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Popkomm Berlin 2008
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Le blogue de Patrick Baillargeon en est un d'opinions, de coups de coeur et de coups de gueule en rapport avec tout ce qui tourne autour du merveilleux petit monde de la musique: disques, concerts, news, histoire, les musiciens, la business, les films, les livres... Selon l'actualité du moment ou celle d'hier, Patrick Baillargeon écrit ce qu'il en pense, que ça vous plaise ou non.
July 2007 - Messages
31 juillet 2007, 8:19
Les vrais francofous
 
Les Goules
Les vrais FrancoFous? Les Goules sans l'ombre d'un doute. Dimanche sur la scène de la Zone FrancoDry, le groupe de Québec l'a amplement prouvé aux nombreux fans et curieux qui s'étaient déplacés pour les voir. Cette joyeuse bande d'iconoclastes a le sens du spectacle! Choquant oui, mais divertissant aussi. Et c'est exactement ce qu'on attend d'un show en plein air aux Francos. Les Goules ont du kilométrage et savent comment intervenir avec la foule. Leur chanteur a du charisme et joue à fond son personnage inquiétant. Tout le groupe est comme d'habitude costumé, les figurants vont et viennent sur scène, selon le besoin, ajoutant encore plus de couleur et de dynamisme au spectacle. Une chance car la musique des Goules n'est pas toujours évidente pour quiconque n'est pas familier avec leur univers particulier. Je dirais que si la bande se donnait la peine de faire des morceaux moins weird et heavy, comme on peut l'entendre sur leur 3e album Les Animaux, il pourrait vraiment rejoindre un public beaucoup plus large. Mais ce n'est peut-être pas leur but de toute façon. Reste que ça me semble être un des shows extérieur (auquel j'ai assisté) qui a le plus enthousiasmé le public jusqu'à présent. Je me suis ensuite dirigé à la petite scène de l'Aire Desjardins pour capter une petite demi-heure du Henri Band et de son rock de campagne. Mené par le très charismatique chanteur Robert Simard, le groupe persiste depuis des années et l'enthousiasme semble toujours bien présent. Un cas à part ce Henri Band, un peu rock, trad, country, folk et un chanteur-comédien-conteur fascinant. Un groupe de party qu'on devrait plus voir un vendredi ou un samedi soir plutôt qu'un dimanche. Je pensais terminer ma soirée au Cabaret pour finalement assister à la dernière des 4 représentations de Mick est tout seul et de Barbara Carlotti mais ça a duré un peu plus longtemps que prévu mon affaire. Anyway, je ne reviendrai pas plus qu'il le faut sur ce doublé puisque mes collègues Robillard-Laveaux et Hébert l'ont tous les deux fait en début de festival. Juste deux ou trois mots pour vous dire que Mick est tout seul, le chanteur de Mickey 3D en mode solo, se débrouille très bien sans son groupe. Cinquante minutes de spleen gris-bleu c'était suffisant. Plus et on aurait trouvé qu'il commençait à tourner en rond. Mais il est quand-même capable d'un peu d'humour et de dérision, ce qui aide à faire passer ses chansons souvent un peu tristes. Quand à Barbara Carlotti, je suis navré de dire que c'était pas fort-fort. J'apprécie en général beaucoup ce rock-chanson intello Rive-Gauche, bourré de références littéraires et cinématographiques mais là le contact ne passait tout simplement pas malgré une voix superbe et un groupe solide et cool. Cette fille n'arrive pas à communiquer et pourtant elle est comédienne aussi! Trop gênée? C'est certain que ce genre de musique passe difficilement au Québec où on préfère les artistes dégourdis, francs et drôles. Le truc coincé très parisien fait tout de suite très prétentieux chez-nous. Mais bon, saluons l'audace des Francos d'avoir fait venir cette chanteuse atypique. Mais, franchement, 4 soirs au Cabaret (excentré du site des Francos) c'est beaucoup trop. Deux auraient été amplement suffisants. C'est qu'il devait y avoir à peine 75 personnes pour Mick est tout seul et guère plus de 40 pour Barbara Carlotti les deux fois où je me suis rendu au Cabaret. Donc après ce show tristounet, je me suis dit qu'un peu de la fanfare hip-hop Nul Si Découvert, qui jouait à minuit et demi au Spectrum dans le cadre de la série Hip Rap Rock (qui amène les groupes à jouer trop tard le soirs de fin de week-end ou de semaine) devant au bas mot une soixantaine de personnes. Ambiance très froide là aussi, malgré les efforts du collectif. Ce n'est pas rendre service au groupe que de le faire jouer à une case horaire aussi ingrate. Bon, j'ai quitté après quelques morceaux et me suis rendu au Shag où spinnait encore une fois l'incroyable DJ Zebra. Devinez où la fête était? La place était bondée comme la veille et j'ai collé là jusqu'à 2 heures du mat'. Là, je paye le prix de 4 soirs Franco intensives!
