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Sonique rendez-vous
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Le blogue de Patrick Baillargeon en est un d'opinions, de coups de coeur et de coups de gueule en rapport avec tout ce qui tourne autour du merveilleux petit monde de la musique: disques, concerts, news, histoire, les musiciens, la business, les films, les livres... Selon l'actualité du moment ou celle d'hier, Patrick Baillargeon écrit ce qu'il en pense, que ça vous plaise ou non.
December 2007 - Messages
27 décembre 2007, 6:02
Avenue Oscar Peterson
Le grand Oscar Peterson s'est éteint des suites de complications rénales le 23 décembre, chez lui à Mississauga, en banlieue de Toronto. L'année dernière à pareille époque, c'était James Brown, un autre géant de la musique "noire", qui nous quittait. Né à Montréal en 1925, le pianiste Oscar Peterson était un des derniers dinosaures du jazz encore vivant. Bien que moins actif et diminué depuis cet accident cardio-vasculaire subit en 1993 et qui l'a d'abord forcé à ne jouer que d'une seule main avant de graduellement réapprendre à utiliser sa main gauche, le célèbre musicien demeurait tout de même imbattable dans son domaine. Il a joué avec les plus grands (Charlie Parker, Count Basie, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Lester Young, Stan Getz, etc...) et était respecté de tous. On dit même que l'immense pianiste classique Vladimir Horowitz ne manquait aucun des concerts d'Oscar Peterson lorsque ce dernier jouait à New York. Ses huits Grammys et nombreux autres prix sont aussi là pour témoigner du talent du bonhomme. Formé à l'école de la musique classique, autant au piano qu'au clavecin et à l'orgue, Oscar Peterson était un perfectionniste qui a survécu à toutes les modes et les transformations du jazz et de la musique populaire. Montréal a vu naitre d'autres grands musiciens jazz, dont Paul Bley et Oliver Jones, mais Oscar Peterson était de loin le plus grand! Je propose qu'on renomme l'avenue du Parc en avenue Oscar Peterson!
20 décembre 2007, 6:27
Les laissés pour compte 2007

Bon an mal an, nous devons recevoir quelques 2500 disques au Voir. C'est énorme mais ce n'est qu'une toute petite partie de la production mondiale. Reste que des 2500 disques reçus, nous n'en commentons que 12 par semaine, soit 576 par année. Des 1924 qui restent, plusieurs vont direct dans le casier "à oublier" mais beaucoup restent aussi sur nos bureaux en attendant de se trouver une place dans la vitrine cd, place qui ne se libère malheureusement pas car à chaque fois on décide de le repousser pour un album plus connu ou qui demande une critique immédiate. À la fin de l'année, on se retrouve avec une pile de laissés pour compte. Voici, selon moi, 16 albums dont presque personne n'a parlé et qui pourtant méritent qu'on s'y attarde. Remarquez, y'en a certains dans le lot qui seront sûrement critiqués en janvier vu le peu de nouveautés qui paraissent durant ce mois. Y'a pas d'ordre précis dans cette liste.

1- Cold War Kids: Robbers & Cowards

Un album indie-rock ingénieux qui évite les clichés inhérents au genre

2- Jennifer Gentle: The Midnight Room

Un italien qui flash(back) sur Syd Barrett. Presqu'une copie conforme du maître. 

3- Oxmo Puccino: Lipopette Bar

Ceux qui ont vu le show au Festival de Jazz savent de quoi il est question. Jazz meets hip-hop sans les clichés d'un genre et de l'autre.

4- Les Savy Fav: Let's stay friends

Dans la lignée des Pixies à leur plus hard. Excellent!

5- Cobblestone Jazz: 23 seconds

Un album double qui s'écoute tout seul. Musique électronique juste assez pointue avec une légère dose de jazz. Le concert au Mutek nous les a révélé, cet album confirme tout le bien qu'on en pensait.

6- Père Ubu: Why I Hate Women

Père Ubu revient au son patraque des premiers albums, surtout Dub Housing dirons-nous.

7- Ray Condo: Party Favourites

Ray Condo n'est plus, mais sa musique reste. Cette compilation montre clairement qu'il était le roi du honky-tonk rockabilly pur sucre.

8- Coco: Plays Drum & Bass

Voyez tout ce qu'on peut faire avec une basse, un drum et plein de bonnes idées!

9- Patrick Wolf: The Magic Position

Un concert exceptionnel au Pop Mtl, un disque qui l'est tout autant. La new-wave gay britannique dans toute sa splendeur. De la classe, de l'audace et du style.

