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Le blogue de Maryse Letarte
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L'amour inconditionnel
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Ça fait plusieurs personnes que j'entends dire de leur animal domestique que, contrairement aux humains, celui-ci les aime de façon inconditionnelle. Vous dites qu'il ne vous aime pas pour les milliers de dollars que vous dépensez annuellement à le nourrir afin qu'il n'aie pas à chasser ni parce que vous êtes plus affectueux avec lui qu'avec, exemple, le facteur, voire même votre épouse?
Le bureau des Disques Rococo est adjacent à une écurie où de nombreux chats, le pelage maculé de boue séchée, vivent à l'état sauvage. De temps à autre, il y en a un qui m'accueille assis devant mon entrée comme un valet, ou plutôt comme un tsar qui admire glorieusement son domaine. Il est persuadé que la bâtisse des Disques Rococo lui appartient et que je travaille pour lui. Dites, croyez-vous que ce chat-producteur-de-disques m'aime de façon inconditionnelle; qu'il ne me remplacerait pour aucune autre auteure-compositrice-interprète?
Lorsque je prends quatre jours à rappeler ma maman, elle ne m'aime plus; mais à la fin du coup de fil, elle m'aime de nouveau. Bien sûr que l'amour a des conditions. Et c'est probablement très bien ainsi. J'ai un ami qui aime de façon inconditionnelle; qu'elles soient grandes, qu'elles soient petites, blondes ou brunes, il les aime toutes. Et croyez-moi, ça pose problème.
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Faut pas s'emballer mes amis
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Celui qui a inventé les formats individuels était certainement un individualiste. Heureusement, les mentalités changent et la seule chose que la prochaine génération emballera peut-être encore individuellement, ce sera nos pauvres cadavres.
Pendant qu'on emballe chaque savon Dove dans sa petite boîte de carton, qui elle est emballée en paquet de deux dans une plus grosse boîte de carton, qui elle est emballée dans un papier ciré; qu'on sort la balayeuse à feuilles Black & Decker pour ramasser un confetti sur le parvis de l'église; qu'on nous offre des sacs d'épicerie en plastique jusqu'en janvier parce que ça nous prend un an pour se faire à l'idée d'en utiliser en tissu -en passant, si vous avez mal à une dent et que vous prenez un an à vous décider à aller chez le dentiste, vous savez ce qui arrive?-; qu'aucune contravention n'est émise aux automobilistes qui laissent leur voiture en marche en attendant leur femme chez le coiffeur; que les bulles ne cessent de mousser dans l'égout près du golf; que les circulaires sont plus nombreuses que jamais; pendant ce temps dis-je, ce sont les Inuits qui payent le prix semblerait-il.
On s'entend, c'est toujours de peur de nuire à l'économie que l'on n'ose pas prendre des mesures drastiques pour limiter la pollution. Et c'est cette pollution qui serait à l'origine de la fonte des glaciers qui causerait la perte de l'ours polaire. Pourtant, suite à la décision des américains de mettre le cousin de Yogi sur la liste des animaux menacés d'extinction, le gouvernement canadien a envisagé interdire sa chasse au Canada, qui représente une industrie de plusieurs millions de dollars pour le peuple Inuit. Certains secteurs d'activités seraient-ils moins égaux que d'autres? Ou est-ce simplement qu'à tarder à agir en amont, on se voit obligé d'agir en urgence?
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En tête-à-tête
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Fin XXe siècle, les ados se promenaient avec leur radio sur l'épaule et devaient partager leur musique avec tout le quartier. Aujourd'hui, ils échangent des fichiers mais ne partagent pas nécessairement leur écoute. C'est chacun pour soi. Sur MySpace comme dans un iPod, les mélomanes sont en tête-à-tête avec l'artiste.
C'est un peu l'équivalent de lorsqu'un chanteur de pomme descend de la scène pour aller susurrer son deuxième couplet dans le blanc des yeux d'une spectatrice rougissante; ou qu'une diva pose son petit derrière sur les genoux de monsieur le temps d'un refrain. L'heureux élu a l'artiste rien qu'à lui.
Avec les nouvelles technologies, c'est beaucoup moins de travail pour un chanteur car il peut s'asseoir sur les genoux de beaucoup plus de gens à la seconde. Mais ça ne fait plus rougir personne.