30 juillet 2007, 8:02
Francos Freak

DJ Zebra
 
Ouais. disons que j'ai démarré mes Francos le pied au plancher : concerts à profusion, bières (à profusion aussi), fiesta et pas beaucoup de dodo. Donc pour résumer le parcours du samedi, le marathon a débuté au show de Mimosa qui était à 20h sur la scène de la Zone Molson Dry. Les gagnants de la dernière édition des Francouvertes ont donné un show beaucoup plus énergique et solide que celui que j'ai pu voir justement à la grande finale du concours il y a quelques mois. Ensuite, un rapide passage dans un Métropolis archi-bondé pour la soirée Omnikrom, Numéro# et TTC m'a rapidement convaincu que ma place n'était pas là ce soir. Non seulement ai-je vu ces groupes à maintes reprises (comme vous tous mais on dirait que vous vous tannez moins vite que moi) mais, outre Numéro pour qui j'éprouve une certaine sympathie, je dois admettre que je suis moins fan qu'avant des deux autres. Fût une époque pas si lointaine où je trouvais que TTC et Omnikrom amenaient de l'eau au moulin, qu'ils arrivaient à renouveler un tant sois peu le hip-hop franco mais leurs derniers albums m'ont déçu, surtout celui de TTC (et celui de Teki Latex qui s'en vient est pire!). Donc out ti-Pat et on file voir Gatineau sur la scène extérieure de la Zone Franco-Dry (une drôle d'idée de programmer Gatineau en même temps que le gros show de TTC et compagnie...). Ça faisait drôle de voir le « rappeur » Sébas et sa bande perdu sur cette immense scène, on avait le sentiment qu'ils n'étaient pas à leur place. Reste que le groupe a offert une bonne perfo convaincante. On aurait cependant aimé entendre ce que Sébas racontait dans son micro. À 23h, je suis retourné voir les Plastiscines, mais cette fois-ci au Spectrum. C'était bien mieux que la veille à l'extérieur, plus punché et dynamique. Tiens, parlant des Plastiscines, faut que croire qu'elles font jaser autant ici qu'en France. Certains jugent qu'elles n'ont pas leur place aux Francos, d'autres pensent le contraire. Vous voulez mon avis? Je dirais, pour répondre aux blogueurs qui ont réagi à ma dernière chronique sur le groupe parisien, que si ces filles étaient moches, c'est certain qu'on n'en aurait pas parlé au Voir puisqu'elles n'auraient fort probablement pas fait de disque. Si elles avaient été de la trempe des L7, là la beauté n'aurait eu aucune importance. Mais y'a L7 et y'a tous les autres. Et il faut aussi dire que les Plastiscines ne font pas dans le grunge punkifié mais plutôt dans une pop-garage bonbon qui sied parfaitement à leur look et leur manque de musicalité. Le constat est qu'elles semblent avoir suscité pas mal de réactions, bonnes et mauvaises et, à voir comment le public les a accueilli, on dirait qu'elles se sont fait des amis. On va les revoir, plus rodées, aguerries et, souhaitons-le, débarassées de leurs trop nombreuses chansons en anglais. Ont suivit Call Me Poupée en formule trio. Je les aime bien mais, pour être franc, je les ai déjà vu en meilleure forme. En fait, c'est Camionnette qui aurait dû se retrouver là avec les Plastiscines. Mais bon, c'est pas moi qui décide qui joue où ni à quelle heure dans ce festival. Après un long moment passé backstage (tssssk, n'allez pas vous imaginer des choses là!), je me suis retrouvé au Shag pour l'incroyable perfo de l'ex Billy Ze Kick, DJ Zebra. Le type, roi du mash-up en France, excelle à trafiquer et amalgamer des pièces de toutes sortes et surtout plusieurs tirées du répertoire franco : Négresses Vertes, Noir Désir, Trust, NTM (le mix d'Anti-social de Trust avec je sais pas quoi de NTM était franchement hallucinant). J'ai tellement trippé que j'y suis retourné le lendemain et la place était encore une fois blindée de monde (remarquez, vu la taille de l'endroit, c'est pas difficile à remplir). Et zou, à 3h direction le Vieux-Mtl pour un party after TTC. J'y suis resté 15 minutes tellement la musique était poche.