10- Ween: La cucaracha

En manque d'idées ces dernières années, Gene et Dean Ween reviennent avec un album très bien écrit et interprété, mais surtout toujours aussi dingue!

11- JJ Perrey & Luke Vibert: Moog Acid

Jean-Jacques Perrey, le pionnier de la musique électronique française des années 60, rencontre Luke Vibert, un des pionniers de la techno britannique des années 90. Le résultat est inégal mais les quelques bonnes pièces valent l'écoute!

12- Holy Fuck: s/t

Holy Fuck est bruyant, sale, rentre dedans. Une bouillie rock-électro-trash made in Toronto.

13- MIS: Pinata

MIS pour Mexican Institue of Sound. L'électro rigolote de ce bidouilleur mexicain fait sourire et danser.

14- The Gladiators: Studio One Singles

Les meilleures chansons d'un des meilleurs groupe de reggae old-school des années 70. Difficile de se tromper! 

15- Thomas Dutronc: Comme un manouche sans guitare

Le fils de Jacques et de Françoise se décide à chanter. Excellent guitariste de jazz, il suit ici les traces de son célèbre papa et ça marche!

16- Os Mutantes: Live at the Barbican Theater

Les groupe psychédélique brésilien s'est reformé pour une série de concerts l'année dernière. Voilà le résultat, sur un album double magique! Si c'est bon pour Beck, Kurt Cobain, David Byrne et quelques autres, c'est certainement bon ppour nous! 


14 décembre 2007, 2:36
Au Gallo
La semaine dernière, j’ai réalisé une entrevue en compagnie de l’acteur-réalisateur-musicien-sex symbol Vincent Gallo à propos de son nouveau projet RRIICCEE. Une entrevue très intéressante qui m’a permis de découvrir un gars pas aussi prétentieux et imbu de lui-même que je l’aurais cru. Ok, Gallo est assez narcissique, son égo passe difficilement dans la porte, mais il demeure assez ouvert à la discussion et plutôt aimable. Cela dit, j’avais des doutes quant à son projet de musique improvisée. Accompagné de son comparse Eric Erlandson (ex guitariste de Hole) et d’un batteur et d’une claviériste, Vincent Gallo invente live, en direct, une musique qu’on pourrait comparer à certaines expérimentations chères au label Constellation. Du moins c’est ce qu’on a pu entendre mercredi soir dernier au Club Lambi, rempli pour l’occasion. Car d’un soir à l’autre, ce n’est pas du tout le même concert que la formation donne. Et comme elle n’a enregistré aucun disque et n’a pas l’intention de le faire, il est assez difficile de cerner ce qu’est réellement RRIICCEE. Cela dit, je m’attendais à pire. Je me disais que ce serait un jam ordinaire, fait par des musiciens correct mais pas des pros de l’impro. Disons que Gallo à la guitare, ce n’est pas Metheny par exemple. Remarquez, je m’en fiche complètement de la technique des musiciens, en autant que la musique vienne des tripes. Disons bien honnêtement que c’était correct, sans plus. Reste que si ce n’était pas de Gallo et Erlandson, m’est avis que la salle aurait presque vide, qu’il y aurait eu beaucoup moins de jolies filles venues bien plus pour les beaux yeux de Gallo que pour la musique expérimentale. Plusieurs étaient là avec un préjugé très favorable envers la star atypique. Mettez un nobody à la place, et je suis certain que 90% des gens dans la salle auraient trouvé ça très ordinaire.
13 décembre 2007, 8:27
Fournaises folles
Mardi dernier, je suis allé faire un tour au concert des Fiery Furnaces au Cabaret. Une première en ce qui me concerne bien que le groupe d’Eleanor et Matthew Freidberger soit déjà passé par Montréal à plusieurs reprises. Cette fois-ci, les Fiery Furnaces étaient venus présenter leur tout nouvel effort, Widow City, un disque pas facile d’écoute, comme le sont la moitié des albums du duo Freidberger. Accompagné d’un excellent bassiste et d’un impressionnant batteur, Matthew, assis derrière son orgue/synthé et Eleanor, un peu perdue devant son micro, se sont lancés frénétiquement au travers de leur répertoire, arrangeant les anciennes chansons au format basse-drum-clavier. Eleanor qui débitaient nerveusement son incessant flot de paroles et le groupe qui partait dans tous les sens, qui s’arrêtait, qui redémarrait sur un autre rythme pour ensuite revenir au précédant ou à quelque-chose de complètement différent… disons gentiment que c’était assez difficile à suivre. Moi qui ne supporte pas le prog, j’ai été servi. Une putain de dose de musique complètement folle mais avec un bon fond rock tout de même. C’était toutefois à la limite de l’insupportable. L’éclairagiste avait un mal de fou à suivre tous les changements impromptus du groupe et l’ingénieur du son se tapait la tête sur les murs tellement tout ça devenait agressant. Et pourtant, je le connais, il en a vu d’autres! Donc tout ça pour dire que les Fiery Furnaces, aussi audacieux et novateurs qu’ils soient, ne sont certainement pas pour toutes les oreilles, même les plus ouvertes!

