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Sonique rendez-vous
Le blogue de Patrick Baillargeon en est un d'opinions, de coups de coeur et de coups de gueule en rapport avec tout ce qui tourne autour du merveilleux petit monde de la musique: disques, concerts, news, histoire, les musiciens, la business, les films, les livres... Selon l'actualité du moment ou celle d'hier, Patrick Baillargeon écrit ce qu'il en pense, que ça vous plaise ou non.
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Party remise
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 Peter, Björn & John
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Une autre tuile vient de s'abattre sur le festival Osheaga. Après l'annulation d'Amy Winehouse il y a quelques semaines -sans doute l'artiste qui suscitait le plus d'attente auprès du public montréalais, c'est maintenant le groupe suédois Peter, Bjorn&John qui vient d'annocer qu'il ne pourra présenter le spectacle qu'il devait donner dans le cadre du festival Osheaga sur la scène MEG le samedi 8 septembre. Cependant, la formation devrait revenir à Montréal en décembre pour donner un spectacle et la date devrait être confirmée sous peu. C'est dommage pour ceux qui n'ont pas eu la chance de les voir il y a quelques mois à Montréal au National. Il faut dire cependant que les nouveaux chouchous de la planète pop (propulsé en tête de nombreux palmarès grâce à leur tube planétaire "Young Folks") ont une bonne raison puisque c'est parce que le groupe sera du prochain gala de MTV qu'il ne sera pas à Montréal comme prévu. C'est ce même maudit gala qui a aussi « forcé » Amy Winehouse à annuler son concert. Mais là Amy est en « rehab » donc elle ne sera probablement pas sur pied pour le gros truc de MTV et elle aurait annulé de toute façon son passage au Osheaga puisqu'elle annule tous ses shows en ce moment. Au moment d'écrire ces lignes, on ne sait toujours pas si Peter, Bjorn&John seront remplacés.
Le groupe vient d'émettre le communiqué suivant :
"Nous offrons nos plus sincères excuses et regrets à nos fans car nous devons annuler nos spectacles de Toronto et de Montréal en raison de notre nomination dans la catégorie "Meilleur nouvel artiste" au gala MTV Video Music Awards et ce gala nécessite notre présence à Las Vegas les 8 et 9 septembre. Nous détestons annuler des spectacles mais nous espérons que vous comprendrez que c'est une occasion inespérée pour nous.
Nous vous promettons de revenir au Canada avant la fin de l'année 2007."
Allez, on siffle tous ensemble maintenant!
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cocktails
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Man! Fallait le savoir. J'ai pourtant bien regardé sur les côtés et la pochette mais jamais je ne me serais douté que c'était Cocktails et non Lock Talls... Doh! comme dirait Homer. Ça me fait rigoler mais c'est dommage aussi d'être passé à côté. La prochaine fois, tu fais un titre plus clair et je m'achète des lunettes!
encore bravo pour le projet!
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En orbite
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| |  Satellite Party
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Je m'attendais à une salle pas mal pleine, on était à peine une centaine. Où étiez-vous donc samedi soir dernier alors que Satellite Party était en ville au National? Ah, vous ne connaissez pas ce groupe? Ça explique peut-être pourquoi nous étions si peu nombreux. C'est vrai, quand on y pense, que les médias locaux n'ont pas fait grand cas du nouveau groupe à Perry Farrell, l'ex leader de Jane's Addiction. Et pourtant, c'est pas mal du tout. Tenez, voici ce que j'ai écrit à leur sujet la semaine dernière :
« L'ex-chanteur de Jane's Addiction Perry Farrell (fondateur du célèbre Lollapalooza) et l'ex-guitariste d'Extreme Nuno Bettencourt ont monté ensemble cet étrange projet qui part dans toutes sortes de directions. Pour son premier album, Ultra Payloaded
(paru récemment chez Sony-BMG), la paire s'est entourée d'une poignée d'artistes de renom tels que Flea et John Frusciante des Red Hot Chili Peppers, Peter Hook (Joy Division / New Order), Fergie, Jack Irons de Pearl Jam (ex-batteur des RHCP) et... Jim Morrison, qui a quitté momentanément le cimetière du Père Lachaise pour un petit tour en studio! Le résultat est un joyeux mélange de rock, de funk, de pop et d'électronica, avec un soupçon de psychédélisme. Cela dit, les fans de Jane's Addiction comme ceux d'Extreme ne s'y retrouveront peut-être pas dans ce drôle de party qu'il vaut mieux prendre comme un projet complètement à part du précédent travail de Farrell et Bettencourt. Sur la route, le groupe est composé de Farrell au chant et de sa femme Etty Lau aux choeurs, de Nick Perri à la guitare, de Carl Restivo à la basse et de Jordan Plosky à la batterie ».
