Bienvenue sur Voir
ouvrir session
FAQ
devenez membre
www.voir.ca
Popkomm Berlin 2008
Popkomm Berlin 2008
Le blogue de Patrick Baillargeon en est un d'opinions, de coups de coeur et de coups de gueule en rapport avec tout ce qui tourne autour du merveilleux petit monde de la musique: disques, concerts, news, histoire, les musiciens, la business, les films, les livres... Selon l'actualité du moment ou celle d'hier, Patrick Baillargeon écrit ce qu'il en pense, que ça vous plaise ou non.
November 2007 - Messages
28 novembre 2007, 7:59
Chichin au paradis

Fred Chichin, guitariste et membre fondateur du groupe pop français Les Rita Mitsouko avec sa compagne Catherine Ringer, est décédé aujourd'hui des suites d'un cancer foudroyant. En deux mois, la maladie a eu raison de lui. Il avait 53 ans. La nouvelle a fait le tour de la planète pop en un éclair. Et pour cause! Depuis sa formation en 1980, le groupe a toujours su se tenir sur ce mince fil séparant la pop dite commerciale et une certaine marge d’où le couple était issu. Avec sa pop inventive, toujours volontairement un peu kitsch mais toujours  audacieuse aussi, les Rita –comme on se plaît à les nommer- ont rejoint un public très large. Qui n’a pas dansé sur Marcia Baila, Andy, C’est comme ça, Les histoires d’A et j’en passe… Impossible de résister à ces perles pop. Encore aujourd’hui, plusieurs chansons (et pourquoi pas «classiques» même!) des Rita remplissent la piste de dance à chaque fois qu’un dj les fait tourner. Intemporelles, les chansons des Rita vont rester ancrées dans la mémoire collective. En 25 ans, le couple n’aura fait paraître que 7 albums studio, le plus récent, Variéty (en français) et Variety (en anglais), remontant à avril 2007. Un mini-album, The Eye, est paru en octobre. C’est dire à quel point la paire ne se sentait pas obligé de produire à tous prix. L’inspiration, elle ne vient pas sur commande. C’est là un signe d’intégrité et d’authenticité et c’est une autre des raisons pour laquelle les Rita étaient si respectés.

C’est un grand musicien qui vient de nous quitter, un personnage discret, toujours en retrait, qui laissait toute la place à sa charismatique compagne. Le fantôme qui ne disait mot mais qui contrôlait tout. Ce fils d’immigrants italiens communistes n’a jamais cherché à jouer les vedettes, à être dans le spotlight. Il a toujours su garder ses distances et ce petit côté mystérieux qui faisait, finalement, tout son charme et donnait un attrait supplémentaire aux Rita Mitsouko.

Son décès signifie-t-il la fin des Rita? Difficile de le dire si rapidement. C’est Catherine Ringer, sa compagne depuis si longtemps, qui le décidera. Reste que, dernièrement, le guitariste avait dû annuler certains concerts vu sa santé précaire mais il avait demandé à ce que Catherine les fasse, sans lui. C’était son souhait. Peut-être lui a-t-il demandé, sentant la fin venir, qu’elle poursuive l’aventure malgré tout.

J’aime pas le mois de novembre.

  

 