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On peut toujours rêver
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21h45, ne reste plus que trente secondes à la 3e période et les
Canadiens tirent de l'arrière 3 à 2. C'est alors qu'ils retirent leur
gardien afin de le remplacer par un joueur additionnel. La stratégie
fonctionne et les amène en prolongation. La question que je me pose
est: les Flyers, de leur côté, auraient-ils pu retirer un de leurs
joueurs pour le remplacer par un deuxième gardien? Bien collés devant
le filet, ils auraient évité la prolongation à leur équipe. Ce n'est
pas pour les narguer...
*** On associe souvent les rêves aux souhaits: je rêve d'une Toyota hybride
qui serait à prix abordable. Pourtant la nuit, on ne rêve pas souvent à
ce que l'on souhaite. Avez-vous déjà rêvé à une piscine creusée? Moi
non plus.
Ces
escapades nocturnes parfois troublantes, ces romans pseudo-kafkaïens,
ces vols au-dessus de la ville, ces histoires mal racontées que sont
les rêves de nuit, n'ont rien de rêvés.
Mais
parfois je me dis que rêver lorsqu'on dort, ça doit ressembler au
quotidien d'un mort: une certaine similitude avec la réalité, sans les
problèmes de santé et de pollution.
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Amendes salées
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Depuis que l'homme a inventé les minutes, la question qu'il se pose le plus souvent est: «quelle heure est-il?». Et il appuie sur l'accélérateur pour rattraper le temps. Pour mieux arriver à tout faire, on nous promet bientôt des journées de 48 heures. De trente minutes chacune bien sûr. La preuve que John Lennon avait raison lorsqu'il disait qu'il n'y avait pas de problèmes, que des solutions. Les jus Oasis l'ont compris depuis longtemps avec leur «litre» de 960 ml toujours au même prix.
Le seul problème qu'il reste encore à régler est celui des collisions: celles des paniers d'épicerie de plus en plus impatients dans des allées de plus en plus peuplées et celles des véhicules de plus en plus en retard sur des routes de plus en plus coupables. Alors pour assurer notre longévité en cette saison des crissements de pneus, les policiers prônent les amendes salées. Par contre à l'épicerie, je vous suggère définitivement les amandes non salées.
Quelle heure est-il? Je dois retourner au studio.
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Dans la vie comme au hockey...
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J'adore jouer au tennis et regarder les matchs à la télé. Lorsque Justin Henin est en finale, j'ai le souffle qui se met sur pause à chacun de ses amortis et je m'évanouis toujours un peu s'il y a tie-breaker. De la pièce d'à côté, mon mari peut entendre mes «iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih» et mes «hooooooonnnnnn» et suivre le match à distance.
Pourtant, au tennis, il suffit qu'un joueur dise «zut alors!» pour que l'arbitre lui serve un avertissement. Un tennisman ferait une «bine» à son adversaire qu'il serait expulsé et renié par tout le milieu; mais l'idée ne lui vient même pas. De plus, les rares joueurs qui reçoivent des avertissements se doutent bien qu'ils perdent chaque fois un peu de mon estime puisque lors des entrevues d'après-match, ils s'empressent de complimenter leur adversaire et de lui témoigner leur admiration. Ils savent que c'est ainsi qu'ils regagnent mon coeur.
De nombreuses fois par match les joueurs se font pourtant «voler» des points à cause des mauvaises décisions des juges de lignes. Un jour, le joueur ayant lancé le plus de «zut alors!» de toute l'histoire du tennis en avait marre de se faire répondre «tut, tut, tut!» par l'arbitre et il devint commentateur. C'est alors qu'un système qui permet de revoir à la loupe et au ralenti l'impact de la balle sur le sol fut créé et nommé en son honneur. Depuis ce jour, lorsqu'on voit la reprise instantanée d'un coup, on sait pertinemment si le joueur s'est fait «voler» mais, le cas échéant, personne n'en fait un plat puisque ça arrivera tantôt à l'adversaire aussi. Ne nous vient pas à l'idée de crier «pourri le juge de ligne!» ou de souhaiter péter la gueule de l'athlète qui vient d'éliminer notre joueur préféré. On se dépêche de retourner pratiquer notre revers en vue de la prochaine rencontre.
