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Sonique rendez-vous
Le blogue de Patrick Baillargeon en est un d'opinions, de coups de coeur et de coups de gueule en rapport avec tout ce qui tourne autour du merveilleux petit monde de la musique: disques, concerts, news, histoire, les musiciens, la business, les films, les livres... Selon l'actualité du moment ou celle d'hier, Patrick Baillargeon écrit ce qu'il en pense, que ça vous plaise ou non.
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J'ai mis la main au cul de Cali
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Cali a encore une fois été magistral. Hier soir, dans un Club Soda bondé, le chanteur de Perpignan a galvanisé la foule qui lui obéissait au doigt et à l’œil. Si on a quelques fois l’impression que Cali en fait trop, on ne pourrait lui reprocher d’être entier. En spectacle, Cali s’abandonne, il se donne complètement à son public. Je me souviens que la première fois qu’il est venu à Montréal, toujours dans le cadre des Francos, il avait laissé l’image du chanteur qui veut être Bono à la place de Bono. Aujourd’hui, l’impression est tout autre. Si le spectre de Bono rôde toujours (inutile reprise de With or Without You), Cali s’en est toute fois affranchi.
Entouré d’un groupe solide et plus rock que jamais (on se serait passé du show à la Tommy Lee du batteur par contre), Cali a livré une bonne partie de son dernier effort L’espoir ainsi que ses quelques classiques, fort bien reçus par la foule en délire. Sa version de la très belle Sophie Calle 102 était parfaite, avec cuivre et tutti quanti. À le voir aller, jamais on aurait pensé que cet ex joueur de rugby de haut niveau avait une jambe blessée, au point de se déplacer avec une béquille, béquille qui est allée valser bien vite. Cali était en feu, bondissant, courant d’un côté à l’autre de la scène, se jetant à quelques reprises dans les bras du public. À un moment, il se retrouve face à moi, me regarde comme pour me dire «t’es prêt?». Je lui lance le même regard et hop, la main au cul de Cali et sa jambe sur mon épaule, je le soulève avec l’aide d’un autre fan jusqu’au balcon du Club Soda. Comment résister à Cali?
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Gérald Genty le doux dingue
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Il y a quelques mois, un sympathique disque atterrissait au Voir: Le plus grand chanteur de tout l’étang par un type du nom de Gérald Genty… Sur la pochette, on voit la tête du chanteur qui émerge d’un étang. Déjà, on commence à cerner le personnage ("le plus grand chanteur de tous les temps", get it?). On s’informe et on apprend que le Gérald en question (pas Gérard hein?) sévit depuis quelques années déjà dans sa France natale et qu’il a même deux autres disques à son actif. Pourtant, ici au Québec, même après un passage en catimini au Verre Bouteille l’hiver dernier, il demeure inconnu au bataillon. Mais ça pourrait changer assez vite après son concert de samedi aux FrancoFolies. Gueule de surfeur, beau gosse, le gentil Gérald ressemble vaguement à Plastic Bertrand avant ses chirurgies plastique. Déjà, ça ne peut pas nuire. Ensuite, on se rend bien compte, à l’écoute de ce Plus grand chanteur de tout l’étang, que ce Gérald est plus qu’un petit rigolo. As du calembour, de la paronomase et de la contrepèterie, Gérald Genty n’est pas aussi naïf et clownesque qu’il le laisse paraître bien que ce soit d’abord avec humour qu’il livre ses chansons. Rejoint alors qu’il est en tournée dans le sud de la France (hier à Fréjus et aujourd’hui à Hyères…), Gérald est presque en vacance. «C’est une tournée luxueuse avec concerts et plage! Je tourne en ce moment avec deux musiciens mais ils ne m’accompagneront malheureusement pas pour mon concert aux Francos de Montréal. Ça change un peu la dynamique du spectacle et l’apport musical est moindre. C’est plus dépouillé. Comme je ne suis pas encore très connu, je dois quelques fois me déplacer seul pour réduire les coûts. Alors, bien que ce spectacle a été conçu avec mes musiciens, il a fallu que je l’adapte un petit peu pour une performance en solo», semble se désoler le chanteur et guitariste, qui est d’ailleurs en train de terminer l’enregistrement d’un nouvel album en compagnie d’un membre de Tryo. «L’étape d’écriture est pratiquement terminée, il ne reste qu’à faire les musiques. Mes chansons mettent beaucoup de temps à s’écrire car elles sont un assemblage de jeux de mots et ça, ça n’arrive pas sur commande mais plutôt en flânant. J’ai donc presque toujours en stylo et du papier sur moi mais en général ça arrive quand je n’en ai pas. C’est un métier difficile car je suis presque toujours obligé de flâner énormément pour trouver des idées!» Le 2 août à 17h.Scène L’espace vert Desjardins À voir si vous aimez: Sttellla, Boby Lapointe, Tryo