20 novembre 2007, 8:23
Méchant Web, artistes ratés

Dans le quotidien Le Monde du 18/19 novembre, le musicien français Jean-Louis Murat affirme, lors d'une longue entrevue, que le crise du disque est un leurre puisque, selon lui, l'offre est aussi croissante que la demande. Le problème, c'est le Web, un outil qui autorise le vol, l'anonymat, l'hypocrisie et qui, ultimement, mène à la délation. Voilà une étonnante sortie de la part d'un artiste qui, il y a quelques années à peine, offrait gratuitement ses chansons sur la grande toile. De plus, comme des milliers de musiciens, il a sa page Myspace. Paradoxal? Tout le monde peut se tromper et tout le monde à le droit de changer d'avis. Le Web est un outil encore méconnu et en constante évolution. Ce qu'on en savait hier n'a plus aucun rapport avec ce que l'on sait aujourd'hui et encore moins avec ce que l'on saura demain. Bref, tout ça pour dire qu'un artiste -surtout un artiste de la trempe de Murat, qui est assez populaire mais qui n'a jamais vendu des tonnes de disques avant l'arrivée du Web- peu bien retourner sa veste suite au fléau que représente le piratage. « Le web rend les gens hypocrites, il incite à prendre des pseudonymes. C'est un monde de délation intoxiqué de spams et de pubs...»

Le musicien, qui vient de faire paraître Charles et Léo, un album de poèmes de Baudelaire sur des ébauches musicales de Léo Ferré, lance une piste intéressante en soulignant que le Web incite à la goinfrerie: toujours plus de chansons, d'images, de clips, de sensations, de voyages, de pénis rallongés... Il dénonce l'omerta chez les artistes, la loi du silence qui oblige les musiciens anti-web à se taire de peur de se faire pirater par des internautes sans scrupules qui pensent que parce que c'est sur le Web, c'est automatiquement gratuit. Là où Murat semble déraper, c'est quand il prétend que «le monde est peuplé d'artistes qui ne le sont que six heures par semaine, du samedi matin au dimanche soir. Alors qu'être artiste, c'est un engagement total, où tous les risques sont pris...» Qui est-il pour prétendre de telles énormités? Quand il lance que le monde est peuplé d'artistes ratés, qui ne se sont jamais totalement sacrifiés, il se met au-dessus de ceux qu'ils considèrent comme des minables, des artistes du dimanche. Et c'est écrit où qu'un « artiste » se doit de l'être totalement 7 jours sur 7, 24h sur 24h? Bref, des énormités du genre, il en pleut dans cet article du Monde. Il n'en demeure pas moins que certaines idées lancées par Jean-Louis Murat porte à réfléchir et ne sont pas dénués d'intelligence. Le type manque juste un peu d'humilité, comme bien des «artistes» d'ailleurs.

Je suis curieux de savoir ce que vous, internautes, en pensez. Voilà un sujet hyper actuel: les méfaits/bienfaits du Web, et qu'est-ce qui définit un «artiste»?


19 novembre 2007, 1:00
Moi, les Pipettes & Morgentaler
Les Pipettes vivent dans une autre époque. Avec leur look bien rétro et leurs chorégraphies, ce trio de chanteuses britannique joue à fond la carte girls group sixities soul-r'n'b-pop à la Supremes, Shangri-Las et compagnie, mais aussi avec certaines similitudes avec les Go-Gos et les Spice Girls. Appuyées par un combo guitare-basse-batterie-clavier discret mais efficace, les trois jolies filles, dont c'était le premier passage à Montréal, ont offert un show rafraîchissant, coloré, enjoué et différent de ce qu'on peut avoir l'habitude de voir. D'accord, elles n'ont pas les voix des Supremes, mais elles ont bien assez de charisme pour faire oublier certaines lacunes. Le gros hic, à mon avis, est qu'elles manquent cruellement de chansons. Combien de morceaux très ordinaires pour un 'You're Kisses are Wasted on me"? Avec ce genre de groupe, monté de toute pièce, les bonnes chansons sont primordiales sinon l'affaire ne fera pas long feu. Mais bon, pour le moment on en profite, on s'amuse, comme la grande majorité de la foule qui s'était massée au Petit Campus vendredi dernier pour les voir. Il faut dire que le trio avait dû annuler sa visite initialement prévue pour le début octobre au Pop Montréal et qu'il était attendu.
 