Je ne connais rien au hockey, mais si vous me permettez une opinion, je crois que si Patrick Roy et ses confrères e-mailaient John McEnroe de temps en temps pour lui demander conseil, ils ne pourraient qu'en sortir vainqueurs. Je vous entends, vous monsieur derrière le banc des punitions, qui me dites : «oui, mais le hockey est un sport de contacts». L'est aussi le football. Pourtant, je n'ai jamais lu de manchettes au sujet d'une bataille à coups de poings initiée par un joueur de football; d'un double-meurtre au couteau oui, mais d'une bataille à coups de poings, ah ça non, jamais.
Évidemment, bien que Patrick Roy ait déjà été arrêté pour violence conjugale, loin de moi l'idée de faire un rapprochement entre lui et O.J. Simpson, rien à voir, Patrick Roy a un père lui (duh!) et on le connaît en plus (pff!). Mais quand je vous entends, madame la lectrice de nouvelles, répliquer à votre invité : «on ne peut tout de même pas renier l'athlète qu'il est, ses exploits sportifs et ce qu'il a fait pour le hockey, n'est-ce pas?», je ne peux m'empêcher de songer que vous seriez très triste si vous deviez vous résoudre un jour à lui tracer, dans la vraie vie, cette ligne qu'on ne peut franchir sans se faire siffler et que le jeu ne s'arrête. Et je n'aime pas vous voir triste.
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20% de 25 millions d'euros
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Mon mari a toujours eu un problème de jeu, c'est-à-dire qu'il ne gagne jamais rien. Lorsqu'il se fait offrir des coupons de tirage à remplir, il me demande s'il peut inscrire mon nom à la place du sien. Comme si le hasard n'avait pas d'yeux pour voir à travers ce subterfuge.
Par contre depuis quelques temps, le vent semble tourner. Cette semaine, coup de fil, il gagne un voyage à Cuba pour lequel il n'a qu'à fournir son numéro de carte de crédit, afin de payer les taxes bien sûr. Puis, sur internet cette fois, on l'avise qu'il a gagné un gros lot en Angleterre pour lequel on lui demande à nouveau son numéro de carte de crédit afin de payer les impôts rattachés à la loterie gagnée par les étrangers. Et comme si ça ne suffisait pas à le convaincre de sa réconciliation avec la chance, on lui écrit qu'il a été sélectionné pour un formidable job pour lequel il n'a pas appliqué mais qui semble très prisé. Aussi - et c'est là que ça devient drôlement intéressant - la fille héritière d'un négociant de café empoisonné récemment par ses associés à Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire, offre à mon mari 20% des 25 millions d'euros que son père a déposé pour elle dans un compte avant sa mort, s'il l'aide à débloquer les fonds en lui fournissant par courriel les informations sur notre compte bancaire pour qu'elle puisse demander d'y transférer les 25 millions d'euros. La pauvre (mais pas pour longtemps) ne devait pas savoir vers qui se tourner et, coup de bol pour nous, a dû choisir au hasard l'adresse courriel de mon mari. Elle lui demande de traiter cette affaire avec subtilité et confidentialité. Je vous prierais donc de ne pas répéter le contenu de ce billet à quiconque, mais je ne pouvais garder ça pour moi. Vous vous rendez compte? 20% de 25 millions d'euros!
Ne soyez pas surpris si je vous écris mon prochain billet des Barbades ou des îles Caïmans. La preuve que j'avais raison de répéter à mon mari de toujours garder confiance en la chance et surtout en la race humaine!
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Date d'expiration SVP?
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Des actuaires américains ont mis au point un logiciel qui vous informe de la date précise à laquelle vous mourrez. Vous remplissez un questionnaire concernant vos habitudes de vie, les sports que vous pratiquez, les routes que vous empruntez, le job que vous faites, vos antécédents familiaux et ainsi de suite. Cet outil, perfectionné depuis maintes années, semble plutôt au point puisque la marge d'erreur observée jusqu'à maintenant est de... bon ok, je vous fais marcher, mais vous comprenez où je veux en venir. Rempliriez-vous ledit questionnaire?
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'ai cette impression que je vais mourir à la fin de ma vie. Et la fin de ma vie n'est pas maintenant. Et c'est tout ce qui m'importe.
