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Il est vrai que la place des femmes en politiques se fait de plus en plus grande. Mais faut-il y voir vraiment la résultante d'une égalisation des chances d'accès au pouvoir dans les sociétés? Malgré qu'il soit tentant de répondre par l'affirmative, crois qu'il s'agit là d'un leurre destiné à faire croire que l'égalité des femmes est maintenant chose acquise, du moins pour l'essentiel. Or, il n'en est rien. Presque tous les possesseurs des grandes fortunes et des leviers qui font en sorte qu'ils sont les véritables maîtres de l'économie sont encore des hommes, si l'on fait exception des fortunes adventices tirées d'un rôle dans le domaine du divertissement, ce à quoi d'ailleurs ressemble de plus en plus la politique spectacle des temps modernes récents. Les hommes sont donc encore ceux qui possèdent les principaux leviers de commande de nos sociétés dans la mesure où la politique est à leur remorque et non l'inverse, les politiques devant faire des compromis avec eux quand ce ne sont pas des compromissions.
Le féminisme qui se retranche derrière des statistiques superficielles pour ne considérer que des écarts de salaire sans tenir compte de l'ancienneté dans les fonctions est donc un féminisme démagogue, soit celui qui se contenterait de victoires faciles et de lâcher la proie pour l'ombre. Il n'en demeure pas moins que la bataille de l'égalité pour la gouverne politique des sociétés est un enjeu qui mérite les efforts que les femmes font pour y promouvoir l'égalité. Il ne faudrait pas pour autant qu'elles perdent de vue les enjeux majeurs pour elles et qui sont ceux de l'obtention de meilleures places sur l'échiquier des décideurs économiques qui sont en définitive les vrais maîtres.
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