Voilà, maintenant que vous voyez un peu le topo, laissez-moi vous dire que vous avez raté un concert très sympa. C'est comme si le groupe jouait dans notre salon. Toujours aussi charismatique, Farrell n'a mis que quelques minutes pour charmer le public. Il a causé et blagué avec les gens, répondant aux nombreuses questions ou petites pointes d'humour que lui lançaient certaines personnes, faisant circuler sa bouteille de Jagermeister dans la foule -sans oublier d'en boire amplement tout le long du concert. Et il a été généreux, offrant six chansons de Jane's Addiction, soit près de la moitié des morceaux joués durant le show. "Stop", "Jane Says", "Coming Down The Mountain", "Been Caught Stealing", "Pets" et je sais plus trop quelle autre étaient donc au menu en plus de titres de son nouveau groupe. Je ne saurais dire par contre si la bande a interpété des chansons de Porno For Pyros, l'autre combo que Farrell a formé suite à la première rupture de Jane's Addiction (le groupe s'est réunis puis re-séparé par la suite). En sortant, je je ne me disais pas que c'était dommage qu'il n'y ait eu plus de monde car les quelques veinards présents n'auraient pas eu droit à ce concert intime, le genre de concert dont on pourra se vanter d'avoir vu dans quelques années. Parce que live, ce n'est pas Satellite Party, c'est carrément du Jane's Addiction qu'on entend, la suite logique au défunt band de Perry Farrell. C'est pareil.
Ce groupe mériterait amplement sa place au prochain festival Osheaga. Me semble que tout le monde capoterait.
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Spectrum RIP
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... Ce qui m'amène à la fermeture du Spectrum. Compte tenu que tout le monde savait depuis un moment que la salle allait fermer après les Francos, pourquoi le festival n'a-t-il pas pensé à programmer des gros noms rassembleur durant les 10 jours de l'événement, histoire de terminer ça en beauté. Pourquoi ne pas avoir fait la série de concerts de Malajube et de Karkwa là à 23h? Je suis certain que ça aurait fonctionné. Ou alors Séguin, Rivard, Piché, une série Lapointe (Éric, Pierre, Stéphanie), Desjardins, Leloup back from the grave. je sais pas moi, y'a plein de possibilité. Au lieu de ça, on s'est retrouvé plus souvent qu'autrement dans une salle à moitié vide ou à moitié pleine (think positive!) triste à mourir. Dommage. Et dommage aussi que cette fête de clôture n'ait pas été mieux organisé. Rivard qui ne fait qu'une chanson? Come on! Ce "spectacle" de clôture semblait avoir été organisé à la dernière minute. Et je ne pense pas que Ghislain Poirier était le DJ de la situation pour cette soirée. Ghislain excelle dans un genre bien particulier mais pour faire danser jeunes et vieux de toutes allégeances, un DJ plus éclectique, plus « grand public » aurait sans doute mieux convenu.
N'empêche, je dois avouer que j'ai eu un petit pincement au coeur dimanche dernier en voyant les images de certains concerts défiler sur le grand écran disposé à l'arrière de la scène. La fermeture du Spectrum ne me bouleverse pas contrairement à plusieurs autres mais j'ai tout de même vraiment réalisé à ce moment que j'avais vécu plein de chose dans cette salle. J'étais au tout premier concert (P.I.L.) et au dernier (Faubert), entre les deux, j'ai dû voir plus de 500 shows là. Ça compte quand on y pense.