 


6 décembre 2007, 7:50
Cryptopsy modifie

Le populaire groupe métal extrême montréalais a encore une fois apporté quelques changements à l'équipe. Depuis sa formation en 1992, Cryptopsy a connu de nombreux changements de personnel, une bonne dizaine en fait. Les nouveaux venus sont Matt McGachy à la voix (qui remplace Lord Worm, qui avait rejoint la formation en 2003 après l'avoir quitté en 1997) et la claviériste Maggie Durand. Dans le cas de cette dernière, c'est une première! En effet, Cryptopsy n'avait jusque là jamais compté dans ses rangs une fille, qui plus est joue du clavier! Des changements de son en perspective? On le saura dans quelques mois puisque le groupe prévoit entrer en studio à la mi-décembre afin de travailler sur son sixième album studio. Une première dans la longue carrière du groupe: des concerts au Mexique, en Amérique Centrale et en Amérique du Sud sont au programme dès le mois de février 2008.


5 décembre 2007, 4:51
Trans Musicales: c'est un départ!

 

 

La 29e édition des Trans Musicales de Rennes débute officiellement ce soir avec quelques concerts, dont le premier des quatre que donnera Sixtoo accompagné de Tunng et Serafina Steer dans la salle de l'Aire Libre, un peu à l'extérieur du site principal. Sixtoo est d'ailleurs le seul canadien au programme cette année, et ce malgré l'excellent bulletin de santé de la scène musicale canadienne et québécoise depuis quelques années déjà. Cela dit, la grande majorité des événements aura lieu, comme c'est le cas depuis les quatre dernières années, dans les hangars de l'aéroport de Rennes, à quelques 20 minutes en bus de la ville. Aménagés de façon à donner un look moins austère et optimiser au maximum l'acoustique, ces hangars accueilleront la faune de mélomanes et d'allumés de Rennes et des alentours ainsi qu'une horde de journalistes venus d'un peu partout à travers le monde pour trois jours de découvertes musicales. Ainsi, du 6 au 8 décembre, une soixantaine d'artistes défileront aux Trans. Fidèle à ses habitudes, le festival poursuit son rôle de défricheurs en proposant une programmation axée sur les groupes en devenir. En général, même les «experts» ne connaissent pas 75% des artistes à l'affiche. Pour plus d'infos, rendez-vous sur le site très complet et détaillé du festival : www.lestrans.com (PB)


5 décembre 2007, 1:36
Minière: de tout coeur
Jérôme Minière faisait sa "rentrée" montréalaise il y a quelques heures afin de présenter au public son tout récent album Coeur. Pour ce premier des deux concerts prévus au National (le suivant aura lieu le 7 décembre), peu de spectateurs s'étaient déplacés. Tempête de neige, mardi... Il y aura probablement beaucoup plus de monde ce vendredi. Reste que cela n'à guère eu l'air de déranger Jérôme Minière et son groupe. Fidèle à son habitude, le petit cosmonaute timide semblait un peu perdu sur scène et se mélangeait dans les pinceaux, charmant les filles et faisant sourire les garçons. Son groupe de "cousins" (guitare, basse, batterie), solide et stoïque, s'assurait que tout tienne en place. Divisé en deux parties, le concert a d'abord démarré sur un ton plus intime, sur un souvenir d'enfance fait de synthés en carton. Jérôme a tranquillement brisé la glace, mis l'ambiance en place puis s'est assis au piano, a revêtu une casquette de papi et s'est collé une fausse moustache pour nous mener en bateau, l'espace de quelques chansons au ton ensoleillé. La croisière s'amuse. Pour la deuxième partie, le chanteur, toujours avec sa moustache collé au visage, s'est lancé dans un set plus énergique, plus new-wave et rock, secouant un peu le public qui, jusque là, était resté un peu trop sage mais néanmoins très attentif. Deux ambiances, deux Minière (il y en a d'autres même, un peu schizo le Jérôme!), mais un même son, une signature qui lui est propre. Car on ne dit pas "Minière fait penser à untel ou un autre", non, le musicien a un style bien à lui et hier soir, c'était du nouveau Minière, mais du Minière comme on l'aime.
Patrick Baillargeon
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