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Catherine Ringer intensément
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Si il y a un concert qui était très attendu dans cette timide édition des 20e FrancoFolies, c’était bien celui que donnait Catherine Ringer dimanche soir au Métropolis. Après la perte de Fred Chichin en novembre dernier -son amoureux, complice de toujours et en quelque sorte capitaine du navire Rita Mitsouko, la charismatique chanteuse a été reçu par un magnifique élan d’amour de la part des nombreux fans présents. Il faut dire qu’elle sait émouvoir. L’entrevue qu’elle m’a accordé il y a quelques semaines était sans doute la plus poignante que j’aie jamais réalisé. Entre rires et pleurs, elle m’a parlé de son Fred, celui à qui elle doit tellement et dont l’absence se fera toujours sentir, autant dans sa vie de tous les jours que sur scène. Car bien que le fantomatique guitariste gardait toujours un profil bas en spectacle, sa présence était néanmoins essentielle et c’est clair que dimanche dernier, le Métropolis au complet (bondé pour l’occasion) n’a pu faire autrement que de sentir un certain vide. Cela dit, Catherine et son groupe ont malgré tout rempli l’espace laissé vacant avec fougue et passion.Si Catherine Ringer semblait quelques fois un peu lasse, elle était dans d’autres circonstances complètement transportée par la musique, comme dans la version pleine de soul et de feeling qu’elle a donné de Les histoires d’A. Si il y a quelque chose à déplorer de ce concert très émouvant (mais qui jamais n’a versé dans le pathos, madame Ringer évitant heureusement de jouer la carte de la veuve éplorée), c’est sans doute le choix des chansons. Car outre les 4 ou 5 hits incontournables des Rita, on a eu droit à plusieurs versions du dernier album Variéty, un disque moins connu que les «classiques» du duo parisien. Quoi qu’il en soit, c’était possiblement la dernière fois que le public montréalais a pu avoir droit à un concert complet de pièces des Rita Mitsouko, Catherine Ringer ayant plusieurs fois spécifié que sans son Fred, il n’y aurait plus de Rita. Donc, comme elle me l’a dit en entrevue, pour le moment c’est Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko, ensuite ce sera Catherine Ringer chante autre chose, mais il y aura toujours une bonne place pour le répertoire des Rita dans les concerts de la chanteuse, danseuse, actrice et performeuse. Les Rita sont morts, longue vie au Rita!
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Festival d'été de Québec ou de reggae?
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Descendre à Québec pour aller faire un tour au Festival d’été est toujours plaisant pour un montréalais en manque de festival… Sans déconner, l’événement, qui en est à sa 41e édition, a le bénéfice d’offrir une programmation tout azimuts. Pas coincé avec un titre qui l’obligerait à présenter plus de jazz ou d’artistes d’expression francophone, le FEQ ratisse donc large. Du classique au punk en passant par la techno, la variété et le hip-hop, il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les publics. Le week-end dernier, c’était Wyclef Jean qui valait le détour. L’ex Fugee a transformé les Plaines en véritable carnaval haïtien. Un concert endiablé, fou, avec ses dérapages et son lot d’improvisations plus ou moins calculées, des apparitions surprises (Akon, Muzion) et un Wyclef visiblement heureux d’être là. Le chanteur est dans une bonne passe on dirait. Fini les postures clichées du hip-hop et place au positivisme à la Bob Marley. Wyclef se veut rassembleur et ambianceur. Si le concert offert vendredi soir fut plus court que les shows marathons de 3 heures qu’il a présenté en salle dernièrement, le chanteur d’origine haïtienne a compensé en se donnant 2 fois plus. Grimpé sur le stage, à 3 mètres du groupe, l’énergie était palpable autant là que dans l’immense foule. Une symbiose quasi-totale. Au final, quand le groupe a quitté la scène, c’était avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles… ça en dit long!Samedi, je suis plutôt allé faire un tour dans la basse ville. D’abord à l’Impérial où jouait le corrosif combo rock garage montréalais Starvin’ Hungry et les obscurs Egypt 80 de Memphis. Hélas pour eux, les Caféine et Vulgaires Machins étaient