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Popkomm Berlin 2008
Le blogue de Patrick Baillargeon en est un d'opinions, de coups de coeur et de coups de gueule en rapport avec tout ce qui tourne autour du merveilleux petit monde de la musique: disques, concerts, news, histoire, les musiciens, la business, les films, les livres... Selon l'actualité du moment ou celle d'hier, Patrick Baillargeon écrit ce qu'il en pense, que ça vous plaise ou non.
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Anik panik
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Petite tempête à la rédaction du Voir suite à la publication de la critique du dernier cd d'Anik Jean, Le ciel saigne le martyre, dans notre édition du 24 janvier (p. 19). Mon collègue Olivier Robillard-Laveaux fait un parallèle avec la chanson de Jean Leloup/Leclerc Everybody wants to leave, chanson disponible sur son plus récent album Mexico et qui, en résumé, raconte sur un ton moqueur l'histoire d'une fille qui cherche à percer dans la musique en se vantant qu'elle connait tel ou tel producteur ou musicien en vue (voir les paroles) Quand on sait qu'Anik Jean, avec qui Leloup/Leclerc a collaboré pour son premier album Le trashy saloon, a travaillé avec des producteurs/musiciens connus de Los Angeles et plus récemment de New York, le parallèle semble évident ou, à tous le moins, amusant. Même si Jean Leloup/Leclerc a écrit cette chanson avant qu'Anik Jean ne rencontre Mark Plati à Londres -le réalisateur émérite de son nouvel album (qui a aussi bossé avec les Rita Mitsouko, Louise Attaque, The Cure et Bowie), notre critique trouvait la trajectoire d'Anik Jean cocasse par rapport à la chanson vitriolique de son ancien collaborateur et n'a pu s'empêcher de le souligner.
Bien entendu, l'équipe d'Anik Jean n'a pas apprécié et il semble que Jean Leloup non plus... Pourtant, on n'invente rien là! Olivier Robillard-Laveaux ne fait qu'émettre une hypothèse cocasse, point barre. Avouez que, quand on y pense, il est difficile de ne pas faire le rapprochement!
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Mystico-grano
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Jorane a entamé hier soir sa série de spectacles au théâtre National. Accompagné de ses trois excellents musiciens (le multi-instrumentiste Pierre-Philippe Côté, le batteur-percussioniste Stefan Schneider et le violoncelliste Miles Perkins), la chanteuse au violoncelle a tout doucement brisé la glace devant un public assis et plutôt sage. C'était soir de première. L'ambiance s'est détendue autant sur scène que dans la salle vers la fin de le première partie. Au retour, beaucoup plus à l'aise, Jorane nous a fait la surprise d'être accompagné d'une troupe de gumboots -Amaquwhé?- (désolé mais je ne me souviens plus du nom exact), un peu comme les Colocs l'ont déjà fait dans le passé.
Alternant entre le français, l'anglais et cette langue mystérieuse dont seule Jorane détient le secret, l'envoûtante musicienne a dévoilé une bonne partie de son nouvel album Vers à soi. Les ambiances musicales, appuyées par un beau jeu d'éclairage et aidées par un son impeccable, étaient formidables. La voix de Jorane portait si bien qu'on pouvait sans peine percevoir toutes ses nuances. Là où elle semble avoir un peu de mal, c'est dans les quelques interventions qu'elle se permet entre les chansons. Elles sont souvent inutiles et maladroites.
Curieusement, je trouve que ce sont ses chansons en anglais qui passaient le mieux. Quelques fois, on croirait entendre Kate Bush, d'autres fois Tori Amos, quand ce n'est pas PJ Harvey et même Siouxsie. Pour les deux premières c'est peut-être intentionnel de sa part, mais pour les deux autres, j'en doute.
Il y a ceux qui aiment la musique, qui savent en jouer convenablement (ou pas) et il y a ceux, comme Jorane, qui vivent la musique, qui la respirent et la transpirent. Il n'y a aucun doute, cette fille est habitée par la musique.
À voir donc les 24, 25 et 26 janvier, toujours au National, puis en tournée dans 18 villes à travers la province.
