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Sonique rendez-vous
Le blogue de Patrick Baillargeon en est un d'opinions, de coups de coeur et de coups de gueule en rapport avec tout ce qui tourne autour du merveilleux petit monde de la musique: disques, concerts, news, histoire, les musiciens, la business, les films, les livres... Selon l'actualité du moment ou celle d'hier, Patrick Baillargeon écrit ce qu'il en pense, que ça vous plaise ou non.
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Aznamour !
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Y’en a qui ferait un très long détour pour aller voir Radiohead. Moi, le groupe jouerait au Parc Jean-Drapeau que je ne me déplacerais pas! Par contre, même après une longue semaine au festival de Jazz et à Petite-Vallée, je n’ai pas hésité une seule seconde (non, c’est pas vrai, j’ai légèrement hésité tellement j’étais crevé) pour me rendre à Québec afin d’assister au concert que donnait le Grand Charles Aznavour sur les Plaines d’Abraham dans le cadre de la 41e édition du Festival d’été de Québec. Une première pour moi. Vaut mieux tard que jamais!De un, je n’ai jamais vu le vénérable chanteur en concert et de deux, c’était seulement la troisième performance qu’il livrait en plein air en plus de 60 ans de carrière! Un événement! Bon, Aznavour n’a plus 20 ans et il le chante d’ailleurs souvent, mais malgré ses 84 balais, ce monstre sacré de la chanson française, un des derniers dinosaures vivants, tient encore très bien la route, sa voix toujours belle et juste bien que légèrement chevrotante. Dignement accompagné d’un orchestre d’une sobriété et d’une prestance exemplaire, Aznavour a offert à la centaine de milliers de spectateurs présents (une foule record au Festival d’été de Québec) plusieurs de ses grands classique, de «Le temps» à «La bohème» en passant par «Emmenez-moi», «Comme ils disent», «Que c’est triste Venise», une version soft des «Plaisirs démodés» et la très touchante «Non, je n’ai rien oublié», entre autres. Pendant plus de 90 minutes, le célèbre chanteur nous a tour à tour charmé, ému, transporté, touché et fais chanter à l’unissons. Un spectacle peut-être un peu trop sage et coincé mais tout de même un grand moment de bonheur.
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Petite Vallée
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Un rock-critic, comme disent si bien les français, est un drôle d’oiseau. C’est généralement un être troublé, un peu nerd sur les bords, limite autiste pour certains, un personnage urbain qui vit la nuit et ne sort de sa ville que pour se rendre dans une autre grosse ville, en général pour couvrir un festival de musique. Abandonnez-le en pleine campagne et il devient fou en quelques jours, au point d’être capable de vous céder une partie de sa précieuse collection de disque en échange d’un aller simple pour son monde de béton. Pourtant, ça n’a pas empêché l’auteur de ces lignes de quitter son précieux gaz carbonique pour l’air pur de la Gaspésie afin de jeter un œil au Festival en chanson de Petite-Vallée, ce curieux petit événement totalement dévoué à la chanson d’expression francophone qui fait tant parler de lui.
Si le démesurément grand Festival de Jazz accapare la majorité des journalistes culturel durant la même période, il étonnant de voir à quel point ce petit événement du bout du monde puisse attirer autant de médias. Les raisons sont simples: l’endroit est aussi charmant qu’inusité et le concept «familial» donne une dimension plus humaine à ce festival qui dure depuis… 26 ans! À Petite-Vallée, l’artiste et le public font tous partie du spectacle. En fait, c’est le village au complet, et même carrément une bonne partie de la Gaspésie, qui fête la Chanson durant les 9 jours (du 26 juin au 3 juillet) que dure l’événement.
Fidèle à son habitude, le festival désire servir de tremplin pour les auteurs-compositeurs-interprètes de demain. Cependant, pour la première fois cette année, le jury du concours de découverte n’a plus procédé à l’élimination des candidats, préférant un recentrement sur la création et la formation, ce qui encourage au lieu de créer de l’animosité et un esprit de compétitivité.
