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Marc Audet
Marc Audet
November 2007 - Messages
27 novembre 2007, 12:09
Quand grande musique et musique populaire se confondent

Il n'y a pas au monde endroit où la symbiose de la musique qui prendra avec le temps le nom de classique et celle sortie de l'âme populaire, qui prendra, elle aussi par des voies détournées la même appellation, soit aussi évidente que la musique sortie des entrailles de ce peuple aux mille tourments qu'est le peuple russe. Le concert offert hier par l'Académie d'art vocal de Moscou et l'Orchestre de chambre de Moscou ainsi que par le baryton Dmitri Hvorostovky et l'ensemble Style of Five nous en ont donné un vibrant exemple. Bien loin de se tourner le dos comme des créations antinomiques, ces deux univers musicaux ont fait correspondre leurs échos d'un bout à l'autre de nos âmes émerveillées par tant de lyrisme subtil. Voilà pourquoi la musique russe est si près du chant et de la voix humaine. Elle n'oublie jamais, ou alors rarement, d'où elle part et où elle finit par revenir dans les bribes de chant que tout un chacun se chante à lui-même parfois.

Le programme d'hier, malgré qu'il comportait une section que l'on peut qualifier de classique et une autre de populaire, nous est donc apparu comme ayant été d'une parfaite homogénéité. Il faut dire que la voix et l'inspiration de Dmitri Hvorostovky y étaient pour quelque chose, sans parler de la virtuosité des instrumentistes porteurs de la tradition musicale populaire russe avec leurs instruments si typés que sont la balalaïka ou le domra, sans parler de l’enthousiasme du directeur et chef d'orchestre, Constantine Orbellian.

La réponse du public ne s'est d'ailleurs pas fait attendre devant tant de talent, d'ouverture et de générosité. Il y eut trois rappels, mais nul doute que plusieurs en auraient voulu encore plus.


24 novembre 2007, 10:22
Côté cour et côté jardin

Les arguments mis de l'avant par l'auteur de l'article sont quasiment imparables.  Impossible de les éviter pour peu que l'on s'aventure sur la pente glissante de ce débat étouffé avant de naître.  Le gouvernement fédéral par la voix de cet ineffable premier ministre qui croit avoir réponse à tout n'a-t-il pas lui-même tenté de clore ce débat en accordant du haut de sa miséricorde le statut de Nation à ce peuple qu'il méprise par ailleurs !  Si l'on poursuit tant soit peu cette logique qu'il a initiée, une constitution québécoise ne serait-elle pas que le reflet un peu plus formel de cette noble intention de notre premier ministre canadien et de ses supporters partisans du Québec ? 

Mais, s'il suffisait de pousuivre les mots sur leur lancée, quitte à remédier en cours de route à des ajustements que certains présenteraient comme des accommodements raisonnables, la chose serait vite réglée.  Cette Constitution serait aussi opérante que l'est le concept de Nation pour l'avénement dev la souveraineté, soit d'un poids quasi nul. 

Ce n'est donc certainement pas pour ses vertus d'efficacité en vue de l'avénement de la souveraineté que les stratèges qui ont porté cette idée à l'attention du public l'ont fait.  Il faut plutôt y voir une façon de piéger les adéquistes et les conservateurs sur leur propre terrain pour les mettre en contradiction avec leurs véritables intentions qui consiste à noyer le poisson plutôt que de lui fournir une frayère où il pourrait engendre sa descendance. 

Ce projet est certainement né côté cour de la scène de notre Histoire encore trop courte.  Côté jardin, il n'y serait apparu qu'en compagnie d'un autre personnage, celui de la Souveraineté.  Mais nous n'en sommes qu'au ptremier acte de cette pièce.  Déposé par un parti qui ne peut l'imposer à l'Assemblée, il mourra dans l'oeuf.  Cependant, lorsque viendra l'heure où il pourra l'être par un parti en mesure de l'imposer, la réponse devra alors venir du gouvernement fédéral et alors, tous et chacun pourront juger de la fausseté des intentions des conservateurs quand ils nous ont gratifiés du beau nom de Nation.   


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9 novembre 2007, 9:51
Quand l'Orient regarde vers l'Occident et vice-versa
Cette pièce se présente à nous d'une manière fort singulière, en faisant éclater les cadres de références de ce jusqu'ici nous nommons théâtre. Avec l'intrusion de musiciens sur scène et pas seulement de leur musique, de vidéos et d'images tirées du cinéma, de comédiens qui se fondent aux spectateurs après les avoir salués comme s'ils faisaient partie intégrante de la pièce ou que ces comédiens avaient décidé de jeter bas le masque pour devenir simple spectateur, nous sommes bien loin de la dramaturgie classique, du moins de celle qui a donné ses lettres de noblesse à notre théâtre moderne, même contemporain. Pour peu, nous serions devant un de ces spectacles qu'affectionne Robert Lepage, mais avec des facettes beaucoup plus éclatées dans le cas de la mise en scène retenue pour nous présenter Japon. Un mince fil les relie portant les uns et les autres ces types de spectacles dans la mesure où c'est l'audiovisuel qui prend les commandes du spectacle. Un fil conducteur nous convie à regarder du côté du cinéma et de ses longs plans séquences, soit ceux qui sont propres à traiter les atmosphères et les sentiments profonds. La dérision affichée par le texte et les interprétations funambulesques des comédiens qui les refoulent dans les profondeurs de l'inconscient ne nous distraient pas de voir ce dont il est somme toute question, soit de las solitude existentielle de ces personnages qui sont à la recherche de leur identité au travers de celle qu'ils considèrent comme un modèle de solitude absolue. Le seul problème qui confronte alors le spectateur et il est de taille est celui d'avoir à départager ses réactions entre le rire et le rictus, entre la comédie et le drame. La seule porte de sortie qui lui reste est de se remémorer que deux masques trônent au-dessus de toutes les scènes et qu'ils appartiennent à ces deux mondes pourtant à la fois si proche et si distant.
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