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Peter, Björn, John et nous
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Le trio suédois Peter, Björn and John a offert hier soir une performance fort sympathique dans un Club Soda rempli pour l’occasion. Après nous avoir fait faux bond en septembre alors que le groupe s’est rendu à la remise des prix MTV à Las Vegas au lieu de jouer comme prévu au festival Osheaga (décision que les principaux intéressés semblent regretter), les auteurs du méga tube Young Folks étaient attendu de pied ferme. Le concert qu’ils ont donné était donc placé sous le signe de la bonne humeur et des retrouvailles puisque le combo avait déjà brisé la glace au National il y a plusieurs mois. Le spectacle fut à l’image du trio : sobre et simple, sans prétention. Chez Peter, Björn and John, c’est la musique qui compte. Pas le look, pas les références tendances, pas les amplis à 11. Non. Si on pourrait déplorer un manque de punch dû au son trop faible dans la salle et qu’on aurait peut-être apprécié des versions moins dépouillées (sauf pour le hit Young Folks), le groupe compensait largement par la qualité de ses chansons et de ses belles mélodies autant que par sa candeur. Tout le contraire finalement des Editors qui, la veille (dimanche) au même endroit, finissaient par lasser tellement ils demeurent coincés dans un son et style dont les références ne sont que trop évidentes. Joy Division, sort de ce corps! On retrouve le fantôme du mythique groupe de Manchester dans presque toutes les chansons des Editors alors que PB&J ne se réclament d’aucun style en particulier. C’est pourquoi on a apprécié ces quelques mesures de ne je ne sais plus quelle chanson de Joy Division en fin de concert hier, alors que le trio s’amusait à délirer sur scène lors de la dernière pièce du rappel. Sympa!
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Radiodead
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Y'en a beaucoup qui vont pèter un cable, je vais me faire haïr, déporter à Guantanamo... mais j'assume. Allez, je vous l'affirme en toute franchise et gratuitement : Radiohead, je suis allergique. Ça me tape sur les nerfs. C'est mou, pas sexy 2 minutes. Je suis plus capable d'endurer les lamentations de leur pleurnicheur Thom Yeurk. Ce groupe est un fléau qui, comme la criss de musique prog, a pollué l'esprit de trop de musiciens d'ici. Et j'arrive pas à comprendre ce que tout le monde leur trouve! C'est quoi dans cette soupe vaporeuse qui vous fait tripper? Selon moi, voilà un des groupes le plus surestimé des 20 dernières années. Et j'arrive pas à croire que leur dernier effort se soit hissé jusqu'à la tête des palmarès de fin d'année de nombre de journalistes.Radiohead sort un disque (In Rainbows) sur le web? M'en fiche, mais c'est une belle manœuvre de marketing par contre. Juste avant Noël en plus! Et puis après c'est la version en édition limitée qui paraît... Je l'admets, comme U2, Arcade Fire et quelques autres hypocrites du genre, Radiohead a le tour pour faire du fric et de la promo sans qu'on l'accuse de le faire. Moi, je n'ai rien contre ça tant que le groupe en question ne prétende pas le contraire. C'est là que je me dis qu'il prend son public pour des caves et c'est là que ça m'enrage.
Anyway, c'est pas comme si il n'y avait juste Radiohead et sa centaine de clônes qui peuplent la planète zik. Donc vous ne risquez pas de me voir à leur concert, de toute façon je serai enfermé à Guantanamo.
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Les surestimés de 2007
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À chaque année, certains albums se retrouvent sur les palmarès et best-of de plusieurs magazines/journaux/blogs/autres médias… et on se demande bien pourquoi. Les deux meilleurs exemples pour 2007 sont certainement le disque de Justice et surtout le Sound of Silver de LCD Soundsystem.
En ce qui concerne Justice, j’avoue que j’ai été tout de même ravi de constater que le duo électro français n’avait pas autant fait l’unanimité que je l’aurais cru. Comme quoi certaines personnes sont encore capables de ne pas succomber trop longtemps à la hype. Mais ce que je trouve franchement étonnant, c’est de constater à quel point le décevant Sound of Silver des surestimés LCD Soundsystem s’est retrouvé sur les listes de fin d’année.
Je voudrais comprendre. Ce disque est une grosse déception par rapport à l’excellent premier album du non moins prétentieux James Murphy, celui là même qui a forcé le duo garage-rock DFA a changer son nom il y a quelques années tout simplement parce que le groupe avait la même appellation que son label. Bref, ce fameux disque éponyme avec la boule disco en couverture était ce qu’on avait entendu de mieux et de plus crédible dans le créneau «dance punk» à sa sortie en 2005. Des morceaux comme «Movement», «Disco Infiltrator» ou le classique «Losing My Edge» (en bonus sur l’album), on n’en retrouve pas sur Sound of Silver. Ce deuxième effort de James Murphy démontre surtout que le LCD Soundsystem est, hélas, un autre groupe tendance éphémère –bien qu’on souhaite le contraire- comme The Rapture ou Radio 4. Cet album n’est pas mauvais, mais il est tellement moins intéressant que le premier qu’il n’a, d’après moi, aucune place sur les palmarès de fin d’année.
Chacun ses goûts.
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