Cette 26e édition était placée sous le thème «J’ai le goût de l’eau» et c’est tout naturellement l’auteur de cette chanson, Michel Rivard, qui était à l’honneur. Il fut donc dûment célébré, notamment par les quelques 200 enfants –provenant des quatre coins de la Gaspésie- de la Petite école de la chanson ainsi que par ses pairs, l’ensemble des chansonneurs ainsi que les artistes du cercle d’auteur Les rencontres qui chantent en conclusion du festival. Un périple à Petite-Vallée et Grande-Vallée (on a vainement cherché Moyenne-Vallée mais on n’a jamais trouvé…) -ces villages qui, si on regarde deux minutes ailleurs, nous passent sous le nez- est aussi l’occasion de découvrir non seulement un superbe coin de pays où le jour se presse de côtoyer la nuit, mais aussi des gens, simples et chaleureux ainsi qu’une cuisine qui l’est tout autant. Un arrêt par les magnifiques Jardins de Métis chemin faisant (11h de route depuis Montréal, ça fait du bien de prendre l’air et de se dégourdir les jambes!) ou encore une excursion jusqu’au fameux rocher Percé et l’île Bonaventure pour déguster une délectable soupe de poisson font partie des petits bonheurs que l’ont peut s’offrir avant de retourner en chanson à Petite-Vallée, le pays où le téléphone cellulaire perd son monopole.
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Nikola Acin 1973-2008 R.I.P.
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C'est avec consternation que j'ai appris le décès du collègue Nikola Acin (photo de Dimitri Coste). Un mois après son trépas. Sale temps. Rien pour m'égayer.
Nikola était de ceux qui vivait pour le rock, le vrai. On ne se connaissait pas, mais je lisais ses articles et critiques d'albums à chaque mois dans le mag Rock n Folk. Nikola était de cette race de "rock-critic" qu'on ne retrouve, hélas, plus tellement en cette ère du blog à gogo et vas-y que je m'improvise grand spécialiste de musique. Un qui n'avait pas peur des mots et savaient les utiliser, les bons, ceux qui sonnent, qui frappent et pénètrent. Un de l'école des Yves Adrien, Lester Bangs, Patrick Eudeline et autres writers magnifiques... Un érudit, un fin connaisseur du rock, un amoureux de littérature et de la bande dessinée, un traducteur, un collectionneur et un musicien aussi. Un type en qui je pouvais me reconnaître et qui, à chaque fois que je le lisais, me parlait.
D'origine serbe, Nikola avait rejoint l'équipe de Rock n Folk il y a 12 ans. Il a traduit plusieurs bédés, une de ses nombreuses passions, chantait au sein des Hellboys -depuis 12 ans aussi- et avait fondé le duo Heartbreak Hotel en compagnie de l'ex FFF Yarol Poupaud en 2006. Il avait récemment traduit la biographie d'Andrew Loog Holdam (gérant des Stones) et venait de publier l'essai Qui a tué Elvis? Mort d'un roi.
Live fast die young.
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Mutek mature
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La 9e édition du festival international de musique électronique et de créativité numérique Mutek s'est terminée dimanche après 5 jours bien remplis. Une fois de plus, l'événement a permis aux connaisseurs de se régaler et aux néophytes de faire de belles découvertes.
Cette 9e édition a semble-t-elle été aussi populaire que la précédente, ce qui laisse présager de bien belles choses pour le 10e anniversaire! D'après ce que me disait Alain Mongeau, "Mutekien" en chef, croisé lors de la soirée Underground Resistance à la SAT, il semblerait que le mot se soit finalement passé et que les gens ont compris qu'il se déroule quelque chose là. En effet, on dirait qu'un public plus large que la petite communauté de technophiles gravitant autour du Laïka se soit laissé tenter par le Mutek.
Mais à mon avis, bien que le festival ait présenté des artistes moins ancrés dans l'enclave «techno» au fil des ans, c'est franchement l'année dernière que nous avons senti un réel désir d'ouverture du Mutek, en ce sens qu'on a eu droit, comme pour cette 9e édition, a plus de «performances», plus de «shows». Le cliché voulant que le Mutek soit un événement pour «laptopeurs» à lunettes semble tranquillement disparaître bien que l'événement garde toujours une bonne place aux défricheurs et à la techno de pointe.