Mais imaginez savoir dès le départ la date à laquelle on va expirer. Peu importe le temps qu'il nous reste, pas sûre qu'on ferait la file aussi souvent; qu'on regarderait un film qu'on a déjà vu parce qu'il n'y a rien d'autre à la télé; qu'on ferait 8 boutiques pour trouver une paire de souliers; qu'on perdrait 4 heures par jour en auto dans le trafic parce qu'on habite St-Chouin-Chouin-de-Bagot et qu'on travaille à Ville St-Laurent; qu'on ferait le jeu des 10 erreurs dans le TV Hebdo; qu'on ferait un boulot qu'on n'aime pas parce que ça paye bien; qu'on lirait les articles sur les 100 meilleurs cosmétiques de l'année et leurs ingrédients respectifs; qu'on gaspillerait des heures à ruminer des regrets.
On compte les dodos avant Noël. On se permet même d'avoir hâte au printemps. Que s'imagine-t-on? Peut-on se permettre d'avoir hâte à quoi que ce soit? On plaint les gens qui sont condamnés. Pourtant, nous le sommes tous. On ignore seulement jusqu'à quand. On préfère garder la surprise pour le grand jour, docteur.
À force d'en savoir plus au sujet de tout, peut-être que dans le futur les gens vivront avec cette réalité. Parions qu'il ne sera plus question de tuer le temps. Ce sera comme lorsqu'on va en vacances au gros prix: chaque jour est important et savouré. On se met sur le mode «émerveillement», mode qui fait passer pour des illuminés ceux qui restent dessus à l'année. Serait-ce eux les plus lucides d'entre nous?
S'il n'y a pas de date d'expiration sur le coupon ou s'il n'y a pas de prix à payer, les choses n'ont pas la même valeur à nos yeux. On est ainsi faits. Il n'y a qu'à voir l'intérêt qu'on s'est soudainement découvert pour les «graminées de fossés» depuis que Botanix a eu la brillante idée de nous les vendre.
Être conscient dès le départ du nombre exact de lustres dont on dispose - peu importe ce nombre - on verrait la vie comme un compte à rebours, c'est-à-dire sous son vrai jour. Ça deviendrait soit totalement invivable ou le contraire: nous n'oublierions plus jamais de vivre. On ne perdrait plus de vue - comme on l'a fait avec les ressources naturelles - que notre vie a une fin qui lui donne sa valeur. Maintenant qu'on a imaginé la possibilité de manquer d'eau, on ferme le robinet pendant qu'on se brosse les dents... et on sourit au miroir.
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La détente
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Je reviens d'un rendez-vous chez l'esthéticienne où je me suis tapée la radio ROCK-DÉTENTE pendant 1 heure. Ça faisait longtemps que je n'avais pas entendu des publicités à ce point irritantes. J'ai compris que la fameuse DÉTENTE dont il est question dans le nom de la station, est celle sur laquelle on a envie d'appuyer après avoir subi la torture de ces ondes trop longtemps.
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«Un peu d'sincérité!» disait la chanson
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La St-Valentin n'est pas sitôt liquidée que Pâques s'installe sur les tablettes. Pourtant, à moins que vous ne teniez un kiosque de fleurs, vous serez d'accord pour dire que les fêtes annuelles n'enrichissent pas tellement nos vies. Nietzsche disait que sans le mal, le bien n'existerait pas (ou quelque chose du genre) et c'était sûrement là une mise en garde à ceux qui ne s'arrêtent que pour célébrer ce qui va bien.
Peut-être manque-t-il le pendant de toutes ces fêtes de l'amour et de la reconnaissance? Peut-être manque-t-il, par exemple, un Jour de l'aveu? Un 24 heures dans l'année qui serait l'occasion d'avouer : «Chéri, j'ai une maîtresse»; «Trésor, je ne suis pas celle que tu crois»; «J'ai fait un emprunt pour jouer au Casino»; «C'est moi qui ai écrasé le chat accidentellement». Bref, je ne sais pas, moi, je n'ai rien à cacher of course...
Le petit élan qu'il manque souvent pour arriver à surmonter la peur du rejet de l'autre et parvenir enfin à dire les choses? Eh bien, le Jour de l'aveu nous le fournirait, puisque ce serait tradition de recevoir, ce jour-là, une mauvaise nouvelle en échange de l'aveu du secret qui nous empoisonne la conscience. Un genre d'échange de cadeaux.