Les Pipettes
En fait, les Pipettes auraient été totalement à leur place en première partie d'un des 4 shows sold-out que donnait Me Mom & Morentaler au Club Soda. Leur perfo, très colorée, aurait bien cadré avec celle des ex gloires locales. On dit 'ex", mais en voyant la foule sur place samedi dernier, je me suis dit que leur cote d'amour n'avait certainement pas baissé malgré le temps et leur absence de l'actualité musicale. Le joyeux collectif ska-pop-punk montréalais n'a pas pris une ride, comme sa musique d'ailleur. En fait, je dirais qu'il joue mieux que le Me Mom que j'ai pû voir il y a... très longemps. J'ai eu un peu peur car les premières chansons du show passaient mal. Le groupe ne devait peut-être pas bien s'entendre sur scène mais après quelques morceaux, l'ensemble s'est ajusté. Le reste fut un long flash-back des plus sympathique, encore plus festif qu'auparavant. Le groupe avait fait l'effort de monter un spectacle, avec costumes, projections et interventions avec le public. On est tous ressorti du Club Soda avec un sourire large come ça étampé sur le visage. On souhaite donc que la bande arrive à s'organiser pour refaire une autre série de concerts car on en redemande et ceux qui n'ont pas eu la chance de les voir puissent en profiter. Dehors sur une grande scène lors d'un festival ferait plaisir à bien des gens j'ai l'impression... message!
12 novembre 2007, 9:22
Pas de TV cette semaine
 
