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Un peu de tendresse, bordel de merde!: entre cynisme et fragilité
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Un peu de tendresse, bordel de merde!, création du chorégraphe Dave St-Pierre, en collaboration avec son équipe de danseurs et de comédiens, s’ouvre dans une folie ludique : les danseurs déambulent, se frayant un chemin dans le public, grimpant sur les sièges, sur les spectateurs. D’abord habillés, ils envahissent de nouveau l’espace, un peu plus tard, nus cette fois, à l’exception de leur longue perruque blonde. Véritable essaim à l’air candide, bondissant, piaillant partout dans la salle, ils provoquent surprise, malaise chez certains, et grands éclats de rire. Le ton du spectacle est donné : audace, humour, ironie frondeuse, auxquels se grefferont émotion, beauté. Mené par une maîtresse de cérémonie cynique, désabusée, Un peu de tendresse… explore notre besoin de chaleur, d’amour, notre vulnérabilité dans la solitude, devant l’indifférence, notre soif de tendresse. Alliant caricature et compassion, provocation et sensibilité, le spectacle se déploie aussi en images d’une beauté fulgurante, qui serre la gorge. Un exemple : la fin splendide, où les corps glissent sur le sol en une nage improbable, comme une liberté retrouvée. On en ressort gonflé d’enthousiasme et profondément ému.
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Les Chantiers: dernière chance!
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Présentation jeudi, dans le cadre des Chantiers, de deux spectacles dépaysants. En après-midi, c’était L’Étape, production de Nous sommes ici, théâtre documentaire multi-média simulant un trajet Allo-Stop entre Chicoutimi et Québec. Concept réjouissant, où les numéros de siège sont des heures de départ (le mien : vendredi, 20h00), où les murs sont des écrans sur lesquels défilent, devant, derrière et sur les côtés, les images de la route du Parc, et où la conversation entre le chauffeur et ses passagers roule sur le co-voiturage, la route et les amours à distance. Si vous l’avez manqué, dommage; c’était hier le dernier départ.
En soirée, I Have A Dream, par Production Double-Dent : Louis Cyr, Antoine Laprise et Jacques Laroche. Cette conférence atypique réfléchit, musique et vidéo à l’appui, aux discours. En quoi réside le pouvoir d’un orateur? Et surtout, où sont les tribuns en ce moment, dans notre société polie, policée, politiquement correcte? C’est un peu brouillon, échevelé, mais en même temps captivant, stimulant, plein d’intelligence. Et ça vous titille la fibre nationaliste! Encore ce soir (vendredi), 21h.
Enfin, dernier titre à l’affiche dans ce volet de la programmation, une représentation seulement, cet après-midi, 15h : Tape, laboratoire de création du Théâtre du Compartiment. Zut!: je vais le manquer (comme j’ai manqué Route, d’ailleurs).
Chapeau à Tectonik pour cette initiative des Chantiers, présentés en collaboration avec Premier Acte et le Carrefour. C’est une précieuse et joyeuse occasion de découvrir de jeunes artistes aux idées fraîches, aux spectacles plein d’inventivité!
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An Oak Tree: parcours imaginaire
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Dans An Oak Tree, le Britannique Tim Crouch invite, chaque soir, un acteur différent à jouer avec lui. Celui-ci découvre, à mesure, l’histoire de la pièce, ce qu’il doit dire et faire. Première représentation, mercredi, avec Kevin McCoy comme invité, incarnant un père de 46 ans se soumettant à l’hypnose. Tim Crouch joue ici sur le pouvoir de suggestion du théâtre, opérant un va-et-vient entre la situation racontée, et donc la suggestion hypnotique, et la situation de jeu qui fait de lui le guide, au fil de la représentation, de l’acteur invité. S’ajoute à cela le pouvoir de la pensée et de l’imagination pour, peut-être, guérir certaines blessures.
Pour intéressante que soit la proposition, il en résulte un spectacle inégal : alternent moments touchants où les personnages revivent des pans d’une histoire pénible et scènes où on nage un peu dans le flou, entre séance d’hypnose et échanges acteur-maître de jeu. Sur cette structure déjà complexe pesaient, hier soir, quelques accrocs techniques, venant embrouiller certains passages : décalage des sur-titres par rapport au jeu (le spectacle est en anglais), volume parfois trop faible des voix des comédiens.
Par sa proposition et sa scénographie totalement dépouillée, An Oak Tree, source de réflexion sur le travail du comédien et le pouvoir du théâtre, fait travailler l’imagination, et offre le grand plaisir de voir un comédien plongeant courageusement et avec sensibilité dans l’inconnu. Malgré cela, et malgré la très belle finale, le spectacle laisse un peu perplexe.