28 juillet 2007, 5:35
Plastiscines fascine
 
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C'était une première pour les Plastiscines, quatre jolies jeunes rockeuses parisiennes, seules réprésentantes de cette nouvelle scène rock française aux Francos. Visiblement très heureuses d'être là, les filles n'avaient rien à perdre et se sont lancées un peu maladroitement mais un bel entrain dans un set rock-pop-punk-garage-bubblegum linéaire mais efficace. En fait, le public qui, en très grande majorité, ne connaissait aucunement le groupe, a semblé bien apprécier. "C'est vrai qu'elles sont belles", à lancé le type derrière moi è son ami lorsque les filles son montées sur scène. Mais la beauté n'est pas synonyme de talent! Cela dit, les Plastiscines compensent leur manque de musicalité par une candeur un peu naïve et l'évident plaisir qu'elles semblent avoir à se retrouver toutes les quatre sur une scène à jouer du rock 1, 2, 3, 4. Reste qu'on se serait volontier passé des trop nombreux morceaux en anglais. Je sais que pour beaucoup de Français, le rock ne se chante qu'en anglais, mais pas pour nous. demandez-le aux Breastfeeders, Le Nombre et autres Malajube de ce monde. Par contre, je dois admette que les titres en anglais passaient bien mieux en formule live que sur l'album LP1 des Plastiscines. Il n'en demeure pas moins que ce sont les chansons en français du groupe qui plaisent le plus, quelque part entre Jacqueline Taïeb et les Calamités, deux artistes français que les Plastiscines ne doivent même pas connaître. Je présume en tous cas puisque je lisais hier dans un quotidien montréalais que les filles des Plastiscines ne comprenaient pas pourquoi plusieurs les associent au yéyé. Peut-être que les filles ne connaissent rien du yéyé. Le yéyé, ce n'est pas uniquement Françoise Hardy et Claude François! Les Plastiscines remettent ça ce soir en salle au Spectrum dès 23h en compagnie de Call Me Poupée. Je vous glisserais bien un mot moi aussi sur le concert de Mick est tout seul et Barbara Carlotti, mais je l'ai passé dans les loges à bavarder et à boire des bières. Par contre, ce que j'entendais des loges me semblait sympa. Pas grave, les deux artistes remettent ça ce soir et dimanche, au Cabaret à 22h. J'y serai, et dans la salle ce coup-là! Et hop, du Cabaret, je me suis retrouvé dans un party d'après concert pour les Loco Locass et l'Orchestre de du camp St-Alexandre. Et hop, je me suis rendu ensuite au Shag pour capter quelques mixs des deux Dears qui sévissaient sous le nom George Martin. Soul, funk, r'n'b old-school. Et hop encore, à la Banquise cette fois pour capter la perfo impromptue des TTC. en vain. Le mot s'était bien passé puisqu'il devait y avoir une cinquantaine de fans bloqué à la porte du fast-food de la rue Rachel. Après une heure d'attente, un sandwich et quelques frites, j'entendais au loin mon lit qui m'appelait. Ça niaisera sûrement moins ce soir au Métropolis alors que TTC partagera la scène avec leur alter-ego québécois d'Omnikrom et Numéro#. Dès 21h. Party assuré.
27 juillet 2007, 5:04
Hellman au paradis!

Photo: Jean-François Bérubé
 
C'est finalement Thomas Hellman qui a remporté le 12e Prix Félix-Leclerc de la chanson pour le Québec et c'est la jeune Mell qui a remporté celui décerné à un artiste français. On pourra donc voir cette auteure-compositrice-interprète et guitariste lors de la prochaine édition des Francos. Quand au québécois d'adoption Thomas Hellman, qui a aussi remporté le Prix Étoiles Galaxie de Radio-Canada -et la bourse de 5000$ qui l'accompagne- il sera sur la grande scène de la rue Ste-Catherine au coin de Jeanne-Mance le 31 juillet à 21h et 23h. De plus, cette victoire du Prix Félix-Leclerc lui permettra de présenter ses chansons -qu'on dit proche de Brel, Desjardins, Cohen et Tom Waits- au festival Alors. Chante de Montauban en France l'année prochaine. Mell et Thomas Hellman empochent aussi chacun une bourse de 2500$ de la Fondation Félix-Leclerc. Thomas Hellman a donc été préféré à Tricot Machine, Antoine Gratton, Brigitte St-Aubin, Alfa Rococo, Andrea Lindsay, Magnolia, Paul Cargnello et Alexandre Belliard, tous en lice pour le prix.