Lady Jaye Breyer P-Orridge
Si il y a un seul groupe à nommer dans le registre out there, Psychic TV arrive assurément en tête de liste. Mais qui dit Psychic TV dit inévitablement Genesis P. Orridge, leader-guru déjanté de cette formation britannique à géométrie variable (une trentaine de musiciens dont Marc Almond de Soft Cell, Alex Fergusson de Alternative TV et Daniel Ash de Bauhaus/Love & Rockets ont un jour ou l'autre fait partie de la grande famille Psychic). Pionnier de la musique industrielle et électronique au sein des tout aussi mythiques Throbbing Gristle à la fin des années 70, Genesis P. Orridge a exploré l'inexplorable, a vécu toutes sortes de vies, est passé par différentes phases transitoires, sa dernière étant la pandrogynie. Disons que maintenant, Genesis est un homme avec des nichons, un grill à la place des dents. Sa musique et le visuel qui accompagne chacune de ses performances a suivit ses mutations, le groupe prenant aussi différents noms selon les projets et concepts. D'ailleurs, aujourd'hui, il se nomme PTV3. Hélas, trois fois hélas, le groupe a dû annuler toute sa tournée nord-américaine suite au décès de Lady Jaye Breyer P-Orridge, la compagne de Genesis, il y a quelques semaines. Après l'annulation de leur tournée européenne à cause d'une mauvaise gestion de l'équipe de gérance (qui s'est fait virée), c'est une énorme tuile qui s'abat sur la tête du leader de la formation. Les fans montréalais, qui attendent le groupe depuis longtemps (le dernier passage de la troupe il y a une couple d'années a aussi été annulé) n'auront toujours pas la chance de voir la bande à l'oeuvre. Psychic TV devait être au Saints le 16 novembre pour présenter nouvel album, Hell is Invisible, un premier disque studio en 12 ans!
12 novembre 2007, 3:32
Coup de coeur le fun
La 21e édition du Coup de coeur francophone s'est terminé dimanche soir avec le concert de Vincent Vallières au Lion d'Or mais l'action avait surtout lieu ce week-end. Vendredi soir au CCF, c'est entre le Club Soda et le Cabaret que ça se passait. D'un côté les Watcha Clan de France et Mister Valaire et de l'autre le Suisse Zedrus et les Belge de Sttellla. De Watcha Clan, je n'aurai vu que deux ou trois morceaux, trop peu donc pour me prononcer, mais disons que le groupe roule désormais à trois, avec basse-contrebasse, programmation et voix. Un style et un son typiquement français je trouve, avec ce mélange de drum'n'bass, de reggae-dub et de world-beat qu'on retrouve chez plusieurs groupes de l'Hexagone. Ensuite, Misteur Valaire a complètement pris le contrôle de la scène du Club Soda avec ses installations et, surtout, sa présence dynamique. Si la musique -bon mélange de techno-drum'n'bass, acid jazz, hip-hop et rock- est en retard de 5 à 6 ans sur les précurseurs britannique, particulièrement l'écurie Ninja Tune, les 5 membres compensent leur manque d'originalité par une belle énergie et un sens du spectacle. Il faudra les suivre car ils font preuve de beaucoup de talent pour de si jeunes musiciens. Au Cabaret, c'était la soirée dérision et humour avec le plutôt comique et sympathique Zedrus, un chansonnier qui ne mâche pas ses mots et qui aime bien la provocation amicale, comme on peut d'ailleurs l'entendre sur son album Mes amis sont des ports. Disons qu'il était au bon endroit, devant le bon public, pour être apprécié à sa juste mesure. Les gens ont semblé bien apprécier le personnage, qui sera d'ailleurs de retour en février comme il l'annonçait lui-même sur scène vendredi dernier. Suivit Jean-Luc Fonck, alias Sttellla, accompagné cette fois-ci par un groupe complet, soit 2 guitares, une basse et une batterie. Pas de petits claviers cheapo mais plutôt un show assez rock qui donnait du punch aux chansons farfelues de mister Fonck. Humour, dérision, joie de vivre et petits lapins, Sttellla a encore une fois étampé un sourire niais dans le visage des nombreux fans qui s'étaient déplacés, parmis eux un bon nombre de Belges. À mon avis la soirée la plus sympa du CCF. Samedi, je m'étais enligné pour trois concerts: L'esprit du clan, Semtazone et Paul Cargnello. Je suis resté scotché au concert de Paul Cargnello, qui venait présenter au Lion d'Or son album 99% francophone Brûler le jour. Entouré de solides musiciens, Paul Cargnello a offert là le meilleur concert que j'ai vu de lui depuis un moment. Un show intense, musicalement impeccable, groovy et rythmé avec ses accents punky-jazzy-soul-reggae, sans temps morts. Si Paul a encore du mal a bien prononcer ses mots dans la alngue de Gainsbourg -et qui du coup semble moins précis (moins tight) dans son chant, son projet "franco" demeure un beau risque, une chouette initiative qui semble porter fruit. Jamais Paul ne m'a semblé aussi en contrôle et souhaitons justement que le public francophone découvre cet auteur-compositeur aussi engagé que talentueux. Un excellent show. En conclusion, disons que cette 21e édtion du CCF