Sans avoir assisté à tout ce que proposait la riche programmation, il faut souligner que les événements A/VISIONS présentés au TNM ont été fort populaires, tout comme les soirées Nocturne à la SAT et au Métropolis, notamment la perfo des allemands de Modeselektor (notre photo) vendredi dernier. Puissant!
Que nous réserve la 10e édition qui se déroulera du 27 au 31 mai 2009? Que du bon gagerons-nous... et davantage!
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The Cure a se rendre malade
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Mercredi dernier, les Cure -ce groupe "punk-rock" comme dirait la toujours très pertinente chaîne d'info LCN- ont offert une performance marathon de trois heures dans un Centre Bell presque plein. Une dose massive de Cure pour les nombreux fans qui attendaient la venu du groupe avec impatience d'autant plus que ce dernier avait dû annuler son passage prévu initialement pour l'automne dernier et que ça faisait bien douze ans qu'il n'était pas venu à Mtl.
Disons qu'on n'a pas eu à se plaindre puisque de 20h30 à 23h30, Robert Smith et ses trois musiciens (pas de claviers!) ont revisité une bonne partie du répertoire du groupe en plus de balancer ça et là quelques nouveaux morceaux. À bientôt 50 ans, c'est quasiment un exploit que Robert Smith arrive à tenir le rythme pendant trois heures soirs après soirs. Bon, ce n'est certainement pas le plus dynamique des chanteurs ni un grand showman, mais tout de même...
Trois heures... Difficile d'être constant du début à la fin! Il est vrai qu' on a eu droit à des titres dont on se serait passé pour en entendre d'autres beaucoup plus cool quitte à revisiter le vieux répertoire (pas de Lovecats?), mais qui va se plaindre hein? Trois heures! Quel gros groupe de la trempe des Cure est aussi généreux avec ses fans? Y'en a peu. Oui, c'est le Centre Bell, oui le son est pas terrible (on a entendu bien pire remarquez) mais les jeux de lumières et les quelques images projetées à l'arrière de la scène convenaient parfaitement à créer une atmosphère intime et pas trop tape à l'oeil. De toute façon ce n'est pas dans les habitudes des Cure d'être très glamour et clinquants.
Comme pour la plupart des shows que le groupe new wave-goth-pop britannique a donné à travers le monde pour cette tournée, c'est lors des rappels qu'on a pu entendre les fameuses vieilles tounes, celles des débuts. À Montréal, on en a par contre eu un peu moins qu'ailleurs si l'on se fie aux commentaires laissés par les fans étrangers sur différents blogues et sites web. Mais quand on entend enfin Killing An Arab, Jumping On Someone Else's Train, A Forest, Grinding Halt ou Boys Don't Cry, on revient bien loin en arrière, les alarmes aux yeux.
Comme ces deux punkettes croisées à la porte du Centre Bell qui avaient fait le trajet d'Halifax juste pour voir les Cure, je suis sorti du concert comblé et avec le sentiment que personne ne s'était fait avoir dans cette histoire, sauf ceux qui ont acheté la bière de poteau du Centre Bell à 10$ le verre...
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Pesant The Heavy
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La formation britannique The Heavy est venue faire un petit tour par Montréal hier soir à la Sala Rossa. Un premier passage discret mais assez puissant. Discret parce qu'il n'y avait pas foule, et l'heure tardive à laquelle le quintette de Bath est monté sur scène n'a pas certes pas aidé. Mais moi ça m'a permis de ne rien manquer! En 40-45 minutes, l'affaire était bouclée. Un petit show d'introduction pour un groupe qui gagne à être découvert.
Nouvelle parution sur Counter, le sous label "rock" de Ninja Tune, The Heavy fait preuve de polyvalence en sautant d'un style à l'autre sans trop de problèmes. Un coup on croirait entendre Parliament Funkadelic, un autre ce sont les Stooges qui nous viennent en tête quand ce n'est pas Urban Dance Squad, quelconques groupes stoner, Lenny Kravitz en moins guidoune, Amy Winehouse qui chanterait comme un mec, Gnarls Barkley en plus rock et de la soul, plein de soul. Mené par Kelvin Swaby, charismatique chanteur black à la voix puissante et qui sait prendre sa place sur scène, le groupe a pratiquement tout joué son premier album, le récent Great Vengeance and Furious Fire, ne laissant de côté que les deux ou trois morceaux plus tranquilles. Une salle plus remplie, un concert un vendredi ou un samedi et on aurait eu quelque chose de géant. Là c'était un peu timide mais juste assez révélateur pour qu'on puisse clairement voir tout le potentiel du combo. Surveillez leur prochain passage! En attendant, vous ne perdez rien à jeter une oreille au disque!