27 juillet 2007, 12:59
Police story
Histoire de flic. Histoire de boucler la boucle aussi. Hier, j'ai réussi à avoir une place pour le 2e concert que donnait The Police au Centre Bell. Pas une mince affaire. Mais voyez-vous, j'y tenais bien que je ne sois pas un grand amateur du groupe. En fait, j'ai décroché après le 2e album, l'excellent Reggata de Blanc. Parce qu'après ce disque, les Police ont laissé tomber le reggae et la pop vitaminée, pour ne pas dire punkifiée, de leurs débuts. Et c'est justement à leurs débuts qu'il fallait les voir. En 1979, au Théâtre St-Denis, The Police a donné un show comme on n'en verra plus, ne jouant -pour cause- que les pièces de leurs deux premiers disques, leurs meilleurs. J'y étais, pas vieux c'est vrai, mais assez grand pour ne pas me faire embêter à la porte. Le public de ce soir là, il y a déjà 28 ans, n'avait rien à voir avec celui d'hier au Centre Bell. C'était, autant que je m'en souvienne, que des punks. Des types avec des tenues de pilote de guerre avec masque à gaz et tutti quanti, d'autres vêtus en officiers nazis. des looks qu'on ne voit plus depuis longtemps dans les shows soi-disant punks. Mais The Police n'a pourtant jamais été un groupe punk. Ou alors il l'était mais par la bande, parce que le batteur Stewart Copeland, qui a formé le groupe avec le guitariste corse Henri Padovani (je vous invite d'ailleurs à lire son livre sur son histoire au sein des Police, Secret Policeman sur Flammarion, y'a pleins d'anecdotes sympas), trippait sur cette musique et que le groupe -alors à quatre musiciens- a joué au premier festival punk à Mont de Marsan en France en 1977. Mais le punk, c'était pas Sting, pas Andy Summers. 1979-2007. Les trios musiciens ont vieilli mais ça ne se voit pas trop. Surtout Sting. On le dirait figé dans le temps; toujours beau bonhomme à cinquante quelques balais. Bon, côté énergie et dynamisme, ce n'est certainement plus ce que c'était. Et je dirais que c'est vraiment là que le bât blesse. Car chez The Police, tout se passe sur scène, entre les trois musiciens. Il n'y a jamais quoi que ce soit de tape à l'oeil pour porter l'attention du spectateur hors de ce qui se passe sur le stage. The Police c'était, à une époque, avant que le groupe ne devienne le truc à Sting, un Sting de plus en plus imbus de lui-même et davantage intéressé par la pop jazzé middle of the road, l'exemple même du power trio. Plus maintenant, et surtout lorsque le groupe revisite ces anciens morceaux vitaminés tels que "Can't Stand Losing You" ou "So Lonely". Ces versions étaient édulcorées, le picking du guitariste Andy Summers était mou, bref ça manquait de puissance et c'est ce que la majorité du public attendait. Même "Roxanne" semblait avoir pris un coup de vieux. Reste que les chansons plus pop du trio (l'insipide "Dadoudou" machin, "Every Breath You Take", "King Pain".) étaient joué pratiquement comme elles avaient été enregistrées. Mais bon, c'était pas mal, bien mieux qu'un tas de groupes qui se reforment avec plein de membres en moins, ou alors complètement grabataires. La place était bondée pour les 2 soirs (en fait, presque toute la tournée du groupe affiche sold-out), le public a bien apprécié, le son était ok. que du bonheur quoi. Voilà, c'est comme ça que j'ai commencé mes Francos, au poste avec les Police!