Donc adieu Spectrum, de mon boulot je verrai par la fenêtre les pics des démolisseurs éventrer tes murs, arracher ton toit (qui coule), fracasser tes portes et te réduire en poussière. Ce jour-là, je saurai que tu es vraiment chose du passé. Ce jour-là, je mettrai "The End" des Doors dans les écouteurs et je m'ouvrirai une bière en pensant à tout ces bons (et moins bons) moments.
Le Spectrum est mort, vive le Spectrum!
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Bilan Francos
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Quel bilan tirer de ces 19e FrancoFolies? Disons qu'on s'attendait à une édition un peu tranquille. La programmation était assez ordinaire, rien de franchement renversant -sur papier du moins-. Beaucoup d'artistes locaux que plusieurs amateurs de musique avaient déjà vu plusieurs fois durant l'année et très peu d'étrangers.
Pour les musiciens d'ici, une chance que certains ont accepté d'offrir des shows « concept » qui donnaient ainsi la chance aux fans de voir leurs artistes préférés sous un autre angle et dans un contexte unique. Ce fut le cas pour Malajube et Karkwa, dont les séries de 3 shows différents ont très bien fonctionnées. La version symphonique de Loco Locass était une bonne idée aussi, comme les 10 ans de Taktika et le Dan Bigras revisité.
Pour les autres, c'est surtout à l'extérieur que ça se passait. On retiendra à ce propos la détonante performance des excentriques Goules qui ont encore une fois prouvé qu'ils sont un des groupes de rock les plus divertissants au Québec. En salle, c'est Urbain Desbois et Michel Faubert qui m'ont le plus séduit. De la classe, de l'intelligence, de l'humour ou de la tragédie, une musique subtile, élaborée et nuancée. C'est juste dommage qu'on n'ait été qu'une poignée pour en profiter.
Quant aux artistes étrangers, c'est à Abd Al Malik que revient le titre du show le plus captivant, une vraie révélation. Abd Al Malik redonne ses lettres de noblesse au rap français, et Dieu sait qu'il en avait bien besoin. Ce charismatique personnage a mis la foule de la Zone Trucmuche Dry et du Spectrum dans sa poche en quelques minutes seulement. On ne peut évidemment pas passer sous silence l'excellente prestation de Grand Corps Malade. Lui aussi n'a eu aucune difficulté pour charmer et conquérir le public du théâtre Maisonneuve. Évidemment, je suis bien loin d'avoir tout vu, mais sur la trentaine de concerts -plus sans doute- auxquels j'ai assisté, voilà ceux qui sortaient du lot.
Si la programmation de ces 19e Francos n'était pas la plus impressionnante qu'on ait vu, c'est que l'organisation réserve sans doute toutes ses cartes maîtresses pour le 20e anniversaire. Et peut-être aussi pour montrer que les Francos à la fin du mois de juillet, c'est moins intéressant qu'à la mi-juin. On prétend que plus d'artistes européens sont disponibles au début de l'été, avant les innombrables festivals chez eux, et qu'il est plus facile ainsi d'avoir la possibilité d'obtenir de gros noms pour la mi-juin. C'est peut-être vrai mais j'ai des doutes (l'organisation a-t-elle fait exprès de ne pas booker beaucoup de noms Français, Belge ou Suisse juste pour qu'on lui donne raison?). Il faut savoir que les artistes européens ont un agenda chargé durant la période estivale (qui débute justement vers la 3e semaine de juin) et que beaucoup préfèrent rester sur le continent européen où ils pourront jouer pas mal partout au lieu de se déplacer pour quelques jours à Montréal pour un cachet souvent inférieur ou similaire à ce qu'il pourrait toucher chez eux et rentrer complètement crevés.
