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Sonique rendez-vous
Le blogue de Patrick Baillargeon en est un d'opinions, de coups de coeur et de coups de gueule en rapport avec tout ce qui tourne autour du merveilleux petit monde de la musique: disques, concerts, news, histoire, les musiciens, la business, les films, les livres... Selon l'actualité du moment ou celle d'hier, Patrick Baillargeon écrit ce qu'il en pense, que ça vous plaise ou non.
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September 2008 - Messages
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Coeur de pirate: Qui a peur de pirate?
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Depuis plusieurs mois on en parle de cette Coeur de Pirate, bien plus souvent en mal qu'en bien, on la juge, la conspue, on la cloue au pilori... Le buzz est tellement fort que des magazines n'ont pas hésité à la mettre en une avant même que son premier album ne soit sorti.
Maintenant que la chose est faite, que l'album est en magasin, que tous ont enfin eu la chance d'entendre celle dont tout le monde parle et de réaliser que, en effet, ce n'est pas un album extraordinaire mais que ce n'est pas mauvais non plus, peut-on passer à autre chose?
Je ne voulais pas m'en mêler, sauter dans l'arène, mais je dois admettre que toute la saga entourant Coeur de Pirate (à ne pas confondre avec le duo français du même nom), car il s'agit bien d'une saga, prend des proportions ridicules. Ce qui est fascinant dans cette histoire, c'est tout le brouhaha entourant la jeune Béatrice Martin, la Pirate en question. Le débat déborde maintenant jusqu'au responsable du label Grosse Boîte/Dare to Care, Éli Bissonnette, et on tombe dans le grand n'importe quoi. On accuse, on pointe du doigt, etc...
Est-ce qu'on peut laisser cette gamine tranquille, cesser de l'accuser à tort et à travers? Elle n'est aucunement responsable de tout ce buzz. Elle fait de la musique, basta. Les responsables, peut-être une trentaine en tout, ce sont les médias et journalistes branchés, les blogueurs hipsters, bref tous les trendsetters qui font et défont la petite scène locale. Ceux là même qui abreuvent certains blogs de leurs commentaires inutiles. Je dis pas si il s'agissait d'un truc énorme comme... je sais pas moi, le Lindbergh de Charlebois-Forestier tiens. On ne parle pas d'un disque qui va révolutionner le paysage de la pop québécoise et francophone à ce que je sache, on ne parle pas d'une artiste à la plume incandescante, on parle d'un bon petit album cute, gentil et inoffensif, that's it! Alors, c'est quoi tout ce bordel?
La nouvelle pollution
Par contre, il y a une analyse intéressante du phénomène de hype à faire ici. Ce terme, on ne l'utilisait jamais autant il y a 5 ou 10 ans. Aujourd'hui, on n'entend que ça, tout le temps. Le mot est sur toutes les lèvres.
Ailleurs, dans des villes comme Paris, Londres, NY, LA ou autres, ce phénomène a commencé à polluer depuis longtemps, mais ici à Mtl, c'est assez récent. Et on peut réaliser pleinement aujourd'hui, avec le cas Coeur de Pirate, à quel point le phénomène de hype peut être pernicieux. Certes il pourrait être bénéfique pour un artiste (quel artiste refuserait que tout le monde parle de lui avant même qu'il ne fasse un album?) mais il peut aussi se retourner contre lui, et c'est ce qui risque d'arriver à Béatrice Martin. Quand une rumeur favorable autour d'un artiste circule abondamment sur le web ou dans les médias, inévitablement le public, qui subit ces rumeurs, va s'attendre à quelque chose d'extraordinaire or, souvent, ce n'est pas le cas.
Déception, pétard mouillé, la baloune se dégonfle vite et le pauvre artiste, qui s'y voyait déjà, retourne à sa niche la queue entre les jambes, démoralisé. Parlez en mal, parlez en en bien, l'important est d'en parler dit-on, mais en ce qui concerne la fragile mais bouillonnante scène locale, je pense que ce diktat ne s'applique pas.
Le buzz a plûtôt bien fonctionné récemment pour Tricot Machine alors qu'il semble avoir joué en défaveur de Bonjour Brumaire, autre formation locale qui a été portée par une rumeur favorable avant même que ne sorte l'album. De toute façon, tout ça demeure une question de goût et, semble-t-il, ça ne se discute pas. Mais franchement, il y a tellement mieux à faire que de perdre son temps avec toutes ces futilités.
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Angèle Dubeau s'adresse à Stephan Harper
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La lettre qui suit a été rédigée par la violoniste Angèle Dubeau et s'adresse à Stephan Harper suite à sa décision de couper radicalement dans les programmes d'aide à la culture.
