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Les couleurs de la culture turque
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C'est la lecture de Mon nom est rouge qui m'a fait connaître cet auteur singulier qu'est Orhan Pamuk. Avec lui plus qu'avec nul autre, il est possible de comprendre en profondeur ce qu'est la dualité culturelle turque. Dans ce livre, Mon nom est rouge, c'est à travers le portrait des illustrateurs, des peintres d'icônes, que le lent travail d'occidentalisation de la culture turque nous est raconté. La tradition et les idées modernes s'y livrent un combat sans merci où la mort de leurs protagonistes respectifs est une donne que les acteurs doivent pouvoir escompter à tout moment. Une bataille qui est donc loin des mots et des images s'y livre donc bien qu'elle se déroula apparemment sur le terrain de la culture.
Comment l'auteur peut-il mieux nous faire comprendre les enjeux qui sont ceux de la Turquie moderne ! À l'heure où un combat se livre entre les partisans d'un état laïque et ceux qui le voudraient plus théocratique, quand partisans de l'entrée de leur pays en Europe et ceux qui le refusent s'y affrontent.
Mais indépendamment de ces luttes de pouvoir, c'est toute l'étendue de la grande culture turque et par-delà, de la culture arabo-musulmane, qui sourd des propos de l'auteur. Les querelles plus superficielles de maintenant en dépit de leur virulence prennent une toute autre perspective qui relègue au second plan les étiquettes faciles que nous inventons pour caractériser de manière trop sommaire ceux qui n'appartiennent pas au camp que nous pensons le nôtre. Cet auteur mérite le respect et le soutien des Turcs, peu importe le camp dans lequel ils se rangent, car il est le meilleur ambassadeur de leur pays, celui qui peut nous faire comprendre à nous de l'occident toute la profondeur et la richesse de ce pays trop ignoré.
Je n'ai pas encore lu Istanbul-Souvenirs d'une ville, mais cela ne saurait tarder à se faire, pour relire cet auteur que j'ai apprécié, mais pour Istanbul aussi dont des souvenirs sont encore frais à ma mémoire.
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À la fois si semblable et si différent
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Les amateurs de théâtre d'été, sans doute un peu moins ceux du théâtre en été, seront à première vue surpris par ce spectacle de théâtre. Superficiellement, ce sera d'abord l'accent des interprètes qui les surprendra. Ils auront beau savoir que le sujet de cette pièce est franchement franchoullard, pour ne pas dire parisien ou même, pour ne pas dire du 16e arrondissement de Paris, ils se demanderont d'abord pourquoi il importe tant de le jouer comme si nous y étions. Puis, le talent des comédiens y aidant, ils oublieront vite ce détail pour mordre eux aussi à belles dents dans le sujet... Ils auront beau se dire que l'on est toujours le con de quelqu'un, ils se plairont à l'idée que pour l'heure, ce n'est pas leur tour de l'être.
Ils seront aussi agréablement surpris que malgré le fait qu'ils aient à l'esprit le film que la plupart d'entre eux auront vu, le texte sur scène prend tout de même son envol sans que l'on ait en tête une quelconque caméra cachée au fond de la salle. C'est par le langage théâtral, à défaut de le faire par l'accent, que la pièce se démarque en fait du film. Ce langage gestuel projeté nous fait vite oublier le cinéma. À ce jeu, ce sont les comédiens de la pièce qui en sortent gagnants et qui ne se confondent plus avec un quelconque double dont ils auraient appris les répliques.
Cette pièce remplit donc une place encore inoccupée dans la panoplie de notre théâtre d'été. L'humour fin, malgré que cruel, fera contraste avec celui auquel trop de nos pièces de théâtre d'été nous auront habitués. C'est un spectacle à voir et pas seulement pour faire la fine bouche...
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Un film à sketches
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Pour incarner les personnages de son film, Gabriel Pelletier a choisi des figures de comédiens qui cadraient avec le profil de son projet, soit des comédiens déjà identifiés pour leurs performances dans des productions à sketches ou s'y apparentant. Car ce film que j'ai pu voir en avant-première est d'abord la réussite d'un syncrétisme où les épisodes se suivent sans pour autant être reliées logiquement les unes aux autres. Tout le poids de la cohérence repose sur les épaules de ses interprètes, lesquels réussissent malgré tout à nous faire croire à l'unité de ce projet qui autrement serait perçu comme allant dans tous les sens comme aux beaux jours du burlesque. Les rebondissements auxquels nous sommes soumis dans ce film sont pour le moins désinvoltes nous promenant d'un bout à l'autre d'une existence, celle de tante Aline, qui n'en aurait pas été elle-même toute pleine.