Les Francos mènent leur barque comme ils l'entendent et tous les aléas et impondérables de la gestion d'un festival ne concernent pas vraiment le public et, souvent, les journalistes, comme moi, ne savent pas tout. Donc j'aime mieux n'émettre que des hypothèses. Cela dit, il faut avouer que les Francos ont pris des beaux risques avec certains artistes étrangers. Des fois ça n'a pas très bien fonctionné (Barbara Carlotti) et, d'autres fois, ça s'est passé beaucoup mieux qu'on l'aurait cru (Plastiscines).
Le but d'un festival comme les FrancoFolies est de plaire au maximum de gens possible. Pas une mince tâche. C'est pourquoi il faut réaliser que dans ces gens que les Francos cherchent à séduire, il y a aussi des maniaques comme vous et moi (vous je suis pas certain, mais moi c'est même un peu extrême). Donc pas évident de faire déplacer les foules pour Maximum Kouette, Florent Marchet ou Rocé. Des artistes qui, après un show extérieur gratuit la veille en guise de présentation, se retrouvaient tous au Spectrum en fin de soirée, devant une salle presque vide. Alors je me demande pourquoi à l'avenir les Francos ne bookeraient pas ces artistes moins connus dans une plus petite salle plus conviviale (en plus le Spectrum n'existera plus l'année prochaine) et garder une salle plus grosse pour les noms plus « vendeur » comme Abd Al Malik, le seul des artistes étranger programmé en fin de soirée au Spectrum qui ait réussit à remplir la salle.
Je pense que les shows de fin de soirée sont essentiels. Il faut absolument garder ce volet; un festival ne se termine pas à 23h! Reste que la formule du Shag fonctionne à merveille. On parle de DJ certes, mais la place est petite, conviviale et dès qu'il y a plus de 75 personnes à l'intérieur, elle est remplie et l'ambiance est géniale. Mettez le même nombre dans une salle comme le Spectrum qui peut en contenir 1200 et ça devient sinistre.
En conclusion, bon an mal an, on trouve toujours de quoi se satisfaire aux Francos.
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Sprint final 2
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| |  Michel Faubert Photo: Sylvain Dumais
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Samedi 4 août
Grrrrrosse soirée, sans doute la plus diversifiée en terme de choix. Ai-je fait les bons? Je ne pouvais certes pas manquer Plaza Musique puisque j'aime beaucoup ce groupe hors-normes. Avec sa chanteuse volontairement juste un peu à côté de la plaque et ses pièces qui oscillent entre Stereolab et Véronique Samson, comment ne pas les aimer? Y'a un second degré subtil dans ce groupe, second degré que plusieurs ne captent pas hélas. Et malgré une certaine dérision, on retrouve de vraies belles chansons chez Plaza Musique. On espère qu'ils auront la chance de se faire connaître davantage car ils le méritent. Ce n'est pas gagné à en juger le nombre de personnes qui s'était réellement déplacé pour le groupe samedi à 19h à la petite scène extérieure de l'Aire Desjardins.
Tout de suite après, c'est Chocolat qui prenait d'assaut la grande scène de la Zone Trucmuche Dry. Précédé d'une réputation de groupe bien déjanté sur scène, le combo rock-pop garage montréalais mené par Jimi Hunt a plutôt offert une prestation relativement sage. Ce n'est que vers la fin qu'on sentait que la bande était bien chauffée et que les choses pouvaient enfin déraper, mais un concert aux Francos, ce n'est pas une gig au Divan Orange et chaque groupe doit se contenter d'une heure bien serrée. Trop peu trop tard ? Disons tout de même que de se retrouver perché là-haut sur cette scène devant plein de monde alors qu'il fait encore jour quand on est davantage habitué aux petits clubs intimes, ça peut couper l'ardeur d'un musicien. Malgré une série de bonnes chansons accrocheuses, le courant semblait passer difficilement entre le groupe et la foule. Allez les voir en salle!
