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Quoi? Pas de spectacle ce soir? Ah… Ben oui, c’est vrai : c’est fini, le Carrefour. Zut…
Revenir du Carrefour, c’est comme rentrer de voyage. On retrouve tout à sa place, enfin presque : un peu en désordre, tout de même. Alors faut ranger, se réinstaller dans le quotidien. Pendant quelques jours, la vie paraît un peu plus terne, ordinaire. On a la tête pleine d’images, de découvertes faites pendant le séjour. Un peu plus, on ferait un album : pouvoir en garder une anthologie! Moments inoubliables du festival… L’excitation, palpable sous le chapiteau, le soir de la première de Secret, et la surprise émerveillée devant cette beauté absurde, inutile, mais bouleversante. La fébrilité des comédiens juste avant le premier choix de texte lors de la création de Regards-9 : les pieds qui piaffent, les yeux qui s’agrandissent; et Vincent Champoux, si « joli(e) » dans sa robe moulante... La rue Cartier transformée, envahie de spectateurs; les visions fulgurantes et les secousses imposées par Anky ou la fuite; les cailloux attachants (?!) et la poésie de Pierre Meunier… La beauté lumineuse de Seagull Play; la scène du poison, dans le Busker’s Opera, où alternent musique endiablée de la Nouvelle-Orléans et air mystérieux chanté par une prêtresse vaudou; le choc ressenti pendant La Grande Guerre, devant, pourtant, de simples objets. L’air à la fois inquiet et enthousiaste de Kevin McCoy, s’avançant pour participer à An Oak Tree; l’air, au contraire, d’espièglerie souriante de Tim Crouch, le meneur de jeu; la finale éblouissante d’Un peu de tendresse, bordel de merde!… Jean-Marc Dalpé, lisant un de ses textes, criant des gros mots dans le silence de la bibliothèque Gabrielle-Roy. Et les rendez-vous, à toute heure, pour les lectures, les Chantiers… Les airs étonnés, les mines réjouies... Ouais : ça va prendre un gros album. Tout un voyage que cette très, très belle édition 2008 du Carrefour! Chapeau et merci!
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