24 juillet 2007, 8:25
Pour que Justice soit rendue
Mea méga culpa. J'ai écris il y a quelques semaines une critique assez positive de l'album de Justice, ces nouveaux héros français de la musique de club, et je le regrette. Hé, c'était même le disque de la semaine au Voir, c'est vous dire. Mais là je me sens coupable, je n'en dors plus! Oui, j'avoue, après quelques écoutes supplémentaires, j'ai dû me rendre à l'évidence que je n'aime pas du tout ce disque. On les compare à Daft Punk. il n'en est rien. Beaucoup moins rentre-dedans et en même temps trop pareil. De toute façon, Daft Punk n'a pas fait que des chefs d'oeuvre et, pour être honnête, Daft Punk me pompe. Alors imaginez Justice. Ce qui me sidère en fait, c'est toute la hype qui entoure ce duo parisien. Pourquoi? Qu'est-ce que ces deux bidouilleurs ont de plus que des dizaines et des dizaines d'autres beaucoup plus ingénieux et inspirés? La musique de Justice est d'une banalité effarante. Rien sur ce disque, hormis le single D.A.N.C.E. (bonjour l'originalité comme titre) à la limite, qui soit franchement digne d'intérêt. Ce n'est que de la musique de club mille fois répétée et entendue, la sempiternelle french touch. Aucune audace sur ce disque, aucune surprise, aucun désir de bousculer les conventions bien trop rigides d'un genre musical qui, il n'y a pas si longtemps, était beaucoup plus novateur. L'art du surplace, de la musique aseptisée, proprette sous des faux airs de rébellion. C'est ça Justice. Ce disque est un autre bel exemple de la sur-médiatisation (que ce soit sur le web ou autrement, c'est la même affaire) et de l'incroyable crédulité des gens et des journalistes aux horizons musicaux limités. Alors un conseil ami lecteur, écoute bien ce disque avant de dépenser tes précieux dollars. Et si tu aimes, tant mieux pour toi; je te respecte et je t'aime pareil. mais ne fais pas jouer cet album si tu m'invites à ta fête.
17 juillet 2007, 8:45
Retour Reggae
Même histoire que le bilan de la 2e semaine du FIJM que je viens de remettre en ligne mais que j'ai écrit il y a une semaine, le bilan du Festival International de Reggae qui suit n'a, pour des raisons qui m'échappent, jamais apparu sur ce blog. Donc vous avez deux bilans pour le prix d'un! C'est pas super ça? Ah le Festival International de Reggae de Montréal! Un exemple de désorganisation à ne surtout pas suivre! Et pourtant... Il y avait une foule tout de même considérable pour cette 4e édition. Malgré un temps un brin maussade et frisquet en soirée, les amateurs de reggae se sont déplacés pour assister aux nombreux concerts que présentait l'événement. Ainsi, de vendredi soir dernier jusqu'à dimanche tard, le site du festival, toujours situé dans le Vieux-Port à deux pas du fleuve, a acceuilli une bonne partie de la communauté jamaïcaine et les nombreux fans de reggae de toute provenance. Vendredi, plusieurs se sont rendus voir gratuitement Kymani Marley qui cette année n'a pas fait faux bond. Le lendemain, ils étaient nombreux à ne pas vouloir manquer cette réunion inespérée de Michael Rose et Duckie Simpson des légendaires Black Uhuru (sans Puma Jones, décédée il y a plusieurs années). Ce n'est certes pas la pluie qui a stoppé les fans. Dimanche, le ciel était plus clément pour la dernière journée du festival qui s'est terminée avec un trop court set de Third World. Les plus déterminés (ou riches) se sont ensuite rendus à bord du Cavalier Maxim pour une croisière reggae nocturne en compagnie d'un Luciano en feu et les Kulcha Connection. Bon, hormis les quelques stars que proposait le festival, on a pû découvrir quelques artistes intéressants, tels Admiral Bailey, I Wayne et Tanya Mullings. Reste que pour ces quelques découvertes, il a fallu se taper un tas de reggae cheesy, Gyptian en tête (qui a terminé sa prestation sous les feux d'artifice de La Ronde). Le plus étrange, c'est qu'on dirait que la majorité des gens aiment ce genre de soupe reggae-pop teintée de néo-soul-r'n'b quétaine. Disons que la programmation du festival a toujours été un peu « safe », un peu trop fleur bleue. Je sais pas moi, mais pourquoi ne pas faire venir des trucs comme le Blood & Fire Sound System, le Twilight Circus Dub Sound System, le Soul Jazz Sound System ou carrément le Bass Ma Boom Sound System de Vander. Plus de dub, mais aussi plus de vétérans tels que U-Roy, Burning Spear, The Abyssinians, Lee « Scratch » Perry et j'en passe. On ne parle pas d'artistes qui attirent la racaille à flingues là. Autre irritant majeur, les animateurs de foule qui prenaient d'assaut la scène entre chaque sets pour bombarder le public de plugs promotionnelles insipides. C'était looong et péniiiible! Malgré tout, il y a toujours une super bonne vibe dans ce festival. Tout le monde est cool, relax. Les Jamaïcains viennent en famille, les enfants courent et s'amusent parmi la foule, les mamans se dandinent et les vieux rastas sortent leur plus beaux outfits. On mange des rottis et du poulet jerk, on goûte aux épices jamaïcaines, on boit des bières et on danse tranquillement. C'est super sympa! On croise des gens avec des looks pas possible dans cet événement, des gens qu'on ne verrait pas ailleurs à moins de fréquenter les très peu médiatisés partys reggae de NDG ou de ville Lasalle. Et on se dit que, malgré l'hiver, c'est vraiment cool à Montréal.