Ils n'étaient pas de la programmation des Francos, mais un concert en plein air de Vive la Fête, ça ne se manque pas (surtout que toutes leurs chansons sont en français, contrairement à nombre d'artistes programmés aux Francos...). C'est pourquoi j'ai momentanément quitté le site du festival pour me rendre au coin de Berri et René-Lévesque où jouait le déluré groupe belge dans le cadre du week-end Diverscité. Fidèle à son habitude, la bande mené par la sulfureuse Els Pynoo en a mis plein la vue et les oreilles. Malgré l'usage de certains éléments électroniques, Vive la Fête est indéniablement rock. Le son, le look, l'attitude, les références, l'exubérance, la provocation, le glam. Le groupe connait tous les trucs du petit dictionnaire du rock et les utilise à profusion. Personne ne s'en plaindra puisqu'il le fait très bien.
Retour sur le site des Francos, juste à temps pour capter les dernières 40 minutes des Breastfeeders au Métropolis. Le groupe partageait l'affiche avec Galaxie (y'a plus de 500) et Band de Garage, une des plus belles affiches des Francos, un concert tout ce qu'il y a de plus rock n roll. Rien à dire à propos des Breast, chaque shows est une fête, même si ils finissent par se ressembler un peu tous à la longue. En fait, c'est le son qui déconnait samedi soir. Tout était bien trop fort, les mid dans le tapis, de sorte qu'on n'arrivait pas à saisir les jeux des guitaristes, surtout celui du killer Sunny Duval. Peut-être était-ce voulu ainsi remarquez. Les Breast ont tendance à jouer toujours à fond, le pied au plancher et il me semble qu'ils gagneraient à nuancer davantage, à moduler un petit peu, sans risquer de perdre leur drive et leur swing.
Toute bonne chose ayant une fin, c'est au Spectrum qu'il fallait terminer ces 19e Francos. J'étais là pour le premier show en octobre 1982 (P.I.L. venait présenter son étrange album Flowers of Romance -concert pas terrible d'ailleurs), donc pas question que je loupe le dernier. Et c'est à Michel Faubert que revenait cet honneur. Malgré une salle sinistrement vide (il semble qu'on ait même permis aux gens d'y entrer gratuitement), l'homme et ses musiciens ont présenté l'excellent album La fin du monde, disque que Faubert a réalisé en compagnie de Jérôme Minière. Un concert magistral, tout en finesse et en nuance. Rien qui clochait, tout était impeccable : le son, l'ambiance, la justesse des arrangements, l'interprétation sans faille du groupe. Vraiment, à part l'ambiance un peu morose que procure une salle quasi vide, c'était le concert parfait pour clore l'aventure du Spectrum et ces 19e FrancoFolies.
Je vous dresse un petit bilan demain.
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Sprint final 1
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 Urbain Desbois Photo: Rolline Laporte
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J'aurais bien voulu bloguer à tous les jours des Francos mais les soirées de festivals se terminent souvent tard et le lendemain, le boulot, lui, n'attend pas. Donc je vous résume les trois derniers jours du festival sur deux billets.
Jeudi 2 août
J'ai choké Émilie Simon. Il semble que ce n'était pas une bonne idée puisqu'on m'a dit que son nouveau spectacle est très bien. En tous cas, c'étais salle comble pour la timide chanteuse-bidouilleuse française au Spectrum. La dame a des fans ici. Reste que je me suis tout de même bien motivé pour affronter Tricot Machine au Cabaret. Bon, je rigole, j'exagère. Sont ben bons et ben cute ces deux tourtereaux là mais moi ça ne me touche pas tellement, ce qui n'enlève rien à la qualité du groupe évidemment. Les filles ont l'air de bien aimer en tous cas, car la gente féminine était majoritairement représenté dans ce Cabaret bien plein. Hélas, je m'étais motivé pour rien puisque j'avais oublié que c'était Avec Pas D'Casque qui débutait la soirée. Un p'tit set de roots-folk lo-fi juste assez long pour bousiller mes plans puisque je devais me rendre au Spectrum pour attraper Maximum Kouette à 23h, heure à laquelle Tricot Machin chose embarquait sur scène. Too bad, je me remotiverai une prochaine fois.