Ainsi, Vincent Lacroix ne se serait peut-être pas enlisé à ce point; Bryan Mulroney n'aurait pas eu à se repointer le menton à la télé 15 ans plus tard; Chuck Guité, Jean Brault and friends ne se seraient sûrement pas rendus jusqu'à s'auto-commanditer à hauteur de 150 millions; Geneviève Jeanson terminerait aujourd'hui derrière le peloton, c'est tout; L'Hôpital Sainte-Justine ne nous aurait pas informés de son problème de bactéries 6 décès de nouveaux-nés trop tard...
Une petite journée où tout le monde se regarderait dans le blanc des yeux, pas pour s'offrir du chocolat, mais pour remettre les pendules à l'heure. On gagnerait beaucoup de temps. La terre tremblerait un bon coup, mais elle tournerait plus rond après. Le lendemain ce serait congé comme pour le jour de Pâques afin que tout le monde se remette de ses émotions et le mardi, au bureau, tous seraient compatissants les uns envers les autres puisque dans le même bateau en même temps.
Tout le monde y gagnerait au change. Ceux qui se seraient vidés le coeur, se surprendraient à considérer le Jour de l'aveu comme étant le plus beau du calendrier. Ceux qui se retrouveraient consternés par les aveux reçus, gagneraient le reste de l'année à savoir enfin la vérité. Et les commerçants vendraient des fleurs.
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Le grand saut périlleux
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Brokeback Mountain m'a bouleversée, mais je ne connaissais pas le nom de Heath Ledger avant qu'il ne meure d'une overdose accidentelle le 22 janvier dernier, à l'âge de 28 ans.
Je me suis trouvée un peu stupide d'envisager programmer mon DVD quelques jours plus tard pour enregistrer Le Chevalier (coté 5) à TQS, sachant très bien que n'eut été de la mort prématurée de son acteur principal, je ne me serais jamais intéressée à ce film.
Je ne souffre pourtant pas de voyeurisme. Je suis même de celles qui peuvent se vanter de ne jamais avoir écouté un seul épisode de Loft Académie ou de quelque Star Story qui soit. Je me suis donc demandé pourquoi ai-je ce soudain intérêt pour un acteur dont le potentiel est réduit à néant? Si un chanteur met un terme à sa carrière on sort les disques du magasin car il n'a plus d'avenir, mais s'il meurt noyé on en commande des caisses.
Serions-nous fascinés par les gens qui meurent prématurément parce que nous les admirons d'avoir franchi avant nous cette étape? Nous intéressons-nous à eux de la même façon que nous admirons les athlètes aux Jeux Olympiques qui franchissent des épreuves qui nous semblent surhumaines et qui nous font peur, comme le bobsleigh et le ski acrobatique? Nous ne souhaitons pas une seconde être dans leurs bottes, mais dieu sait que c'est impressionnant de les voir aller.
Et tout au fond de nous, on leur souhaite bonne chance.
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L'arroseur arrosé
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Je ne crois pas en la théorie de Darwin qui veut que l'homme descende du singe. Je crois plutôt que l'homme descend du mouton. La preuve? Suffit qu'un client laisse son panier vide d'épicerie au beau milieu du stationnement pour que les suivants aillent ranger le leur à la suite. Résultat : un bel amoncellement de paniers qui risque de créer des accidents dans le stationnement le reste de la journée.
Il en a probablement été de même pour le phénomène des Lavigueur à l'époque. Un mouton, qui connaissait très bien les manies de son espèce, a parti le bal afin de vendre quelques copies et hop! le troupeau complet bêlait... heu...s'esclaffait. On riait d'eux parce que tout le monde riait d'eux.
Avez-vous déjà fait rire de vous par une personne? Je vous le souhaite, c'est bon pour l'humilité. Avez-vous déjà fait rire de vous par un groupe d'amis? Ça forge le caractère. Avez-vous déjà fait rire de vous à l'école par toute la classe? Ça marque pour le restant de ses jours. Avez-vous déjà fait rire de vous par les médias, et je veux dire TOUS les médias? Holà! Vous êtes-vous déjà fait pointer du doigt par votre village tout entier? Vvvvvvoyons donc! Vous êtes-vous déjà fait pointer du doigt par toute la province de Québec? Holàààààààà, j'ai dit.
Aujourd'hui, les gens qui ont le mauvais rôle dans la série télévisée «Les Lavigueur, la vraie histoire» crient au mensonge et à l'injustice. L'arroseur arrosé. Une célèbre phrase de Bob Dylan me vient à l'esprit : «How does it feel?». Traduction libre : «Pis, comment on s'sent quand ça nous arrive?».
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