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La Grande Guerre : l’horreur en direct
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Hotel Modern, avec La Grande Guerre, joué en Première nord-américaine hier soir, présente un spectacle au pouvoir d’évocation puissant. À partir de lettres, de journaux de soldats au front lors de la Guerre 14-18, les créateurs de ce spectacle nous font voir un peu de cette guerre, de l’intérieur. Au fil de ces témoignages devenant trame narrative, ils recréent villages, tranchées, bombardements, passage des saisons, avec des objets, des figurines, qu’ils filment. Le résultat est projeté à mesure sur grand écran, comme un film d’animation dont on voit en même temps la création et le déroulement.
L’effet de ces miniatures est étonnamment percutant. Qui eût cru qu’un peu de terre, du persil, de la fumée, de l’eau et du feu, des figurines pouvaient bouleverser à ce point? Avec les images, les odeurs, le son – travail impressionnant du musicien et bruiteur, qui fait à peu près tout sur place! -, ce spectacle, par moments, donne l’impression de vivre la guerre en direct. On a beau savoir que ce sont des objets, on est quand même happé par les images, et par le texte qui, lui, n’a rien de fictif.
À côté des visions poignantes, la surprise, la curiosité devant le travail fascinant des interprètes, agençant, filmant, courant parfois entre les différents « plateaux » de tournage où se joue leur théâtre d’objets. Toujours entre ces deux mondes, on se laisse prendre par l’émotion, et on reste ébloui de l’ingéniosité de cette création.
Image frappante : sur la ligne de feu, de grosses mains bousculent les personnages qui, l’un après l’autre, disparaissent; d’autres reviennent, subissent le même sort. Dans ce monde miniature, évoquant un événement majeur du XXe siècle, l’humain apparaît le jouet de puissances qui le dépassent, et se soucient bien peu de son existence. Éloquent.
Lundi soir, c’était la deuxième soirée de « Théâtre à lire », cette fois avec Carole Fréchette : présentation très personnelle de son parcours d’écrivaine, ponctuée de lectures d’extraits de ses pièces. Avec, en primeur, un texte inédit, très beau, joué en ce moment à la Comédie-française. Souhaitons que ce type de rencontres reviennent, même hors Carrefour, à Québec!
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The Busker's Opera: épopée musicale
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Dernier tour de piste ces jours-ci de l’équipe du Busker’s Opera, donnant à Québec les dernières représentations de ce spectacle qui, depuis un laboratoire présenté au Carrefour 2002, a fait le tour du monde.
Fête de la musique, des images et du jeu, le Busker’s Opera s’inspire du Beggar’s Opera de John Gay, auteur britannique du 18e siècle, dont Brecht avait fait son fameux Opéra de Quat‘sous. Lepage et son équipe de créateurs-interprètes plantent cette histoire de nos jours, dans le milieu du spectacle. De Londres à la Nouvelle-Orléans, en passant notamment par New York, on suit les succès et surtout les déboires du sympathique Macheath, musicien et séducteur, pour son plus grand malheur. Genres musicaux se succèdent et nous font voyager : rock, rap, jazz, blues, country, opéra…
Si la technique y joue un rôle efficace - un écran mobile permet de présenter des gros plans des visages des comédiens -, on trouve surtout dans ce spectacle une grande inventivité dans les transformations d’objets et d’éléments de décor, désormais signature de Lepage. Et au premier plan : une grande précision, une vivacité du jeu qui font de cette suite de tableaux aux tons différents un ensemble dynamique, à l’énergie enlevante. Humour, critique sociale et politique, moments poignants (dont la fin de Macheath) : l’ensemble séduit par sa variété, son rythme, la qualité des pièces musicales et le talent fou des interprètes, à la fois comédiens, musiciens, mais aussi danseurs et chanteurs. Et quelles voix!
À l’affiche ce soir : The Busker’s Opera et Seagull Play; dernière chance de voir Secret et Au milieu du désordre.
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Seagull Play: tableau vivant
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Visuellement magnifique, avec son vaste espace d’un blanc lumineux, Seagull Play revisite La Mouette de Tchékhov, mariant représentation d’extraits de la pièce et commentaires, interrogations. Même personnage interprété tour à tour ou en même temps par différents comédiens, objets prenant une fonction inattendue, expérimentations, adresses directes aux spectateurs : l’ensemble crée de multiples et riches allers-retours entre théâtre, réflexion sur le théâtre et réalité de la représentation, jusqu’à la finale, éblouissante de simplicité, prenante.