programmés en même temps au Parc de la francophonie (très mauvaise initiative du programmateur!). Résultat: un Impérial vide, à 20 personnes près… triste… Ça n’a pas empêché les Starvin’ de se donner comme si la salle était pleine.Après un tour au Cercle (anciennement le Rouje) où la soirée Mutek tardait à démarrer, je suis allé faire un saut à LOFF sur la rue du Roi, salle improvisée tout spécialement pour Le Festival OFF de Québec (événement incontournable en marge du FEQ il va sans dire!). C’est là que je suis tombé sur les californiens de Mae-Shi. Comment dire, on retrouvait dans ce groupe tous les clichés indie 101. Pas de mélodie, pas de sens du rythme, pas capable de faire une seule chanson qui se tient mais une exubérance à toute épreuve, un bon fond hippie trop content d’être là (merci Arcade Fire… chantons tous ensemble!) et une naïveté contagieuse, sauf pour les montréalais blasés et trop gâtés! Insupportables pour un vieux punk dans mon genre. Exit et retour au Cercle où le party avait vraiment commencé à décoller. Krikor, Cabanne et DJ More n’ont eu aucun mal à garder la foule debout sur ses pattes, jusqu’à ce que 3 h sonne et qu’on ouvre les valves.
Bien que le FEQ se terminait dimanche, j’ai filé direct sur Montréal pour la dernière soirée du plus en plus petit Festival de Reggae. Le but était de prendre le pouls d’un événement que plusieurs observateurs disent moribond et aussi pour voir les vétérans de Steel Pulse! Si la pluie a réduit les ardeurs de plusieurs amateurs de reggae, les quelques 300 personnes présentes sur le site -de dimension plus modeste que l’immense anciennement utilisé à quelques mètres de là- ont eu droit à une excellente (mais assez tardive) performance du célèbre groupe britannique. Steel Pulse est allé puiser dans son imposant répertoire pour ressortir plusieurs de ses classiques, à la grande joie de tous. Comme d’habitude, l’ambiance était sympathique, très familiale, et le festivalier pouvait se régaler des nombreuses spécialités jamaïcaines offertes sur le site.
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FIJM 2008
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La 29e édition du FIJM étant maintenant chose du passé, c’est l’heure des bilans. Évidemment, comme à chaque édition, c’était la meilleure que le festival ait connu depuis ses débuts. À chaque année, pour rigoler entre journalistes, on se dit que ça ne sert à rien de se rendre à la conférence de presse post-mortem du festival car on sait très bien qu’on nous annoncera que ce fut une année record. Je peux dores et déjà vous dire que le 30e anniversaire du FIJM sera une année exceptionnelle. Ça c’est mon don de devin. Je le sens bien.Bon, assez de plaisanteries… Je n’ai pas suivit le festival avec autant d’assiduité que les années précédentes puisque je suis allé faire un tour à un autre festival, beaucoup plus petit mais non moins intéressant, celui de Petite-Vallée en Gaspésie, j’ai donc manqué les 4 premiers jours du FIJM. Cela dit, je me suis bien rattrapé par la suite. Comme il est coutume, allons-y avec nos coups de cœur et coups de gueule. Évidemment, même si j’avais passé tous les 11 jours que dure l’événement à courir les concerts (grosso modo 500), je n’aurais pas plus une opinion juste à 100%.Alors… - Le concert le plus chaleureux: Orchestra Baobab au Club Soda le 2 juillet… Impossible de ne pas se trémousser sur la rumba de ces vétérans Sénégalais. Du rythme et tellement de groove. Une performance toute en retenue, exécutée par des types qui n’ont plus rien à prouver. Ils étaient clairement là pour s’amuser et le public ne s’est pas fait prier pour se joindre à la fête. - Le concert le plus chaud: aRTIST oF tHE yEAR au Club Soda le 2 juillet à minuit. Encore une fois, le groupe montréalais a cassé la baraque avec son gros funk cochon et son esprit ludique. - Le concert le plus dynamique: Zita Swoon sur la Scène du Festival le 1er juillet à 20h et 22h. On avait vu le collectif belge l’hiver dernier dans une Sala Rossa presque vide because personne ne le connaissait ni ne savait qu’ils étaient là. Cette fois-ci, fort d’un nouvel album, le groupe mené par l’incandescent Stef Kamil Carlens a démontré tout son savoir-faire avec classe et une sacré pêche. - Le retour qu’on n’attendait pas: Public Enemy le 30 juin au Métropolis. Oui, les vétérans rappeurs new yorkais ont prouvé aux nombreuses personnes qui s’étaient déplacées qu’ils en avait encore dedans. Une soirée sans prétention, où le groupe passait volontiers autant de temps à bavarder avec la foule que de jouer.