Maximum Kouette donc. Encore une fois, le Spectrum était presque vide. Bonjour l'ambiance! Pour une salle de spectacle sur le respirateur artificiel, c'était assez sinistre ces derniers 10 jours après 23h. Bref, le Maximum Kouette a justement fait son maximum pour mettre un peu d'énergie avec ses chansons rock, pop, punk, ska souvent assez bien tournées. Un groupe qui en a vue d'autres et qui a manifestement une grande expérience de la scène. Les 4 filles et 3 gars ont donné un show solide mais on dirait que, vu le nombre de gens dans la salle, le coeur n'y était pas. On ne pourra pas dire ça des dingues de Le Nombre qui ont pris d'assaut la scène avec la ferme intention d'en découdre. Encore une fois, la bande au chanteur Ludwig Wax -toujours aussi charismatique- a torché, brûlé tout sur son passage, tiré sur tout ce qui bougeait, un Panzer en flamme dans Stalingrad. Pas toujours très subtil mais diablement efficace quand on a envie de se prendre une grosse claque rock n roll dans la gueule, et un coup de pied au cul en même temps. Les murs du Spectrum en tremblait. Tiens, c'est Le Nombre qu'ils devraient engager pour démolir la place. "Le Nombre démolition, on rocke les fondations"
Vendredi 3 août
Les Chiens sont des esthètes, je l'ai déjà dit et je le répète. Des Chiens racés. Sauf que cette fois-ci, sur une scène extérieure, c'était pas mal plus difficile pour les musiciens du groupe de faire sonner ses guitares et ses amplis comme ils l'auraient souhaité. Ils ont compensé en offrant un set bien rock, bien dosé, en vrais pros qu'ils sont. Et ça a marché, le public a semble-t-il bien apprécié. Ensuite, direction Spectrum pour le show de 23h. Valérie Leulliot-Urbain Desbois. on se doutait bien que, encore une fois, il n'y aurait pas un chat. L'ex Autour de Lucie a présenté ses nouvelles compos de façon intime à un public réceptif. Sa pop aérienne, douce et subtile demande justement une écoute attentive mais le contact se perdait dans l'immensité de la salle vide. Et comme Valérie est une femme un peu timide et guère démonstrative, on avait un peu hâte que ça finisse car on commençait tous un peu à s'endormir. Le brave Urbain s'est arrangé pour réveiller tout le monde avec ses pitreries et surtout sa chouette musique. Un type sous-estimé ce Urbois Desbains. Ses chansons sont de petits univers, de merveilleuses petites boîtes à surprise dans lesquelles se cachent parfois de vrais bijoux. On aime bien quand Urbain déconne mais garde toujours le contrôle sur sa musique afin qu'elle reste un peu étrange et atypique mais jamais weird ni trop loin des standards pop.
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Paroles et musiques
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| |  Abd Al Malik
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La journée du 1er août était assez particulière aux Francos. C'est que le Festival avait mis l'emphase sur la parole et ce « nouveau » courant que l'on nomme Slam. La thématique démarra à 17h sur la petite scène devant les portes du Complexe Desjardins avec le spectacle poético-musical de mon collègue Tristan Malavoy-Racine, responsable de la section littérature ici au Voir, qui est venu présenter au public des Francos son premier album Carnets d'apesanteur paru chez Audiogram il y a plusieurs mois. Je n'y étais malheureusement pas mais il semblait plutôt fier de sa perfo.
J'étais par contre au Théâtre Maisonneuve pour accueillir, comme 1500 autres personnes, la venue officielle du désormais célèbre slammeur Grand Corps Malade, dont le premier album Midi 20 a connu un succès considérable en France. Honnêtement, j'y allais un peu à reculons en me disant que j'allais m'endormir sur mon banc en écoutant un type pas très démonstratif me réciter des vers de la banlieue parisienne. Or il n'en fut rien. GCM sait non seulement jouer habilement avec les mots, le rythme et les sonorités, mais il excelle dans l'art de la chute, dans la rime surprise et surtout cette habileté à mélanger un langage plus littéraire à celui de la rue. Deux heures durant, l'estropié, qui ne peut pas vraiment bouger vu les séquelles d'une grave blessure, s'est fait drôle, tendre, sévère ou dur, seul sur scène ou quelques-fois accompagné discrètement d'un pianiste, d'un guitariste et d'un percussionniste (les musiciens ne se retrouvaient pas toujours tous sur scène au même moment). Bref, l'art du pacing. Un show bien monté, sans temps morts et un public conquis, attentif, accroché aux lèvres du slammeur pour être certain de ne manquer aucune de ses savoureuses rimes. Je crois qu'on peut parler d'un triomphe!