Il n'empêche que le plus gros d'entre eux aurait pu nous être épargné. Celui qui nous fait découvrir le lien de parenté mère-fille des deux personnages féminins comme s'il s'agissait d'un quelconque dénouement est un peu trop caricatural. Il nous donne l'impression de vouloir nous replonger d'an l'univers burlesque que nous avait fait connaître le film de Guylaine Côté, la Vie de ma mère.
Malgré ces clins d'oeil racoleurs, ce film s'en tire avec les honneurs de l'ironie qui le caractérise. Ce succès, il le doit bien sûr à son interprète principal, la Béatrice Picard de Tante Aline, mais encore davantage à mon sens, au jeu tellement adapté à ce genre de productions à sketches qu'est celui de Sylvie Léonard au point que l'on pourrait renommer ce film, Un gars, deux filles...
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À voir sans idées préconçues
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Ceux qui aborderont cette exposition avec en tête les grands noms de la peinture pour y voir ce qu'ils auraient produit de mieux ou à égalité avec leur réputation seront déçus. Par contre, ceux qui la verront en toute innocence y feront des découvertes qui valent le déplacement ou le détour, c'est selon.
Par exemple, les exemplaires de la peinture de Renoir, de Goya ou de Van Gogh sont nettement en dessous de leur réputation. La toile de Renoir est famélique et à l'ait d'une simple ébauche, celle de Goya malgré le pénétrant regard du sujet est loin d'avoir la charge révolutionnaire de la vision de ce peintre tandis que celle de Van Gogh est le reflet d'un homme qui lutte de toutes ses forces pour ramener à lui le faisceau de ses perceptions qui s'échappent de lui comme d'un arbre dont on tire toute la sève. Même chose pour cette toile de Gauguin nous le montrant tout hésitant à Pont Aven et tentant de trouver sa propre voie, écrasé qu'il est par la ferveur publique qui va aux impressionnistes et à leurs continuateurs.
Par contre, une toile de Breton nous retient un bon moment devant le spectacle d'une toile qui témoigne d'une époque disparue et pleine de sa totalité signifiante. Le spectacle des toiles dues aux préraphaélites est aussi plein d'enseignement pour une portion de l'histoire de la peinture qui est souvent obnubilée au profit de ceux qui ont fait école et éclore des noms prestigieux comme l'est celui de l'impressionnisme.
Ces écarts dans la qualité des oeuvres montrées est souvent le cas quand il s'agit de collections privées qui sont le résultat des hasards qui furent ceux de collectionneurs obéissant à leurs coups de cour. Il n'en demeure pas moins que cette exposition regroupe des ouvres marquantes, mais pas toujours sous les noms de ceux où nous les attendions.
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Vraiment le Best of ?
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Il y a peu, pour ne pas dire pas, d'humoristes qui savent jouer avec autant de talent des contradictions, qu'elles soient immatérielles et théoriques comme dans les domaines de la philosophie ou de la spiritualité, ou bien parfaitement concrètes comme les habitudes vestimentaires ou les tics des personnages qu'il incarne. C'est ainsi que son Best of nous a servi ce petit chef d'ouvre où il est question de tout et de rien, ce qui nous penser à ce que serait du meilleur Devos, mais avec des personnages se rapprochant beaucoup plus de la réalité que les fantomatiques personnages-concepts de Devos. À d'autres moments, sautant à deux pieds joints dans la réalité, le voilà dans la peau d'un garagiste peu ordinaire, mais pas si improbable que cela dans ses relations aux clients. Avec lui donc, jamais les relations au réel, à la vérité de la vie des humains, ne sont rompues. Tout cela, il le prouve avec ce sketch sur les dérives des religions telles que les incarnent ses personnages de confessions diverses venues à une rencontre avec un professeur pour discuter le cas de la tenue vestimentaire d'une élève. Aucune contradiction ne lui échappe, autant celles de la laïcité que celles des intégrismes.
Avec lui, c'est tout ou rien. Ou bien on l'adore, ou bien on le rejette, bien que lui-même s'acharne à vous prouver que les deux sentiments sont parfaitement possibles dans son cas. Malheureusement, c'est en se moquant un peu trop de son public qu'il y arrive. Nous voulons bien admettre qu'avec toutes les conneries qui lui tombent dessus, il doit en être arrivé à se dire qu'il doit bien se glisser un con ou deux dans ses assistances, mais de là à généraliser à tout son public...D'accord, ce n'est pas lui qui s'en est pris directement au public, mais ce personnage-con qui l'accompagnait sur scène et qui sortait directement d'une vidéo..., mais tout de même !
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