- Le concert le plus apaisant: Le projet Planétarium de Rodolphe Burger et Yves Dormoy les 2 et 3 juillet dans la petite salle Studio Hydro-Québec du Monument-National. Malgré le peu de gens présent, le guitariste Rodolphe Burger et le saxophoniste, clarinettiste et bidouilleur (et pilote!) Yves Dormoy ont enveloppés la salle de leur musique feutrée, où les douces notes de saxo et de clarinette se mélangent aux sons uniques de la guitare et les rythmes et sons préenregistrés.
- On aime: Le pavillon Heineken. Vraiment une super belle idée. Un vieux pavillon charmant, authentique, magnifique. On aime bien aussi comment a été aménagé la scène Groove Bell. - Il brillait par son absence: U-Roy qui ne s’est jamais rendu à Montréal pour son concert avec le Love Trio in Dub. Le groupe y était, mais lui avait sans doute mieux à faire. Déjà, une semaine avant le show, le chanteur jamaïcain, rejoint par un copain, ne savait pas qu’il allait donner un concert au FIJM. Ce n’est hélas que le jour même que les festivaliers déçus l’ont appris… Soit disant, il avait mal au dos… Le show que les puristes du reggae ont snobé: Lee Scratch Perry le 5 juin au Métropolis. On m’a dit et redit que ce serait pas terrible… et je n’ai pas écouté aucun de ces avis. Le vieux Scratch est encore capable de donner un show de reggae bien allumé et franchement sympathique. Les sceptiques seront confondus! Le show qu’on se demande bien si il y a un tout petit mais tout petit rapport avec le jazz: Les ronflants Ladytron (quand avez-vous vu un bon concert de ce groupe?) le 2 juillet au Métropolis et We Are Wolves le 29 juin au même endroit (eux aussi devaient se demander ce qu’ils foutaient là) Le pétard mouillé: Sans aucun doute le méga-concert de Bran Van 3000 le 1er juillet sur la scène principale. Est-ce que je suis le seul à avoir trouvé ça ennuyant? Il était où le Bloc Party annoncé? C’est pas un groupe sur le retour qui vient de faire paraître un album très ordinaire et qui a trois ou quatre vieux bons morceaux à son actif qu’il fallait programmer. Bon, BV3 est maintenant sur le nouveau label de Spectra, ceci expliquant sans doute cela… mais l’heure de gloire de la troupe hétéroclite et visiblement pas très unie de James Di Salvio est passée depuis 10 ans. Mais il y a eu un tas d’autres concerts, des sympas (Guillaume & The Coutu Dumonts!) comme moyens (le gros show Cadillac d’Aretha Franklin) mais, comme d’hab’, y’en avait en masse pour satisfaire tout le monde, du chroniqueur désabusé et grognard à l’amateur éclairé ou au néophyte qui veut simplement entendre un peu de musique et voir du monde. Et le festival de Jazz de Montréal, c’est ça, une fête pour tout le monde.
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Aznamour !