"D’aussi loin que je me rappelle, la musique a fait partie de ma vie. Avec elle je m’exprimais, avec elle je voyageais. Le dimanche au retour de la messe, mon père faisait résonner tous les murs de la maison de St-Norbert avec des symphonies, des sonates, mais aussi avec un curieux mélange des quatre coins du monde. Avec ce métissage culturel, j’ai appris à siffler en écoutant le chœur de l’Armée Rouge, j’ai dansé, fleurs au cou, sur des mélodies hawaïennes, j’ai fait la marche militaire aux rythmes de l’harmonica et j’ai appris par cœur le disque de Guy Béard! La musique me faisait découvrir le monde… À l’âge de 5 ans, j’ai troqué la poupée pour le violon. Avec les gammes et les arpèges, j’ai dû acquérir jours après jours le bagage technique qui me permettrait de laisser libre cour à mon expression : rire, chanter, danser, pleurer, toute la gamme d’émotions y passait. Ensuite, la période des concours, d’abord comme porte étendard de mon patelin St-Norbert, puis Lanaudière, du Québec, du Canada… Ah quelle était ma fierté, je me souviens! Participer aux « Olympiques du violon »… : Mesdames, Messieurs, du Canada : Angèle Dubeau! Je réalisais qu’à l’écoute, la musique m’avait fait voyager dans le temps, l’espace, à travers différents styles et compositeurs. Maintenant, je voyageais avec ma musique – langage international, sans barrières aucune, je représentais fièrement mon héritage culturel. Je ne fais plus le décompte depuis plusieurs années, mais je peux dire sans me tromper que bien au-delà de 30 pays m’ont accueillis en 31 ans de carrière. Depuis 11 ans maintenant, j’ai fondé et dirige un orchestre voué en grande partie à la tournée. La Pietà est un des orchestres canadiens qui effectue le plus grand nombre de concerts annuellement en tournée. Quelle fierté pour nous de devenir ambassadrices musicales de notre pays, le temps d’un concert. Dois-je préciser que de se déplacer ainsi engendre des coûts énormes de production et que sans le soutien de notre gouvernement, il est impensable de réaliser ces concerts à l’étranger. Soyons clair, le musicien, qui vie avec un salaire annuel bien mince, assurément de beaucoup inférieur à ces politiciens qui les traitent de «gâtés», reçoit le même cachet ici ou ailleurs, ce sont les dépenses qui différent! Je possède cette foi inébranlable dans le pouvoir salvateur de la musique et de l’art pour l’humanité. Le contact avec l’œuvre d’art emmène l’épanouissement de nos sens et colore nos vies. La culture fait de nous des êtres plus ouverts et équilibrés, elle crée le besoin d’entrer en contact avec l’autre et contribue à l’harmonie entre les hommes. Le grand violoniste Yehudi Menuhin disait : « Il est tellement plus simple de réduire l’horizon culturel à une seule et unique dimension. L’uniformité est la rançon de l’avènement d’une monoculture aux couleurs du dollar… »"
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Leloup ou le lourd?
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Je suis amusé de lire les différents commentaires et articles entourant la perfo en dents de scie de Jean Leloup le week-end passé à Québec. Helloooo? C'est maintenant que vous vous réveillez? Tous les concerts de Leloup avant qu'il ne se suicide étaient semblables à celui que vous décrivez. Enfin, c'est l'idée que je m'en fais puisque je ne l'ai pas vu... mais j'ai souvenir de shows interminables, ponctués de jams trop longs et peu inspirés, d'improvisations approximatives, d'interventions aussi spontanées qu'inutiles de la part de celui dont l'égo ne passe plus dans la porte depuis longtemps déjà. À l'époque, alors que je sévissais pour un autre hebdo montréalais, j'avais déjà écrit, à quelques reprises même, que les shows de Leloup étaient relouds (pratiquez votre verlan!). N'est pas James Brown ou Dylan qui veut. En fait, Leloup me fait penser à Anton Newcombe, leader aussi excentrique que dangereux des Brian Jonestown Massacre (louez-vous le rockumentaire Dig si vous ne connaissez pas...). Comme lui, il est imprévisible, il se met à dos le public qu'il invective souvent copieusement (mais ça, à la limite, pour avoir été élevé au punk-rock, je trouve que c'est quasiment drôle), il maltraite ses musiciens, bref se fiche complètement des gens qui l'entourent tellement il est narcissique et imbu de lui-même.
Je pense qu'il est grand temps que Leloup descende de son trône, parce que, pour bien des gens, il n'y est plus depuis un bon moment et frise même le pathétique. Avec le nombre de disques moyens qu'il a fait paraître depuis le magnifique L'Amour est sans pitié, Leloup n'est, à mes yeux, plus aussi excitant qu'il l'était et aurait pu continuer de l'être si il avait pris les choses en main au lieu de déconner et se perdre dans des délires plus ou moins pertinents. Il est temps qu'on réalise que ce que fait Leloup -ou ce qu'il recommande (on ne nommera personne mais on n'en pense pas moins)- n'est pas nécessairement digne d'intérêt. Un petit coup de pied au cul et une tape derrière la tête n'a jamais fait de mal à personne. On verra si The Wolf a compris la leçon au Centre Bell en janvier prochain... cela dit, on a bien hâte d'entendre l'album!
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