Le désordre, celui de la création, est ici bien présent. S’il apparaît par moment déroutant, il est constamment sous-tendu par l’exploration du sens, l’intensité du jeu et la puissance des images, en écho à la recherche de formes théâtrales nouvelles de Treplev, personnage de la pièce de Tchékhov.
Spectacle d’une grande beauté, à laquelle participe le mélange portugais-français, musique envoûtante, cette Mouette sème des images inoubliables : formes et couleurs sur le sol immaculé, comme une audacieuse écriture sur la page blanche.
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Au milieu du désordre : la chute et l’envol
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Baladin émerveillé, amoureux du monde et des mots, conférencier illuminé, aux inventions loufoques, Pierre Meunier nous emmène dans une bulle. De calme, de contemplation active et rigolote, de réflexions étonnantes, à la découverte de la poésie du monde, de sa vie intime.
Devant un tas de cailloux, un assortiment de ressorts, le comédien - sérieux imperturbable, si ce n’est par l’enthousiasme, yeux étonnés devant les rires qu’il suscite – explique, démontre, citant à qui mieux mieux, parlant italien, latin, allemand, se réclamant de sommités, d’expériences (réelles… imaginaires…). Voyage ludique, au pays d’une science fantaisiste et émouvante, où surgissent les questions les plus farfelues : « Dans la chute, sont-ce les hauteurs qui nous fuient, ou nous qui fuyons les hauteurs? ». Auxquelles, cependant, on prend avec lui plaisir à s’arrêter.
Quel bonheur, dans cette exploration métaphysico-philosophique de la matière! Le temps se suspend; on s’attache, comme lui, à ses cailloux, à ses constructions absurdes. Surgissent alors bien-être, légèreté, une sensation de liberté : Au milieu du désordre nous convie à une rêverie hors du quotidien, ouvrant toutes grandes les portes de l’imaginaire, délassant le corps et l’esprit.
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À travers champs...
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Quelques instants de répit, ces derniers jours, pour votre humble joggeuse… Euh, que dis-je? blogueuse… Les deux, pourtant, me semblent (à moi, la très sportive!), un peu apparentés : on y va, on y retourne, faut garder le rythme, et on laisse trotter la pensée… Mais bon, je m’égare.
Silence, donc. Ce qui ne signifie pas absence de théâtre – oh, que non! Tous les jours, depuis mon dernier billet, des spectacles. Le théâtre étant pour moi une maladie – surtout, ne le répétez à personne! -, le Carrefour déclenche en moi de furieux accès de boulimie. Je veux voir, tout voir, revoir… Une folle, je vous dis!
Ainsi, coup d’œil en fin de semaine, avec les Chantiers, sur la jeune création théâtrale, qui se révèle dynamique, imaginative, énergique; lecture-rencontre, hier soir, avec Jean-Marc Dalpé, accompagné de quelques complices : soirée sympathique, chaleureuse, plaisir de tous les instants. Et ce soir, commence la deuxième série de spectacles avec Au milieu du désordre, de Pierre Meunier.
Ce qui me frappe dans le Carrefour jusqu’ici : l’ouverture. Spectacles dehors, dedans, mêlant les genres, ouverts aux multiples interprétations. Le théâtre, véritablement, comme espace de liberté.
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La Marea: sur les pavés, le théâtre!
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La rue Cartier comme un grand plateau de tournage : système d’éclairage puissant, haut-parleurs et kilomètres de fils. Et nous, spectateurs, comme autant de figurants participant à cette fête théâtrale, se permettant parfois, s’aventurant au travers d’une des scènes jouées sur le pavé, un petit caméo. C’est La Marea, spectacle extérieur de l’Argentin Mariano Pensotti, qui offre au public le plaisir de se glisser, pendant quelques instants, dans l’intimité de personnages vus sur le trottoir, par la fenêtre, sur des terrasses, au balcon.
Quelle surprise de découvrir ce coin familier transformé, par le théâtre et les spectateurs prenant possession de la rue; quelle fascination, nous gagnant peu à peu, à épier toutes ces vies, à plonger dans ces histoires drôles, touchantes, parfois bizarres, faites aussi de souvenirs, de petits riens précieux. Ajoutez à cela la lune, la foule qui, comme la marée, remonte, redescend la rue : La Marea est une expérience unique, entre quotidien et dépaysement.
