Là où Classics éclate, sonne plastique et convainc les plus rigides d'entre-nous à danser, sauter et crier, LP3 se porte merveilleusement bien en musique d'atmosphère. Ce troisième album de la formation New-Yorkaise Ratatat emprunte toujours quelques influences des mêmes eaux que Boards of Canada, Efterklang époque Tripper et les jeux vidéos, mais s'il n'est pas aussi tempêté que les précédents, il est certainement plus recherché.
Mike Stroud et Evan Mast (E*Vax) gardent le meilleur d'eux-mêmes tout en troquant une partie des percussions lo-fi synthés au profit de vrais instruments. Le résultat est toujours entre le rock et l'électro, mais au final, se voit beaucoup plus adoucit et accessible à tous. L'ambiance organique est flagrante sur plusieurs titres dont la world Mi Viejo qui rappelle étrangement Gotan Project et les planantes Flynn et Bruleé, alors que Falcon Jab ou le simple Mirando, par exemple, auraient très bien pu être sur l'un ou l'autre des albums précédents.
Le plus important à retenir de ce disque est ce même détail qui allait nous rendre avide de la musique de Ratatat: les rythmes. Ils ne sont jamais réellement surprenants, ils ne laissent jamais une forte impression de nouveauté, mais ils sont exactement ça. Comme avec les classiques du classique, justement, le déroulement est naturel, fluide et s'en tient à être juste, tout simplement. La qualité du dosage, chez Ratatat, c'est la recette du bonheur. Possible que LP3 puisse sembler fade après plusieurs écoutes, mais s'il est celui dont on se lasse le plus rapidement, il est aussi celui auquel on reviendra sans cesse.
Ratatat w/ Panther @ Club Soda le 3 octobre 2008 dans le cadre du Pop Montréal.