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Marc Audet
Marc Audet
August 2008 - Messages
12 août 2008, 8:30
L'Apocalypse selon Cormac McCarthy

Ce roman est un roman symbolique. Bien qu'il soit d'abord tentant de trouver dans ce livre des causes naturelles ou relevant des fléaux d'origine humaine comme des guerres aux interminables paysages de désolation que nous décrit son auteur, le lecteur finit par s'apercevoir que ces références sont inappropriées et qu'il se trouve dans un univers symbolique, un monde dont la vision emprunte ses paradigmes ailleurs. Puis, en se rappelant que l'auteur se situe lui-même en contre-pied des auteurs qui expriment et expliquent les ressorts des actions humaines à partir de leur nature ou de leur contexte, il nous vient à l'esprit que sa référence ultime est à rechercher du côté d'un autre univers, soit celui de la Bible. Il nous apparaît alors tout un pan de cette culture étasunienne qui sourd du paysage culturel et littéraire à la première occasion, surtout si elle prend comme cadre de référence ce Sud vers lequel d'ailleurs les deux principaux protagonistes de ce roman sont en marche pour tenter d'y trouver un illusoire salut.

Si Cormac McCarthy est à rapprocher de Faulkner, ce que certains ont déjà fait, c'est sur ce plan-là qu'ils le sont d'abord et avant tout. Alors, ces ténèbres que l'auteur nous décrit dans toutes leurs nuances deviennent des symboles dont il est inutile de chercher des correspondances dans le monde réel. Nous sommes en présence d'un auteur et d'un roman qui nous décrit l'enfer sur terre et dont la quête de lumière qui ne peut s'avérer que dans ce qu'il croit appartenir à un autre monde, celui auquel ses personnages font référence quand ils disent d'eux-mêmes qu'ils sont porteurs de feux.

Voilà pour la sociologie de ce roman, mais qu'en est-il au plan strictement littéraire ? Nous sommes en présence d'un roman intéressant et qui nous tient en haleine. Si au départ les descriptions apocalyptiques finissent par lasser un peu à force de références évasives, le récit gagne petit à petit en intérêt et en réalisme à mesure que l'on suit les pérégrinations des deux principaux protagonistes. C'est que se greffe à cette destruction du monde une autodestruction subtile des personnages, un suicide annoncé qui pourtant n’aura pas lieu. Est-ce par autocensure de l'auteur ou carrément par censure de l'éditeur que le livre se termine autrement et de manière inattendue, qui pourrait le dire. De toute manière, ci livre ne laisse pas indifférent.


4 août 2008, 1:12
La tradition dans ce qu'elle offre de meilleur

Ce spectacle entraînant à l'Espace 400e du vieux port de Québec nous a fait oublier le temps plutôt maussade et les vieux cons qui pensent que la seule tradition qui compte en musique est celle qui s'exprime en anglais. Car, de la belle tradition vivante et réinventée, il y en avait à se soûler l'âme avec cette musique venue du fond du jazz manouche et de l'inspiration de Django. En comparaison, les adorateurs des canons musicaux à la cote commerciale ont l'air plutôt mièvre.

En effet, elle ne faisait pas que véhiculer du passé déjà mort cette prestation de Thomas Dutronc. Elle débouchait par ses paroles et pas ses arrangements sur le monde d'aujourd'hui et celui de demain car les textes des chansons demeurent critiques de ce monde.

Pour ma part, même si par sa façon de chanter et par ses textes Thomas Dutronc nous fait penser à celui que l'on sait, ce n'est pas un fils inféodé par le père que j'ai vu sur scène, mais un fils qui réinvente le père. Pourquoi pas !