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Marc Audet
7 décembre 2007, 6:13

Homo occidentalus

 

Il est pétri d'obstacles le destin des logiciens qui attachent leurs réflexions à expliciter les mécanismes des humains qui sont baignés dans un système et qui en sont, le plus souvent à leur corps défendant, les protagonistes et les défenseurs idéologiques. Homo Soviéticus n'a-t-il pas été une pierre d’achoppement dans le jardin des idées d'Alexandre zinoviev ! Je ne saurais dire ce que cet auteur aurait pensé de la formule lapidaire à laquelle on tente de réduire l'essai de Paul Piché, mais il aurait certainement prêté attention à ce qui lui aurait paru comme une tentative d'expliciter pour des outsiders ce que sont les rouages d'un système pour ceux qui s'y trouvent plongés malgré eux.

Dans le cas qui occupe Paul Piché, ce n'est plus le monde de la réflexion et de la philosophie dont il s'agit, mais de celui du spectacle et de la culture au sens large et des modes médiatiques qui en constituent les paramètres premiers. Alors, si d'aucuns croient déceler de l'absurdité dans la formule à la Ionesco que l'auteur met de l'avant, c'est peut-être que quelque part l’absurde règne en maître dans le monde des décideurs et des facteurs de culture, même si la liberté avec une majuscule est censée être le moteur premier de tout ce qui se crée et se recrée dans ce monde culturel, pétrissant du même coup la reproduction de la société qui peut ainsi se perpétuer tout en se donnant des airs innovateurs. Ces propos reprennent en fait sous un autre angle la formule de Jean-François Khan : tout change parce que rien ne change. Mais cela est une autre chanson...

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