Sur le chemin du retour, on se surprend à jeter un coup d’œil différent aux gens, aux fenêtres, aux objets, à l’affût de ce que, sûrement, ils cachent… Dernière soirée aujourd’hui, de 21h à 23h. Tentez l’expérience : ça vaut le coup!
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Anky ou la fuite : dans le fracas du monde
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Christian Lapointe, en entrevue, disait qu’il voyait surgir, au fil du travail sur Anky ou la fuite/ Opéra du désordre, un monstre. Spectacle vu lors de sa création hier soir, on comprend mieux son expression. Il s’agit bien là d’un monstre, par sa singularité, son intensité, son exigence; par son texte éclaté, dense, son refus de toute concession narrative; par son traitement, visuellement magnifique, et sur le plan sonore, souvent déroutant, agressant, même, entre voix (intérieures?) obsédantes, se taisant parfois brusquement, et stridence du monde extérieur.
Expérience d’abord sensorielle, Anky… se laisse saisir par bribes, livrant parcimonieusement quelques pièces de casse-tête au spectateur patient, curieux, qui cède et se laisse emporter par le flot de paroles, d’images. On en ressort intrigué, plus qu’à l’entrée, peut-être, secoué, un peu moulu; habité par des voix, des visions évoquées par cette incantation lyrique, avec la sensation bizarre, au retour dans le monde, d’être écorché par le bruit, la lumière. Faudrait y retourner, pour cette envie de se laisser bousculer, rouler dans le torrent.
Pas de doute : c’est du chaos de notre monde qu’est né cet Opéra du désordre.
Par la suite, quelques images de La Marea, sur Cartier, à compléter ce soir. Assimiler Anky ou la fuite occupe largement toute une soirée.
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À vos marques!
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C’est fou, c’est rigolo, plein de surprises. Et pour les comédiens, très sportif! C’est Regards-9, présenté hier, spectacle interactif du Théâtre Niveau Parking, qui sera chaque soir différent. À plusieurs reprises dans la soirée, le public choisit, dans un menu présentant les quartiers de la ville, le texte et la mise en scène qu’il a envie de voir. En tout, neuf courts textes, deux ou trois possibilités de mises en scène chaque fois. Scènes comiques, dramatiques, bijoux de poésie nous font jeter sur tous les coins de la ville, inspiration du spectacle, un autre regard. À découvrir, pour la variété des inspirations et des styles, ou pour goûter la fébrilité, l’enthousiasme et le plaisir des comédiens qui, chaque fois, ont une minute – une minute! - pour se préparer… Hautement réjouissant! On en redemande.
Ce soir, le Carrefour change de vitesse – les festivaliers aussi! -, avec la multiplication des activités : création très attendue de Anky ou la fuite/ Opéra du désordre, de Christian Lapointe; présentation, pour la première fois dans l’histoire du Carrefour, de théâtre dans la rue: La Marea, gratuit, sur Cartier; début des Chantiers, coup d’œil sur la jeune création théâtrale, et Castelet électronique, en plus de Secret et Regards-9 qui se poursuivent. Vite, un programme!
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Johann Le Guillerm : un fou magnifique
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Ouverture du Carrefour, hier soir, avec le magnifique, poétique, ludique Secret, de Cirque ici-Johann Le Guillerm. Dompteur d’objets, Le Guillerm devient lui-même bête de scène, feulant, arpentant la piste, aux prises avec ses créatures imaginaires qui, forgées de matière, deviennent pourtant sous ses mains subitement vivantes. Combinant des dons d’équilibriste, d’acrobate, une maîtrise admirable de la matière, mais aussi des talents d’acteur et presque, par moments, de danseur, il nous emmène dans un monde singulier, aux inventions tenant à la fois du défi et du rêve. Beauté, humour, étonnement émanent de ce spectacle où Le Guillerm apparaît aussi absorbé par son jeu qu’un enfant, aussi déterminé dans la réussite de tours impossibles, de constructions improbables. Deux heures d’émerveillement, la bouche ouverte. Ne lisez rien sur lui : allez-y!
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Décembre en mai : demain, le carrefour!
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Demain commence le Carrefour international de théâtre. Demain déferleront sur la ville la poésie, l’imagination, la lucidité, l’agilité de tous ces artistes dont j’entends parler, avec qui j’ai le privilège de m’entretenir depuis quelques semaines.
Quinze jours de cadeaux à déballer! Y a-t-il plus belle fête? Depuis longtemps, je ne crois plus au Père Noël. Mais avouez qu’il y a mieux, non?
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