ne fut pas la plus éclatante de son histoire, que la programmation n'était pas des plus risquée, qu'on a du mal à éviter la redite, qu'on y retrouve trop d'artistes ayant participé aux dernières Francos, mais en général, la qualité des spectacles présentés nous a vite fait oublier touts ces petits inconvénients, et il y a avait quelques belles découvertes à faire (Zedrus, Semtazone, Batlik, L'esprit du clan...). On aimerait cependant que le CCF soit un peu plus audacieux dans sa programmation qui, depuis quelques années, est plutôt gentille. Il faudrait aussi penser à faire démarrer les shows de l'Esco un peu plus tard, vers 23h disons, car il était pratiquemment impossible de voir les groupes qui s'y produisaient si on était pris au Club Soda, au Lion d'Or ou au Cabaret. Des fois les concerts à l'Esco débutaient à 22h, comme prévu, mais d'autres fois pas avant 23h... Il faudrait donc s'entendre sur une heure fixe et respecter l'horaire. Le coup de coeur du Coup de coeur? Mmmm, de tous les concerts que j'ai vu (la moitié des shows à peu près), je dirais Sttellla et Paul Cargnello. Pas loin derrière: Didier Boutin, Chocolat, Plaza Musique et Misteur Valaire.
9 novembre 2007, 2:03
Les Amis à Didier
Perso, je dirais que le festival Coup de coeur francophone a réellement démarré hier, mercredi, avec plus de trucs qui déménagent. Et ça va se poursuivre jusqu'à samedi. Ce soir par exemple, l'accouplement Les Amis au Pakistan-Dider Boutin au Cabaret était la chose à voir, d'autant plus que Boutin le désinvolte lançait son nouvel album. Ce sont les très particuliers Amis au Pakistan qui ont mis la table avec leur électro-psycho-pop et leurs trois chanteuses déjantées aux propos débiles. Enfin, chanteuse est un bien grand mot, gueuleuses hystériques serait plus approprié. C'est fou, complètement patraque et coloré, mais c'est pas encore tout à fait au point leur délire. Disons sincèrement qu'après 20 minutes, ça devient un peu pénible. Mais bon, y'a pas trop de nuance avec les Amis au Pakistan: soit on aime, soit on aime pas. Mettez les dans un lieu qui leur convient plus, au Zoobizarre par exemple, un public qui embarque à fond et plusieurs consos au compteur et vous êtes certainement plus en mesure d'apprécier la folie de la bande de Laval. Du 450 on est passé au 514 avec Didier Boutin. Le sympathique auteur-compositeur d'orgine française nous a fait découvrir une partie des chansons qu'on retrouve sur sa toute récente galette L'Amour n'a pas de sexe. Sans doute son meilleur album à date. Entouré de deux choristes, et d'un duo basse-batterie super efficace, le Didier le chanteur flegmatique avait, dirait-on, perdu de cette nonchalance qui l'a toujours caractérisé. Un Didier énergique, assez rock même, souvent proche du Leloup de L'Amour est sans pitié avec, enfin, le son qu'il mérite. Reste qu'il y a des petites longueurs, quelques fois un certain manque de rigueur qui brisent le momentum. Didier gagnerait à resserrer tout ça, à penser à ajouter quelques trucs rigolos entre les chansons aussi. Cela dit, c'était fort probablement un des meilleurs concerts de Didier que j'ai vu. Les nouvelles chansons, plus énergiques que les précédantes, étaient solidement balancées par le groupe. Il sera avec ses musiciens dans le cadre plus intime du Quai des brumes le 24 novembre prochain.
8 novembre 2007, 2:57
Le Husky en ballade, on déguste Chocolat et puis un tour à la Plaza!
Grosse soirée au Coup de coeur francophone avec Le Husky et Chocolat au Cabaret et Bonjour Brumaire et Plaza Musique à l'Esco. Le Husky a d'après moi attiré une bonne partie de la foule qui s'était rendu au Cabaret. Avec un tout récent premier album -Chansons modernes pour cyniques romantiques- qui a bénéficié d'un très bon succès critique, ce concert était fort attendu, d'autant plus que la dernière grosse perfo du groupe montréalais, cet été aux Francos, en avait laissé plusieurs sur leur faim. Ce show était nettement mieux. Le toutou en chef Yannick Duguay semblait visiblement plus à l'aise dans l'ambiance plus intime du Cabaret que dehors perdu sur une grande scène devant trop de monde. Le groupe était aussi assez "primé". Hélas, le son en général n'était à mon avis pas assez fort. Les guitares auraient pu faire plus de bruit, être plus mordantes et quelques fois plus méchantes. