La St-Valentin n'est pas sitôt liquidée que Pâques s'installe sur les tablettes. Pourtant, à moins que vous ne teniez un kiosque de fleurs, vous serez d'accord pour dire que les fêtes annuelles n'enrichissent pas tellement nos vies. Nietzsche disait que sans le mal, le bien n'existerait pas (ou quelque chose du genre) et c'était sûrement là une mise en garde à ceux qui ne s'arrêtent que pour célébrer ce qui va bien.
Peut-être manque-t-il le pendant de toutes ces fêtes de l'amour et de la reconnaissance? Peut-être manque-t-il, par exemple, un Jour de l'aveu? Un 24 heures dans l'année qui serait l'occasion d'avouer : «Chéri, j'ai une maîtresse»; «Trésor, je ne suis pas celle que tu crois»; «J'ai fait un emprunt pour jouer au Casino»; «C'est moi qui ai écrasé le chat accidentellement». Bref, je ne sais pas, moi, je n'ai rien à cacher of course...
Le petit élan qu'il manque souvent pour arriver à surmonter la peur du rejet de l'autre et parvenir enfin à dire les choses? Eh bien, le Jour de l'aveu nous le fournirait, puisque ce serait tradition de recevoir, ce jour-là, une mauvaise nouvelle en échange de l'aveu du secret qui nous empoisonne la conscience. Un genre d'échange de cadeaux.
Ainsi, Vincent Lacroix ne se serait peut-être pas enlisé à ce point; Bryan Mulroney n'aurait pas eu à se repointer le menton à la télé 15 ans plus tard; Chuck Guité, Jean Brault and friends ne se seraient sûrement pas rendus jusqu'à s'auto-commanditer à hauteur de 150 millions; Geneviève Jeanson terminerait aujourd'hui derrière le peloton, c'est tout; L'Hôpital Sainte-Justine ne nous aurait pas informés de son problème de bactéries 6 décès de nouveaux-nés trop tard...
Une petite journée où tout le monde se regarderait dans le blanc des yeux, pas pour s'offrir du chocolat, mais pour remettre les pendules à l'heure. On gagnerait beaucoup de temps. La terre tremblerait un bon coup, mais elle tournerait plus rond après. Le lendemain ce serait congé comme pour le jour de Pâques afin que tout le monde se remette de ses émotions et le mardi, au bureau, tous seraient compatissants les uns envers les autres puisque dans le même bateau en même temps.
Tout le monde y gagnerait au change. Ceux qui se seraient vidés le coeur, se surprendraient à considérer le Jour de l'aveu comme étant le plus beau du calendrier. Ceux qui se retrouveraient consternés par les aveux reçus, gagneraient le reste de l'année à savoir enfin la vérité. Et les commerçants vendraient des fleurs.