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L'anti monotonie de Monotonix
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Le rock, c’est un show. Du théâtre et de la musique. J’ai beaucoup de mal avec les groupes qui restent droits comme un piquet et regardent leurs chaussures sur scène. Faut que ça soit divertissant, que le public ait quelque chose à voir et à écouter. Je me souviens bien plus des concerts de groupes déments sur scène que tous les autres coincés.
Je me souviendrai donc longtemps, et je ne serai pas le seul je crois, de la perfo de dingue qu’a donné le trio israélien Monotonix samedi dernier au Divan Orange. Un magnifique bordel qui, je l’admet, prenait un peu trop le dessus sur la musique somme toute ordinaire. Du stoner garage de base dirons-nous.
Si sur disque les Monotonix brassent tout de même de l’air, en concert c’est une tornade qui balaye tout sur son passage. Difficile de vous faire un résumé assez précis car le trio (guitare, batterie, voix) ne joue pas sur une scène. Il préfère s’installer à même le sol, n’importe où dans la salle. Samedi, c’était devant le stage, pour les 20 premières minutes. Le concert démarre et ça ne prend pas 5 minutes que le chanteur est déjà rendu à se rouler par terre, à grimper sur le cabinet de DJ en bois –qui ne s’est pas écroulé- avant de jouer au singe, pendu après le tuyau de gicleurs –qui n’a pas lâché- et de plonger dans la foule ou de se fracasser la gueule sur les tables et les verres qui volent en éclat. Ça brasse de partout, des fois tout ce qu’on peut voir, c’est l’air ébahis de certains membres du public qui eux assistent à quelque chose qui nous échappe même si on est à quelques mètres de l’action. Shalev, le chanteur poilus et moustachu de 43 ans(!!), sorte de Ted Nugent du Moyen-Orient, balance verres, bouteilles, poubelle et déchets, crache partout –souvent direct au visage du public- se vautre sur le bar, se glisse le micro dans le cul, s’arrose la bitte avec la fontaine à bière ou s’en rempli la gueule avant de la recracher sur les gens devant lui. Puis, il s’empare de la grosse caisse du batteur, se ballade avec, la dépose un plein milieu du passage le long du bar et le batteur Haggai, qui quelques minutes plus tôt jouait avec une poubelle sur la tête, suit et s’installe là. Maintenant tout le groupe est rendu en plein milieu de la salle, au grand dam de ceux qui s’étaient reculés pour ne pas se faire asperger. Durant tout ce temps, le guitariste Yonatan monte sur les tables, le bar, se roule par terre… Et là je résume… Le gros fun noir quoi! On comprend pourquoi les concerts de Monotonix ne durent jamais bien longtemps et on comprend aussi pourquoi le trio est barré de nombreuses salles en Israël ou ailleurs. Si vous voulez un aperçu du bordel Monotonix, You Tube et leur Myspace vous donneront une petite idée.Le groupe devait ensuite jouer dans la petite salle du local de la librairie anarchiste sur St-Laurent mais quand on y est passé, le système d’amplification pour la voix avait lâché alors que Cursed se démenait du mieux qu’il pouvait pour se faire entendre. Au retour, 90 minutes plus tard, la place était dangereusement silencieuse, une bagnole de flic à la porte…
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Pascale Picard piquée!