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé, ça manquait juste d'un peu de puissance. Mais bon, perso, je n'adhère pas trop à la musique et aux paroles du Husky. Ça ne me touche pas. Trop ceci et pas assez cela. Quand à Chocolat, le groupe, qui lui aussi n'a guère impressionné lors des dernières Francos, a vidé la moitié de la salle en une vingtaine de minutes... Pourtant, la bande menée par le chanteur-guitariste Jimi Hunt a du style et de l'attitude en masse. Trop peut-être. Une certaine nonchalance qui peut agacer aussi. Cela dit, les références blues-Dutronc-Velvet et compagnie, le son, les paroles... tout est pratiquement irréprochable. Irréprochable mais Choco est peut-être trop barré dans un truc qui ne plaît pas nécéssairement à un public plus friand ces jours-ci de pop-indie barbue. Le groupe ne réinvente pas le genre et, ce n'est pas la première fois que je l'écris ni la dernière, ce n'est pas nécéssairement ce qu'on attend d'un groupe de rock garage. Mais, comme pour Le Husky, ça manquait de puissance. On a terminé ça à l'Esco, juste trop tard pour les de plus en plus populaires Bonjour Brummaire qui plaquaient leur dernier accord lorsque je suis entré mais évidemment bien en avance pour le set de Plaza Musique. Moi, je suis difficilement impartial car je suis, comme pour Chocolat, assez vendu à leur cause. Peut-être plus même. Plaza Musique c'est le meilleur band de outsider pop que Mtl ait engendré ces dernières années. Leur amalgame disco-pop-art détonne complètement dans le petit paysage de la scène locale. Il y a un second degré que tous ne captent pas aussi. Je pense que ce groupe mérite qu'on lui donne la chance de s'épanouir tellement il a de potentiel et d'idées originales. Peut-être que les européens, avec qui le style de Plaza Musique cadre davantage, s'en redront compte bien assez vite. Clairement la meilleure soirée du Coup de coeur à laquelle j'ai assisté jusqu'à présent.
7 novembre 2007, 12:42
Urbain Desbois: légère gravité
J'aime bien Urbain Desbois. J'aime son humour fin, ses calembours absurdes et idiots, sa musique simple et compliqué à la fois, sa fausse naïveté, son univers quoi. Selon moi, il s'agit d'un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus sous-estimés dans le paysage de la pop québécoise. Paul Cargnello, qui assistait au spectacle du chanteur-guitariste hier soir au Lion d'Or dans le cadre du Coup de coeur francophone, me glissait à l'oreille qu'il est le Elvis Costello du Québec. Ni tout à fait crooner, ni tout à fait chansonnier, ni tout à fait rockeur, ni tout à fait punk, Urbain Desbois est un peu tout ça à la fois. Un artiste intègre, à part. Cela dit, le concert du Lion d'Or ne m'a pas autant plu que celui qu'il avait donné cet été dans un Spectrum pratiquement vide dans le cadre des FrancoFolies. Entouré d'un claviériste et d'un batteur (où était la jolie et talentueuse bassiste qui l'accompagnait au Francos?), Urbain a donné un show sobre et cool, mais il m'a semblé que la magie ne prenait pas autant. En fait, d'une fois à l'autre, ce n'est jamais le même concert que je vois avec Urbain, ni les mêmes musiciens. Le changement c'est bien, mais quand on arrive à la bonne formule, la bonne chimie avec les autres musiciens, on s'arrange pour les garder. Et on en a vu défiler des musiciens depuis qu'on suit Urbain. Il faut tout de même préciser qu'un concert d'Urbain Desbois, ce n'est jamais mauvais mais, des fois, c'est mieux! Reste que, maintenant que notre iconoclaste préféré est appuyé par le label Audiogram, peut-être lui donnera-t-on les moyens de satisfaire ses modestes ambitions artistiques et qu'on pourra le voir dans un concert plus élaboré. En première partie, le belge Saule a semble-t-il charmé la foule avec ses chansons douces-amères et sa franche simplicité. En ce qui me concerne, c'est pas trop mon truc. Je trouve que àa devient ennuyant et redondant après trois ou quatre morceaux.
5 novembre 2007, 11:59
Trainz: invitation au voyage
Trainz, c'est le spectacle conceptuel qu'a créé et mis sur pied le musicien Erik West-Millette et qui était présenté dans le cadre du Coup de coeur francophone. Un projet de longue haleine, qui l'a mené dans toutes sortes de gares aux quatre coins du monde. Le nom du concert le dit, c'est le train, le chemin de fer, qui sert de trame, de base pour l'élaboration des chansons. Les thèmes se rapportent au voyage, au dépaysement, à l'exil, à la fuite, à l'évasion... Accompagné d'une bande d'excellents musiciens et d'une poignée d'invités spéciaux dont Yves Desrosiers, Marie-Jo Thério, Thomas Hellman, Jordan Officer et Bïa, que j'ai d'abord pris pour Lhasa, Erik West-Millette a présenté un long diaporama musical lundi soir, dans un Club Soda rempli pour l'occasion. Le concept est intéressant, original, mais à mon avis pas tout à fait au point. L'ensemble du spectacle était un peu boiteux, un peu figé. Il manquait un brin de folie, une étincelle qui aurait fait levé le truc. Pas que les musiciens n'étaient pas à la hauteur mais la sauce avait du mal à prendre. Qui plus est, une partie des chansons souffraient d'une mauvaise sonorisation, notamment celles avec Bïa alors que les basses fréquences enterraient la voix de la chanteuse. Au point de vue scénique, le décor était sobre mais original, les images qui étaient affichées sur un écran à l'arrière de la scène étaient très belles, mais je crois que ce spectacle doit encore être présenté plusieurs fois pour que le petit Trainz aille loin.
5 novembre 2007, 5:16
National Parcs: Urbains des bois

