient d'automatiser son service de calendrier afin que les groupes (membres de l'organisme) puissent eux-mêmes mettre à jour leur liste de concerts. Prochainement, ce calendrier sera envoyé aux médias et aux bonnes gens de l'industrie musicale par courriel. Profitez de la structure au www.sopref.org" .

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MUSIQUE GRATIS

-Le Baromètre (www.sopref.org/barometre)

Concrètement, vous ne pouvez pas télécharger de chanson sur le site du Baromètre qui compile chaque semaine les palmarès de CKUT, CIBL, CISM, CHOQ et Bandeapart.fm. Cependant, vous pouvez écouter en ligne le TOP 10 des chansons les plus jouées par nos radios indépendantes, ce qui n'est pas peu dire.

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CONSEILS CONCERTS

-Kaliroots et Karavan Kaya ce soir au Café Campus à 19 h. (reggae, musique du monde)

-Didier Boutin le 4 mars au Petit Campus à 21 h. (nouvelle chanson française)

-The Gutter Demons et Navajo Code Talkers le 5 mars à l'Hémisphère Gauche. (punk et rock)

-Tournée 123 Punk avec Rise Against, Belvedere, Mute et Twenty2 au Spectrum le 5 mars.

-Lederhosen Lucil le 7 mars à la Sala Rossa. (pop éclatée)

-Béluga le 9 mars au Cabaret Music-Hall. (pop raffinée)

-Dans le cadre du Gala Mimi, Poxy, Paradise et Priestess se produisent le 9 mars au Main Hall. (rock qui tue)

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DISQUE LOCAL

Pat Lebel
Ma langue aux chiens
(Indépendant / Local)

Dans un style chansonnier, Pat Lebel compose avec la même excentricité qu'un Robert Charlebois. Conservant des racines bien québécoises malgré quelques clins d'œil à Brassens, le compositeur aborde de sa plume simple, mais efficace, des sujets du quotidien qu'il rend intéressants par des images riches et sympathiques. Pour les amoureux de chansons à texte qui ne se prennent pas nécessairement au sérieux. En concert le 5 mars aux Verres Stérilisés. 3.5/5

Olivier Robillard Laveaux
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