17 juillet 2007, 6:36
FIJM : 2e semaine en trois événements marquants
Bon, la technologie étant ce qu'elle est (absolument pas fiable), je soumets à nouveau le bilan de la 2e semaine du FIJM quii, visiblement, n'est jamais apparu sur ce blogue... pat Premier : Eleni Mandell. Ce n'est pas la première fois que je vois la timide chanteuse de Los Angeles en concert, et ce n'est certainement pas la dernière. À tous les coups je tombe sous le charme. Comme jeudi dernier (5 juillet) au Club Soda. Vous savez pourquoi? Parce qu'Eleni est un ange. Un ange descendu du ciel (ou de L.A .) pour panser nos coeurs blessés de sa voix douce et charmante, de ses ballades lancinantes, de ses rocks des champs de coton, de ses bluettes douces-amères. Et on se laisse porter par la grâce et la magie. Eleni apaise, berce, réconforte, même si ses paroles sont quelques fois tristes; des histoires d'amours perdus, impossibles ou imaginaires. Miss Mandell est un remède contre la déprime, mieux que n'importe quelle drogue. C'est juste un peu dommage qu'elle ait choisit de ralentir le tempo sur cette mignonne petite valse qu'est « Girls ». Deuxième : Oxmo Puccino & The Jazzbastards Après une séance de rythme binaire avec les White Stripes au Centre Bell, j'ai renoué avec la musique au Parc des Festivals en compagnie de DJ Dolorès et son Apparelhagem. La formation brésilienne a fait dodeliner la foule avec ses rythmes électro-organiques chauds et envoûtants. Mais la grosse surprise est venu peu après, au Club Soda. Quelques minutes après minuit, le rappeur parisien a investit la scène avec son groupe The Jazzbastards pour une révision hallucinante de ses morceaux hip-hop. Loin des clichés, le costaud chanteur a livré la sauce, appuyé par une véritable machine à groove. Un claviériste bien funky, un guitariste plus rythmique qu'électrique, un bassiste/contrebassiste cool et détaché et un batteur aussi précis qu'une machine, il n'en fallait pas plus pour que le party lève. Et pour lever, croyez-moi, ça l'a fait. J'ai rarement vu une telle ambiance. Oxmo a des fans et ils étaient tous là, dans un Club Soda bondé et survolté. Lui-même semblait dépassé par l'accueil. Pas de samplers, pas de DJ ici, juste un méchant bon band qui donne une toute autre dynamique aux propos d'Oxmo. De tous les concerts que j'ai vu au FIJM, celui-ci figure en haut de la liste avec le Spaghetti Western Orchestra. Troisième : Le spectacle de clôture avec Rachid Taha Tout comme Eleni Mandell, j'ai dû voir Rachid Taha plus de cinq fois en concert (facile me direz-vous, il est soit aux Francos, soit au FIJM à chaque année). Et à chaque fois que je l'ai vu, il était défoncé. En général, le chanteur commence du bon pied et plus le concert progresse, plus il semble se liquéfier, plus il semble cassé. Il est comme ça Rachid : destroy, un punk dans l'âme. Les Clash, les Pistols. ce sont ses origines, bien plus que la musique maghrébine; Rachid, avec son premier groupe Carte de séjour, était un enfant du punk. Avec le temps, sa musique s'est bonifiée, s'est « arabisée », mais lui ne s'est pas assagi. Il est comme ça Rachid et c'est ainsi qu'on l'aime : quand il montre son cul, quand il invective la foule, quand il dit n'importe quoi, quand il s'écroule sur scène. Hier soir, à part ses fesses, on a eu droit à tout ça et à certaines tirades sans queues ni têtes. Le hic, c'est que le concert était retransmis à la télé. Mais bon, ceux qui ne connaissent pas (encore) Rachid Taha n'ont pas réalisé qu'il s'est planté dans la moitié de ses chansons. Rien à foutre de tout ça Rachid. On a dû lui dire de ne pas (trop) picoler, il l'a fait pareil et ça n'a pas semblé plaire à ses musiciens. Moi, j'ai bien ri et, ma foi, c'est comme ça que j'aime un concert : imprévisible et spontané. Maintenant, je me serais bien passé des danseuses du ventre (bonjour le cliché) et de Linda Thalie (comme c'est la seule chanteuse d'origine maghrébine connue, c'est toujours elle qu'on va inviter quand on a besoin d'un « représentant »). J'ai trouvé ça un peu cheap et facile comme « mise en scène ». On nous annonçait le venue de l'ex Clash pour la reprise de « Rock the Casbah », on a eu Yann Perreau. Xavier Caféine aurait été un peu plus crédible il me semble. Mais bon, il a pas plu, il y a avait beaucoup de monde et c'était la fête. Au final, c'est tout ce qui compte, non?
