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Ce qui piège ceux qui réfléchissent sur la place que devrait occuper l'Islam dans les sociétés et au premier chef, les intellectuels de culture arabe, c'est qu'ils n'en finissent plus de tenter de tracer les paramètres d'un nouveau Concordat pour situer la place que cette religion doit occuper dans la Cité. Dans cette entreprise de redéfinition, idéalement pour faire en sorte que la théocratie héritée de l'Ancien Régime arabo-musulman soit remplacée par un autre type de société, plusieurs camps s'affrontent.
Il y a d'une part les monarchistes de droit divin, soit ceux qui considèrent que le pouvoir, qu'il soit monarchique ou présidentiel, doit tirer son principe d'une essence divine. Ce sont ceux-là que nous nommons les intégristes, le parti blanc ou vert et qui est analogue au parti noir, celui auquel s'en prenait Anatole France lors des luttes qui opposèrent en France les monarchistes et les cléricaux nationalistes aux républicains ouverts au monde et à ses mutations.
Il y a par ailleurs ceux qui espèrent pouvoir se servir des leviers disponibles dans des sociétés laïques en totalité ou en partie, pour s'emparer des consciences et pour tourner ces mécanismes à leur avantage. Ce sont ce que nous pouvons nommer les nouveaux concordataires, soit ceux qui ont pratiqué des brèches dans la société civile avec Bonaparte à leur tête. Cette mascarade aboutit à faire des responsables des sociétés laïques des spécialistes bidon du droit canonique ou coranique, c'est selon. L'avantage dans ce duel d'aveugles se trouve en définitive toujours plus du côté des représentants des bigots et des calotins.
Il ne reste donc qu'une seule solution, soit celle de la séparation complète des pouvoirs spirituels et temporels en laissant la liberté de conscience et de pratique à la seule sphère du privé, quitte à ceux que cela intéresse à se diviser sur des virgules depuis longtemps effacées des vieux textes.
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