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Marc Audet
6 septembre 2008, 5:21

À côté de cela, Michael Moore c'est la bibliothèque rose !

Contrairement à ceux qui prétendent que ce livre ne nous apprend rien, cet essai de Naomi Klein dissipe les brumes autour desquelles les artisans de la liberté sans freins des marchés boursiers, ceux qui gravitent autour des idées sommaires et simplistes proclamées par Milton Friedmann, enrobées qu'elles sont de formules mathématiques pour faire plus sérieux et qui se réduisent en fin ce compte à appliquer des méthodes de contrainte, quand ce n'est pas de contorsion lugubre comme lorsqu'elles se couplent à des régimes dictatoriaux par ailleurs sanguinaires comme le fut celui de Pinochet, se retranchent afin de mettre en œuvre leurs visions qui se résument à privatiser, déréglementer et amoindrir l'État jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'une coquille vide.

Allant encore plus loin dans l'analyse et l'explicitation que ce à quoi aboutissent les investigations d'un Michael Moore pour qui des complots sont à la base de cette dérive des économies encore bien pire que celle des continents avec leurs chocs telluriques, l'analyse de Naomi Klein nous force à nous interroger sur la nature même du principe directeur qui guide les marchés et qui contrairement à ce qu'y postulait Adam Smith qui y voyait l’œuvre d'un Dieu caché, nous y révèle plutôt l’œuvre destructrice d'un Satan. En effet, les désastres, les cataclysmes, les guerres deviennent autant d’occasions d'affaires qui, si elles ne sont pas ouvertement supportées, ne sont pas moins encouragées en sous-main par ces nouveaux évangélistes de la bonne nouvelle initiée par le gourou Milton Friedmann.

Ce livre est donc à lire pour quiconque désire se faire une idée de la direction dans laquelle notre monde est maintenant plongé, soit celle d'une dichotomie entre des nantis d'une part, capables de se procurer à coup d'argent la bonne santé dans des hôpitaux privés, la bonne éducation dans des écoles privées, l'eau potable privatisée, la sécurité par une police à sa mesure et tout aussi privée, bref une vie dans des zones vertes tandis que d'autre part le gros de la population vivra dans des zones rouges, c'est-à-dire privée de tous les services essentiels de qualité et dignes de ce nom.

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