7 juillet 2007, 8:26
Première semaine du FIJM en 3 événements marquants, pt3
Tres: Bob Dylan Je l'avoue tout de go: je ne suis vraiment pas un amateur de Dylan. Ben quoi? Y'a des gens qui n'aiment pas Dylan vous savez, je ne suis pas le seul (enfin, j'espère!). Mais d'avoir la possibilité de voir le légendaire chanteur dans une salle aussi "intime" que celle de Wilfrid-Pelletier, ça vaut le détour. Il va sans dire que ce concert du 4 juillet dernier à la PdA, c'était un cadeau pour les fans qui se sont arrachés les billets en quelques minutes après leur mise en vente il y a quelques mois de cela. Hormis le cafouillage à la porte où j'ai dû attendre plus d'une vingtaine de minutes avant de pouvoir entrer parce que quelqu'un chez Spectra a eu la brillante idée de refiler les billets de tous les journalistes et autres privilégiés de la guest-list qui n'étaient pas là 10 minutes avant le show (y'a come 75 000 shows à couvrir dans ce festival de l'excès) à je ne sais qui et donc de me retrouver comme un con devant la porte de la salle sans siège réservé et incapable d'y accéder parce que la sur-zèlée sécurité de messire Bob interdisait à quiconque de se tenir debout dans les allées, je me suis rendu au balcon où personne ne m'a embêté. Que dire de Dylan? J'en sais rien, je ne connais qu'une dizaine de ses chansons et je les trouve presque toutes ennuyantes. Sur scène, le type chante comme une casserole (sa marque de commerce), demeure scotché à son clavier, ne s'adresse aucunement au public sauf pour marmonner le nom de ses musiciens, excellents soit dit en passant, à part le batteur qui frappait trop fort et manquait de finesse et de swing. Cela dit, je m'attendais à bien pire et j'ai trouvé que le père Bob était quand-même capable de rocker et de swinguer. Un set assez énergique où tous ses vieux hits étaient encore une fois remodellés au grand dam de certains fans. Qu'à cela ne tienne puisque ces nombreux fans ont eu droit à deux heures de Dylan "correct", ce qui est déjà beaucoup quand on sait que ce dernier est souvent capable de donner des concerts catastrophiques dans des salles mal sonorisées. Ça ne m'a pas empêché d'étouffer une bonne dizaine de baîllements et d'avoir hâte que ça se termine. M'enfin, je pourrai dire que j'ai vu Dylan en concert à la PdA, ça épatera tout le monde lorsque je raconterai mes souvenirs de guerre: "j'étais là le 4 juillet 2007 moi môssieur!"