National Parcs
 
Plusieurs attendaient un concert « officiel » de la formation électrorganique National Parcs depuis la parution de son excellent premier album, Timbervision, il y a quelques mois. Ces plusieurs se sont donc rendus massivement au MAC où avaient lieu, le même soir, deux concerts du collectif urbain des bois. Et comme pour We Are Wolves, qui lancèrent leur 2e album récemment au même endroit, ce fut un cafouillage monstre. Il est clair que le Musée d'art contemporain ne sait pas comment gérer un concert et un public «rock». Faire poireauter une centaine de spectateurs pendant plus de deux heures parce qu'ils ne pouvaient pas entrer dans la salle pour le premier show soi-disant complet (alors que la moitié de la salle était vide!) est la preuve d'un manque total d'organisation et de communication. Heureusement, on est à Mtl et le public sait se tenir tranquille (imaginez ça en France par exemple.), mais faut pas abuser. On espère que si il y a d'autres concerts de ce genre au même endroit, le MAC fera preuve d'un peu plus de professionnalisme. Quand au concert, ce fut franchement très intéressant. Deux ans de travail pour faire paraître Timbervision, ça se voit et s'entend. Deux ans durant lesquelles le groupe est allé se promener dans les bois, enregistrant et filmant en même temps toutes sortes de sons de la nature ainsi que leur bricolage plus ou moins improvisés. Sur scène, le résultat est franchement saisissant, un tout où image et son ne font qu'un. Le mélange d'éléments électroniques et organiques est parfait, en complète symbiose. Ce qui aurait pu n'être qu'un show comme les autres ou, pire, un show de laptop (certains bidouilleurs devraient prendre note), devient un spectacle son et lumières complet. Un bel exemple qu'avec du travail et de la détermination, on arrive à proposer au public autre-chose que du facile et du tout cuit. National Parcs a fait la preuve autant sur disque que sur scène qu'il possède une démarche artistique originale et élaborée, un groupe qu'on a hâte de revoir dans une meilleure salle (le son était vraiment pas assez fort) et dans de meilleures conditions, un groupe qui mérite qu'on s'y attarde et qu'on en parle. Juste un truc, on ne comprend pas pourquoi la bande, majoritairement francophone s'adresse à la foule en anglais et n'a aucune chanson en français. On est à Montréal les gars, vous avez le droit de parler en français, on va vous comprendre.
Patrick Baillargeon
Profil complet
Envoyer un courriel