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Ceux qui aborderont cette exposition avec en tête les grands noms de la peinture pour y voir ce qu'ils auraient produit de mieux ou à égalité avec leur réputation seront déçus. Par contre, ceux qui la verront en toute innocence y feront des découvertes qui valent le déplacement ou le détour, c'est selon.
Par exemple, les exemplaires de la peinture de Renoir, de Goya ou de Van Gogh sont nettement en dessous de leur réputation. La toile de Renoir est famélique et à l'ait d'une simple ébauche, celle de Goya malgré le pénétrant regard du sujet est loin d'avoir la charge révolutionnaire de la vision de ce peintre tandis que celle de Van Gogh est le reflet d'un homme qui lutte de toutes ses forces pour ramener à lui le faisceau de ses perceptions qui s'échappent de lui comme d'un arbre dont on tire toute la sève. Même chose pour cette toile de Gauguin nous le montrant tout hésitant à Pont Aven et tentant de trouver sa propre voie, écrasé qu'il est par la ferveur publique qui va aux impressionnistes et à leurs continuateurs.
Par contre, une toile de Breton nous retient un bon moment devant le spectacle d'une toile qui témoigne d'une époque disparue et pleine de sa totalité signifiante. Le spectacle des toiles dues aux préraphaélites est aussi plein d'enseignement pour une portion de l'histoire de la peinture qui est souvent obnubilée au profit de ceux qui ont fait école et éclore des noms prestigieux comme l'est celui de l'impressionnisme.
Ces écarts dans la qualité des oeuvres montrées est souvent le cas quand il s'agit de collections privées qui sont le résultat des hasards qui furent ceux de collectionneurs obéissant à leurs coups de cour. Il n'en demeure pas moins que cette exposition regroupe des ouvres marquantes, mais pas toujours sous les noms de ceux où nous les attendions.
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