6 juillet 2007, 7:40
Première semaine du FIJM en trois événements marquants pt2
Dos : Seun Kuti et Egypt 80 Le FIJM tenait à célébrer cette année les 10 ans du décès du légendaire Fela Anikulapo Kuti, le père de l'afrobeat. Ce musicien et activiste Nigérien a créé, en mélangeant funk cru à la James Brown, jazz un peu freak et la musique Yoruba, en style totalement inusité. La musique de Fela peut se décrire comme de longues pièces (rarement moins de 10 minutes) hypnotiques qui portent à la transe avec un maximum de cuivres fous, d'une multitude de couches de percussions, de basse pesante et répétitive, de guitares sautillantes et de claviers aux notes bien chaudes. Là-dessus, le chantre africain déclamait, plus ou moins en phase avec le rythme, des textes vindicatifs et revendicateurs qui ne faisaient pas du tout l'affaire des autorités nigériane ou d'autres gouvernements africains. Tout comme Bob Marley, Fela était une sorte de prophète révolutionnaire en son pays, et tout comme le légendaire rasta, il a aussi fait beaucoup d'enfants. Deux de ceux-ci étaient au FIJM cette année. On connait déjà Femi pour l'avoir vu à quelques reprises à Montréal par le passé mais jamais nous n'avions reçu la visite de son jeune frère Seun, qui était ici accompagné de la formation Egypt 80, celle-là même qui suivait Fela de son vivant (mais dans laquelle on ne retrouve que quelques-uns des membres originaux). Le FIJM n'a pas eu froid aux yeux en le programmant sur la grande scène de au coin de Ste-Catherine et Jeanne-Mance mardi dernier (3 juillet). Un risque qu'il faut impérativement saluer car l'afrobeat que préconise Seun Kuti est beaucoup plus près de la source originale, beaucoup plus cru et sauvage que celui que propose son frère Femi qui, selon moi, est trop propret et « occidentalisé ». En fait, nous avons eu la joie de découvrir que Seun est le portrait craché de son père, un chanteur possédé par sa musique, charismatique, dégageant une énergie sexuelle et animale et n'ayant, comme son défunt paternel, pas peur des mots. Cela dit, il me semble que bien que le public fut nombreux, la grande majorité des gens présents n'a pas vraiment embarqué dans la transe et répondait mollement aux sollicitations du chanteur et de sa vingtaine de musiciens. C'était peut-être un peu trop fucké et bizarre pour monsieur et madame tout le monde. Reste que c'est en servant des trucs comme ça au « peuple » qu'on l'éduque, qu'on lui apprend à ouvrir ses oreilles et à élargir ses horizons; c'est avec des spectacles comme celui-ci et comme plusieurs qui ont été présentés dans la rue -autant par le FIJM que biens d'autres événements locaux- que les montréalais sont aujourd'hui plus éduqués, musicalement parlant.
5 juillet 2007, 1:53
1ere semaine du FIJM en 3 événements marquants
Uno : J'ai commencé cette 28e édition du Festival de Jazz de Montréal avec le Spaghetti Western Orchestra qui présentait 6 spectacles du 27 juin au 2 juillet à la 5e Salle de la Place des Arts. Autant dire que j'ai débuté avec ce qui devrait être un des meilleurs concerts de toute la programmation une fois rendu au bilan. Ce « groupe » australien, comme son nom l'indique, est fasciné par les films de cowboys italiens, particulièrement ceux de Sergio Leone, et la musique de Ennio Morricone. La bande se nommait d'ailleurs autrefois le Ennio Morricone Experience. Comment décrire un concert du SWO? Disons que si la musique est prédominante, elle ne prend pas toute la place. Les cinq membres sont tour à tour comédiens, bruiteurs et musiciens. Revêtus de costumes d'époque, ils s'amusent (en tous cas on dirait bien qu'ils s'amusent) a recréer à leur manière l'univers singulier des westerns de Sergio Leone. Les thèmes musicaux sont gentiment trafiqués mais ces derniers faisant depuis un moment partie de la mémoire collective, le public se retrouve donc dans un contexte qu'il connait bien et est ainsi en mesure d'apprécier le travail de la troupe australienne. Il faut aussi reconnaître que la mise en scène y est pour beaucoup et, tiens donc, elle est l'oeuvre d'un québécois! Si on doit jouer au jeu des comparaisons, je dirais que le Spaghetti Western Orchestra me fait penser aux Tiger Lillies (les costumes, les visages maquillés de blanc, les instruments patentés.) en moins glauque quoique tout aussi rigolo : c'est du théâtre, du cabaret, du burlesque et de la musique (y'a un peu de jazz là-dedans, ça justifie par la bande leur présence au FIJM). Un spectacle complet très divertissant qui sort totalement des sentiers battus (et qui aurait très bien pu se retrouver au Festival Juste Pour Rire, par exemple). Si vous avez manqué le passage de la troupe, je suis persuadé qu'on la reverra l'année prochaine au FIJM (spécialistes de la redite, là on s'en plaindra pas) ou ailleurs.
Patrick Baillargeon
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