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C'est rendu presque banal. Il ne se passe pas une ou deux semaines sans qu'on apprenne qu’un groupe se soit fait volé son matériel à Montréal; au point où on pourrait presque parler d’épidémie. Cette fois-ci c’est Pascal Picard et son groupe qui en ont fait les frais. En effet, dans la nuit du 2 au 3 avril, la brigade d’ennemis des musiciens a encore une fois sévit, défonçant la van de tournée du groupe et dérobant tout ce qu’elle contenait, soit une guitare Fender Stratocaster 3P90, une basse Precision Fender Sunburst, une basse acoustique Takamine, une guitare acoustique Taylor Cutaway ES System et une guitare acoustique Seagull Coastline, entre autres. Si tous ces instruments et accessoires n’ont pas une très grande valeur marchande, ils ont par contre une grande valeur sentimentale pour la bande. Des photos de l’équipement sont visibles au www.pascalepicard.com. Pour toutes infos, prière de communiquer au 514 946-7806 ou à karl@pascalepicard.com. Musiciens, on ne vous le dira jamais assez bien que vous devriez le savoir déjà: ne laissez JAMAIS votre matériel à la merci d’individus sans scrupules.
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2 gars 2 filles
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Y'a des fois où je déprime. J'ai du mal à m'expliquer ce qui motive les gens à sortir de chez eux pour aller voir des concerts, ou plutôt ce qui les retient de sortir. Par exemple mardi dernier au concert des Sons & Daughters à la Sala Rossa. Il y avait tout au plus 75 à 80 personnes alors que je m'attendais à ce que la place soit pas mal pleine. Ok, le show était particulièrement tard, 23h30 passée quand le groupe est monté sur scène, un mardi en plus… c'est pas fort. Reste que, c'était la première fois que le combo de Glasgow -en Écosse- venait à Montréal et, qui plus est, le quatuor vient de faire paraître ce qui est de loin son album le plus probant. À mon avis un des meilleurs disques de cette année 2008 à peine entamée.
This Gift est un amalgame parfait entre pop et punk. Pop style 50's-60's et punk comme on l'entendait en 1977; dans la lignée Elastica-Rezillos. Deux gars (guitare-batterie) et deux filles (basse-voix); des chansons courtes, entraînantes mais pas garochées; une présence très sympathique sur scène (mis à part la pauvre bassiste, malade et blanche comme un drap), du dynamisme et de l'énergie à revendre et, surtout, une chanteuse bien en voix et très charismatique ainsi qu'un guitariste assassin qui déchire l'espace sonore avec ses coups de larsen et un son tranchant. Un genre de Billy Zoom (guitariste de X) d'Écosse.
Le concert fut court, environ une heure, mais on a eu droit aux meilleures chansons du dernier disque (dont Flags que le groupe ne jouait pas si on se fie aux set lists des villes visitées avant Mtl mais que bibi le fan a demandé sur leur Myspace) ainsi que les excellentes Dance Me In et Johnny Cash. Seul bémol (mis à part la toute petite foule): le son. Rien à voir avec ce qu'on retrouve sur leurs disques, et tout particulièrement This Gift, produit par l'ex guitariste de Suede Bernard Butler.
Espérons que la bande ne tardera pas à revenir nous voir mais en attendant, si vous n'avez pas encore découvert ce disque de fou, faites vous plaisir et courez vous le procurer. L'expérience est encore plus probante le son à bloc, évidemment!
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L'homme du monde
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Il y a un peu plus de 2 ans, Arthur H avait convié quelques rares privilégiés à se rendre un samedi après-midi au studio du réalisateur québécois Jean Massicotte afin d’écouter le résultat quasi final de son album Adieu Tristesse. Nous étions 2 journalistes et ce fut une expérience franchement enrichissante.
Hier, le roi Arthur remettait ça, cette fois-ci en compagnie de 7 ou 8 journalistes, dans l’intimité du O Patro Vys. Tous avaient été conviés à une séance d’écoute de L’homme du monde, le neuvième( ?) effort studio d’Arthur H, qui sera en magasin le 2 juin, après quelque séances de fignolage et de polissage. Toujours réalisé en compagnie de Jean Massicotte, entre Paris et Montréal au cours des six derniers mois, ce disque sera nettement plus festif que tout ce que le fils de Jacques Higelin a déjà enregistré. Un album placé sous le signe de la joie, de l’amour et de la fête; un disque dynamique, ludique, léger et plutôt rythmé, aux forts accents funk et disco sauce 70’s. Cela dit, L’homme du monde n’est pas un disque rétro ou nostalgique comme s’en est ouvertement défendu Arthur H. On y retrouve des sonorités bien modernes, des rythmiques pesantes proches du grime ou du hip-hop/trip-hop plus expérimental, des références à la folk moderne, au jazz, au rock un peu grunge, à la pop, à Tom Waits, à l’univers éclaté de Katerine et même à Grinderman (l’autre véhicule de Nick Cave) ou Bowie (pour cette chanson de papa cosmonaute notamment).
