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Le Carnaval des lamentations
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Rarement la mort d'un personnage politique aura-t-elle donné lieu à un tel cirque médiatique. Dans le coeur des lamentations et des pleureuses figurent en bonne place ceux qui se sont recouvert le visage du masque de la défunte pour tenter de continuer en coulisse les manoeuvres politiques auxquelles ils étaient habitués. Le premier en cause a été son mari, ce fantôme des arcanes du pouvoir de sa femme. Il a cru bon de paraître devant les spectateurs des médias pour vilipender ceux qu'il accuse de manquer de compassion alors que lui-même ne s'est pas rendu compte du peu de regrets que son visage affichait alors pour la mort de son épouse, préférant montrer le sien avide de pouvoir.
Juste derrière lui et avec à peine moins d'arrogance se sont montrés ceux qui se croyaient ses héritiers à la mairesse défunte et qui en voulant rendre hommage à la Reine morte ne faisaient que tenter de pousser leurs pions. Ce n'est pas tant la maladresse du maire suppléant qui est ici en cause, mais la fatuité de ceux qui composent maintenant un exécutif croyant composer chacune des parties vitales de la défunte pour la ressusciter d'entre les morts. Telles sont les dynasties qui se meurent, n'est-ce pas Monsieur Fuentès...
Pour comble d'arrogance, il y a eu jusqu'à la Ministre des Affaires municipales qui a cru devoir mêler son gros nez dans l'affaire et pour demander de respecter une morte que ses propres suivants méprisaient en s'arrachant sa dépouille à qui mieux mieux.
Ce qui irrite particulièrement dans cet étalage de faux sentiments, c'est la place étroite qu'y occupe la majorité des citoyens représentés par un parti qui demeure quand même majoritaire dans cette assemblée municipale et à qui on refuse de jouer le rôle oppositionnel qui est pourtant le propre de toute assemblée démocratique élue sur la base d'un programme de parti.
La Reine et le Roi sont mort, vive le Peuple !
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Pour ceux qui croiraient que liberté est synonyme de droite politique !
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Les profiteurs du statu quo et leurs suivants ont presque réussi au fil des ans, en agitant tous les spectres à leur disposition, à faire croire à l'opinion publique que la liberté était du côté de la droite politique. Pourtant, toute l'histoire des peuples est là pour rappeler que la privation des libertés a correspondu à des situations dans lesquelles les gens, de gré ou de force, ont laissé faire ceux qui profitaient de celles-ci pour s'enrichir ou pour accroître leurs pouvoirs, les deux éléments étant d'ailleurs souvent reliés. Telle est le credo de tous les profiteurs de ce monde : laissez faire les institutions et ceux qui les manouvrent à leur gré car telle est le fondement de la liberté en ce monde. Cette foi que l'on exige des gens, tous les détenteurs de pouvoirs, peu importe le système politique en cause, l'ont exigé de ceux-ci, à droite comme à gauche. Il est temps que cette mystification prenne fin.
Pour qu'il en soit ainsi, rien ne vaut la discussion qui fait fi des credo dominants. Or, le pire de ces discours aliénants est de nos jours celui qui consiste à faire croire que les lois du marché sont les seules à pouvoir garantir la liberté de tous. Il n'en est rien et y croire est aussi absurde que de chercher des solutions aux problèmes dans des écrits élevés au rang de documents sacrés. Les problèmes de maintenant demandent des solutions qui sont pensées maintenant et en dehors des sacro-saints principes de la droite politique pour qui en dehors d'elle il n'est point de salut.
Voilà à quoi peut servir ce forum de discussions qui réunit des gens de bonne volonté qui ne sont marginaux que pour ceux qui louchent, dont les yeux voient d'un seul côté, celui de la droite.
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Derrière les coulisses
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Ce film impressionne. Il y a pour cela la performance des acteurs, notamment celle D'Edward Norton. Ce comédien sait en effet interpréter un rôle avec des ressources d'imagination, une intériorité qui transcende le personnage lui faisant atteindre des sommets dont sont incapables ceux de ses semblables qui ne peuvent que faire intervenir des mimiques plus ou moins photogéniques mais qui trahissent leur manque de profondeur dans la compréhension du personnage.
Mais il y a davantage dans ce film que le simple jeu des acteurs. Le scénario est quant à lui peu banal. Même s'il tire un peu trop sur la corde des rebondissements qui nous ramènent à la fin une héroïne bien vivante alors que toutes les apparences la donnaient pour morte, les intrigues qu'il tisse sont bien ficelées et nous entraînent à leur suite sur la voie de cet invraisemblable dénouement.
Cependant, il y a plus encore dans ce film. C'est le fait qu'il joue en contrepoint d'une histoire qui celle-là est bien réelle et qui va faire connaître aussi à ceux qui trônaient au sommet des nations d'un empire un dénouement tout aussi surprenant. Alors que cet empire austro-hongrois se voulait éternel, voilà qu'il va connaître lui aussi une fin à laquelle son passé glorieux ne le destinait pas, soit le démembrement, la mort alors que tous le croyaient bien vivant.
C'est cet entrelacement des thèmes, celui de la petite histoire du héros et celui de la grande histoire de cet empire, qui donne à ce film une profondeur que l'acteur principal a su comprendre et interpréter. Ce n'est plus l'histoire d'un simple illusionniste mais aussi celle de celui que l'on qualifie de pourfendeur de monarchie.
C'est tout cela qui fait de ce film un film à voir.
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Étonnant !
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Rien ne préfigure ce que les spectateurs découvriront dans cette pièce, ni le titre qui les amène ailleurs, ni la saison où la facilité au théâtre est courante, ni le lieu qui se prêterait aux intrigues faciles et aux recettes tirées des anciens répertoires comiques aux effets éprouvés.
Il n'en est pas ainsi et cela est tant mieux, tant la pièce y gagne en qualités en raison de la mise en scène audacieuse et inventive, grâce à l'architecture subtile de la pièce et malgré que le thème soit résolument à saveur estivale, les jeux de l'amour et du hasard composant la presque totalité du répertoire des théâtres d'été.
La mise en scène de Mélissa Bolduc est inventive et épaule l'architecture de cette pièce qui n'a pas recours à toutes les facilités du répertoire estival. Les scènes où les acteurs nous montrent des gestes au ralenti comme au cinéma pour dire le sous-texte et les sentiments refoulés sont ingénieuses, peu banales et fort peu employées, du jamais vu en ce qui me concerne. Le découpage du texte en scènes illustre lui aussi de manière efficace les situations d'avant et celles d'après, une pièce où le théâtre dans le théâtre n'est pas facile à traduire en scènes.
L'architecture de la pièce est elle aussi peu banale, puisque nous sommes devant du théâtre dans le théâtre et que la place de l'auteur en fait comme un spectateur de sa propre pièce. Par le cycle qu'elle définit, cette structure nous place devant un spectacle qui s'ouvre sur nous spectateurs par des fenêtres qui prolongent la scène que nous regardons.
Il n'y a pas de gros rires qui fusent devant ce spectacle, car il ne s'agit ni d'une farce, ni d'une comédie burlesque, mais d'une comédie qui bien qu'elle emprunte le sujet d'avant-scène à la panoplie du répertoire estival, n'en respecte pas moins les canons de la comédie authentique.
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