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Le blogue de Maryse Letarte
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April 2008 - Messages
24 avril 2008, 6:53
On peut toujours rêver

21h45, ne reste plus que trente secondes à la 3e période et les Canadiens tirent de l'arrière 3 à 2. C'est alors qu'ils retirent leur gardien afin de le remplacer par un joueur additionnel. La stratégie fonctionne et les amène en prolongation. La question que je me pose est: les Flyers, de leur côté, auraient-ils pu retirer un de leurs joueurs pour le remplacer par un deuxième gardien? Bien collés devant le filet, ils auraient évité la prolongation à leur équipe. Ce n'est pas pour les narguer...

 ***

On associe souvent les rêves aux souhaits: je rêve d'une Toyota hybride qui serait à prix abordable. Pourtant la nuit, on ne rêve pas souvent à ce que l'on souhaite. Avez-vous déjà rêvé à une piscine creusée? Moi non plus.

Ces escapades nocturnes parfois troublantes, ces romans pseudo-kafkaïens, ces vols au-dessus de la ville, ces histoires mal racontées que sont les rêves de nuit, n'ont rien de rêvés.

Mais parfois je me dis que rêver lorsqu'on dort, ça doit ressembler au quotidien d'un mort: une certaine similitude avec la réalité, sans les problèmes de santé et de pollution.


9 avril 2008, 9:04
Amendes salées

Depuis que l'homme a inventé les minutes, la question qu'il se pose le plus souvent est: «quelle heure est-il?». Et il appuie sur l'accélérateur pour rattraper le temps. Pour mieux arriver à tout faire, on nous promet bientôt des journées de 48 heures. De trente minutes chacune bien sûr. La preuve que John Lennon avait raison lorsqu'il disait qu'il n'y avait pas de problèmes, que des solutions. Les jus Oasis l'ont compris depuis longtemps avec leur «litre» de 960 ml toujours au même prix.

Le seul problème qu'il reste encore à régler est celui des collisions: celles des paniers d'épicerie de plus en plus impatients dans des allées de plus en plus peuplées et celles des véhicules de plus en plus en retard sur des routes de plus en plus coupables. Alors pour assurer notre longévité en cette saison des crissements de pneus, les policiers prônent les amendes salées. Par contre à l'épicerie, je vous suggère définitivement les amandes non salées.

Quelle heure est-il? Je dois retourner au studio.


2 avril 2008, 11:48
Dans la vie comme au hockey...

J'adore jouer au tennis et regarder les matchs à la télé. Lorsque Justin Henin est en finale, j'ai le souffle qui se met sur pause à chacun de ses amortis et je m'évanouis toujours un peu s'il y a tie-breaker. De la pièce d'à côté, mon mari peut entendre mes «iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih» et mes «hooooooonnnnnn» et suivre le match à distance.

Pourtant, au tennis, il suffit qu'un joueur dise «zut alors!» pour que l'arbitre lui serve un avertissement. Un tennisman ferait une «bine» à son adversaire qu'il serait expulsé et renié par tout le milieu; mais l'idée ne lui vient même pas. De plus, les rares joueurs qui reçoivent des avertissements se doutent bien qu'ils perdent chaque fois un peu de mon estime puisque lors des entrevues d'après-match, ils s'empressent de complimenter leur adversaire et de lui témoigner leur admiration. Ils savent que c'est ainsi qu'ils regagnent mon coeur.

De nombreuses fois par match les joueurs se font pourtant «voler» des points à cause des mauvaises décisions des juges de lignes. Un jour, le joueur ayant lancé le plus de «zut alors!» de toute l'histoire du tennis en avait marre de se faire répondre «tut, tut, tut!» par l'arbitre et il devint commentateur. C'est alors qu'un système qui permet de revoir à la loupe et au ralenti l'impact de la balle sur le sol fut créé et nommé en son honneur. Depuis ce jour, lorsqu'on voit la reprise instantanée d'un coup, on sait pertinemment si le joueur s'est fait «voler» mais, le cas échéant, personne n'en fait un plat puisque ça arrivera tantôt à l'adversaire aussi. Ne nous vient pas à l'idée de crier «pourri le juge de ligne!» ou de souhaiter péter la gueule de l'athlète qui vient d'éliminer notre joueur préféré. On se dépêche de retourner pratiquer notre revers en vue de la prochaine rencontre.

Je ne connais rien au hockey, mais si vous me permettez une opinion, je crois que si Patrick Roy et ses confrères e-mailaient John McEnroe de temps en temps pour lui demander conseil, ils ne pourraient qu'en sortir vainqueurs. Je vous entends, vous monsieur derrière le banc des punitions, qui me dites : «oui, mais le hockey est un sport de contacts». L'est aussi le football. Pourtant, je n'ai jamais lu de manchettes au sujet d'une bataille à coups de poings initiée par un joueur de football; d'un double-meurtre au couteau oui, mais d'une bataille à coups de poings, ah ça non, jamais.

Évidemment, bien que Patrick Roy ait déjà été arrêté pour violence conjugale, loin de moi l'idée de faire un rapprochement entre lui et O.J. Simpson, rien à voir, Patrick Roy a un père lui (duh!) et on le connaît en plus (pff!). Mais quand je vous entends, madame la lectrice de nouvelles, répliquer à votre invité : «on ne peut tout de même pas renier l'athlète qu'il est, ses exploits sportifs et ce qu'il a fait pour le hockey, n'est-ce pas?», je ne peux m'empêcher de songer que vous seriez très triste si vous deviez vous résoudre un jour à lui tracer, dans la vraie vie, cette ligne qu'on ne peut franchir sans se faire siffler et que le jeu ne s'arrête. Et je n'aime pas vous voir triste.


Maryse Letarte
Maryse Letarte
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