Alors que les happy few présents écoutaient attentivement et en silence les chansons qui défilaient (10 des 12 ou 13 qu’on retrouvera sur ledit album), Arthur se tenait à l’écart, au fond de la salle, visiblement heureux et satisfait. Il m'a d'ailleurs semblé que le type était beaucoup plus serein et moins torturé (ou fatigué) qu’il y a deux ou trois ans lors de la précédente séance d’écoute. Est-ce l’amour, une récente paternité qui le rendent ainsi détendu et souriant? Ce sentiment de plénitude, d'exaltation et de bien être se retrouve donc tout au long de ce prochain disque, composé en partie à la guitare (et non au piano comme auparavant), sous le soleil d’un île grecque, bercé par le vent du large et la beauté des paysages. Attendez-vous donc à danser sur du Arthur H tout au long de l’été!
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Gentil Genty
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Vous connaissez Gerald Genty? Ici, bien peu de gens le connaissent et dans son pays, la France, il commence à faire parler de lui. Mais ce relatif anonymat devrait être de courte durée puisque que ce drôle de zigoto a franchement de quoi plaire. Actif sur les scènes de la francophonie européenne depuis quatre ans, ce chanteur atypique vient de faire paraître son deuxième album (en magasin au Québec le 29 février), Le plus grand chanteur de tout l'étang. Un disque drôle, intelligent, léger dans le ton mais pas toujours dans les propos, où les jeux de mots et calembours abondent. Pensez à Boby Lapointe, aux VRP, à Sttellla pour vous situer un peu. Si vous en avez assez des chanteurs prétentieux, des poseurs, des artistes à la mode et top tendance, voilà de quoi vous rafraîchir. Avec un physique proche d'un jeune Plastic Bertrand et l'attitude d'un gars modeste qui ne se prend pas pour un autre, Gerald (pas Gérard, hein !) a vraiment tout pour plaire. On a pu s'en rendre brièvement compte lundi soir dernier au Verre Bouteille alors que le coloré musicien présentait quelques-unes de ses chansons, seul sur scène avec sa guitare, vêtu d'un t-shirt, d'une paire de short et de tongues. La place était pleine à craquer mais c'était peut-être aussi pour les 3 gars su'l sofa qui suivaient. Gerald Genty fait d'ailleurs la première partie du groupe dans plusieurs villes de la province. Vous pourrez donc voir la bête de près le 20 février à 21h au Cégep de l'Abitibi-Temiscamingue, campus Rouyn-Noranda, le 21 au même endroit mais à midi au campus Val d'Or, le 27 février à 20h au Vieux St-Pierre de Victoriaville, le 28 février à 20h à la salle Jean Desprèz de Gatineau et le 1er mars à 20h au Centre culturel de Beloeil.
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Web star
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On parle beaucoup récemment du groupe new yorkais Vampire Weekend. Avec raison, c’est à mon avis excellent. J’ai même donné une note de 4,5. Allez lire la critique sur notre site. Cela dit, on parle du groupe mais surtout on insiste beaucoup, dans toutes les critiques que j’ai pu lire à ce sujet, sur le fait que Vampire Weekend a été très populaire sur le oueb, auprès des blogueurs ou via son site Myspace, avant de percer sur le marché «conventionnel». Soit, il en fut de même pour nombres d’artistes dont Arctic Monkeys et Lily Allen, pour ne nommer que les plus populaires, et la tendance n’est pas prêt de ralentir. Reste que je me demande pourquoi on insiste tant là-dessus. Qu’est-ce que ça peut bien faire que le groupe ou l’artiste en question se soit fait connaitre de telle ou telle manière? Ce qui compte finalement c’est la musique, et si elle est bonne ou non. Et dans le cas des Vampire Weekend, elle l’est. Hélas, on dirait que pour certains critiques et blogueurs, la source est plus importante que le produit.