Triomphe aussi en ce qui concerne l'autre « slammeur », le très attendu Abd Al Malik. On dit slammeur mais en fait, Abd Al Malik est plutôt un chanteur-conteur, un type au charisme indéniable. Dès qu'il est monté sur scène vers minuit et demi mercredi dernier au Spectrum, j'ai su que ce serait un grand soir. Le gars en voulait, crinqué, débordant d'énergie. Entouré d'un groupe de musiciens aguerris, on parlerait plus de jazzmen même, le jeune français d'origine congolaise s'est lancé dans une version exaltante de son célébré premier album Gibraltar. Une agilité avec les mots et les gestes, une présence scénique captivante, une façon de bouger danser super cool et surtout aucun clichés hip-hop redondants ici. Abd Al Malik semblait en grande forme (peut-être est-il toujours aussi charismatique après tout) et la réaction plus qu'enthousiaste du public a confirmé que Abd Al Malik avait désormais sa place ici. D'ailleuurs, à la fin du concert vers 1h30, la salle était encore bien pleine, ce qui est très rare -en semaine d'autant plus- avec ces spectacles de fin de soirée au Spectrum. Une bonne idée d'avoir inversé l'ordre de passage sur scène et d'avoir fait débuter la soirée par les poètes-slammeurs de Slam Cité, permettant ainsi à ces derniers de se faire entendre par une foule beaucoup plus considérable (et attentive soulignons-le) car il y a fort à parier que la salle se serait dramatiquement vidé après la prestation de Abd Al Malik si celui-ci avait joué en premier.
Cette superbe soirée s'est terminée au Shag où le Bass Ma Boom Sound System de Vander et ses toasters, deejays, mc's (appelez ça comme vous voulez) ont chauffé la salle de leurs impros déjantées sur les beats reggae pesant de l'ex bassiste des Colocs. Cette thématique Slam des Francos fera marque. Je pense que le public a senti qu'il se passait quelque-chose de spécial. Le slam devrait connaitre de beaux jours à Montréal et on souhaite même voir cette expérience se répéter encore une fois aux Francos. Vu l'accueil réservé à Grand Corps Malade et Abd Al Malik, ça ne m'étonnerait pas qu'on revoit ces deux là chez-nous sous peu.
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Parenthèse
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 The Aggrolites
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Mardi, j'ai fait faux bond aux Francos pour une dose de dirty reggae au Petit Campus en compagnie des excellents Aggrolites. Ce combo de L.A. excelle dans le registre « early reggae », fin 60-début 70. Leurs trois albums le démontrent amplement : ces gars ont le reggae dans le sang et ils savent exactement comment s'y prendre pour rendre ça le plus authentiquement possible. En une heure, les cinq musiciens (voix, guitares, basse, batterie et clavier) tous vêtus de rouge et à la mine patibulaire se sont lancés dans un set intense de reggae non-stop avec l'agressivité d'un band punk. Pas pour rien que la place était bourré de types aux cocos rasés et aux bras bardés de tatouages. Mais pas de mauvaises vibe puisque tout le monde était là pour une chose : le reggae. Et ça skankait du devant de la scène jusqu'au fond de la salle. On en aurait pris bien plus mais on pouvait enfin voir les Aggrolites à Montréal (après l'annulation forcée de cet hiver alors que la bande s'est retrouvé perdu dans le blizzard) pour leur show à eux, pas en première partie des Aquabats comme la dernière fois. Un show qui met de bonne humeur!
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