Mécontent de la place occupée par ce film exceptionnel dans l'espace médiatique consacrée au cinéma trop envahi qu'il est par les ressacs des vagues que des publicités bien orchestrées font rouler sur nos rives, je persiste et signe pour que le film de ce réalisateur qui en est à son premier film y occupe la place qui lui revient.
Cette place, je la revendique pour lui, car il a su innover et créer une œuvre qui se démarque des autres œuvres en utilisant un langage cinématographique lui permettant de rendre crédible un film où le dialogue entre personnages est quasiment inexistant. Un peu à la manière du film de Bresson, "Un condamné à mort s'est échappé", il nous fait voir comment ses personnages tentent eux aussi de s'échapper de leur prison quotidienne, soit par le jeu, le rêve, les fantasmes ou l'abrutissement dans le travail. Ce tour de force, il le réussit à partit du montage et du découpage des séquences montrant bien à quel point ces personnages sont prisonniers de leur petit univers.
Par-delà ce dialogue de sourd, c'est aussi un métalangage sur la société qui nous y est livré, la solitude y étant présentée comme l'ordinaire que la vie réelle y secrète au fond des âmes de chacun.
Il n'y a donc pas d'éclats de voix ni de bruits de fusil dans ce film et c'est pourtant tout un pétard qui retentit à nos oreilles pour peu que l'on entende son message.