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Y’en a qui ferait un très long détour pour aller voir Radiohead. Moi, le groupe jouerait au Parc Jean-Drapeau que je ne me déplacerais pas! Par contre, même après une longue semaine au festival de Jazz et à Petite-Vallée, je n’ai pas hésité une seule seconde (non, c’est pas vrai, j’ai légèrement hésité tellement j’étais crevé) pour me rendre à Québec afin d’assister au concert que donnait le Grand Charles Aznavour sur les Plaines d’Abraham dans le cadre de la 41e édition du Festival d’été de Québec. Une première pour moi. Vaut mieux tard que jamais!De un, je n’ai jamais vu le vénérable chanteur en concert et de deux, c’était seulement la troisième performance qu’il livrait en plein air en plus de 60 ans de carrière! Un événement! Bon, Aznavour n’a plus 20 ans et il le chante d’ailleurs souvent, mais malgré ses 84 balais, ce monstre sacré de la chanson française, un des derniers dinosaures vivants, tient encore très bien la route, sa voix toujours belle et juste bien que légèrement chevrotante. Dignement accompagné d’un orchestre d’une sobriété et d’une prestance exemplaire, Aznavour a offert à la centaine de milliers de spectateurs présents (une foule record au Festival d’été de Québec) plusieurs de ses grands classique, de «Le temps» à «La bohème» en passant par «Emmenez-moi», «Comme ils disent», «Que c’est triste Venise», une version soft des «Plaisirs démodés» et la très touchante «Non, je n’ai rien oublié», entre autres. Pendant plus de 90 minutes, le célèbre chanteur nous a tour à tour charmé, ému, transporté, touché et fais chanter à l’unissons. Un spectacle peut-être un peu trop sage et coincé mais tout de même un grand moment de bonheur.
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Petite Vallée
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Un rock-critic, comme disent si bien les français, est un drôle d’oiseau. C’est généralement un être troublé, un peu nerd sur les bords, limite autiste pour certains, un personnage urbain qui vit la nuit et ne sort de sa ville que pour se rendre dans une autre grosse ville, en général pour couvrir un festival de musique. Abandonnez-le en pleine campagne et il devient fou en quelques jours, au point d’être capable de vous céder une partie de sa précieuse collection de disque en échange d’un aller simple pour son monde de béton. Pourtant, ça n’a pas empêché l’auteur de ces lignes de quitter son précieux gaz carbonique pour l’air pur de la Gaspésie afin de jeter un œil au Festival en chanson de Petite-Vallée, ce curieux petit événement totalement dévoué à la chanson d’expression francophone qui fait tant parler de lui.
Si le démesurément grand Festival de Jazz accapare la majorité des journalistes culturel durant la même période, il étonnant de voir à quel point ce petit événement du bout du monde puisse attirer autant de médias. Les raisons sont simples: l’endroit est aussi charmant qu’inusité et le concept «familial» donne une dimension plus humaine à ce festival qui dure depuis… 26 ans! À Petite-Vallée, l’artiste et le public font tous partie du spectacle. En fait, c’est le village au complet, et même carrément une bonne partie de la Gaspésie, qui fête la Chanson durant les 9 jours (du 26 juin au 3 juillet) que dure l’événement.
Fidèle à son habitude, le festival désire servir de tremplin pour les auteurs-compositeurs-interprètes de demain. Cependant, pour la première fois cette année, le jury du concours de découverte n’a plus procédé à l’élimination des candidats, préférant un recentrement sur la création et la formation, ce qui encourage au lieu de créer de l’animosité et un esprit de compétitivité.
Cette 26e édition était placée sous le thème «J’ai le goût de l’eau» et c’est tout naturellement l’auteur de cette chanson, Michel Rivard, qui était à l’honneur. Il fut donc dûment célébré, notamment par les quelques 200 enfants –provenant des quatre coins de la Gaspésie- de la Petite école de la chanson ainsi que par ses pairs, l’ensemble des chansonneurs ainsi que les artistes du cercle d’auteur Les rencontres qui chantent en conclusion du festival. Un périple à Petite-Vallée et Grande-Vallée (on a vainement cherché Moyenne-Vallée mais on n’a jamais trouvé…) -ces villages qui, si on regarde deux minutes ailleurs, nous passent sous le nez- est aussi l’occasion de découvrir non seulement un superbe coin de pays où le jour se presse de côtoyer la nuit, mais aussi des gens, simples et chaleureux ainsi qu’une cuisine qui l’est tout autant. Un arrêt par les magnifiques Jardins de Métis chemin faisant (11h de route depuis Montréal, ça fait du bien de prendre l’air et de se dégourdir les jambes!) ou encore une excursion jusqu’au fameux rocher Percé et l’île Bonaventure pour déguster une délectable soupe de poisson font partie des petits bonheurs que l’ont peut s’offrir avant de retourner en chanson à Petite-Vallée, le pays où le téléphone cellulaire perd son monopole.
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