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L'ADISQ et l'Amour
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Pour une cinquième année consécutive, l’ADISQ profite encore une fois de la St-Valentin pour sensibiliser le public aux effets néfastes du téléchargement illégal sur l’industrie du disque québécois. Intitulée Quand on aime la musique pour vrai, la copie non merci, cette campagne veut faire réfléchir les consommateurs québécois sur la valeur de la musique. Jusqu’au 14 février, 35 000 pochettes cadeau ainsi qu’un calendrier de spectacles seront donc offerts gratuitement à l’achat d’un disque d’un artiste québécois dans plus de 200 départements et magasins de disques à travers la province.
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Anik panik
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Petite tempête à la rédaction du Voir suite à la publication de la critique du dernier cd d'Anik Jean, Le ciel saigne le martyre, dans notre édition du 24 janvier (p. 19). Mon collègue Olivier Robillard-Laveaux fait un parallèle avec la chanson de Jean Leloup/Leclerc Everybody wants to leave, chanson disponible sur son plus récent album Mexico et qui, en résumé, raconte sur un ton moqueur l'histoire d'une fille qui cherche à percer dans la musique en se vantant qu'elle connait tel ou tel producteur ou musicien en vue (voir les paroles) Quand on sait qu'Anik Jean, avec qui Leloup/Leclerc a collaboré pour son premier album Le trashy saloon, a travaillé avec des producteurs/musiciens connus de Los Angeles et plus récemment de New York, le parallèle semble évident ou, à tous le moins, amusant. Même si Jean Leloup/Leclerc a écrit cette chanson avant qu'Anik Jean ne rencontre Mark Plati à Londres -le réalisateur émérite de son nouvel album (qui a aussi bossé avec les Rita Mitsouko, Louise Attaque, The Cure et Bowie), notre critique trouvait la trajectoire d'Anik Jean cocasse par rapport à la chanson vitriolique de son ancien collaborateur et n'a pu s'empêcher de le souligner.
Bien entendu, l'équipe d'Anik Jean n'a pas apprécié et il semble que Jean Leloup non plus... Pourtant, on n'invente rien là! Olivier Robillard-Laveaux ne fait qu'émettre une hypothèse cocasse, point barre. Avouez que, quand on y pense, il est difficile de ne pas faire le rapprochement!
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Mystico-grano
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Jorane a entamé hier soir sa série de spectacles au théâtre National. Accompagné de ses trois excellents musiciens (le multi-instrumentiste Pierre-Philippe Côté, le batteur-percussioniste Stefan Schneider et le violoncelliste Miles Perkins), la chanteuse au violoncelle a tout doucement brisé la glace devant un public assis et plutôt sage. C'était soir de première. L'ambiance s'est détendue autant sur scène que dans la salle vers la fin de le première partie. Au retour, beaucoup plus à l'aise, Jorane nous a fait la surprise d'être accompagné d'une troupe de gumboots -Amaquwhé?- (désolé mais je ne me souviens plus du nom exact), un peu comme les Colocs l'ont déjà fait dans le passé.
Alternant entre le français, l'anglais et cette langue mystérieuse dont seule Jorane détient le secret, l'envoûtante musicienne a dévoilé une bonne partie de son nouvel album Vers à soi. Les ambiances musicales, appuyées par un beau jeu d'éclairage et aidées par un son impeccable, étaient formidables. La voix de Jorane portait si bien qu'on pouvait sans peine percevoir toutes ses nuances. Là où elle semble avoir un peu de mal, c'est dans les quelques interventions qu'elle se permet entre les chansons. Elles sont souvent inutiles et maladroites.
Curieusement, je trouve que ce sont ses chansons en anglais qui passaient le mieux. Quelques fois, on croirait entendre Kate Bush, d'autres fois Tori Amos, quand ce n'est pas PJ Harvey et même Siouxsie. Pour les deux premières c'est peut-être intentionnel de sa part, mais pour les deux autres, j'en doute.
Il y a ceux qui aiment la musique, qui savent en jouer convenablement (ou pas) et il y a ceux, comme Jorane, qui vivent la musique, qui la respirent et la transpirent. Il n'y a aucun doute, cette fille est habitée par la musique.
À voir donc les 24, 25 et 26 janvier, toujours au National, puis en tournée dans 18 villes à travers la province.
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